WORLD WRESTLING FEDERATION – MSG #05

WORLD WRESTLING FEDERATION

MADISON SQUARE GARDEN #05

07/08/1976

Madison Square Garden

Madison Square Garden

Vincent K. McMahon nous retrouve au Madison Square Garden – légendaire arène de New York City – pour un nouveau grand rendez-vous de la World Wrestling Federation en ce mois d’août 1976.

McMahon annonce en grande pompe que Bruno Sammartino réalise ce soir son retour au Garden – quelques mois seulement après avoir eu le cou brisé – et remettra son titre de Champion du monde poids-lourds en jeu face à son bourreau en la personne de Stan Hansen. Et ce dernier n’aura aucun moyen de prendre la fuite car la rencontre aura lieu dans une impitoyable cage en acier.

À l’été 1976, l’Amérique découvre un tout nouveau type de musique. Né dans le chaos urbain de New York, le quatuor mené par Joey et Johnny Ramone balaye de riffs de guitare agressifs le rock à papa devenu pépère et impose une image de marque négligée : cheveux long, perfecto noirs, t-shirt blancs et jean déchirés, ainsi que Converse blanches. Les Ramones iront créer de véritables hymnes de la musique underground et seront par la suite considérés comme le premier groupe de punk rock de l’histoire de la musique. 

The Ramones

The Ramones


MATCH 1 : JOSÉ CADIZ VS JOHNNY RIVERA (10:41)

VAINQUEUR : JOHNNY RIVERA

PRISE DE FINITION : TOP ROPE CROSSBODY

INDICATEUR : ** ½


Le présentateur précise que ce combat sera le premier d’une série de neuf matches. Originaire de New York City, José Cadiz fait ce soir ses débuts au Garden et joue à domicile. Cadiz se mesurait ce soir au portoricain Johnny Rivera, vêtu d’un blouson à paillettes et en une apparente solide condition physique.

Cadiz se laisse surprendre par une jolie série de Armdrags et se plaint immédiatement auprès de l’arbitre. Un contre en Fireman’s Carry voit Cadiz étrangler son adversaire et est suivi d’une variation de Stun Gun qui lui permet de prendre l’avantage. Un plan caméra passe sur le public et… voilà Mrs. Kreiger ! Cette petite dame âgée reconnaissable entre mille est de la partie et amuse la galerie en singeant Cadiz. Sur un surpassement, Rivera retombe habilement sur ses pieds et enchaîne avec un beau saut chassé. Il réussit ensuite à placer un Headcissors depuis le coin ainsi qu’un Hurricanrana, une prise quasi inédite pour ce territoire et cette période. Il l’emporte ensuite avec un Crossbody porté du haut des cordes, le Garden applaudissant à l’unisson pour ce petit match fort sympathique.


MATCH 2 : « THE UNPREDICTABLE » JOHNNY RODZ VS S.D « SPECIAL DELIVERY » JONES (08:12)

VAINQUEUR : S.D JONES

PRISE DE FINITION : GERMAN SUPLEX

INDICATEUR : ** ½


« Unpredictable » Johnny Rodz est ce soir sur le ring du Garden et reçoit une réaction quelque peu mitigée. Son adversaire est un compétiteur extrêmement populaire en la personne de S.D « Special Delivery » Jones, catcheur originaire d’Antigua-et-Barbuda dans l’archipel des Caraïbes. Il a d’ailleurs été entraîné par ce même Johnny Rodz dans les années 1970 et s’est ensuite établi à la World Wrestling Federation entre 1975 et 1990 comme l’un des éléments les plus malléables de la promotion.

S.D Jones

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved

On s’échauffe avec une intense séquence de « Mat Wrestling » où Rodz prend temporairement l’avantage. Ce dernier fait toujours preuve d’une intelligente maîtrise des cordes, les utilisant à bon escient pour conférer de l’impact à ses coups de pied. Sur une droite directement envoyée à Jones, la main de Rodz se heurte à son crâne, de réputation très solide ! Le match prends parfois des tournures de match de boxe, les deux hommes s’échangeant mutuellement droites et gauches. Rodz emmène alors Jones en German Suplex et prend appui sur la première corde. Les épaules des deux hommes sont au tapis mais lors du tombé, ce dernier relève tout juste suffisamment l’épaule pour se dégager. Rodz croit donc l’avoir emporté mais c’est le bras d’un S.D Jones victorieux que lève l’arbitre au terme d’un combat agréablement mené.


