WORLD WRESTLING FEDERATION
MADISON SQUARE GARDEN #14
24/03/1980

Madison Square Garden
24 mars 1980. Le Madison Square Garden de New York City affiche « sold-out » pour ce programme réalisé et produit par la World Wrestling Federation. Vince McMahon Jr. est notre hôte et sera comme d’habitude le seul commentateur de ces images. Howard Finkel se charge des introductions au micro alors que nous enchaînons avec notre premier combat.
Parmi les groupes pionniers de ce qu’on a appelé la New Wave of British Heavy Metal (NWOBHM), un quatuor originaire de Sheffield établit sa marque en décrochant les premières parties d’AC/DC lors de leur tournée de 1979. Il s’agit de Def Leppard, qui enregistre son premier album On Through The Night, sorti quelques jours avant la diffusion de ce programme. Si ce premier jet ne rencontrera pas un franc succès outre-Atlantique, les quatre musiciens se feront plus tard connaître aux États-Unis avec l’album Hysteria, considéré comme l’un des meilleurs albums de hard rock de tous les temps.

Def Leppard
MATCH 1 : DICK « BULLDOG » BROWER VS FRANKIE WILLIAMS (08:53)
VAINQUEUR : DICK BROWER
PRISE DE FINITION : DESCENTE DU COUDE
INDICATEUR : * ¼
Briscard dans l’âme, Dick « Bulldog » Brower est un compétiteur endurci par l’âge et l’expérience des rings de catch depuis la fin des années 1950. À près de cinquante ans et dans les dernières années de sa carrière, Dick Brower est toujours le bagarreur qu’il était vingt ans plus tôt. Brower se frotte ce soir à Frankie Williams, lutteur originaire de Columbus dans l’Ohio qui catche en tant que souffre-douleur attitré depuis le début des années 1970.

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Attention à ne pas se fier au caractère « à sens unique » de la rencontre puisque Williams est plutôt mordant et sait répondre. Physiquement, Brower n’est plus au sommet de sa forme d’autrefois et doit parfois se reprendre à genoux – une position humiliante pour le « Bulldog ». Les coups de genou et de poing mettent la technique au placard et voient Brower prendre l’ascendant – puis le perdre pour enfin le reprendre. « Bulldog » Brower en termine en neuf minutes (peut-être trop pour ce match qui tire en longueur) grâce à une série de descentes du coude, directement portées dans le cou et dans la nuque de ce pauvre Williams qui essuie une défaite de plus sur le ring du Garden.
MATCH 2 : JOSÉ ESTRADA VS KERRY VON ERICH (10:49)
VAINQUEUR : KERRY VON ERICH
PRISE DE FINITION : PETIT PAQUET
INDICATEUR : ** ½
José Estrada joue ce soir à domicile mais reçoit quelques sifflets de la foule. Estrada est le vieux compère d’un certain « Unpredictable » Johnny Rodz, également originaire de New York City. D’origine portoricaine, Estrada connaît le ring du Madison Square Garden pour s’y être illustré à plusieurs reprises, notamment face à Tatsumi Fujinami en 1978. Le portoricain rencontre ce soir un jeune athlète qui effectue ce soir ses premiers pas dans cette arène mythique. Âgé de seulement vingt ans et possédant une musculature impressionnante, Kerry Von Erich est de la partie. Quatrième fils de Fritz Von Erich – patriarche de la légendaire dynastie des Von Erich et tête d’affiche de la WCCW de Dallas, Kerry est le troisième Von Erich à fouler le ring du Garden.

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Kerry est dans une forme physique irréprochable et détonne avec le catch parfois « pépère » de ce territoire. Il le prouve d’entrée de jeu avec une série d’Armdrags au détriment d’un Estrada rapidement déboussolé. Aussi agile que puissant, Kerry nous lâche également de magnifiques sauts chassés. Fidèle à ses rengaines, Estrada revient avec des tactiques peu louables, coupant le souffle du fils Von Erich avec un sale coup de genou dans l’abdomen. Galérant sous le feu des coups du portoricain, Kerry est en difficulté. Porté par sa ferveur et l’appui du public, Kerry revient à la charge et se focalise désormais sur l’une des jambes d’Estrada. C’est désormais ce jeune homme de vingt printemps qui prends les rennes du combat, donnant une leçon au portoricain. Projeté dans l’un des coins, Kerry surprend son antagoniste en l’enroulant en petit paquet, ce qui suffit pour le compte de trois. Le public tout entier se lève à l’unisson pour la victoire du jeune Von Erich qui n’a eu qu’à apparaître une fois pour s’accaparer le soutien de la foule – les prémices d’un succès incontrôlable.
