WORLD WRESTLING FEDERATION
MADISON SQUARE GARDEN #15
16/03/1981

Madison Square Garden
L’arène la plus célèbre du monde. le Madison Square Garden de New York City est un lieu mythique chargé d’histoire. Temple légendaire de la boxe mais aussi du hockey sur glace et du basket, le Garden fut également le chaudron dans lequel eurent lieu nombre d’affrontements historiques du catch nord-américain.
Le générique du MSG Network précède les présentations de notre unique commentateur qui n’est autre que Vince McMahon Jr. Les protagonistes du premier combat sont déjà sur le ring mais l’enregistrement contient une coupure publicitaire d’époque qui fait – entre autres – la promotion de la bière Miller, du soda Pepsi ainsi que les vêtements de marque Levi’s. De retour sur le ring, l’inégalable Howard Finkel nous accueille avec son timbre de voix inimitable et se charge des introductions en utilisant son célèbre microphone.
En ce mois de mars 1981, le monde écoute le premier album de l’ancien batteur de Genesis. Avec Face Value et sa pochette reconnaissable entre mille, Phil Collins se lance en solo et rencontrera un succès commercial et critique fulgurant, notamment grâce au hit In The Air Tonight et son légendaire break de batterie.

Phil Collins
MATCH 1 : BARON MIKEL SCICLUNA VS « THE GREAT » YOSHIAKI YATSU (08:39)
VAINQUEUR : YOSHIAKI YATSU
PRISE DE FINITION : PETIT PAQUET
INDICATEUR : * ½
Originaire de l’île de Malte, le Baron Scicluna apparaît comme un vieil aristocrate de sang royal – peut-être un peu désuet. À 52 ans, Scicluna n’est plus dans la fleur de l’âge mais n’en reste pas moins un rude compétiteur. Son adversaire ce soir a la moitié de son âge et a déjà combattu en lutte amateur lors des Jeux Olympiques de Montréal en 1976. Yoshiaki Yatsu, également appelé « The Great Yatsu » aurait du participer aux JO d’été de Moscou mais le Japon avait choisi de suivre les États-Unis dans un boycott généralisé faisant suite à l’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques.

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Le Baron donne le ton avec de gros coups de genou dans les côtes mais Yatsu prouve sa supériorité physique en déposant Scicluna sur la troisième corde – comme un bébé. Roublard, le Baron s’impose toutefois avec une clé de bras – bien aidée par des tirages de cheveux et de caleçon. En terme de technique, Yatsu fait preuve de belles capacités en lutte amateur – qui se révèlent néanmoins d’une efficacité relatives sur un ring de catch. De manière plus générale, Scicluna tient les rennes du combat, jusqu’à ce que Yatsu se rebiffe et envoie la tête du Baron dans l’un des coins. Là, le japonais se redonne du poil de la bête et applique une clé de bras au maltais. Repoussé par une série d’atémis dans le torse, Scicluna est maintenant en difficulté. Le Baron est robuste et ne se laisse toutefois pas démonter si facilement et revient avec de gros coups. Il assène un Bodyslam au japonais et – voulant repartir pour un autre enfourchement – se laisse enrouler en petit paquet par son jeune adversaire. L’arbitre compte trois et Yatsu surprends le vieux vétéran au terme d’un match un peu poussif.
MATCH 2 : S.D « SPECIAL DELIVERY » JONES VS « THE UNPREDICTABLE » JOHNNY RODZ (09:41)
VAINQUEUR : S.D JONES
PRISE DE FINITION : SUPER HEADBUTT
INDICATEUR : ** ¼
« The Unpredictable » Johnny Rodz est une figure reconnaissable de ces programmes qui se déroulaient au Madison Square Garden. Natif de Brooklyn dans l’État de New York, ce roublard invétéré est toujours l’un des tauliers de la Gleason’s Gym, légendaire salle de boxe dans laquelle s’entraînaient Muhammad Ali ou encore Jake LaMotta. Il affronte ce soir à S.D Jones, qui a signé son retour en ce début d’année 1981. Figure toujours très populaire celui qu’on surnomme « Special Delivery » Jones est dans la place.

