WORLD WRESTLING FEDERATION
PHILADELPHIA SPECTRUM #08
20/06/1981

Philadelphia Spectrum
On braque souvent les projecteurs sur le Madison Square Garden de New York City, considéré (et à juste titre) comme la Mecque du catch nord-américain. Toutefois, d’autres arènes en Amérique du Nord portent le même prestige et ont accueilli nombre d’affrontements mythiques. C’est le cas du Sportatorium de Dallas, mais aussi du Boston Garden ou encore du Spectrum de Philadelphie en Pennsylvanie. Seulement 5,100 spectateurs se massaient ce soir dans les gradins du Spectrum, un chiffre bien plus faible que celui des dernières éditions de ce programme.
L’émission n’ayant pas été enregistrée dans son intégralité nous ne verrons malheureusement pas les matches suivants : « The Unpredictable » Johnny Rodz et le jeune Curt Hennig ont fait match nul et Larry Sharpe a battu Tony Altimore.
Plus tôt ce mois-ci, un disque de heavy metal à la pochette iconique faisait fureur dans les bacs des disquaires américains. Deuxième album du groupe britannique Iron Maiden, ce brûlot est déjà paru en Europe depuis le mois de février mais ne sort qu’en juin aux États-Unis. Marquant l’arrivée d’Adrian Smith à la guitare, ainsi que la dernière contribution de Paul Di’Anno au sein de la formation, l’album contient certains des plus grands hits du groupe tels que Wrathchild, Murders in the Rue Morgue ou encore Killers.
MATCH 1 : BARON MIKEL SCICLUNA VS STRONG KOBAYASHI (04:38)
VAINQUEUR : STRONG KOBAYASHI
PRISE DE FINITION : CHOC CONTRE L’UN DES COINS
INDICATEUR : *
De stature distinguée, le Baron Scicluna ressemble à un vieil aristocrate – peut-être un peu décrépi. Du fait de ses origines maltaises, on disait un temps que ses ancêtres étaient de sang royal. Aujourd’hui au crépuscule de sa carrière, Scicluna n’est plus très loin de la retraite. Il se mesurait ce soir à un lutteur originaire du district de Hongō à Tokyo au Japon en la personne de Strong Kobayashi. Plus tout jeune lui non plus, Kobayashi a catché en Europe en 1969 et y a remporté son premier titre en Tag Team à l’Élysée-Montmartre avec Toyonobori face à Ivan Strogoff et un certain Jean Ferré – plus connu en tant qu’André le Géant.
Scicluna donne le ton avec un sale coup de genou dans les lombaires et emmène ensuite Kobayashi au tapis. Le Baron commence ensuite à utiliser son objet illicite au nez et à la barbe de monsieur Woehrle qui se doute forcément de quelque chose. Kobayashi revient avec des coups de pied et une série d’atémis. Entremêlé dans les cordes, Scicluna s’en démène toutefois et charge son adversaire dans le coin. Mais ce dernier se retire à la dernière seconde et le Baron se prends le coin de plein fouet. Il retombe en arrière et le japonais en profite alors pour tenter le tombé. Et comme ça, sorti de nulle part, Kobayashi l’emporte au compte de trois ! Le finish n’a aucune intensité et conclut maladroitement un combat d’ouverture déjà pas franchement terrible.
– Nous marquons une courte pause et à ma grande joie, l’enregistrement contient les publicités de l’époque. Et ce ne sera pas de la publicité mais du cinéma ! On nous diffuse d’abord la bande-annonce de « Rencontre du troisième type » (1977), un film de science-fiction réalisé par Steven Spielberg dans lequel Richard Dreyfus rencontre un objet volant non identifié.
