WORLD WRESTLING FEDERATION – MSG #02

WORLD WRESTLING FEDERATION

MADISON SQUARE GARDEN #02

17/03/1975

Madison Square Garden

Madison Square Garden

C’était une tradition. Le Madison Square Garden est alors le théâtre des grands affrontements du catch américain des années 1970.

1975. La World Wide Wrestling Federation est à la tête de l’un des territoires les plus prolifiques de l’époque, et ce depuis 1974, grâce aux nombreux accords télévisuels mis en place dès 1972. Bruno Sammartino, illustre Champion du Monde et porte étendard de la fédération, remplit à lui seul n’importe quelle salle dans lequel il se rend, dont le Madison Square Garden. Vincent K. McMahon, fils du célèbre promoteur Vincent J. McMahon, commente ce programme retransmis à la télévision.


MATCH 1 : INDIAN CHIEF STRONGBOW VS PAUL « BUTCHER » VACHON (09:10)

VAINQUEUR : INDIAN CHIEF STRONGBOW

PRISE DE FINITION : LOU THESZ PRESS

INDICATEUR : * ½


Paul Vachon, autoritaire patriarche de la célèbre famille québécoise Vachon, d’où sont également issus un frère, « Mad Dog » et Vivian Vachon, l’une de ses soeurs. Celui qu’on surnomme « Le Boucher » reçoit les quolibets d’un public énergique. Bien plus apprécié, son adversaire n’est autre que Indian Chief Strongbow, plus connu sous le nom de Chief Jay Strongbow, catcheur d’origine italienne jouant le rôle d’un amérindien. Il arbore à cet effet une sublime coiffe indienne face à son antagoniste franco-canadien.

Chief Jay Strongbow

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved

Avec sa gestuelle caractéristique, Strongbow assure la spectacle face à un Vachon fuyant. Un échange de gifles dans le poitrail ouvre le bal et Strongbow semble prendre l’avantage en faisant tomber le québécois sur ses fesses. Expérimenté, Vachon sait comment s’y prendre pour paralyser son adversaire, réduisant de fait sa mobilité. Grâce à l’appui de la foule, Strongbow reprend du poil de la bête et enchaîne avec une série d’enfourchements. Heel dans l’âme, Vachon use et abuse de toutes les ruses, n’hésitant pas à mordre et à griffer le dos de son adversaire. Une projection dans les cordes permet à Strongbow de porter un Lou Thesz Press, immobilisant les épaules de Vachon au tapis. Un compte de trois suffit ensuite à Strongbow pour s’octroyer une victoire satisfaisante alors qu’un succès d’un chouchou du public semble être la meilleure manière de commencer ce programme.


MATCH 2 : WORLD WIDE WRESTLING FEDERATION TITLE MATCH : TEXAS DEATHMATCH : SPIROS ARION W/FREDDIE BLASSIE VS BRUNO SAMMARTINO © W/ARNOLD SKAALAND (14:51)

VAINQUEUR : BRUNO SAMMARTINO

PRISE DE FINITION : BODY SLAM

INDICATEUR : **


L’affiche a certainement rempli le stade à elle seule. Spiros Arion, catcheur d’origine grecque, est accompagné par son manager « Classy » Freddie Blassie, vêtu d’un costume rose flash. Éternelle grande gueule à la chevelure blond platine, Blassie aboie sur tout ce qui bouge et est peut-être plus détesté qu’Arion. Si le public du Garden est debout, ce n’est que pour une chose. Les chants « Bruno ! Bruno ! Bruno ! » résonnent dans toute l’arène alors que l’actuel détenteur du titre de Champion du Monde de la World Wide Wrestling Federation, le légendaire Bruno Sammartino s’avance vers le ring, accompagné par Arnold Skaaland, ancien marine ayant participé au débarquement de Normandie de 1944, escorté par la police et acclamé comme un véritable demi-dieu.

Bruno Sammartino

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved/Courtesy of Pro Wrestling Illustrated

Alors que l’arbitre s’occupait des précautions d’avant-match, s’assurant qu’aucun ne porte un objet illicite, Arion surprend Sammartino avec un sale crochet du droit qui couche Bruno. Le Champion se fait rouer de coups de pied alors que les sifflets fusent. Sammartino revient et avec lui une foule entière ! Toujours un peu groggy, Sammartino essuie des coups mais ne manque pas d’en renvoyer. Un coup bas, alors que Bruno était au sol, déclenche une vague de haine pour Arion. Ce dernier n’est pas disqualifié car il s’agit ici d’un Texas Death Match. On pourrait peut-être reprocher le manque d’initiatives vis-à-vis de cette stipulation, l’action restant sommairement assez simple. Projeté à l’extérieur du ring, Arion doit repousser un supporter de l’italien. Pourtant, Arion garde l’avantage grâce à de vicieux coups de pied. Le Champion est en difficulté et ne démérite pas pour autant, le match prenant parfois des tournures d’un véritable combat de boxe ! Un renversement de situation permet à Sammartino d’enchaîner avec une série d’enfourchements. L’arbitre ne voit pas que le pied d’Arion est dans les cordes et officialise Sammartino victorieux ! Le Champion conserve donc son titre, non sans controverse au terme d’un combat intéressant mais quelque peu redondant.


