WORLD WRESTLING FEDERATION – MSG #02

WORLD WRESTLING FEDERATION

MADISON SQUARE GARDEN #02

17/03/1975

Madison Square Garden

Madison Square Garden

1975. La World Wide Wrestling Federation est à la tête d’un des territoires les plus prolifiques de cette période et ce depuis 1974, notamment grâce aux nombreux accords télévisuels mis en place dès 1972. Porte-étendard de la compagnie, Bruno Sammartino remplit à lui seul n’importe quelle salle dans laquelle il défends son titre de Champion du monde poids-lourd, à nouveau remporté au mois de décembre 1973. Vince McMahon Jr. fils du célèbre promoteur Vincent J. McMahon, commentait alors ce programme retransmis à la télévision. 

Ce programme n’a pas été conservé dans son intégralité et nous ne verrons donc que quatre combats. Parmi les autres matches qui ont ce soir là été proposés : « The Unpredictable » Johnny Rodz a battu Bill White, Mike Paidousis s’est imposé contre Jack Evans, Manuel Soto & Pete Sanchez ont tiré le meilleur des trois manches contre Hans Schrœder & Joe Nova et les Valiant Brothers ont fait un match nul contre Dean Ho & Tony Garea lors d’un 2 Out of 3 Falls.

Quelques jours plus tôt – et comme en 1973 – Led Zeppelin mettait à nouveau le feu aux planches du Garden en faisant la promotion de son double-album Physical Graffiti, sorti en cette même année 1975. Parmi les plus grands hits de l’album, nous pouvions y retrouver le pachydermique Kashmir, l’envoûtant In My Time Of Dying ou encore l’entraînant Trampled Under Foot.

Led Zeppelin

Led Zeppelin


MATCH 1 : INDIAN CHIEF STRONGBOW VS PAUL « BUTCHER » VACHON (09:10)

VAINQUEUR : INDIAN CHIEF STRONGBOW

PRISE DE FINITION : LOU THESZ PRESS

INDICATEUR : * ½


Paul Vachon, autoritaire patriarche de la célèbre famille québécoise d’où sont également issus un frère : « Mad Dog » Maurice et Vivian Vachon, l’une de ses soeurs, se tient sur le ring. Celui qu’on surnomme « Le Boucher » reçoit les quolibets d’un public bruyant. Bien plus apprécié de la foule, son adversaire n’est autre que Indian Chief Strongbow, plus connu sous le nom de Chief Jay Strongbow, catcheur d’origine italienne jouant le rôle d’un autochtone. Il arbore à cet effet une sublime coiffe indienne face à son antagoniste franco-canadien.

Paul & Maurice Vachon

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved/Courtesy of Pro Wrestling Illustrated

Avec sa gestuelle atypique, Strongbow assure la spectacle face à un Vachon fuyant. Un échange de gifles dans le poitrail ouvre le bal et Strongbow semble prendre l’avantage en faisant tomber le québécois sur ses fesses. Expérimenté, Vachon sait comment s’y prendre pour immobiliser son adversaire, réduisant de fait sa mobilité. Bénéficiant de l’appui de la foule, Indian Strongbow reprends du poil de la bête et enchaîne avec une série de Bodyslams. Heel dans l’âme, Vachon use et abuse de toutes les tricheries, n’hésitant pas à mordre et à griffer le dos de son adversaire. Une projection dans les cordes permet à Strongbow de surprendre Vachon avec un Lou Thesz Press qui lui river ses épaules de Vachon au tapis. Indian Chief Strongbow l’emporte au compte de trois et s’octroie une victoire satisfaisante mais au terme d’un match plutôt moyen. 


MATCH 2 : WORLD WIDE WRESTLING FEDERATION TITLE MATCH : TEXAS DEATHMATCH : BRUNO SAMMARTINO © W/ARNOLD SKAALAND VS SPIROS ARION W/« CLASSIE » FREDDIE BLASSIE (14:51)

VAINQUEUR : BRUNO SAMMARTINO

PRISE DE FINITION : BODY SLAM

INDICATEUR : **


L’affiche a certainement rempli le stade à elle seule. Catcheur d’origine grecque, Spiros Arion est accompagné en direction du ring par son manager « Classy » Freddie Blassie, vêtu d’un costume rose flash. Éternelle grande gueule à la chevelure blond platine, Blassie aboie sur tout ce qui bouge et est peut-être plus détesté qu’Arion lui-même. Si le public du Garden est debout, ce n’est que pour une chose. Les chants « Bruno ! Bruno ! Bruno ! » résonnent dans toute l’arène alors que l’actuel détenteur du titre de Champion du monde poids-lourds de la World Wide Wrestling Federation, le légendaire Bruno Sammartino s’avance vers le ring, accompagné par le « Golden Boy » Arnold Skaaland, ancien marine ayant participé au débarquement de Normandie, escorté par la police et acclamé comme un véritable demi-dieu.

