CHAMPIONSHIP WRESTLING #5

CHAMPIONSHIP WRESTLING #5

23/02/1980

Championship Wrestling

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved

Vince McMahon est notre seul et unique hôte et nous présente la carte de ce programme Championship Wrestling, toujours enregistré dans l’enceinte du Fieldhouse d’Hamburg en Pennsylvanie, salle d’habitude réservée aux enregistrements de All Star Wrestling, l’autre émission de la World Wrestling Federation. Bruno Sammartino sera à ses côtés ce soir et est censé le rejoindre en cours d’épisode.

Gary Michael Cappetta s’occupe des présentations sérotinales et précise que cette heure de catch est sous le contrôle de la Commission Athlétique de Pennsylvanie, présidée par Nick Santoro et représentée sur place par quelques-uns de ses officiels. Dr. John Woods siège en compagnie de Mike Mittman, notre gardien de la cloche. Les arbitres mandatés pour ce programme seront Gilberto Roman et Dick Woehrle.


MATCH 1 : PAT PATTERSON VS JOSÉ ESTRADA (06:32)

VAINQUEUR : PAT PATTERSON

PRISE DE FINITION : BOMBS AWAY

INDICATEUR : **


En 1980, Pat Patterson a déjà près de vingt ans de catch dans les pattes. Couronné de la ceinture de Champion Intercontinental en septembre 1979, son détenteur inaugural ouvre ce soir le bal. Sur le ring se tient l’un des catcheurs les plus affutés de la période. Il s’agit de José Estrada, compétiteur d’origine portoricaine et ancien partenaire de Johnny Rodz.

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved

D’entrée de jeu, on notifie que Patterson porte une impressionnante balafre à l’endroit du front. Et cette cicatrice est d’abord prise pour cible par Estrada, qui l’agresse alors que le québécois retirait tout juste son blouson. Ce combat débute tout feu tout flamme et notre Champion Intercontinental réussit à reprendre les choses en main avec un surpassement. Dès lors, Patterson impose sa loi et domine les débats. On regrette peut-être que la foule d’Hamburg reste si silencieuse, et que ce combat soit quand même plutôt à sens unique, alors que ces rencontres sont d’habitude plus disputées. Alors qu’Estrada était envoyé en dehors du ring, Sammartino a rejoint Vince aux commentaires. D’allure plutôt classique, le combat dégénère en dehors du ring et Estrada finit écrasé face première contre la table des officiels. De retour sur le ring, Patterson lui porte un enfourchement et en finit avec sa descente du genou du haut des cordes. Match plutôt correct.


MATCH 2 : « POLISH POWER » IVAN PUTSKI VS RON LEE (05:22)

VAINQUEUR : IVAN PUTSKI

PRISE DE FINITION : POLISH HAMMER

APPRÉCIATION : ASSEZ BON SQUASH DE PUTSKI


Originaire d’Akron dans l’Ohio, Ron Lee attend l’entrée de son adversaire. Ce soir en solo, le représentant officiel de la Polish Power s’affranchit en effet de son partenaire le temps d’une soirée. Moitié des Champions Tag Team en compagnie de Tito Santana, Ivan Putski est l’un des athlètes les plus appréciés de la promotion.

Même si Ron Lee est un beau bébé, sa force n’égale pas celle de Putski, qui le repousse plutôt calmement. Aux commentaires, Vince et Bruno sont fascinés par le fait que Putski mâche du chewing-gum pendant ses matches. Sur le ring, Ron Lee offre un tant soit peu de résistance au polonais qui réponds avec de grosses mandales. Putski le couche avec de gros tampons et s’impose ensuite avec un collier de tête particulièrement serré. Putski enchaîne ensuite avec son célèbre Polish Hammer, une puissante frappe dont Ron Lee ne se relève pas au compte de l’arbitre. Bon petit squash.