MATCH 3 : 2 OUT OF 3 FALLS WWWF TAG TEAM TITLES MATCH : THE EXECUTIONERS © VS DOMINIC DENUCCI & JOSÉ GONZALEZ (22:54)

VAINQUEURS : THE EXECUTIONERS (2-1)

PRISE DE FINITION : REVERSED BODY SLAM

INDICATEUR : ** ¾


Toujours sous la tutelle d’un Lou Albano – d’ailleurs absent ce soir – les Executioners, redoutable association de catcheurs masqués, n’ont pas mis longtemps à s’arroger les titres de Champions Tag Team. Ils les remettent ce soir en jeu face à un duo composé du populaire Dominic DeNucci et de José Gonzalez, catcheur portoricain essentiellement connu pour être le meurtrier de Bruiser Brody, poignardé à mort dans les douches du Juan Ramòn Loubriel Stadium de Porto Rico en 1988. 

The Executioners

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved/Courtesy of Pro Wrestling Illustrated

Les Champions s’imposent grâce à leur large gabarit, bien qu’on remarque une nette différence de condition physique entre les deux Executioners. Sous l’un des masques, Killer Kowalski est alors âgé de cinquante ans et se fait remarquer par sa lenteur entre les cordes. On assiste toutefois à une manche relativement dynamique, les challengers parvenant momentanément à reprendre l’avantage, bien aidés par une foule très énergique. Kowalski passe à rien de se faire retirer son masque mais c’est de son côté que le premier point sera marqué, à la suite d’un double brise-dos asséné à DeNucci (1-0). En difficulté, Dominic fait entrer Gonzalez qui réussit à repousser ses assaillants. Envoyés en dehors du ring, les Executioners sont mis en déroute. DeNucci en place un sur ses épaules pour un Airplane Spin et celui-ci sera trop groggy pour s’en dégager (1-1). Désormais à égalité, tout est possible pour les challengers. L’italien ne démérite pas et réponds vaillamment coups pour coups avec des droites et des gauches. Un tag à Gonzalez lance celui-ci dans une frénésie de sauts chassés. Il veut ensuite partir sur un enfourchement sur l’un des Executioners mais son partenaire le fait retomber avec un saut chassé, directement en position de tombé. Sous le poids de son rival, Gonzalez ne peut se relever et les Executioners conservent leurs ceintures après près de vingt minutes de combat haletant (2-1).


MATCH 4 : BRUISER BRODY W/THE GRAND WIZARD OF WRESTLING VS KEVIN SULLIVAN (02:29)

VAINQUEUR : BRUISER BRODY

PRISE DE FINITION : TORTURE RACK

APPRÉCIATION : SQUASH BRUTAL ET IMPITOYABLE


Toujours invaincu, celui qu’on surnomme « King Kong » Bruiser Brody s’avance en direction du ring. Longue et épaisse chevelure noire, barbe fournie et hirsute, Brody en impose et une peau de bête repose sur ses larges épaules. Accompagné par The Grand Wizard of Wrestling, Brody signe ce soir ses débuts au Madison Square Garden. Bruiser Brody est rapidement devenu l’un des personnages les plus durs et respectés de l’histoire du catch et aura une carrière à son image : imprévisible, jusque dans la mort. Face à Brody ce soir, Kevin Sullivan est plutôt apprécié du public de New York et est encore loin de l’image gothique que nous connaîtrons par la suite. 