Bruno Sammartino

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved/Courtesy of Pro Wrestling Illustrated

Alors que l’arbitre s’occupait des rituelles précautions d’avant-match – s’assurant qu’aucun ne porte sur lui un objet illicite – Arion surprend Sammartino avec un sale crochet du droit qui couche Bruno. Le Champion se fait rouer de coups de pied et les sifflets fusent. Sammartino revient et avec lui une foule entière ! Toujours un peu groggy, Sammartino essuie des coups mais ne manque pas d’en renvoyer. Un coup bas – alors que Bruno était au sol – déclenche une vague de haine pour Arion. Ce dernier ne sera pas disqualifié car il s’agit ici d’un Texas Death Match, où tout ou presque est permis. On pourrait peut-être reprocher le manque d’initiatives vis-à-vis de cette stipulation, l’action restant en effet assez basique – mais nous sommes en 1975. Projeté en dehors du ring, Arion doit repousser un supporter véhément de l’italien. Pourtant, Arion conserve l’avantage grâce à de vicieux coups de pied. Le Champion est alors en difficulté mais ne démérite pas pour autant, le match prenant parfois des tournures de match de boxe ! Un retournement de situation permet à Sammartino de passer la seconde et d’enchaîner avec une série d’enfourchements. L’arbitre compte mais ne remarque pas qu’un des pieds d’Arion repose sur les cordes et officialise Sammartino victorieux ! Le Champion conserve donc son titre – non sans controverse – au terme d’un combat intéressant mais quelque peu redondant.


MATCH 3 : KILLER KOWALSKI W/THE GRAND WIZARD OF WRESTLING VS VICTOR RIVERA (15:58)

VAINQUEUR : VICTOR RIVERA PAR DQ

PRISE DE FINITION : MORSURES RÉPÉTÉS DE KOWALSKI

INDICATEUR : * ½


Originaire de Pologne – son nom signifie d’ailleurs forgeron en polonais – le féroce Killer Kowalski n’inspire que de la crainte. Véritable terreur des rings, Kowalski se tient droit dans ses bottes en compagnie de son manager du moment, en la personne du Grand Wizard of Wrestling qui harangue déjà le public. Son adversaire est en revanche assez apprécié de la foule et n’est autre que Victor Rivera, catcheur d’origine portoricaine.

Killer Kowalski

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved/Courtesy of Pro Wrestling Illustrated

Suffisant, Kowalski se permet de gifler Rivera. Le canadien se focalise ensuite sur sa jambe gauche qu’il prends pour cible. Méthodique et reconnu pour sa façon chirurgicale de s’acharner sur ses adversaires, Kowalski ne lâche plus ce genou meurtri alors que ce pauvre Rivera tente par tous les moyens de s’en extirper. Il s’en sort en agrippant l’oreille de Kowalski mais celui-ci s’obstine à utiliser son arsenal technique. Enfin de retour sur ses pieds, Rivera le sèche avec un gros coup de poing. Embrumé par cet uppercut, Kowalski se fait malmener et concède alors l’avantage. Il réplique en mordant sauvagement mais monsieur l’arbitre ne tolère pas ce genre de pratiques illégales et l’avertit une première fois. Malgré ces recommandations, Kowalski ne s’arrête pas et pousse l’arbitre à le disqualifier. Kowalski essuie une défaite mais son superbe travail de heel restera toutefois dans les mémoires.


MATCH 4 : « POLISH POWER » IVAN PUTSKI VS THE WOLFMAN (06:45)

VAINQUEUR : IVAN PUTSKI

PRISE DE FINITION : PRISE DE L’OURS

INDICATEUR : * ¾


Quelle est donc cette chose qui s’apparente à une créature mi-homme mi-loup ? Annoncé en provenance des contrées sauvages du Yukon au Canada, voici The Wolfman. Son aspect repoussant ne manque pas de terrifier la foule, qu’on sent davantage sur la réserve. Son adversaire réalise ses débuts au Madison Square Garden. Il s’agit de Ivan Putski, ancien bodybuilder et véritable bloc de muscles originaire de Pologne.

The Wolfman

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved/Courtesy of Pro Wrestling Illustrated

Un premier contact affirme d’emblée la popularité en devenir de Putski. Le public réagit et c’est bon signe. Le polonais semble conscient que l’interaction avec la foule est essentielle et fait aussi preuve d’un catch brut de décoffrage, à quoi le Wolfman réplique en mordant. Putski mord à son tour, un retour de bâton qui fonctionne toujours au catch. Impressionnant, le polonais martèle Wolfman avec des coups de poing du tonnerre. Putski cadenasse le Wolfman dans une prise de l’ours et ce dernier ne tarde pas à jeter l’éponge. Ivan Putski s’arroge donc une première victoire dans cette salle mythique et s’offre même une bière. Il s’empare ensuite du micro et officialise de fait son slogan : « Polish Power ! » qui plaît aux spectateurs conquis.


Un peu moins passionnant que celui de 1973, ce programme WWWF de mars 1975 pourrait en perdre plus d’un. Malgré la présence de légendes vivantes telles que Killer Kowalski ou Chief Jay Strongbow, on ressent moins d’énergie et la plupart des combats proposés ne sont pas transcendants – lorsqu’ils ne sont pas d’un ennui mortel. On ne peut toutefois qu’apprécier voir et surtout entendre ces foules prendre un plaisir rare à prendre part à ces véritables attractions qu’étaient ces grands rendez-vous catchesques des années 1970. On retient la puissance charismatique naturelle de Ivan Putski et surtout l’aura surhumaine d’un Bruno Sammartino au sommet du monde.

Nathan Maingneur

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