MATCH 3 : « PRETTY BOY » LARRY SHARPE VS STEVE KING (03:04)

VAINQUEUR : LARRY SHARPE

PRISE DE FINITION : PILEDRIVER

APPRÉCIATION : SQUASH PLUTÔT CORRECT


Si Larry Sharpe n’est pas reconnu comme l’un des meilleurs catcheurs de sa période, ses contributions en tant qu’entraîner de certains de plus grands noms du circuit ne sont plus à présenter. Entraîné par Gorilla Monsoon au milieu des années ’70, c’est sur les rings de Porto Rico que Larry Sharpe connut ses plus grands succès. Toutefois, sa rencontre face à Antonio Inoki sur le ring du Showdown at Shea reste sans doute le plus grand moment de sa carrière. Surnommé « Pretty Boy » et plutôt mal-aimé du public, Sharpe rencontrait ce soir Steve King, notre Saint-Patron des jobbers.

Pour notre plus grand bonheur, Sharpe se mets en tête d’infliger une leçon de catch à ce pauvre garçon. Aussi technique que roublard, Sharpe cogne fort et s’impose sans soucis en ce début de rencontre. De mémoire, les matches de Larry Sharpe n’étaient jamais mes préférés mais celui-ci est plutôt sympathique. King est malmené mais s’autorise tout de même un bref retour en force. Toutefois, Sharpe garde le dessus grâce à sa psychologie du ring et l’emporte en l’espace de trois minutes avec un marteau-pilon.


MATCH 4 : « UNPREDICTABLE » JOHNNY RODZ VS RENÉ GOULET (09:46)

VAINQUEUR : RENÉ GOULET

PRISE DE FINITION : ATOMIC DROP

INDICATEUR : ** ¼


Le regard sournois, celui qu’on ne surnomme pas « The Unpredictable One » pour rien se tient sur le ring et attend son antagoniste. Annoncé de Paris en France, René Goulet est toutefois originaire de Québec City au Québec. Âgé de près de cinquante ans, Goulet est revenu sur les rings de la World Wrestling Federation en ce début d’année et se frotte ce soir à Johnny Rodz, l’un des compétiteurs les plus redoutés de la promotion en raison de son style imprévisible.

Et comme l’indique son surnom, Johnny s’impose en début de rencontre avec de violents coups de pied dans le crâne de Goulet. Cependant, le franco-canadien n’est pas né de la dernière pluie et sait répondre mais Rodz ne lâche pas l’affaire. On assiste alors à un duel technique ponctué de phases très agressives. Retirant le coussinet en mouse de l’un des coins, Rodz projette d’envoyer Goulet contre cet arceau métallique, mais c’est bien lui qui finit pris à son propre piège. Envoyé en dehors du ring, Goulet retombe sur ses pieds et revient en couchant Johnny avec un saut chassé. La rencontre est extrêmement disputée et aucun d’entre-eux ne semble réellement prendre l’avantage. Goulet résiste, tandis que Rodz continue de se battre comme un beau diable. Finalement, c’est quand même René Goulet qui tire son épingle du jeu en rivant les épaules de Johnny Rodz à la suite d’un joli Atomic Drop. Très bon match et mention toute particulière la performance toujours aussi impeccable de Johnny Rodz.


– À bout de souffle, René Goulet est reçu par Bruno Sammartino sur sa route en direction des vestiaires. Interrogé sur son retour en force en ce début d’année 1980, Goulet semble satisfait de ses performances. Sammartino revient sur son premier passage du côté de la promotion, c’était au début des années 1970, et Goulet catchait en Tag aux côtés de Karl Gotch. Et d’ailleurs, Goulet aimerait se retrouver un partenaire afin de combattre en Tag, notamment contre les Samoans.

– Du côté de la table des commentateurs, Vince interroge Bruno Sammartino à propos de cette agression perpétrée par Larry Zbyszko. Portant toujours la cicatrice résultant de ce coup de chaise, Bruno est toujours sous le choc et déclare que c’est très difficile que de devoir se contenir et de commenter les matches de Zbyszko.


MATCH 5 : LARRY ZBYSZKO VS BILL BERGER (05:29)

VAINQUEUR : LARRY ZBYSZKO

PRISE DE FINITION : VERTICAL SUPLEX

APPRÉCIATION : L’ÉVOLUTION DE LARRY ZBYSZKO !


