WORLD WRESTLING FEDERATION
PHILADELPHIA SPECTRUM #02
12/01/1980

Philadelphia Spectrum
On braque souvent les projecteurs sur le Madison Square Garden de New York City, considéré (et à juste titre) comme la Mecque du catch nord-américain. Toutefois, d’autres arènes en Amérique du Nord portent le même prestige et ont accueilli nombre d’affrontements mythiques. C’est le cas du Sportatorium de Dallas, mais aussi du Boston Garden ou encore du Spectrum de Philadelphie en Pennsylvanie. Selon les chiffres officiels, près de 19,500 personnes remplissaient ce soir les gradins de cette salle légendaire. Vince McMahon et Dick Graham seront les commentateurs de ce programme.
MATCH 1 : « THE UNPREDICTABLE » JOHNNY RODZ VS RENÉ GOULET (14:57)
VAINQUEUR : RENÉ GOULET
PRISE DE FINITION : SUNSET FLIP
INDICATEUR : ** ½
Originaire de Brooklyn dans l’État de New York, John Rodriguez de son vrai nom, apparaît sur les rings de la World Wrestling Federation depuis le milieu des années 1960. Surnommé « The Fire Brand from The Bronx » mais aussi « The Unpredictable One », Johnny Rodz est l’une des figures les plus récurrentes de cette période. Le taulier de la Gleason’s Gym de Brooklyn se mesurait ce soir à un autre briscard des rings en la personne de René Goulet, vétéran du catch qui a écumé les rings du monde entier.
Fidèle à lui-même, Johnny fait des pieds et des mains pour que l’arbitre Lou Super vérifie que Goulet ne cache rien sous ses bottes. Et profite évidemment de la première fenêtre de tir pour se jeter sur son adversaire. Ce dernier rétorque aussitôt mais Rodz l’emmène au sol avec une clé de bras transformée en Short Arm Scissors. Goulet s’en démène mais Johnny ne le laisse toujours pas respirer et lui envoie de sales coups de poing et de pied dans le visage. Le québécois réussit toutefois à revenir en force avec un saut chassé mais Rodz conserve l’avantage en envoyant Goulet s’écraser dans l’un des coins. Celui-ci reprends le dessus en cadenassant Rodz avec un Headscissors et lui tasse les vertèbres avec un mini Piledriver. Ils tenteront chacun un enfourchement avorté, avant que René Goulet ne parte pour un Sunset Flip qui fait mouche et qui lui permet de l’emporter au compte de trois à la surprise d’un Johnny Rodz qui ne décolère pas.
– Gary Cappetta nous annonce que le Philadelphia Spectrum accueillera le US Pro Indoor Tennis Classic qui aura lieu dans 10 jours. Vince McMahon accueille Kal Rudman au niveau de la table des commentateurs et lui demande ses pronostics pour les matches vedettes de la soirée. Interrogé à propos de son favori pour le main event, Rudman réponds que « Bob » sera victorieux. Une légère pointe d’humour puisqu’on sait que ce sont en effet deux « Bob » qui s’affronteront ce soir.
MATCH 2 : JOSÉ ESTRADA VS DAVEY O’HANNON (15:10)
VAINQUEUR : DAVEY O’HANNON
PRISE DE FINITION : O’ONNOR ROLL
INDICATEUR : ** ¼
Émigré portoricain arrivé aux États-Unis au début des années 1960, José Estrada Sr. a d’abord servi son pays adoptif lors de la guerre du Vietnam. À son retour, Estrada se tourne vers le catch et fait ses armes du côté de la WWC de Porto Rico sous le nom de Super Medico I. Estrada y fait la rencontre de « The Unpredictable » Johnny Rodz qui combat sous le masque de Super Medico II. Aux États-Unis, Estrada devient rapidement l’un des meilleurs éléments de la World Wrestling Federation et bat Tony Garea en 1978 pour remporter le titre de Champion Junior Heavyweight. Estrada affrontait ce soir à Davey O’Hannon, un jobber d’origine irlandaise qui porte une grenouillère rose pâle qui suscite les rires du public et de nos commentateurs.
