WORLD WRESTLING FEDERATION
PHILADELPHIA SPECTRUM #10
17/04/1982

Philadelphia Spectrum
On braque souvent les projecteurs sur le Madison Square Garden de New York City, considéré (et à juste titre) comme la Mecque du catch nord-américain. Toutefois, d’autres arènes en Amérique du Nord portent le même prestige et ont accueilli nombre d’affrontements mythiques. C’est le cas du Sportatorium de Dallas, mais aussi du Boston Garden ou encore du Spectrum de Philadelphie en Pennsylvanie. Selon les chiffres officiels, près de 9230 personnes se massaient ce soir dans les gradins de cette salle légendaire.
Kal Rudman et Dick Graham sont nos commentateurs et nous présentent la carte de ce programme diffusé sur PRISM Network. Bob Backlund défends son titre de Champion du monde contre Blackjack Mulligan, Adrian Adonis défie Pedro Morales pour sa ceinture de Champion Intercontinental et André le Géant fait équipe avec « Quickdraw » Rick McGraw pour affronter Mr. Fuji et Mr. Saito et leurs titres de Champions Tag Team.
Le même jour, sortait l’une des disques les plus célèbres de Motörhead. Dernier album du guitariste « Fast » Eddie Clarke, Iron Fist paraissait en effet en ce 17 avril 1982. Le disque rencontra un franc succès commercial et critique mais marque en effet la fin du mythique trio des Three Amigos, composé de Ian Fraser « Lemmy » Kilmister, Phil « Philthy Animal » Taylor et « Fast » Eddie Clarke.

Motörhead
MATCH 1 : « PRETTY BOY » LARRY SHARPE VS JOSÉ ESTRADA (08:18)
VAINQUEUR : LARRY SHARPE
PRISE DE FINITION : COUNT OUT
INDICATEUR : **
Originaire de Brooklyn dans l’État de New York, José Estrada est l’un des compétiteurs les plus aguerris de la promotion. Avec lui, c’est la garantie de toujours avoir du bon catch, peu importe son adversaire. Et en parlant de ça, celui-ci n’est autre que le « Pretty Boy » Larry Sharpe, qui rejoint le ring sous une réaction mitigée de la foule de Philadelphie. Vêtu d’une ample combinaison blanche, on peut y lire l’inscription « God’s Gift » brodée au dos de son blouson.
Sharpe souhaite débuter par une poignée de main mais Estrada n’est pas de cet avis. Ce dernier donne le ton avec un saut chassé suivi d’un Armdrag. Sur un test de force, Sharpe rétorque avec un sale coup de genou et peut enchaîner avec de méchants coups de pied. Ça y est, Sharpe est lancé et fait désormais preuve d’une agressivité palpable. C’est un peu étrange comme opposition, on est sur du « heel » contre « heel » mais ici, Estrada semble avoir les faveurs du public. Techniquement rôdé, Sharpe conserve l’avantage mais José revient à la charge avec un surpassement. Ils s’échangent désormais des droites et des gauches et passent sur le bord du ring, sans pour autant arrêter de se battre. Ils ne prêtent pas attention au compte de l’arbitre mais Sharpe a néanmoins la présence d’esprit de remonter entre les cordes à la dernière seconde. Estrada est donc compté à l’extérieur du ring et perds la rencontre. Frustré par cette défaite, José souhaite toujours en découdre mais Sharpe repart tranquillement en direction des vestiaires.
– Au micro de Kal Rudman, un Larry Sharpe déterminé annonce vouloir affronter Bob Backlund pour son titre de Champion du monde. Bonne chance et bon courage !
Ce programme ayant été enregistré dans son intégralité sans aucune coupure, nous avons droit aux publicités d’époque. Et comme souvent sur PRISM Network, ce sont essentiellement des bandes-annonces de films qui sont diffusées. La première à nous être montrée est celle de « Manhattan » (1979), film réalisé par Woody Allen dans lequel jouent également Diane Keaton et Meryl Streep.
MATCH 2 : TONY GAREA VS « THE UNPREDICTABLE » JOHNNY RODZ (09:49)
VAINQUEUR : TONY GAREA
PRISE DE FINITION : PETIT PAQUET
INDICATEUR : ** ¼
Après José Estrada, voici son bon copain, en la personne de « Unpredictable » Johnny Rodz. Lui aussi natif de natif de Brooklyn, Rodz est devenu l’une des figures du quartier en installant son école de catch au sein de la mythique Gleason’s Gym, la légendaire salle de sport dans laquelle se sont entre autres entraînés Muhammad Ali et Jake LaMotta. Rodz se mesurait ce soir à un autre vétéran des rings comme lui, en la personne de Tony Garea, habituel partenaire en Tag Team de Rick Martel.