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Ils commencent par s’échanger une poignée de main, un geste ma foi surprenant – surtout de la part de Rodz. Ils se jaugent ensuite avec une série de Armdrags et de projections en tous genres. On reste en effet dans le respect des règles et dans une ambiance de fair-play qui semble cacher quelque chose. Rodz se plaint auprès de l’arbitre que le corps de Jones est trop glissant mais c’est une ruse et Johnny sera finalement le premier à envoyer les coups – de lourdes frappes qui prennent Jones de court. Ce dernier amuse la galerie en remuant son popotin et nous offre quelques pas de danse qui font réagir le public. Rodz conserve toutefois l’avantage avec ses coups de poing et de pied et passe désormais Jones à tabac. S.D revient à la charge avec une série de surpassements et a repris des forces. Johnny rétorque avec des Falling Headbutt mais lorsqu’il monte sur la corde du milieu pour donner plus d’amplitude à sa chute, Jones s’en dégage et laisse Rodz retomber au tapis. S.D part pour un super Headbutt qui sonne suffisamment Rodz pour l’emporter au compte de trois.
MATCH 3 : « QUICKDRAW » RICK MCGRAW VS MOONDOG REX (06:38)
VAINQUEUR : MOONDOG REX
PRISE DE FINITION : SHOULDERBREAKER
INDICATEUR : * ¾
Archétype du « All American Boy », celui qu’on connaît sous le nom de « Quickdraw » Ricky McGraw est l’une des vedettes les plus appréciées de ce territoire. Après avoir effectué ses débuts en milieu d’année 1980, Ricky prendra part au Showdown at Shea inaugurel contre Greg Gagne. Et à quelques semaines de son départ pour le Japon, McGraw se mesurait ce soir à la moitié des Moondogs en la personne du repoussant Moondog Rex. Randy Colley, de son vrai nom, a d’abord débuté en tant que Ripper Hawkins, puis Moondog Hawkins pour sa ressemblance avec Moondog Mayne.
McGraw donne le ton avec un tour de hanches et enchaîne avec un saut chassé mais Rex le calme rapidement avec de sales coups de genou. Il l’immobilise ensuite au sol avec une clé de bras, maintenue en main blanche. Agile, Ricky s’en sort avec un Headscissors mais Rex ne lâche pas ce bras. « Quickdraw » revient avec de bons coups de coude dans la mâchoire et se déchaîne ensuite avec une série de coups de poing portés en mode mitraillette. Il l’envoie haut dans les airs avec un surpassement mais se précipite trop rapidement dans l’un des coins et y encastre son épaule affaiblie. Rex en profite et l’achève avec un Shoulderbreaker décisif qui enterre les espoirs de Rick McGraw de décrocher une victoire au Garden.
MATCH 4 : DOMINIC DENUCCI VS « PRETTY BOY » LARRY SHARPE (06:53)
VAINQUEUR : DOMINIC DENUCCI
PRISE DE FINITION : PETIT PAQUET
INDICATEUR : **
Tout comme le Baron Scicluna, lui aussi est un vétéran des rings dont la retraite n’est plus si loin dans l’horizon. Âgé de 49 ans, Dominic DeNucci a émigré de son Italie natale au début des années 50 – comme bon nombre d’italiens – pour rejoindre le côte Est des États-Unis. Il réalise ses débuts dans le catch en 1958 sur les rings du Québec. Après avoir combattu en Australie pour la WCW de Jim Barnett au milieu des années 60, Dominic rejoint le territoire de New York et y remporte plusieurs titres. Ce soir présent au Garden, l’italien se mesure au « Pretty Boy » Larry Sharpe, qui signe une entrée pleine de panache, vêtu d’une élégante robe de ring rouge.
On est face à deux catcheurs dont le style est délibérément old-school, ce qui donne lieu à un affrontement à l’ancienne. On en reste à des échanges purement techniques à l’issue desquels DeNucci s’impose, jusqu’à ce que Sharpe décide d’envoyer les coups. Et là, les mouches changent d’âne, le « Pretty Boy » n’est en fait pas si « Pretty » que ça et se bat comme un forcené. Dominic accuse le coup et s’accroche désespérément aux cordes afin de ne pas perdre pied. Sharpe manque de surprendre l’italien avec un coup de genou bien senti et ne se gênera pas pour envoyer un coup bas largement en-dessous de la ceinture, néanmoins passé sous le radar de monsieur l’arbitre. Finalement – et de façon assez abrupte – DeNucci contre une tentative d’enfourchement et enroule Sharpe en petit paquet pour un compte de trois expéditif.