Ils se tournent autour, jusqu’à ce que O’Hannon prenne l’avantage avec une série de Armdrags maintenus au sol en Hammerlock. Estrada reprends son match en main avec un tour de hanches et n’hésites pas à envoyer son poing et son pied dans le visage de l’irlandais. Obligé de reprendre son souffle en dehors du ring, Davey déguste et Estrada ne le laisse pas remonter entre les cordes. O’Hannon y parviendra malgré tout et reprends le dessus en envoyant Estrada dans les airs avec un surpassement, avant d’enchaîner avec une descente de la cuisse. Estrada l’implore à genoux mais ce n’est qu’une vulgaire ruse et cela lui permet de lui décocher un sale coup de poing dans la mâchoire. O’Hannon monte sur la troisième corde et s’élance pour une descente de la cuisse mais Estrada se retire au tout dernier moment. Finalement – et contre toute attente – O’Hannon réussit à enrouler Estrada avec un O’Connor Roll – qui devient ce soir un O’Hannon Roll – et tire son épingle du jeu de cette manière.
MATCH 3 : DICK « THE BULLDOG » BROWER VS MIKE MASTERS (14:21)
VAINQUEUR : DICK BROWER
PRISE DE FINITION : PILEDRIVER
INDICATEUR : * ¼
Entraîné par Johnny Rodz, Mike Jones a commencé dans le catch en 1978 et a combattu sous le nom de Mike Masters jusqu’en fin d’année 1980. Doté d’un physique de bodybuilder, le jeune Masters se mesurait ce soir à un féroce compétiteur. Originaire de Newark dans le Delaware, Dick « The Bulldog » Brower est un vétéran des rings. Et un type farouche qui ne recule devant rien pour infliger de la douleur à ses adversaires. Brower catche depuis le début des années 1960 et a donc près de 20 ans de carrière dans les pattes, ainsi qu’une petite série d’affrontements contre Bruno Sammartino et Pedro Morales.
Brower commence en emmenant Masters au sol avec une sorte de Indian Deathlock, enchaînée par une sorte de Drop Toe Hold. Fidèle à sa réputation de bagarreur, Brower l’allume ensuite avec des coups de pied et de poing et engage un Hammerlock. Mais Masters a une sacrée force et l’envoie sur ses fesses. Ce dernier se sort ensuite facilement d’une Full Nelson mais cela n’empêche pas Brower de poursuivre au tapis avec une phase technique soporifique. L’action déménage cependant en dehors du ring et Brower lui éclate une chaise dans le dos mais sera épargné d’une disqualification. Masters se rebiffe et lui mord alors le nez, puis le front. Acculé dans l’un des coins, Brower se trouve maintenant en perdition. Masters reprend le contrôle mais ne fait preuve d’aucune intensité. Ceci dure jusqu’à ce que Masters fonce sur Brower et se mange ses pieds en pleine face. Brower grimpe alors – non sans difficultés – sur les cordes et part pour une descente du genou un peu ratée. Il enchaîne avec un Piledriver mais n’a plus de jus et rate totalement l’exécution de la prise, ce qui sera souligné avec insistance par McMahon aux commentaires. C’est le coup de grâce pour Masters et la fin d’un bien piètre combat pour nous.