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Rodz s’attelle d’abord méticuleusement à délacer tous les coussins de protection des coins du ring, exposant ainsi les tendeurs métalliques qui relient les cordes au poteau. C’est dans ce contexte un peu particulier que commence la rencontre, ce qui n’empêche pas Garea de s’imposer avec une série de Armdrags maintenus en clés de bras. Johnny reprends toutefois du galon avec un sale coup de genou dans l’abdomen, suivi par une vicieuse descente du genou au niveau du front. Désormais dans son élément, Rodz peut dérouler et prendre la confiance, s’imposant avec des coups de pied et de poing dans le crâne. Et à Johnny de profiter des fruits de sa magouille d’avant-match, éclatant le crâne de Garea contre ce coin non-protégé. Il manque ensuite de l’emporter avec un Piledriver, la faute à un compte de trois bien trop lent de la part d’un Lou Super un peu aux fraises. Rodz enchaîne avec une souplesse arrière et là encore, monsieur l’arbitre est dans les choux. Tony se retire in-extremis d’un Splash porté depuis la corde du milieu mais une double collision remet les pendules à l’heure – les deux hommes sont désormais au tapis. Porté par l’appui du public Garea revient en force, alors que le rythme du combat commence à s’intensifier. Finalement – et à la suite d’un contre qui voit Rodz se manger les cordes de plein fouet avant de chuter en arrière – Garea l’enroule ni une ni deux en petit paquet et l’emporte au compte de trois. En colère, Johnny se plaint auprès de l’arbitre mais sera dégagé une bonne fois pour toutes par un saut chassé de Garea.
– On marque une courte page publicitaire consacrée à la promotion du match de boxe qui aura lieu entre Tex Cobb et Jeff Shelburg du côté d’Atlantic City dans le New Jersey, ainsi que d’un match de baseball entre les Phillies de Philadelphie et les Cardinals de Saint-Louis dans le Missouri.
MATCH 3 : S.D « SPECIAL DELIVERY » JONES VS « COWBOY » BOB ORTON JR. (07:13)
VAINQUEUR : « COWBOY » BOB ORTON JR.
PRISE DE FINITION : SUPERPLEX
INDICATEUR : **
C’est l’enfant du pays. Originaire de l’île d’Antigua-et-Barbuda dans les Caraïbes, S.D Jones s’est néanmoins installé à Philadelphie en Pennsylvanie et est aujourd’hui l’un des lutteurs les plus appréciés de la côte Est des États-Unis. Son adversaire est un nouveau venu sur ce territoire. Catcheur de deuxième génération, Bob Orton Jr. a débuté en tant qu’arbitre du côté de la Floride en 1972. Après avoir écumé les rings de la NWA et adopté le surnom de « Cowboy », Orton Jr. a rejoint les rang de la World Wrestling Federation en début d’année 1982 et réussit à décrocher une victoire par décompte face à Bob Backlund – ce qui n’est pas rien.

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Bagarreur dans l’âme, Orton fait également preuve d’admirables capacités techniques et nous le démontre en emmenant Jones au sol avec un Armdrag. Effrayé par un feinte de ce dernier – qui a fait mine de lui en coller une – Orton reprends l’avantage avec un brise-dos original mais néanmoins destructeur – une manœuvre aussi impressionnante que créative. Affaibli, Jones a du mal à prendre son match en main, d’autant plus face à un adversaire. particulièrement incisif. S.D se redonne du poil de la bête et revient avec un Side Headlock – pas la prise la plus palpitante de son arsenal. Orton Jr. revient avec un sale Atomic Drop et enchaîne en envoyant Jones en dehors du ring. Là, Orton peut faire étalage de toute sa brutalité, alors que les chances de Jones de l’emporter s’amenuisent à vue d’œil. Toutefois, S.D revient à la charge mais alors qu’il partait pour son coup de tête depuis la corde du milieu, Orton le bloque, l’assoit sur la troisième corde et l’y fera redescendre avec une prise encore inédite à cette période : une Superplex, soit l’équivalent d’une souplesse arrière portée depuis le haut des cordes. L’impact est destructeur et Jones ne se relèvera logiquement pas du compte de trois.