MATCH 2 : TONY GAREA VS ANGELO « KING KONG » MOSCA (12:56)
VAINQUEUR : ANGELO MOSCA
PRISE DE FINITION : CONTRE D’UN ENFOURCHEMENT
INDICATEUR : ** ¼
Originaire de la ville de Waltham dans le Massachusetts, Angelo Mosca a grandi dans une famille nombreuse plutôt dysfonctionnelle. Ses parents étaient alcooliques et sa mère devait cacher ses ascendances africaine du fait de la ségrégation encore pratiquée à cette période en Nouvelle-Angleterre. Passé des terrains de football aux rings de catch, Mosca s’est construit une réputation de dur à cuire et se fit surnommer « King Kong ». Et ça, son adversaire du soir, en la personne de Tony Garea, le sait très pertinemment, en témoigne ce regard on-ne-peut-plus sérieux adressé à Mosca au moment de rejoindre les abords du ring.
Extrêmement concentré, Tony ne laisse pas apparaitre la moindre faiblesse et tient le face-à-face. Bousculé et provoqué par « King Kong », Garea le surprends toutefois avec un saut chassé. Profitant d’avoir pris l’avantage psychologique, Tony impose son rythme et le maintient au sol avec une clé de bras. Mosca essaie à plusieurs reprises de s’en défaire mais Garea tient bon et ne se laisse pas démonter. Bagarreur dans l’âme, connu pour ses coups de sang sur les terrains de la CFL, Angelo revient à la charge avec de méchants coups de poing qui sonnent le néo-zélandais. Finalement – et alors que le match commençait à gagner en intensité – Mosca contre un Bodyslam de Garea et lui retient les jambes. L’arbitre compte trois, Tony Garea s’est laissé surprendre et est en colère, ordonnant à Mosca de remonter sur le ring fissa. Mais « King Kong » n’est pas de cet avis et repart en direction des vestiaires.
– Cette fois-ci PRISM Network nous passe la bande-annonce de Straw Dogs (1971), thriller dans lequel Dustin Hoffman et Susan George y tiennent les rôles principaux. Considéré comme l’un des films les plus violents de cette période, à l’instar d’Orange Mécanique de Stanley Kubrick, le long-métrage sera sujet à de nombreuses controverses et sera même censuré dans certains pays en raison d’une scène de viol polémique.
MATCH 3 : WWF INTERCONTINENTAL TITLE MATCH : PEDRO MORALES © VS « THE MAGNIFICENT » DON MURACO (14:59)
VAINQUEUR : DON MURACO
PRISE DE FINITION : COUP DE POING AMÉRICAIN
INDICATEUR : ** ¾
De retour dans l’enceinte du Spectrum, celui qu’on surnomme « The Magnificent » Muraco se tient sur le ring et fait face aux huées de la foule de Philadelphie. Ce soir prétendant au titre de Champion Intercontinental de Pedro Morales, Don Muraco a l’occasion d’entrer dans l’histoire en devenant le quatrième détenteur de cette ceinture inaugurée en fin d’année 1979. Reçu en véritable héros par le public, Pedro Morales est gonflé à bloc et semble bien déterminé à repartir de Philadelphie avec sa ceinture autour des hanches.
La tension est palpable et l’atmosphère étouffante du Spectrum se ressent pleinement à travers notre écran, même plus de quarante ans plus tard. Morales a tout à perdre et reste de prime abord sur ses gardes, d’autant plus que Muraco fait des pieds et des mains au moment d’engager le combat. Finalement, Pedro surprendra son challenger avec un surpassement du tonnerre qui donnera le ton. Néanmoins, Muraco fait preuve de plus d’agressivité que le Champion et reprends le dessus avec un Chinlock. Pensant sans doute s’en sortir, Morales se laisse un peu faire mais se retrouve rapidement piégé et dans l’impossibilité de s’en dégager. Le challenger maintient son étreinte et serre de toutes ses forces, coupant progressivement la bonne circulation du sang du portoricain. Fidèle à lui-même, Muraco utilise à plusieurs reprises son pouce bandé pour étrangler Pedro, qui suffoque alors que l’arbitre peine à se faire entendre. Petit bémol malgré tout, la séquence est interminable et endort un peu le public. La foule du Spectrum se réveillera toutefois au moment de donner de la voix pour le Champion qui se redonne du poil de la bête. De retour sur ses pieds, le portoricain rétorque avec d’énormes gauches et l »action dégénère alors en dehors du ring. Et alors que les deux hommes se battaient sur le bord du ring, l’arbitre sera victime d’un dommage collatéral et finira au tapis. Morales en profite et sèche Muraco avec son brise-dos porté à la Billy Robinson. Il le plie ensuite avec un Boston Crab mais personne n’est là pour faire sonner la cloche. En l’aidant à reprendre ses esprits, Pedro commet une faute majeure en tournant le dos à son challenger qui enfile un poing américain. L’opportunité est parfaite et Muraco lui décoche sale coup de poing dans la mâchoire. Morales s’écroule KO et Muraco lui retombe dessus pour le tombé. Enfin revenu à ses esprits, l’arbitre compte 1…2… et 3 ! La cloche sonne et le verdict tombe comme un couperet. Don Muraco est notre nouveau Champion Intercontinental et met ainsi fin au règne de Pedro Morales de la pire des manières.