MATCH 5 : WORLD WRESTLING FEDERATION TITLE MATCH : BOB BACKLUND © W/ARNOLD SKAALAND VS STAN HANSEN W/« CLASSY » FREDDIE BLASSIE (12:02)
VAINQUEUR : STAN HANSEN
PRISE DE FINITION : COUNT OUT
INDICATEUR : *** ¼
C’est notre main-event. Champion du monde poids-lourds de la WWF depuis près de trois ans, Bob Backlund réalise son entrée sous les hourras du public de New York. Extrêmement apprécié pour son attitude de bon garçon sous tous les angles, Backlund est accompagné par son manager, le célèbre « Golden Boy » Arnold Skaaland, ancien compagnon de route de Bruno Sammartino. Sur le ring, Pat Patterson est présent et s’empare du micro d’Howard Finkel. Patterson revient sur un incident qui eut récemment lieu à la télévision, en référence à cette édition du Cobra Clutch Challenge à l’issue de laquelle le québécois a sauvagement été agressé par le Sgt. Slaughter. Il le défie de l’affronter sur ce ring et la foule entre alors en éruption ! Une fois que Patterson a quitté les abords du ring, Stan Hansen rejoint les abords du ring sous les huée de la foule, lui-même emmené en direction du ring par « Classy » Freddie Blassie.

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Et alors qu’Hansen passait entre les cordes pour rentrer sur le ring, Backlund se jette sur lui en faisant preuve d’une rage folle. C’est une bagarre rangée qui débute et Hansen mange un déluge de droites et de gauches qui le poussent à reprendre son souffle en dehors du ring. De retour, Hansen cogne aussi mais Backlund est inarrêtable et repousse une nouvelle fois son challenger à l’extérieur du ring, alors que le public du Garden est en ébullition. Le hors-la-loi de Borger au Texas reprend l’avantage avec de sales coups de coude dans l’arrête du crâne de Backlund mais celui-ci ne se laisse pas faire et envoie de gros coups de boule. Backlund enchaîne avec un Piledriver tonitruant mais Hansen se dégage au compte de deux. À plusieurs reprises durant, Hansen sort donc en dehors du ring, ce qui casse à chaque fois le rythme du combat. Et ce schéma se reproduira tout au long de la rencontre. Les deux hommes battent de nombreuses fois le compte de l’arbitre jusqu’à ce que Backlund soit violemment envoyé tête première dans le poteau. Ce dernier réussit à remonter in-extremis mais encore une fois, le combat se disperse sur le bord du ring. Là, Backlund se mange une Lariat du challenger et chute lourdement en contrebas. Sonné, le Champion ne réussit cette fois-ci pas à remonter sur le ring à temps et concède la victoire à Hansen. La foule est délètère et siffle ce résultat. Toutefois, rappelons ici qu’une victoire par disqualification ou par décompte à l’extérieur ne permet jamais de changer de mains. Backlund demeure donc toujours Champion mais l’histoire semble loin d’être terminée.
MATCH 6 : INTERCONTINENTAL TITLE MATCH : PEDRO MORALES © VS MOONDOG KING W/« CPT. » LOU ALBANO (04:48)
VAINQUEUR : PEDRO MORALES
PRISE DE FINITION : SUNSET FLIP
INDICATEUR : * ¾
D’un match de championnat à l’autre, nous poursuivons avec un combat lors duquel sera remis en jeu le titre de Champion Intercontinental. Tenant fermement son os à mœlle dégoutant, Moondog King rôde sur le ring, alors que son manager – en la personne du « Capitaine » Lou Albano – court dans tous les sens comme un fou. Sur ses gardes, le Champion en titre rejoint ainsi les abords du ring en faisant preuve de prudence. Face à un tel challenger, Pedro Morales pourrait se faire surprendre – de la pire des manières.

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Toujours aussi fantasque, Albano distrait le Champion et permet à son toutou de prendre l’avantage avec une série de coups de poing dans la tronche. King coupe immédiatement le rythme du combat avec une prise des trapèzes qui n’augure rien de bon pour la suite. Pedro s’en sort difficilement mais King le couche avec un coup de genou dans l’abdomen. Et repart sur cette maudite prise des trapèzes. Il lui assène un gros enfourchement et monte sur la troisième corde. Mais Pedro se relève d’un coup d’un seul et descends King en le projetant sur le ring. Ça y est, le portoricain est pleinement lancé et envoie d’énormes crochets du gauche dans la mâchoire de son challenger. Une tentative de manœuvre semi-acrobatique est totalement ratée mais les deux hommes se ressaisissent. Une projection dans le coin est contrée par Morales qui enroule King en Sunset Flip pour le compte de trois. Pedro conserve donc sa ceinture au terme d’une rencontre qui a mal commencée, qui a très bien repris et qui s’est un peu mal terminée.