– Au micro, « Cowboy » Bob Orton Jr. défie également Bob Backlund pour son titre de Champion du monde. Décidément, le Champion a du pain sur la planche ! On part sur une petite pause publicitaire avec cette fois-ci la bande-annonce du film « Les Quatre Saisons » (1981) réalisé par Alan Alda.
MATCH 4 : JESSE « THE BODY » VENTURA VS « MR. USA » TONY ATLAS (15:47)
VAINQUEUR : JESSE VENTURA
PRISE DE FINITION : COUNT OUT
INDICATEUR : ** ½
On monte en grade. Flamboyant – presque baroque – Jesse « The Body » Ventura effectue son entrée sous les sifflets du public de Philadelphie. Originaire de Minneapolis dans le Minnesota, Ventura est un élève de Verne Gagne et une ancienne tête d’affiche de l’AWA désormais passée du côté de la World Wrestling Federation – à l’instar d’Adrian Adonis que nous retrouverons tout à l’heure. Son défi du soir le rejoint sous les hourras de la foule et n’est autre que « M. USA » Tony Atlas, qui a bien du mal à se frayer un chemin entre toutes ces mains qui essaient de le retenir. L’ambiance est délétère et il y a de l’électricité de l’air, Atlas brandissant une pancarte alors que Jesse enlève son t-shirt avec dédain et suffisance.

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Faisant étalage de son imposante masse musculaire, Ventura repousse d’abord Atlas et s’autorise une série de poses plastiques que n’auraient pas renié « Superstar » Billy Graham. Tony n’est pas en reste et le pousse à son tour, nous gratifiant lui aussi de sa musculature d’Apollon. Intelligemment, Ventura immobilise Atlas avec un Hammerlock et n’hésites pas à tricher en lui tirant le caleçon – au nez et à la barbe de monsieur Dick Woehrle. Sur un test de force, Ventura force Atlas à mettre un genou à terre mais celui-ci revient avec une douloureuse élongation du bras. Jesse essaie tant bien que mal de revenir sur ses pieds, en prenant appui sur la troisième corde mais l’arbitre l’en empêche en lui donnant un coup de pied ! Ventura s’en sort et éclate ensuite le crâne d’Atlas contre le coin avec une Full Nelson. Soutenu par le public du Spectrum, Atlas se redonne du poil de la bête et revient en force, déroulant ses coups de poing en rythme. Il réussit même à lui porter son coup de tête depuis la corde du milieu, mais Ventura glisse en dehors du ring. Le pugilat continue en contrebas et les deux hommes s’envoient alors des droites et des gauches. Malin, Ventura envoie Atlas tête première contre la table des commentateurs alors que l’arbitre compte, et repasse entre les cordes à la dernière seconde. Atlas est par conséquent compté en dehors du ring et concède donc la victoire à un Jesse Ventura qui a été plus intelligent que lui.
– On marque une courte pause publicitaire et on nous diffuse maintenant la bande-annonce du film d’action « Thief » (1981), le premier film de Michael Mann dans lequel joue entre autres James Caan.
MATCH 5 : GREG « THE HAMMER » VALENTINE VS STEVE TRAVIS (10:37)
VAINQUEUR : GREG VALENTINE
PRISE DE FINITION : COUP PORTÉ À LA GORGE
INDICATEUR : ***
Escorté en direction du ring par quelques officiers de police, Greg « The Hammer » Valentine entre en scène à la manière d’un boxeur, vêtu d’une belle robe de ring pailletée. Fiston de Johnny Valentine, le jeune Greg s’est rapidement consolidé une réputation de dur à cuire, acquérant son surnom de « The Hammer » en frappant ses adversaires avec rage. Il se frottait ce soir au jeune Steve Travis, un des jeunes espoirs de la World Wrestling Federation, en qui la promotion semble placer beaucoup d’attentes.