– On nous diffuse maintenant la bande-annonce du film « The Idolmaker » sorti plus tôt en fin d’année 1980. Réalisé par Taylor Hackford, ce long-métrage reprends des éléments de la vie du manager et producteur de rock Bob Marcucci, qui est – entres autres – à l’origine de l’émergence de Frankie Avalon. Interprété par Ray Sharkey, celui-ci remportera un Golden Globe pour sa performance dans le film.
MATCH 4 : SGT. SLAUGHTER VS « QUICKDRAW » RICK MCGRAW (05:03)
VAINQUEUR : SGT. SLAUGHTER
PRISE DE FINITION : COBRA CLUTCH
INDICATEUR : *** ½
Originaire de Charlotte en Caroline du Nord, celui qu’on appelle « Quickdraw » Rick McGraw est l’archétype du jeune sportif américain bon dans tout, apprécié pour sa bonne gueule et irrévocablement populaire. Sauf que sur les rings de catch, le jeune Ricky a du mal à grimper les échelons, la faute à un manque d’assurance au micro et à un physique certes impressionnant mais jugé trop court sur pattes par la promotion. Il se mesurait ce soir au Sgt. Slaughter, qui effectue son entrée sous une broncha, alors que des pancartes et des banderoles où l’on peut lire « Gomer Pyle » et autres joyeusetés sont brandies par la foule de Philadelphie.
Arrogant, Slaughter fouette le visage de McGraw avec son stick. C’est la provocation de trop pour celui-ci qui se jette sur lui avec une série de droites et de gauches. Ricky s’empare de son stick et le retourne alors contre lui. Ouvert au niveau du front, le sergent pisse le sang et très vite, le tapis du ring se transforme en une marre d’hémoglobine. Balancé à pleine puissance contre le poteau, Slaughter dérouille et manque de se faire avoir par un surpassement de « Fiery » Ricky McGraw. Lucide malgré tout, le sergent bascule McGraw par-dessus les cordes et ce dernier retombe lourdement en dehors du ring. Toujours à l’aise lorsqu’il s’agit de se battre sans règles, Slaughter reprends le dessus et le ramène de force avec une souplesse arrière parfaitement exécutée, suivie d’un brise-nuque. Ricky se fait ensuite décapiter par une Lariat du tonnerre mais Slaughter décide de lui administrer une autre, tout aussi mortelle. Sur une tentative de tombé, McGraw se dégage au compte de deux mais l’arbitre Lou Super compte trois et une petite confusion s’installe alors. Le combat continue néanmoins, Slaughter le plantant violemment avec un Piledriver avant de grimper sur les cordes. Il s’élance pour un Diving Foot Stomp et place ensuite son Cobra Clutch sur ce pauvre garçon. Cette fois-ci, l’arbitre fait sonner la cloche pour de bon, octroyant une victoire à un Sgt. Slaughter ensanglanté mais victorieux.