MATCH 7 : SGT. SLAUGHTER W/THE GRAND WIZARD OF WRESTLING VS ANDRÉ LE GÉANT (07:58)
VAINQUEUR : ANDRÉ LE GÉANT PAR DQ
PRISE DE FINITION : BOUSCULADE DE L’ARBITRE
INDICATEUR : *** ¾
Emmené en direction du ring par le Grand Wizard of Wrestling, le Sgt. Slaughter est accueilli par le public du Garden sous une pluie de sifflets. Lui qui a signé ses débuts il y a moins d’un an s’est rapidement positionné comme l’un des meilleurs heels de la promotion. Et ce n’est pas l’agression de Pat Patterson qui nous fera dire le contraire. Son défi du soir n’est pas une mince affaire et rejoint le ring sous les acclamations de la foule new-yorkaise. Originaire de Coulommiers en région parisienne mais annoncé en provenance de Grenoble dans les Alpes Françaises, André le Géant signe ce soir son retour au Madison Square Garden et est toujours accueilli de la plus belle des manières et comme ce qu’il est : la huitième merveille du monde.

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Quelle image que celle d’un André chargeant le sergent comme un rhinocéros. Essayant de passer sous les jambes du géant, Slaughter se fait attraper et se fera envoyer à l’autre bout du ring, puis par-dessus les cordes. Début de combat cauchemardesque pour le sergent qui se fait littéralement écrabouiller par un André qui se promène. Slaughter reprends la main avec un sale coup de pied dans l’arcade du géant mais celui-ci choisit de s’accrocher à sa jambe comme pour repartir avec. Sur le dos, le sergent réussit à placer son Cobra Clutch sur André mais celui-ci s’en sort en projetant son antagoniste contre l’un des coins. André enchaîne avec une souplesse arrière tonitruante, une manœuvre inhabituelle pour de tels poids-lourds. De retour sur ses pieds, Slaughter grimpe sur la troisième corde mais André l’agrippe, le hisse à bout de bras et l’envoie s’écraser à l’autre bout du ring – mais quelle chute ! André a repris le dessus et se débarrasse du sergent avec un énorme surpassement. En perdition, Slaughter se réfugie dans les jupes de l’arbitre alors qu’André lui fonçait dessus. Le choc est terrible et monsieur l’arbitre termine sur le carreau. André enchaîne néanmoins avec un Big Boot mais est interrompu par le son de la cloche. L’officiel de la rencontre a en effet choisi de stopper le combat et décide de disqualifier Slaughter et d’octroyer la victoire à un André le Géant toujours invaincu. Sensationnelle performance du Sgt. Slaughter qui a cabriolé dans tous les sens pour son gigantesque adversaire. Et compte-tenu de son gabarit, c’est plus qu’honorable et même carrément impressionnant.
MATCH 8 : RICK MARTEL VS THE HANGMAN (15:37)
VAINQUEUR : RICK MARTEL
PRISE DE FINITION : HURRICANRANA
INDICATEUR : **
On poursuit la soirée avec un de nos Champions Tag Team. Originaire de Québec City au Canada, Rick Martel est effectivement devenu la moitié des Champions par équipe en battant les Wild Samoans aux côtés de Tony Garea, que nous retrouverons un peu plus tard sur ce programme. Le québécois se mesurait ce soir à un gros défi en la personne du Hangman, un des nombreux protégés de « Classy » Freddie Blassie qui arbore toujours son nœud coulant menaçant.