Bruiser Brody

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved/Courtesy of Pro Wrestling Illustrated

Sans retenue, Brody martèle Sullivan qui peine à réagir. Au sol, ce dernier se mange de sales coups de pied et de grosses descentes du coude. Reprenant ses esprits, Sullivan se fait surprendre de plein fouet par un Elbow Smash porté à pleine puissance. Brody le hisse ensuite sur ses épaules et lui porte un Torture Rack, une prise de catch réellement impressionnante. Sous la pression, Sullivan jette presque immédiatement l’éponge alors que Bruiser Brody repart invaincu en direction des vestiaires. 


MATCH 5 : BARON MIKEL SCICLUNA & ROCKY TOMAYO VS CHIEF JAY STRONGBOW & BILLY WHITE WOLF (05:58)

VAINQUEURS : CHIEF JAY STRONGBOW & BILLY WHITE WOLF

PRISE DE FINITION : DOUBLE TOMAHAWK CHOP

INDICATEUR : * ¼


Grisonnant, le Baron Mikel Scicluna arbore toujours sa longue cape rouge brodée des armoiries de Malte. Son partenaire se nomme Rocky Tomayo, qui a notamment caché en France dans les années 1960 à Paris, Lyon et à Toulouse. Leurs adversaires sont un duo extrêmement populaire de cette époque Ils les rejoignent sous une ovation de la foule. Portant chacun une sublime coiffe amérindienne, Billy White Wolf et Chief Jay Strongbow catchent ce soir en Tag Team.

Chief Jay & White Wolf

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved

Bien que l’arbitre prenne son temps afin d’assurer les précautions d’avant-match, Scicluna gardait sciemment un objet caché dans son slip. Il s’’n sert presque immédiatement – et de manière flagrante – comme une arme face à Strongbow puis contre White Wolf. L’arbitre a visiblement oublié ses lunettes mais un renversement de situation redonne l’avantage aux autochtones. White Wolf et Strongbow entament leur célèbre danse rituelle et projettent Tomayo dans les cordes. Cueilli par un double Tomahawk Chop, celui-ci ne se relèvera pas alors que Strongbow et son compère sont applaudis par la foule de New York City.


MATCH 6 : WORLD WIDE WRESTLING FEDERATION TITLE MATCH : STEEL CAGE MATCH : BRUNO SAMMARTINO © VS STAN HANSEN (11:11)

VAINQUEUR : BRUNO SAMMARTINO

PRISE DE FINITION : SORTIE PAR LA PORTE

INDICATEUR : ****


Un affrontement que près de vingt-mille aficionados de catch – ce soir réunis au Madison Square Garden de New York City – attendent comme le combat du siècle. Stan Hansen, véritable bourreau de Bruno Sammartino, se présente sous une pluie de sifflets. Celui qui avait brisé le cou de l’italien ne semble éprouver aucune forme de remords et se comporte déjà tel un animal en cage. Sammartino se fait attendre, ce qui a le don d’enrager Hansen qui trépigne d’impatience. Le Champion se présente enfin sous un véritable tonnerre d’acclamations et sa ceinture de Champion de la World Wide Wrestling Federation est en jeu.

Hansen & Sammartino

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved/Courtesy of Pro Wrestling Illustrated

Hansen se jette sauvagement sur Bruno et le met rapidement à terre avec des coups de pied. Le Champion se relève et envoie son challenger s’écraser tête première dans la cage ! Lors d’une projection dans les cordes, Bruno esquive la fameuse Lariat d’Hansen et la foule du Garden entre alors en éruption. Hansen essaie tant bien que mal de s’échapper mais est à chaque fois rattrapé par Bruno. En bagarreur qu’il est, Sammartino ira jusqu’à lui écraser l’entrejambe avec son pied, au mépris de sa bonne conduite habituelle. Il envoie Hansen s’écraser tête première dans le poteau et celui-ci s’ouvre au front. En sang, Hansen tient à peine debout alors que Sammartino s’empare de sa coudière, supposément trafiquée pour être utilisée comme une arme. Bruno le martèle alors de coups de poing, Hansen s’écroulant littéralement dans les cordes. Inarrêtable, Sammartino s’assure par la force qu’Hansen ne puisse plus sortir et franchit la porte pour remporter cet intense pugilat, Hansen reposant inerte entre les cordes et la paroi de la cage. Sammartino aura donc eu sa revanche sur un Stan Hansen fou de rage, au grand bonheur d’une foule tout acquise à sa cause.