MATCH 5 : WWF WORLD HEAVYWEIGHT TITLE MATCH : BOB BACKLUND © W/ARNOLD SKAALAND VS GEORGE « THE ANIMAL » STEELE (13:19)
VAINQUEUR : BOB BACKLUND
PRISE DE FINITION : CHOC CONTRE L’UN DES COINS
INDICATEUR : ****
Bien que séparée de l’action par des barrières en acier, la foule s’écarte prudemment lorsque George « The Animal » Steele effectue son entrée. Aussi redoutable qu’imprévisible et poilu comme un singe, Steele est un spécimen à part entière – sans doute plus proche du gorille que de l’être humain. Âgé de 44 ans, ce n’est pas la première fois que Steele combat pour un titre de Champion du monde. Il a en effet déjà croisé le fer avec Bruno Sammartino, mais aussi avec Pedro Morales, de la fin des année 1960 au début des années 1970. C’est toutefois la première fois que Steele se frotte à Bob Backlund, qui entre en scène sous les hourras du public du Spectrum de Philadelphie, encore et toujours accompagné de son manager habituel – en la personne du « Golden Boy » Arnold Skaaland.
Steele empêche alors Backlund de monter sur le ring et bouscule même l’arbitre de manière très véhémente. Finalement, la rencontre commence en dehors du ring et Steele s’empare d’une rangée de chaises qui finiront balancées sur le ring ! Et lorsqu’il reçoit un projectile en pleine tête, Steele réagit en terrorisant les premiers rang – certains s’enfuiront en courant ! Entre temps, Backlund s’est armé d’un poteau, précédemment envoyé sur le ring par Steele – et quel début de match chaotique ! Enfin sur le ring, Steele dégaine immédiatement un objet interdit qu’il enfonce dans l’abdomen de Backlund. S’ensuit alors un petit tour de passe-passe à l’issue duquel Steele dissimule son objet de mille différentes manières, toujours au nez et à la barbe de monsieur Woehrle. Affamé, Steele dévore ensuite la protection en mousse des coins et immobilisera Backlund avec une prise des trapèzes. En difficulté, le Champion se redonne du poil de la bête et réussit à entremêler Steele dans les cordes. Le combat dégénère une fois de plus en dehors du ring et Steele s’empare alors du parapluie d’un spectateur mais Backlund le lui cassera sur la tête ! Le challenger revient avec un coup bas porté largement en-dessous de la ceinture mais Backlund contre une projection dans l’un des coins que Steele percute de plein fouet. Profitant de la force de l’impact, Backlund le recouvre pour le tombé et l’emporte ainsi au compte de trois pour conserver son titre au terme d’un combat chaotique.
– On nous passe désormais la bande-annonce du film « The Great Santini » (1979), long-métrage dans lequel Robert Duvall est un aviateur américain dont le retour au foyer contraste avec le courage dont il fit preuve lors de la guerre du Vietnam.
En studio, Dick Graham nous explique ensuite comment rejoindre le fan club de la WWF, tout en remerciant un certain George Jovinelli d’être le fan du mois, qui remporte des places pour le prochain show au Spectrum. Avant de passer à l’interview du Sgt. Slaughter, petite bande-annonce du long-métrage « Skateboard » (1978), une comédie dans laquelle un homme criblé de dettes recrute des jeunes qui font des courses de skateboard.
– De retour en studio, Dick Graham reçoit maintenant le Sgt. Slaughter pour une interview. Slaughter continue de courir après Bob Backlund et nous parle de son séjour au Japon. Il revient ensuite sur le temps passé dans le camp d’entraînement de Parris Island et sur sa faculté à contourner les règles. On termine avec la bande annonce du film « Escape from Alcatraz » (1979), film de Don Siegel dans lequel Clint Eastwood, bien aidé par deux autres détenus, s’échappent de la célèbre prison de la baie de San Francisco.
Graham nous annonce ensuite le classement officiel mensuel de la WWF. En tête de gondole, nous retrouvons notre Champion du monde Bob Backlund. Viennent ensuite Stan Hansen, Angelo « King Kong » Mosca, Pedro Morales, Don Muraco, Sgt. Slaughter, Mil Mascaras, Pat Patterson, Rick Martel, Killer Khan et Tony Garea. Sacrée liste ! À notre grand regret, nous ne verrons pas non plus la rencontre qui opposait les Moondogs, Rex et Spot, nos nouveaux Champions Tag Team, au tandem composé de Dominic DeNucci et S.D Jones.