Martel et le bourreau s’échangent d’abord quelques technicités jusqu’à ce que ce dernier s’impose finalement avec de gros coups de poing. Bondissant, le québécois reprends néanmoins le dessus avec une série de sauts chassés et de Armdrags. Martel se concentre ensuite sur ce bras, étiré et tordu dans tous les sens. Maintenu au sol en clé de bras, le Hangman fait preuve d’une puissance impressionnante en réussissant à se relever avec le québécois toujours accroché à son épaule – en mode Gotch Lift. Le rythme de la rencontre souffre cependant d’un tempo ralenti. Agrippé au bras du Hangman, Martel n’a pas l’occasion de briller de par son agilité et son énergie qui le caractérisent si bien. Le bourreau reprendra la main en écrasant le dos de Martel dans un des coins et enchaîne avec une prise de l’ours. Martel souffre le martyr mais se dégage d’un brise-dos et s’en sort, seulement pour être repris dans les gros bras du bourreau. La séquence est répétée à plusieurs reprises – au moins une fois de trop – et achève définitivement le rythme du combat. Finalement, et alors que le Hangman partait pour une autre Bearhug, Martel sort un contre dont lui a le secret et l’enroule en petit paquet avec une manœuvre acrobatique similaire à une sorte de proto Hurricanrana qui lui permet de l’emporter au compte de trois.
MATCH 9 : TONY GAREA VS DICK « BULLDOG » BROWER (10:56)
VAINQUEUR : TONY GAREA
PRISE DE FINITION : PETIT PAQUET
INDICATEUR : * ½
Après Rick Martel, voici Tony Garea, l’autre moitié des actuels Champions Tag Team. Originaire d’Auckland en Nouvelle-Zélande, Garea a remporté les titres de Champions par équipe de la WWF à quatre reprises, d’abord avec Haystacks Calhoun, puis avec Dean Ho, Larry Zbyszko et enfin Rick Martel. Garea se frotte ce soir à un dur à cuire en la personne de Dick « Bulldog » Brower, un briscard aguerri plus tout à fait dans la fleur de l’âge mais jamais contre une bonne bagarre à l’ancienne.

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Brower donne le ton avec de sales tactiques, ramenant systématiquement Garea en arrière en le tirant par les cheveux. Il ne se passe pas grand-chose et le plus intéressant dans ce match, ce sont les expressions faciales de Brower, toujours aussi effrayant. Tony rétorque avec une séries de coups de poing qui plaisent au public du Garden. Il enchaîne ensuite avec une Sleeper Hold et Brower semble perdre connaissance. L’arbitre lui relève même le bras à cinq (?!) reprises sans obtenir de réponse de sa part mais laisse le combat se poursuivre (?!) À côté de ses pompes, Brower tente d’envoyer quelques coups mais s’écroule dans les cordes, nous offrant à cet égard un selling des plus sympathiques. Prétendant être groggy, Brower dégaine soudainement une série de droites et de gauches mais, alors qu’il se retournait pour gueuler sur l’arbitre Dick Kroll, Tony Garea en profite et l’enroule en petit paquet qui lui permet de l’emporter au terme d’un combat franchement moyen.
MATCH 10 : « M. USA » TONY ATLAS VS « THE INCREDIBLE » HULK HOGAN (07:08)
VAINQUEUR : TONY ATLAS
PRISE DE FINITION : ÉCRASEMENT SUR LA TROISIÈME CORDE
INDICATEUR : ***
La guerre des stéroïdes ! Je plaisante, mais au vu du gabarit des forces en présence, nous sommes en droit de nous interroger. Pour notre dernier combat, nous aurons en effet droit à une opposition titanesque. Originaire de Roanoke en Virginie, celui qu’on surnomme « M. USA » Tony Atlas s’avance vers le ring sous les hourras de la foule du Garden. Vêtu d’un peignoir doré, cet ancien culturiste nous dévoile sa musculature saillant comme taillée dans du granit. Son adversaire ce soir effectue son entrée sous les sifflets du public et n’est autre que « The Incredible » Hulk Hogan, montagne de muscles invaincue et protégé de « Classy » Freddie Blassie.