MATCH 4 : WWF WORLD TITLE MATCH : BOB BACKLUND © W/ARNOLD SKAALAND VS « COWBOY » BOB DUNCUM (16:09)
VAINQUEUR : BOB DUNCUM PAR DÉCISION DE L’ARBITRE
PRISE DE FINITION : ARRÊT DU MATCH À CAUSE DU SANG
INDICATEUR : ***
Place à notre main-event lors duquel sera défendu le titre de Champion du monde poids-lourds de la World Wrestling Federation. « Cowboy » Bobby Duncum s’avance une nouvelle fois en direction du ring en tant que challenger numéro un du titre le plus convoité de la promotion. Il s’agit ce soir d’une revanche, la première eut en effet lieu au Madison Square Garden de New York City en fin d’année dernière lors d’un Texas Deathmatch à l’issue duquel le Champion est ressorti victorieux. Et ce même Champion rejoint le ring en courant et se jette sauvagement sur Duncum !
Backlund est complètement déchaîné et se lâche sur Duncum, totalement à côté de ses pompes en ce début de match. Et le Champion commence fort en pilonnant les cervicales de Duncum avec un superbe Piledriver, parfaitement exécuté. Backlund garde l’avantage et lui encastre son coude dans le poteau avec une violence rare. Le challenger reprends le dessus avec un coup de poing un peu louche – on ne sait pas s’il s’agit d’une manœuvre illégale ou si Duncum utilise un objet interdit. Immobilisé par une prise des trapèzes, le Champion marque un temps d’arrêt, Duncum tuant sensiblement le rythme de la rencontre instauré jusqu’ici. Backlund se redonne du poil de la bête et éclate l’une des jambes de Duncum dans le poteau. Il se focalise désormais sur ce genou et place difficilement une Figure Four Leglock qui pousse Duncum à l’agonie. Celui-ci s’en sort en attrapant les cordes de justesse. De retour sur ses pieds, Backlund lui assène son Atomic Drop mais Duncum chute en dehors du ring. Le challenger revient avec une Saito Suplex mais Backlund s’en dégage et reste dans le match. Sur le bord du ring, Backlund est envoyé tête première dans le poteau. De retour entre les cordes, l’arbitre remarque que Backlund convulse et est ouvert au niveau de l’œil. La situation est inquiétante et – alors que Duncum cognait sur cette plaie béante – l’arbitre Dick Woehrle décide de mettre un terme à la rencontre contre l’avis de Duncum et de Backlund qui ne souhaitent pas s’arrêter ! La décision est controversée, d’autant plus que Duncum est proclamé victorieux mais sans remporter le titre ! Un verdict arbitraire qui ne fait pas sens et qui va au mépris de toute logique et des règles du catch. Et c’est dommage car le combat était excellent.
MATCH 5 : « THE INCREDIBLE » HULK HOGAN VS TITO SANTANA (06:10)
VAINQUEUR : HULK HOGAN
PRISE DE FINITION : CHOC DANS L’UN DES COINS
INDICATEUR : *** ½
Revêtu d’une ample cape dorée, celui qu’on surnomme « The Incredible » Hulk Hogan se dirige en direction du ring sous quelques sifflets. Montagne de muscles au physique de colosse, Hogan a effectué ses débuts au Madison Square Garden il y a un mois de cela face en battant Ted DiBiase et signe ce soir sa toute première apparition au Philadelphia Spectrum. Son adversaire grimpe sur le ring à son tour. Lui aussi très musclé, il s’agit d’un tout jeune Tito Santana, seulement âgé de 27 ans.

© John Arezzi
Hogan s’impose grâce à sa puissance et se permet de rouler des mécaniques. Toutefois, Santana est agile et donne le ton en faisant valdinguer Hogan d’un bout à l’autre du ring avec une belle série de Armdrags. Hogan reprends le dessus avec de gros coups de marteau et manque de l’emporter avec une magnifique descente de la cuisse. Hogan part pour une seconde Leg Drop mais Tito se retire in-extremis et le percute ensuite avec son Flying Hammer ! Chaud comme la braise, Santana enchaîne avec une série de sauts chassés mais Hogan s’en dégage. Il accule ensuite Hogan dans l’un des coins et s’élance mais, propulsé par son propre élan, Tito s’écrase de plein fouet contre le poteau. Hogan profite de l’impact du choc et le recouvre pour le compte de trois qui voit Hogan s’arroger sa première victoire au Spectrum.