MATCH 3 : TOR KAMATA VS MIKE MASTERS (05:46)
VAINQUEUR : TOR KAMATA
PRISE DE FINITION : DESCENTE DU GENOU
INDICATEUR : * ½
À près de 160kg à la pesée, Tor Kamata est un poids-lourds du circuit. Peu présent sur nos écrans, Kamata est toutefois l’une des figures les plus détestées de cette période. Catchant au début des années 1970 pour la Stampede Wrestling de Calgary, ce n’est qu’en 1976 que ce compétiteur originaire d’Hawaï rejoignit la World Wide Wrestling Federation. C’est toutefois au Japon que Kamata connut ses affrontements les plus farouches, notamment contre Abdullah The Butcher. Kamata foulait donc ce soir le ring du Garden pour se frotter à Mike Masters, jobber qui effectuait également ses débuts au Madison Square Garden.

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Avant même que ne sonne la cloche, Kamata se jette sur son adversaire et lui martèle l’arrière du crâne avec de gros coups de coude. Kamata joue de sa sale gueule et terrifie la foule avec ses expressions faciales toutes plus effrayantes les unes que les autres. Cependant, Masters a du répondant et fait reculer l’imposant Kamata. Malheureusement pour lui – et malgré tout l’entrain du monde – Masters est encore un novice et ne bénéficie pas du soutien du public. Il envoie quand même Kamata s’écraser en surpassement et alors qu’il partait pour un second, celui-ci lui envoie un sale coup de pied en pleine face. Une descente du genou plus tard et l’affaire est pliée pour Tor Kamata qui quitte précipitamment l’arène en direction des vestiaires.
MATCH 4 : LARRY ZBYSZKO VS BRUNO SAMMARTINO W/ARNOLD SKAALAND (15:31)
VAINQUEUR : LARRY ZBYSZKO PAR DQ
PRISE DE FINITION : DÉCISION DE L’ARBITRE
INDICATEUR : **** ½
Bourreau de l’icône Sammartino et bête noire unanimement haïe, Larry Zbyszko se tient sur le ring du Garden, se tenant prêt à signer le combat le plus important de sa jeune carrière. Fruit de semaines de provocations, d’insultes et d’un parjure ô combien répréhensible, Larry Zbyszko doit ce soir répondre de ses actes dans un tribunal bien particulier : le Madison Square Garden, symboliquement bâti par Bruno Sammartino. Celui-ci se fait attendre alors qu’une électricité palpable s’empare progressivement de l’arène la plus célèbre du monde. La foule se lève alors comme un seul homme pour saluer l’ancien Champion du monde poids-lourds de la WWWF, porte-étendard d’une ère et héros d’un autre temps. Au microphone, l’annonce d’Howard Finkel a de quoi vous donner des frissons. Si Bruno Sammartino a ce soir lacé ses bottes pour un soir de plus, c’est pour laver son honneur sur la plus grande scènes de toutes.