MATCH 7 : BOBO BRAZIL VS « GASHOUSE » DOUG GILBERT (00:35)

VAINQUEUR : BOBO BRAZIL

PRISE DE FINITION : COUNT OUT

APPRÉCIATION : PEUT-ÊTRE UN PEU TROP RAPIDE !


En grenouillère rouge, Doug Gilbert est à ne pas confondre avec le frère d’Eddie Gilbert et attends son adversaire. Face à lui ce soir, une figure dont la popularité ne semble pas dépérir en la personne de « Big » Bobo Brazil. Originaire de Little Rock dans l’Arkansas, Houston Harris de son vrai a été repéré pour sa carrure alors qu’il travaillait dans une usine. Reconnu pour avoir lutté contre les barrières de la ségrégation raciale aux États-Unis, Bobo Brazil est devenu l’un des tout premiers catcheurs noirs à rencontrer du succès en Amérique du Nord. 

Encore sur le bord du ring, Brazil se fait attaquer par Gilbert alors que l’annonceur continue ses présentations comme si de rien n’était. Toutefois, Brazil revient en force et boute Gilbert en dehors du ring avec ses fameux Coco Butts. Préférant prendre la tangente, Gilbert ne reviendra jamais et sera compté à l’extérieur du ring par l’arbitre. Bobo Brazil repart victorieux – un peu malgré lui – et n’a même pas eu à retirer son gilet.


MATCH 8 : IVAN PUTSKI VS SKANDOR AKBAR (02:56)

VAINQUEUR : IVAN PUTSKI

PRISE DE FINITION : POLISH HAMMER

APPRÉCIATION : COURT MAIS RELATIVEMENT DIVERTISSANT


Une montagne de muscles. Voilà à quoi ressemble Ivan Putski qui apparaît ce soir dans notre dernier combat. Le polonais est extrêmement populaire grâce à son slogan « Polish Power » qu’il aime scander à tue-tête. Son adversaire est reçu par une pluie de quolibets et se nomme Skandor Akbar, coiffé d’un keffieh et annoncé en provenance d’Arabie Saoudite.

Putski emprisonne rapidement Akbar dans ses immenses biceps avec un Side Headlock. Akbar tente de s’en sortir alors que Putski s’en amuse et joue avec la foule. Il s’en sort finalement en étranglant le polonais. Celui-ci se relève et lui assène son Polish Hammer ! Akbar s’écroule et Putski se jette ensuite sur lui et retombe assis sur son torse. Il l’emporte ainsi et proclame avec fierté sa « Polish Power » !


Bâti autour d’une seule et unique affiche, cet événement proposé par la World Wide Wrestling Federation se révèle toutefois intéressant sur bien d’autres points. On ne peut que souligner l’effort en début de programme d’un Johnny Rivera ou encore d’un Johnny Rodz, tous deux auteurs d’une belle performance. Dans la défaite, Dominic DeNucci aura toutefois brillé, concédant une victoire pour les ceintures de Champions Tag Team face aux cruels Executioners. On passe sur ce court match où Strongbow et White Wolf ont battu Scicluna et son partenaire, pas le match le plus intéressant de la carte. Tout comme ce combat, expédié en une poignée de secondes et voyant Brazil l’emporter malgré lui. On peut toutefois compter sur la popularité de noms de plus en plus appréciés tels qu’Ivan Putski pour faire réagir les foules. Un point marquant est sans aucun doute les débuts d’un certain Bruiser Brody qui ira ensuite directement défier Sammartino. En parlant du Champion, son retour était attendu par tout une arène. Et quel retour ! Au terme d’un intense et sanglant combat en cage, Bruno Sammartino aura eu sa vengeance, laissant presque pour mort un Stan Hansen défait. C’est au travers de ce genre d’attractions qu’on se rend pleinement compte de l’aura légendaire de ce personnage qu’était « The Living Legend » Bruno Sammartino.

Nathan Maingneur

Les commentaires sont fermés