MATCH 6 : INTERCONTINENTAL TITLE MATCH : PAT PATTERSON © VS « CPT. » LOU ALBANO (03:22)
VAINQUEUR : PAT PATTERSON
PRISE DE FINITION : COUNT OUT
INDICATEUR : * ½
Victorieux de Ted DiBiase en septembre dernier, Pat Patterson unifia les ceintures de Champions nord et sud américain pour n’en faire qu’un seul et même titre. C’est la naissance du titre de Champion Intercontinental et Patterson est donc son titulaire inaugural. Brouillé avec son ancien manager en la personne du « Capitaine » Lou Albano, Patterson – qui est d’ailleurs devenu babyface en cours de route – a ce soir l’occasion de régler ses comptes avec l’insupportable capitaine.
Déterminé à l’idée de botter les fesses de son ancien manager, le Champion se jette sur le capitaine et le roue de coups de poing. Couard, Albano prends alors la fuite et part en direction des vestiaires sous les sifflets du public. Premier temps d’arrêt, on ne sait pas s’il reviendra et lorsqu’Albano daigne enfin remontrer sa tronche, Patterson le chope par la barbichette et le sèche avec un gros coup poing dans le museau. Là encore, Albano joue au chat et à la souris et prends la tangente en dehors du ring. De retour entre les cordes, Albano enfonce ses doigts boudinés dans les yeux du Champion et utilise un objet illicite caché dans son froc. L’arbitre Dick Woehrle feint de ne rien voir ou ferait mieux de se faire prescrire des lunettes. La ruse est exécutée de manière si grossière que c’en est presque gênant. Et lorsque Patterson s’empare enfin de cet objet, il le casse sur la tête d’Albano et l’arbitre fait alors preuve d’un certain laxisme. Désarmé, Albano panique et met une nouvelle fois les voiles. Pat Patterson conserve donc son titre par décompte à l’extérieur au terme d’un très mauvais combat mais aura au moins pu botter le cul du capitaine.
MATCH 7 : LARRY ZBYSZKO VS THE GREAT HUSSEIN ARAB OF IRAN (20:00)
VAINQUEUR : LARRY ZBYSZKO
PRISE DE FINITION : DÉCISION DE L’ARBITRE
INDICATEUR : ** ¾
Originaire de Chicago dans l’Illinois et aujourd’hui résident à Pittsburgh en Pennsylvanie, Larry Zbyszko a été personnellement entraîné par Bruno Sammartino. Choisissant de rendre hommage au légendaire Stanislaus Zbyszko en reprenant son nom, le jeune Larry a débuté à la World Wrestling Federation en 1974 et est devenu la moitié des Champion Tag Team avec Tony Garea en 1978. Un parcours jalonné de succès donc – bien qu’on a récemment remarqué que quelque chose semble clocher sans qu’on sache exactement quoi. Zbyszko se mesurait ce soir au Great Hussein Arab, plus connu sous le nom de The Iron Sheik qui effectue son entrée sous les huées du Spectrum.