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Une première phase d’observation laisse s’installer une phase de suspens, Zbyszko s’agitant frénétiquement alors que Sammartino semble plus mesuré. Larry se lance et se voit emporter dans un tourbillon d’Armdrags, voyant le public se lever à l’unisson. Le ton est donné lorsque Bruno soulève son ancien élève en le tenant par le bras. Sammartino n’est pas ici pour donner une leçon mais pour infliger une correction. Un plan rapproché se centrant sur le regard noir de Bruno peut en attester. Techniquement, on assiste à une domination totale du maître, mettant au pied celui qui fut un temps son protégé et proche ami. Un coup de coude sèche l’italien, et c’est l’ouverture pour Zbyszko qui saute sur l’occasion en lui envoyant de sales coups de pied sous les sifflets de la foule. Forcé de se reprendre en dehors du ring, Larry profite d’un moment d’inattention pour repartir à la charge en brisant la garde de son adversaire. Dès lors, Zbyszko ne montre aucune compassion pour celui qu’il idolâtrait pourtant. Sur une double collision, Sammartino est lourdement envoyé à l’extérieur du ring. Groggy, Bruno essaie coûte que coûte de remonter sur le ring mais est à chaque fois empêché par des coups de pied de Larry. Rejoignant les abords du ring, celui-ci lui éclate le crâne contre le rebord du ring, alors que le public retient son souffle. Malgré les coups et le compte de l’arbitre, l’italien parvient à se hisser sur le ring et ne tient presque plus debout. Devant s’aider des cordes, l’ancien Champion du monde prends les coups mais résiste. Voûté, l’icône Sammartino tient sa garde et s’avance – tel un vieux lion tenant tête au jeune loup. L’image vaut mille mots. Fuyant en dehors du ring, Zbyszko est poursuivi par Bruno, sauf qu’en se coinçant le pied dans les cordes, Larry est rattrapé et pris au piège par son mentor. À cet instant, Sammartino fit éclater toute sa rage, toute cette rancœur accumulée, dans un sublime accès de fureur vengeresse. Faisant fi des avertissements de l’arbitre, Bruno étrangle Zbyszko, sans se soucier des règles du combat. Bousculé, l’officiel doit faire sonner la cloche alors que Skaaland doit s’interposer. Tel un animal enragé, Sammartino ne lâche plus sa proie, offrant à Zbyszko ce qu’il a tant cherché. Debout, Bruno est dans une colère noire et l’est encore plus au moment du verdict. L’arbitre proclame en effet Larry Zbyszko victorieux par disqualification. Sammartino est fou de rage et le fait comprendre. Magnifique et bouillonnante revanche qui vit un Bruno Sammartino aveuglé par sa propre haine et submergé par ses émotions, enfreignant les règles à ses dépens. L’histoire n’est pas terminée, le point culminant de cet arc narratif s’annonce d’ores et déjà gigantesque.
MATCH 5 : « WILD SAMOAN » AFA VS DOMINIC DENUCCI (09:42)
VAINQUEUR : « WILD SAMOAN » AFA
PRISE DE FINITION : COUP DE TÊTE
INDICATEUR : * ¼
Sans son partenaire habituel à ses côtés, Arthur Anoa’i Sr. qu’on connaît seul en tant qu’Afa, combat ce soir en solo – tandis que son frangin le sera également dans le prochain combat. Originaire des îles Samoa, Afa fut entraîné par « High Chief » Peter Maivia, patriarche de cette légendaire dynastie. Le samoan se mesurait ce soir à Dominic DeNucci, populaire lutteur originaire de Venise en Italie. Âgé de quarante-huit ans, l’italien est dans les dernières années de sa longue carrière. À noter que les Wild Samoans sont ce soir annoncés en tant que « Samoan #1 » et « Samoan #2 », une appellation peu élogieuse pour les challengers aux titres de Champions Tag Team.

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Face à ce guerrier tribal, Dominic semble un peu perdu et ne semble pas trop savoir comment s’y prendre. En quelques minutes, l’italien s’écroule sous les coups de son adversaire et ne parvient pas à prendre son match en main. Faisant jouer son talent d’acteur, Afa nous gratifie d’expressions toutes plus terrifiantes les unes des autres. Une grande partie du combat est freinée par une prise des trapèzes d’Afa, figeant totalement le rythme de la rencontre. C’est long – beaucoup trop long – même si le but est de faire jouer la théâtralité d’Afa, mais au détriment d’un in-ring qui s’en retrouve diminué. DeNucci s’offre un petit retour en force, porté par l’appui de la foule qui se réveille tout doucement de sa sieste lorsque Afa semble montrer des signes de faiblesse. L’élan de Dominic est toutefois coupé net par un Headbutt qui suffit pour qu’Afa l’emporte au compte de trois au terme d’un combat moyen.