MATCH 3 : KILLER KOWALSKI W/GRAND WIZARD OF WRESTLING VS VICTOR RIVERA (15:58)

VAINQUEUR : VICTOR RIVERA PAR DQ

PRISE DE FINITION : MORSURES RÉPÉTÉS DE KOWALSKI

INDICATEUR : * ½


À plus de 2 mètres de hauteur, le retoutable Killer Kowalski, véritable terreur des rings, n’inspire rien d’autre que de la crainte. Ce catcheur canadien à la réputation sulfureuse se tient droit dans ses bottes. Son manager, l’exubérant Grand Wizard of Wrestling est à ses côtés, haranguant déjà le public de New York. Son adversaire est en revanche assez apprécié, il s’agit du populaire Victor Rivera, catcheur d’origine portoricaine.

Suffisant, Kowalski se permet de gifler Rivera. Le canadien se focalise ensuite sur sa jambe gauche qu’il prend pour cible. Méthodique et reconnu pour sa façon chirurgicale de s’acharner sur ses adversaires, Kowalski ne lâche plus ce genou meurtri, alors que Rivera tente par tous les moyens de s’en dégager. Il s’en sort en agrippant l’oreille de Kowalski mais celui-ci s’obstine à utiliser des prises au sol. Enfin de retour sur ses pieds, Rivera le sèche avec un gros coup de poing. Embrumé par cet Uppercut, Kowalski se fait malmener et perd l’avantage au profit du portoricain. Il réplique en mordant et l’arbitre ne tolère pas ce genre de pratiques illégales et l’avertit. En dépit de ces précautions, Kowalski ne s’arrête pas, alors que Victor fait de même et force l’arbitre à le disqualifier. Essuyant une défaite, c’est cependant le superbe travail de « Wrestling Villain » de Kowalski qui restera dans les mémoires.


MATCH 4 : THE WOLFMAN VS IVAN PUTSKI (06:45)

VAINQUEUR : IVAN PUTSKI

PRISE DE FINITION : PRISE DE L’OURS

INDICATEUR : * ¾


The Wolfman, qui s’apparente à une créature mi-homme mi-loup, est annoncé des contrées sauvages du Yukon, au Canada. Son aspect repoussant ne manque pas de terrifier le public. Son adversaire nous gratifie ce soir de ses débuts au Madison Square Garden. Il s’agit de Ivan Putski, ancien bodybuilder et véritable bloc de muscles originaire de Pologne.

Ivan Putski

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved

Un premier contact suivi d’une série de coups de poing affirme d’emblée la popularité en devenir de Putski. Le public réagit et c’est bon signe. Le polonais semble conscient que l’interaction avec la foule est essentielle et nous gratifie d’un catch brut de décoffrage, à quoi le Wolfman réplique en mordant. Putski mord à son tour, un retour de bâton qui fonctionne toujours au catch. Impressionnant, le polonais martèle Wolfman avec des coups de poing du tonnerre. Putski cadenasse Wolfman dans une prise de l’ours et ce dernier ne tarde pas à jeter l’éponge. Ivan Putski s’arroge donc une première victoire dans cette salle mythique et s’offre même une bière. Il s’empare ensuite du micro et officialise de fait son slogan : « Polish Power ! » ce qui plaît à des spectateurs conquis.


Un peu moins intéressant que celui de 1973, ce programme estampillé WWWF de mars 1975 pourrait en perdre plus d’un. En dépit d’illustres noms, tels que Killer Kowalski ou Chief Jay Strongbow, on ressent moins d’énergie et la plupart des combats proposés ne sont pas transcendants, lorsqu’ils ne sont pas d’un ennui mortel. On ne peut toutefois qu’apprécier voir et surtout entendre ces foules prendre un plaisir rare à apprécier ces véritables attractions qu’étaient ces grands catcheurs des années 1970. On retient la puissance charismatique naturelle de Ivan Putski et surtout l’aura surhumaine d’un Bruno Sammartino alors au sommet du monde.

Nathan Maingneur

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