Si Hussein est un fin technicien, Larry n’est pas en reste et excelle également dans ce registre. Les premières minutes du combat sont assez rythmées, jusqu’à ce que Zbyszko emmène Hussein au sol et l’y garde un bon moment avec un Side Headlock. On reprends parfois de la vitesse comme avec cette jolie tentative de Sunset Flip qui passe à rien de surprendre Hussein. Le combat s’étend un peu en dehors du ring, Hussein étranglant son adversaire avec les câbles des micros, avant de l’envoyer contre les escaliers en bois et contre la table des commentateurs. De retour entre les cordes, Hussein immobilise Zbyszko avec un Side Headlock interminable. On sent que les deux catcheurs jouent la montre et en général, c’est parce qu’on se dirige vers un match nul. Et lorsque Zbyszko s’en démène enfin, c’est au tour d’Hussein d’aller faire le tour du propriétaire en dehors du ring. Larry s’empare alors d’une chaise – rembourrée – et l’éclate sur le haut du dos d’Hussein mais échappe lui aussi à la disqualification. Ils s’échangent ensuite une série d’Abdominal Stretch et Zbyszko est envoyé dans les airs par un surpassement. Hussein enchaîne avec une souplesse arrière mais Zbyszko s’en dégage. Le son de la cloche retentit alors, signe que la limite de temps réglementaire est dépassée. Et contre toute attente – au mépris de toute logique et alors qu’Hussein ne s’est même pas trop mal comporté – l’arbitre décide d’octroyer la victoire à Larry Zbyszko. Hussein fulmine et commence à s’en prendre à l’officiel mais sera chassé en dehors du ring par Zbyszko.
MATCH 8 : GORILLA MONSOON VS SWEDE HANSON (01:08)
VAINQUEUR : GORILLA MONSOON
PRISE DE FINITION : BEARHUG
INDICATEUR : ½ *
Figure légendaire du catch nord-américain, Gorilla Monsoon s’est fait connaître comme un redoutable colosse originaire de la Mandchourie – du nom de ce territoire situé au Nord-Est de la Chine. Passé à la postérité pour avoir fait tournoyer Muhammad Ali sur ses épaules en amont de son mythique affrontement contre Antonio Inoki, Monsoon est également devenu une figure influente en coulisses au point que l’espace qui sépare les coulisses de l’arène, toujours délimitée par un épais rideau, fut symboliquement nommée « Gorilla Position ». Il se mesurait ce soir à Swede Hanson, lui aussi un briscard des rings dont le blouson en jean affiche fièrement le drapeau confédéré.

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved/Courtesy of Pro Wrestling Illustrated
Au son de la cloche, Monsoon et Hanson s’échangent quelques mandales et – voyant que le gorille ne flanche pas – Hanson fait marche arrière. Âgé de 43 ans, Monsoon en a encore sous le capot et demeure une force inamovible. Contrant une projection dans le coin, Gorilla le prends dans ses bras et le hisse pour une prise de l’ours qui a rarement aussi bien porté son nom. Et contre toute attente, Hanson – lui est âgé de 47 ans – jette immédiatement l’éponge et n’aura pas tenu plus d’une minute, concédant une victoire à un Gorilla Monsoon visiblement très essoufflé par cette minute de match (sans aucune prise de catch).
MATCH 9 : « POLISH POWER » IVAN PUTSKI VS KEN PATERA (01:40)
VAINQUEUR : KEN PATERA
PRISE DE FINITION : COUNT OUT
INDICATEUR : *
On termine (ça commence à être long…) ce programme avec notre neuvième et dernier combat qui sera vraisemblablement un clash d’hommes forts. Le premier à entrer en scène n’est autre que Ken Patera, natif de Portland dans l’Oregon et ancien haltérophile olympique. Son adversaire est le fier porte-étendard de ce qu’il aime à appeler la « Polish Power ». Il s’agit bien entendu de Ivan Putski, le compétiteur polonais le plus célèbre de l’histoire qui adore décimer ses rivaux avec son Polish Hammer.
Bouillonnant à l’idée d’en découdre, Putski doit prendre son mal en patience car Patera prends tout son temps afin de retirer son pantalon sous les sifflets d’une foule qui n’apprécie pas ses manières. Lorsqu’ils engagent enfin le combat, Putski lui décolle les dents avec une énorme droite. Complètement perdu, Patera vacille et titube pendant que Putski charge déjà son Polish Hammer ! Putski fait mouche mais Patera s’écroule en dehors du ring. Putski le rejoint et là, Patera s’est relevé et l’envoie tête première dans le poteau. Il remonte in-extremis entre les cordes pour battre le compte de l’arbitre, remportant ce match par décompte extérieur en un peu moins de deux minutes. Le résultat est accueilli par une broncha et des jets de divers projectiles. L’objectif de générer de la frustration est réussi mais en revanche, c’est un peu court quand même.