Alors qu’un certain Bill Berger se tient sur le ring, son adversaire s’avance en direction du ring sous une pluie de sifflets. Bourreau de son propre maître, Larry Zbyszko a changé et affiche désormais une tout autre attitude. Arrogant, méprisant, Zbyszko provoque d’ores et déjà Bruno, qui ronge son frein.

On a connu un Larry Zbyszko hésitant et timide lors de ses débuts. Aujourd’hui, Zbyszko apparaît agressif et brutal, couchant ce pauvre Berger avec de gros coups de pied et de poing dans l’arrière du crâne. Ce dernier est malmené, mais s’offre un bref retour en force rapidement avorté par Larry. Sans cesse, Zbyszko parlemente avec l’arbitre du combat, en la personne du respectable Dick Woehrle. Et lorsque Zbyszko aurait pu très largement l’emporter avec deux souplesses arrières, Larry choisit d’haranguer la foule en sortant du côté de la rampe d’entrée. Revenu sur le ring, Zbyszko lui assène deux autres souplesses arrière et l’emporte finalement au compte de trois.


MATCH 6 : « MR. USA » TONY ATLAS VS « BAD BILLY » COLEMAN (03:36)

VAINQUEUR : TONY ATLAS

PRISE DE FINITION : COUP DE TÊTE

APPRÉCIATION : SQUASH PLUTÔT SYMPATHIQUE


On conclut ce programme avec l’une des étoiles montantes du moment. Doté d’un corps d’Apollon, Tony Atlas a récemment été désigné « Monsieur USA » et rencontre beaucoup de succès en ce début d’année 1980. Ce soir, Atlas rencontre « Bad Billy » Coleman, alias « Initials B.B » comme le chantait Serge Gainsbourg.

Erreur fatale pour Coleman qui engage un test de force contre Atlas. Ce dernier s’amuse et plie son antagoniste. Et lorsque-celui-ci essaie de s’en sortir avec des coups de boule dans l’abdomen, Atlas baisse la tête au bon moment et sonne les cloches de Coleman. Il poursuit avec une série d sauts chassés, portés avec son style atypique. Charismatique, Atlas est un régal pour les yeux et en termine rapidement avec un gros coup de tête porté depuis la corde du milieu.


Toujours enregistré au sein du Fieldhouse d’Hamburg, une salle habituellement réservée aux enregistrements de All Star Wrestling, cette édition de Championship Wrestling est de plutôt bonne facture et nous a offert du bon catch. C’est tout ce qu’on demande.

– Cela semble être une constante : Pat Patterson, c’est l’assurance de bon catch. Opposé à José Estrada, le Champion Intercontinental nous a offert un bon petit match d’ouverture de soirée. On regrette peut-être le rôle d’Estrada, cantonné à perdre encore et toujours, et ce, malgré un talent indéniable entre les cordes.

– Quelle joie que de retrouver notre bon vieux Johnny Rodz. Tout comme Pat Patterson, le « Unpredictable One » est une valeur sûre de ces émissions et sa présence est toujours un gage de qualité. Son match de ce soir face à René Goulet n’a pas fait défaut à la règle et nous a offert un très bon match comme on les aime.

– Ces programmes sont pour nous l’occasion de (re)découvrir l’œuvre de catcheurs que le temps a quelque peu oublié. C’est notamment le cas d’Ivan Putski, qui fascinait les foules autant qu’il écrasait ses adversaires, que ce soit en Tag Team comme en solo.

– Ce même constat pourrait être établi pour Larry Sharpe. Fin technicien, Sharpe est l’un des lutteurs les plus rodés de son temps et ne manquait jamais de nous montrer l’aspect plus « sportif » de la discipline.

– Comme pour rajouter de l’huile sur le feu, Larry Zbyszko apparaissait à nouveau ce soir et s’est imposé sans problèmes. Ce qui est intéressant, c’est l’évolution de ce garçon, qui était encore tout timide et réservé lors de ses débuts. Pour l’instant cantonné à son poste de commentateur, Bruno Sammartino n’oubliera sans doute pas de rappeler à son ancien élève que de tels actes ont des conséquences.

Nathan Maingneur

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