MATCH 6 : WORLD WRESTLING FEDERATION CHAMPIONSHIP MATCH : BOB BACKLUND © W/ARNOLD SKAALAND VS « WILD SAMOAN » SIKA W/« CPT. » LOU ALBANO (18:32)
VAINQUEUR : BOB BACKLUND
PRISE DE FINITION : BODYSLAM
INDICATEUR : * ½
Quant à l’autre moitié des Wild Samoans, l’enjeu de la rencontre est légèrement plus important. En effet, Leati Anoa’i, plus connu sous le nom de Sika, a ce soir l’occasion de remporter la ceinture de Champion du monde poids-lourds de la WWF, toujours détenue par Bob Backlund depuis 2 ans. Accompagné par un « Capitaine » Lou Albano qui a perdu quelques rondeurs, Sika est aussi terrifiant que son frère, même si selon moi, Afa est encore plus atypique. De l’autre côté du ring, Bob Backlund, petit prodige de Princeton dans le Minnesota, se tient prêt à remettre son titre en jeu, toujours épaulé par le « Golden Boy » Arnold Skaaland.

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D’entrée de jeu, Albano se prend une droite du Champion et préfère fuir en direction des vestiaires. Je vous le dis tout de suite : c’est le moment le plus divertissant de la rencontre. Profitant du manque d’agilité de son challenger, Backlund s’impose tout naturellement en se focalisant sur l’une de ses épaules. Au tapis, Backlund est impeccable de technicité et affiche d’ailleurs une condition physique irréprochable. Toutefois, Backlund fait durer le plaisir (euphémisme) de cette prise où l’on compte pas moins de cinquante élongations. Alors que le public s’endormait tout doucement Sika s’en sort mais applique une Stomach Claw au Champion, paralysé au sol. C’est – excessivement – long et rien ne se passe. Anesthésiée, la foule du Garden est totalement silencieuse et réagit à peine pour son Champion. Au bout de ce qui a semblé être une éternité, Backlund s’en dégage et plante Sika avec un Piledriver du tonnerre. Sauf que Sika a la tête dure et ne sentant presque rien, se relève instantanément ! La rencontre semble enfin décoller, Backlund y allant de ses coups de poing sur le crâne du samoan. Contre toute attente, Sika lui assène un Samoan Drop, la prise de finition des Wild Samoans. Au lieu de partir pour le tombé, le samoan s’engage en direction des cordes. Sur la troisième corde, Sika s’élance en Falling Headbutt et touche sa cible ! L’arbitre s’agenouille, le public retient tout son souffle mais Backlund se dégage à un ! Ce n’est pas une blague, Backlund s’est dégagé à un, tuant complètement le momentum de Sika et de la prise de finition des Wild Samoans ! Sika remonte alors sur les cordes mais Backlund est debout et l’envoie s’écraser sur le ring. Le Champion l’emporte alors au compte de trois, au terme d’une rencontre incohérente et soporifique.
MATCH 7 : PAT PATTERSON & ANDRÉ LE GÉANT VS « COWBOY » BOBBY DUNCUM & KEN PATERA W/THE GRAND WIZARD OF WRESTLING (11:04)
VAINQUEURS : PAT PATTERSON & ANDRÉ LE GÉANT
PRISE DE FINITION : SPLASH
INDICATEUR : *** ¼
Tout de dorures et de paillettes, tel est l’accoutrement du Grand Wizard of Wrestling qui s’avance d’un pas décidé vers le ring en y emmenant ses poulains. Ceux-ci sont ce soir « Cowboy » Bobby Duncum et Ken Patera. Ce dernier est officiellement annoncé en tant que « World’s Strongest Man » ! En face, l’opposition est de taille et c’est peu dire. Pat Patterson rejoint les ring en compagne d’… André le Géant, sous une ovation de la foule du Garden qui accorde toujours à André cet unique mélange d’adoration et de fascination. Quelle affiche !