– Gary Cappetta nous annonce la carte du prochain programme qui aura lieu au Spectrum de Philadelphie. En tête d’affiche, nous aurons droit à une Battle Royale dans laquelle figureront certaines des plus grosse vedettes de la World Wrestling Federation. Pour ne citer que ces noms : George « The Animal », Steele, Pedro Morales, Don Muraco mais également André le Géant seront de la partie. Cerise sur le gâteau, le gagnant pourra défier le Champion du monde, Bob Backlund. En plus de cela, le Sgt. Slaughter croisera le fer avec Patterson dans un Alley Match.
MATCH 6 : RICK MARTEL VS « CPT. » LOU ALBANO (04:05)
VAINQUEUR : RICK MARTEL
PRISE DE FINITION : COUNT OUT
INDICATEUR : ½ *
On termine ce programme avec notre sixième et dernier match. Et au vu de l’arrivée du premier protagoniste de ce combat, on croirait rêver. Manager irascible et personnalité insupportable, le « Capitaine » Lou Albano est un rare spécimen. Torse et pieds nus, des élastiques accrochés dans la barbe et les cheveux, l’habit semble faire le moine pour ce personnage fantasque. Albano se mesurait ce soir à tout l’inverse de lui, en la personne de l’athlétique Rick Martel, jeune prodige originaire de Québec City au Canada.
Et alors que monsieur l’arbitre réalisait ses habituelles vérifications d’avant-match, Albano vient grossièrement s’en prendre au minois de Martel, avant de l’envoyer en dehors du ring. Il l’enverra ensuite à plusieurs reprises contre le poteau du ring, le québécois accusant le coup en dehors du ring. Mais lorsque Martel revient enfin à la charge, c’est pour botter les fesses du capitaine. Martel se sert en effet de la cordelette blanche de l’un des coins pour étrangler Albano. Fidèle à lui-même, celui-ci prend la tangente et repart en direction des vestiaires. Il sera donc disqualifié et Martel l’emporte donc par décompte au terme d’un match complètement inutile.
Un programme en dents de scie, heureusement relevé par-ci par-là de quelques moments de grande qualité. Bob Backlund conserve son titre contre George « The Animal » Steele au terme d’une rencontre chaotique, le Sgt. Slaughter saigne comme un cochon et nous couronnons un tout nouveau Champion Intercontinental en la personne de Pedro Morales, et bien plus encore.
– Même lors des combats moins « importants » lorsque les enjeux ne sont pas aussi élevés que lors d’un match de championnat, le Sgt. Slaughter est toujours impérial. Face à « Quickdraw » Ricky McGraw, et au terme d’une rencontre qui a duré cinq minutes à peine, le sergent a transformé son visage en un sanglant masque pourpre contribuant à faire de ce match une véritable guerre. On pourrait regretter ce finish un peu brouillon mais ce qu’on retiendra surtout c’est la performance encore une fois exceptionnelle du Sgt. Slaughter dans ces grands rendez-vous.
– Nous aurions eu tort de penser que cette guerre serait la dernière. Opposé à un adversaire des plus farfelus, Bob Backlund eut fort affaire face à un challenger aussi imprévisible que redoutable. Ce match face à George « The Animal » Steele a en effet commencé dans le chaos le plus total et bien que ce soit pas la performance la plus athlétique de la soirée, c’est un petit condensé de ce qui faisait le charme du catch des années 1970. Incroyable performance là aussi d’un George Steele qui – bien que plus tout jeune – continue de se présenter comme une véritable attraction – dans tous les sens du terme.
– En ces temps illustres où les règnes de Champions pouvaient durer des mois, voire des années, assister à un changement de titre était donc une rareté. Nous avons ce soir eu la chance de vivre l’un de ces moments, bien qu’on se serait passés de la manière dont cela eut lieu. Au terme d’un combat rythmé – mais plombé par une séquence au sol plutôt interminable – Don Muraco profita d’une occasion parfaite pour sécher Pedro Morales avec un coup de poing américain, mettant ainsi fin à son règne de la pire des manières. Parions toutefois que ce résultat controversé permettra au portoricain d’activer son droit de revanche afin qu’on puisse avoir droit à une victoire décisive – de l’un comme de l’autre.
Nathan Maingneur