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Le moins qu’on puisse dire, c’est que McMahon est plus qu’impressionné par ce face à face. Presque salivant devant tant de testostérone, Vince a du mal à contenir son enthousiasme et entrevoit d’ores et déjà la recette qui fera le succès de son entreprise. Ils se livrent d’abord à quelques poses plastiques qui réjouissent le public puis un duel de force que remporte Hogan, profitant de sa force brute. Mais galvanisé par l’appui de la foule, Atlas n’est pas en reste et surprends le colosse avec un Flying Crossbody. Hogan le couche avec un Bodyslam et enchaîne avec sa Leg Drop mais Atlas s’en dégage. Et là, alors qu’on l’y pensait incapable, Atlas nous prouve qu’il est l’homme le plus fort du monde en soulevant Hogan à bout de bras et l’écrase avec son Military Press Slam. Mais à peine retombé, Hogan est presque déjà debout ! Il couche Atlas avec un grosse souplesse arrière mais Tony reste dans la course. Hogan revient à la charge avec un coup de tête sensiblement en dessous de la ceinture et le fait ensuite passer sur le bord du ring. Atlas lui renvoie la pareille et le dépose à califourchon sur la troisième corde. Atlas tente le tombé mais Hogan pose son pied dans les cordes et l’arbitre Dick Kroll ne le remarque pas et compte trois. Le public du Madison Square Garden explose, Tony Atlas vient de battre Hulk Hogan ! Ce dernier fulmine et s’en prends à monsieur Kroll en le décimant avec une Leg Drop bien sentie.
Et c’est ainsi que se termine ce show de la World Wrestling Federation enregistré au Madison Square Garden. Comportant du bon comme du moins bon avec une tendance à la baisse, ce programme met néanmoins en relief certains personnages qui contribueront au succès de la promotion dans les années à venir. Pat Patterson défie le Sgt. Slaughter, perdant contre André le Géant. Bob Backlund y défend son titre contre Stan Hansen et Tony Atlas crée la surprise en battant Hulk Hogan et plus encore.
– Cela fait des semaines que le Sgt. Slaughter ne cesse d’haranguer Pat Patterson dans le cadre de son Cobra Clutch Challenge – dont le gagnant repartirait avec la somme de 5000 dollars. Pour Patterson, Slaughter était même prêt à doubler la mise. Violemment agressé dans l’exercice de ses fonctions, Pat Patterson prit ce soir la parole pour la première fois depuis cet incident et – sans surprises – défia Slaughter avec l’idée de redorer son blason. L’affrontement aura vraisemblablement lieu, sans doute sur le ring du Garden, et nous promet d’ores et déjà d’être un impitoyable. règlement de comptes.
– De tous les challengers qu’a connu Bob Backlund ces derniers temps, Stan Hansen est sans conteste le pire de tous. Le hors-la-loi de Borger au Texas est la plus grande menace du Champion et il l’affrontait ce soir dans notre main-event. D’habitude très technique, Bob Backlund a ce soir fait preuve d’une agressivité qu’on ne lui connaissait pas. Utilisant ses poings et ses pieds plutôt que ses prises et élongations habituelles, Backlund est devenu un bagarreur de premier ordre. Face à tant de rage, le combat ne pouvait rester entre les cordes et se dispersa à plusieurs reprises en dehors du ring – ce qui a d’ailleurs coûté la victoire au Champion. Si Backlund conserve heureusement son titre, tout en concédant néanmoins une défaite, l’histoire est loin d’être terminée pour autant et peut-être qu’une cage serait nécessaire afin de contenir toute cette rage.
– La surprise de la soirée est à mettre au crédit de Tony Atlas, vainqueur d’Hulk Hogan sur le ring du Madison Square Garden. Un fait d’armes dont peu de catcheurs peuvent se targuer. Respectivement âgés de 27 et 28 ans, ces deux mastodontes incarnent le futur du catch nord-américain – l’un plus que l’autre. Et n’est-ce pas là une sorte de prototype de ces matches dont la World Wrestling Federation fera sa recette ? Une confrontation entre deux montagnes de muscles charismatiques que tout oppose. Nous retiendrons surtout cette séquence inédite, voyant un Tony Atlas hisser Hogan à bout de bras pour l’écraser de toutes ses forces avec son Military Press Slam. Une image certes pas aussi célèbre que l’enfourchement sur André mais qui a figuré dans nombre de magazines de cette période.
– Toutefois, le match de la soirée n’est pas un match de championnat. C’est cette véritable attraction, proposée entre un Sgt. Slaughter exceptionnel et un André le Géant juste invincible, qui remporte ce soir les lauréats du meilleur combat. Face à un André toujours aussi gigantesque, le sergent aura valdingué dans tous les sens et d’un bout à l’autre du ring en nous offrant les plus beaux « bumps » et le meilleur « selling » de la promotion. On pourrait regretter la fin légèrement amère de ce combat qui ne se termine pas dans les règles de l’art, mais le divertissement proposé n’entache en rien la qualité du match qui nous fut proposé, surtout de la part de deux poids-lourds comme ces gars là.
Nathan Maingneur