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Alors que la cloche n’a même pas sonné, Patera et Duncum se jettent sur André, qui réponds avec d’énormes coups de tête. Celui qu’on surnommait autrefois le « Géant Ferré » déroule, ne se laissant pas intimider par ses redoutables adversaires. Sur un coup de genou de Duncum, André est lourdement envoyé en dehors du ring. De retour, André est plutôt malmené, victime du catch malhonnête de Duncum et Patera. Faisant son entrée, Patterson se focalise sur le genou du « Cowboy » qu’il éclate contre le poteau, alignant ensuite Patera avec un crochet du droit. Assis sur Duncum, André s’autorise une petite pause, alors que Patterson lui grimpe dessus. Debout – Patterson assis sur ses épaules – André s’avance vers Patera et l’image est saisissante ! Redescendu de la Tour Eiffel, Patterson est aux prises avec l’ancien haltérophile olympique et est relativement mis en difficulté par la force de son futur challenger. La tension monte, André trépignant d’impatience dans son coin alors que l’arbitre fait mine de ne pas voir les tricheries des heels. Passant sous les jambes de Duncum, Patterson offre le relais à un André déchaîné qui entre sur le ring tel un éléphant dans un magasin de porcelaine. Cadenassé dans une prise de l’ours, Patera a l’air d’un bébé dans les bras d’André, c’est dire la taille de cet extraordinaire personnage. C’est l’anarchie – au plus grand bonheur du public – l’officiel tentant vainement de faire respecter l’ordre. Patera et Duncum sont projetés l’un dans l’autre alors que Patterson en profite pour placer une prise en quatre sur Duncum. De son côté, André prends son élan et lui atterrit dessus avec un Splash gigantesque, qui aplatit totalement ce pauvre Bobby Duncum qui n’aurait pas pu se dégager d’un compte de cent. Patterson et André le Géant s’arrogent donc une belle victoire au terme d’un excellent combat où l’accent a été mis sur l’aspect divertissant de ce que peut être un match de catch, préfigurant d’une certaine façon le changement qui sera opéré au cours de cette décennie.
MATCH 8 : BARON MIKEL SCICLUNA VS RENÉ GOULET (06:17)
VAINQUEUR : RENÉ GOULET
PRISE DE FINITION : SUNSET FLIP
INDICATEUR : * ¼
C’est la revanche d’une rencontre qui a récemment eu lieu au Agricultural Hall d’Allentown lors d’un épisode du programme All Star Wrestling. Goulet en était alors ressorti victorieux par disqualification après que l’arbitre ait du chercher dans le caleçon de Scicluna pour s’emparer de son objet illicite ! Annoncé en provenance de Paris en France (mais en réalité québécois) René Goulet n’a pas mis les pieds au Garden depuis 1971, lorsque lui et Karl Gotch défendaient alors les ceintures de Champions Tag Team de la WWWF. En face, de lui ce soir, se dresse le Baron Scicluna, seul catcheur originaire de l’île de Malte et prétendument issu de sang royal qui reçoit quelques sifflets du public.
Devant gérer les tricheries de Scicluna, Goulet est envoyé au sol par de grosses droites du maltais. Maintenu par une clé de jambe, le franco-canadien dérouille en ce début de rencontre. Goulet s’en sort en saut carpé et peut envoyer ses coups, se focalisant à son tour sur l’une des jambes du Baron. Loin d’être le combat le plus intéressant de la carte, ce n’est pas non plus une purge et on peut sentir un réel effort de la part de chaque protagoniste – qui catchent à un âge déjà plutôt avancé. Suite à une projection dans les cordes, Scicluna se fait enrouler par Goulet qui l’emporte avec un Sunset Flip.
MATCH 9 : TITO SANTANA VS « THE INCREDIBLE » HULK HOGAN W/FREDDIE BLASSIE (08:28)
VAINQUEUR : HULK HOGAN
PRISE DE FINITION : VERTICAL SUPLEX
INDICATEUR : ** ½
Sans son partenaire Ivan Putski à ses côtés, la moitié des ceintures de Champions Tag Team, en la personne de Tito Santana, est de la partie et rejoint le ring du Madison Square Garden sous les acclamations de la foule. Accompagné par « Classy » Freddie Blassie, Hulk Hogan s’avance lentement mais sûrement sur cette rampe et impressionne de par son physique de colosse. C’est également une revanche d’une rencontre qui s’était tenue sur ce même ring où Hogan s’était alors imposé par décompte à l’extérieur.