On a connu meilleure programmation. Et pour être honnête, c’est peut-être la moins bonne affiche que la World Wrestling Federation nous a proposé dans ce type d’événements. Bob Backlund perds son match mais conserve son titre, Pat Patterson botte les fesses de Lou Albano, Hulk Hogan réalise sa première apparition au Spectrum et plus encore.
– Qui eut cru que moins de 6 mois après sa création, le titre de Champion Intercontinental soit déjà devenu une farce ? J’exagère un peu mais ce triste spectacle auquel nous avons eu droit va dans mon sens. Déjà, ne me faites pas croire qu’en 1979, on a pas d’autre challenger à envoyer à Pat Patterson qu’un « Capitaine » Lou Albano bedonnant. Ensuite, voir Albano passer les trois quarts du combat (trois minutes donc…) en dehors du ring pour finalement repartir aux vestiaires… Certes, on avait envie de voir Pat Patterson botter les fesses de son ancien manager mais personne n’en ressort grandi : ni le champion, ni le challenger, ni la promotion et encore moins le titre.
– Si la première partie du programme n’était déjà pas des plus intéressantes, la seconde est catastrophique à tous les niveaux. Nous avons déjà abordé le cas Albano, nous n’y reviendrons donc plus. Mais pourquoi diable donner vingt minutes à Larry Zbyszko et à l’Iron Sheik si c’est pour finir sur un match nul. Enfin pas vraiment puisque l’arbitre a décidé d’octroyer la victoire à Zbyszko de façon totalement aléatoire. Dommageable. Que le match entre Gorilla Monsoon et Swede Hanson ait duré un peu plus d’une minute n’est pas un problème en soi – cinq auraient de toute façon été un supplice – mais c’est un peu le service minimum. Pareil pour celui entre Ken Patera et Ivan Putski qui fonctionne bien sur le fait que Patera ressorte avec de la heat mais qui se retrouve encore une fois expédié en moins de deux minutes. On se moque un peu du monde.
– Certains matches – on l’a vu – se terminent parfois sur une note d’amertume. D’autres sont souvent teintés de controverse mais assez peu se terminent véritablement en eau de boudin – le pire des cas de figure, celui qui te donne presque envie de casser ta télé. Et c’est ce dernier cas de figure que nous avons eu dans notre main event lors duquel Bob Backlund affrontait « Cowboy » Bob Duncum. Et si le combat fut rythmé et que les deux catcheurs nous ont globalement offert un très bel affrontement, qu’est-ce que c’est que cette fin de merde ? Ouvert au niveau de l’œil, Backlund fut pris de convulsions, obligeant l’arbitre à stopper la rencontre, octroyant de fait la victoire à Duncum… mais pas le titre !? On sait pertinemment que les règles du catch sont plus que malléables mais ce mépris total des règles de base de la discipline est juste aberrant et gâche complètement le finish de ce qui se présentait jusqu’ici comme un très bon main-event.
– En ce début d’année 1980, un phénomène fait sensation. Plus que n’importe quel Champion en lice, il s’agit d’Hulk Hogan une montagne de muscles qui ne laisse personne indifférent – et surtout pas Vince McMahon. Un mois seulement après avoir signé ses débuts au Madison Square Garden contre Ted DiBiase, Hulk Hogan effectuait ce soir sa première apparition au Spectrum face à Tito Santana. Et l’emportait au terme d’un très bon combat – court mais dynamique. Hogan est dans la meilleure forme physique de sa vie et se donne encore en terme de in-ring, ce qui ne sera pas toujours le cas pour le restant de sa légendaire carrière.
Nathan Maingneur