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Tournant le dos à son adversaire, Santana se fait charger par Hogan, qui le projette ensuite fortement dans le coin. Le protégé de Freddie Blassie donne le ton en séchant Tito avec un sale coup de la corde à linge et un coup de coude tonitruant. Hogan est ultra dominant et s’impose en écrasant le dos de Santana dans plusieurs des coins du ring. Porté par sa ferveur habituelle, Tito réponds avec de bonnes droites et parvient à reprendre le dessus, mettant Hogan à genoux avec un saut chassé. Toutefois, cela ne suffit pas pour calmer Hogan qui le ramène au sol avec un tour de hanches autoritaire. Projeté en dehors du ring, Santana parvient in-extremis à remonter entre les cordes – une petite piqure de rappel à leur précédent affrontement. Épuisé et largement dominé, Santana ne se laisse pas vaincre pour autant et réponds coups pour coups, soutenu par le public. Aux situations désespérées, mesures désespérées pour Tito qui écrase le pied d’Hogan et le couche ensuite avec une droite. Hogan se retiendra aux cordes sur une planchette japonaise et laisse retomber Santana en arrière. Hogan en termine ensuite avec un magnifique souplesse arrière et s’arroge ainsi une belle victoire sur le ring du Garden. Hulk Hogan solidifie son statut de menace sérieuse en venant à bout d’un Tito Santana qui a tout donné.
Le Madison Square Garden est l’arène de prédilection de la WWWF depuis sa fondation en 1963. À aube des eighties, le Garden s’apprête à vivre certains des plus grands événements de l’histoire de la World Wrestling Federation. On commence par celui-ci. Sur le papier, la carte est alléchante et propose de nombreuses têtes d’affiche. C’est peut-être en effet l’une des dernières fois qu’on retrouve simultanément Bruno Sammartino et André le Géant au Garden. On peut noter un début de carte plutôt faible, uniquement relevé par l’apparition d’un certain Kerry Von Erich. D’habitude pourtant associés, les Wild Samoans se sont ce soir retrouvés en solo – pour le pire et rien que le pire. Face à Dominic DeNucci, Afa s’en sort de justesse grâce à ses expressions terrifiantes. Quant à Sika… c’est une tout autre histoire. Pourtant opposé à Bob Backlund pour le titre suprême, le samoan n’a pas été une menace comme le sont habituellement les challengers de Backlund. Ce combat est peut-être le pire du règne du Champion (jusqu’ici en tout cas c’est certain) et a notamment vu Backlund se relever à un – comme si de rien n’était – de la prise de finition des Wild Samoans, enterrant toute la tension que procure d’habitude un tel scénario. En guise de conclusion, Hulk Hogan et Tito Santana auront offert un beau combat, voyant un Hogan ultra dominant imposer sa marque face à un Santana néanmoins vaillant et résistant. D’une certaine manière, ce genre d’affiche préfigure l’entrée dans la prochaine ère, portée par de nouveaux visages et par un concept : le divertissement-sportif ». Dans ce registre, impossible d’oublier ce formidable match à quatre où Pat Patterson et André le Géant se sont imposés au terme d’une pur condensé d’action qui fit la part belle au divertissement, incitant encore une fois à un tournant qui sera pris un peu plus tard au cours de la décennie. L’intérêt principal de ce programme réside toutefois à mon sens dans cette présentation de la rivalité de l’année 1980 (et peut-être bien de la décennie) entre Bruno Sammartino et Larry Zbyszko. Fruit de longues semaines d’anticipation, ce match est un petit bijou de storytelling, de tension et d’intensité qu’on ne retrouve plus aujourd’hui. Alors que Larry Zbyszko ressortait du combat avec l’assurance d’une carrière toute tracée, Bruno Sammartino en ressortait quant à lui avec la certitude d’une légende et d’un héritage immortels.
Nathan Maingneur