Valentine essaie d’emmener Travis au sol avec un croc-en-jambes, mais c’est lui qui sera pris à son propre jeu et contraint de reprendre ses esprits en dehors du ring. Ils s’échangent ensuite quelques clés de bras et autres élongations, Travis conservant globalement l’ascendant en tenant Valentine au pas. Celui-ci revient toutefois à la charge avec de méchants coups d’avant bras qui sonnent les cloches de Travis. Lorsqu’il s’agit d’envoyer les coups, ce dernier n’est pas en reste et rétorque avec de bons coups de poing dans la mâchoire de Valentine. Lourdement envoyé en dehors du ring, Travis semble s’être fait mal au bras. Sans pitié, Valentine l’envoie tête première contre la table des commentateurs. De retour entre les cordes, ils s’échangent coups pour coups et Travis tient la dragée haute à un Valentine qui nous offre un selling toujours aussi incroyable. Il le couche avec un Reversed Atomic Drop, mais Valentine se dégage au compte de deux. La rencontre prends alors un rythme intéressant et c’est cette fois-ci Travis qui relève d’une Vertical Suplex. Contrant une deuxième souplesse, Travis retombe sur ses pieds et part pour un O’Connor Roll. Mais dans son élan, Travis est contré et s’écrase, gorge la première contre la troisième corde, un peu comme Johnny Rodz tout à l’heure. Valentine profite du choc pour le recouvrir et l’emporte au compte de trois, au terme d’un combat disputé.
– Au micro, un Greg Valentine essoufflé reconnaît la résistance de son adversaire et ne tarit pas d’éloges à son égard – même s’il fut naturellement meilleur que lui.
MATCH 6 : WWF WORLD HEAVYWEIGHT TITLE MATCH : BOB BACKLUND © W/ARNOLD SKAALAND VS BLACKJACK MULLIGAN (11:15)
VAINQUEUR : BOB BACKLUND PAR DQ
PRISE DE FINITION : DÉCISION DE L’ARBITRE
INDICATEUR : * ½
Place à notre attraction principale. Originaire de Sweetwater au Texas, Blackjack Mulligan est – à l’instar de Stan Hansen – un hors-la-loi des rings. Après un passage remarqué sur les terrains de football, Mulligan s’est tourné vers les rings de catch et s’est entraîné avec Joe Blanchard puis Verne Gagne avant de rejoindre les rangs de la World Wrestling Federation. Chapeau de cowboy et mitaines en cuir noir le personnage de Blackjack Mulligan est né et rendit hommage à ses origines texanes en s’appropriant la Clawhold, prise rendue célèbre par Fritz Von Erich sous le nom d’Iron Claw. Il forma ensuite les Blackjacks avec Lanza et ensemble, ils remportèrent les titres de Champions Tag Team en 1975. Il se mesurait ce soir au Champion du monde Bob Backlund, toujours accompagnée par Arnold Skaaland. On notifie tout de suite que le Champion semble boiter très légèrement, peut-être un début de blessure que son challenger se fera un plaisir de tirer profit.

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Au son de la cloche, Mulligan se jette sur Backlund et prends directement son genou blessé pour cible, en le piétinant sans relâche – mais sans la moindre intensité. Estropié, Backlund est alors gardé au sol, maintenu par une clé de jambes dont l’efficacité semble plutôt discutable. Hormis ça, il ne se passe rien du tout. Backlund tente parfois d’enclencher un retour en force mais rien n’y fait, on reste sur cette interminable clé de jambes. Jouant avec l’une de ses mitaines, Mulligan semble de toute évidence y cacher un objet illicite. Backlund – qui s’est fait agresser sans vergogne en début de rencontre – accepte bêtement un test de force et se fait encore une fois avoir par Mulligan qui lui applique désormais sa Clawhold sur sa jambe meurtrie. De retour sur ses pieds – et sans aucune forme de selling – Backlund s’autorise un comeback timide et coince Mulligan avec une Abdominal Stretch. Coincé, le challenger dégage l’arbitre d’un geste du bras plutôt véhément qui lui vaudra d’être disqualifié. Et c’est tout. Bob Backlund conserve donc sa ceinture au terme d’un bien piètre match de championnat décevant à tous les égards.
– On marque une petite pause, l’occasion pour PRISM Network de nous diffuser un court interlude dans lequel nous aurons également droit à quelques interviews. Parmi les spots qui sont passés, la rediffusion d’un concert de Barry Manilow, entre autres choses. En studio, Dick Graham interviewe André le Géant et lui parle bouffe. Il accueille ensuite un Tony Atlas en costard. La conversation porte musculation et au sujet de sa nouvelle petite amie, au grand bonheur d’un Tony qui semble être très amoureux.
On nous passe ensuite la bande-annonce du film « Bananas » (1971), une comédie réalisée par Woody Allen dans laquelle celui-ci joue également. S’ensuit la bande-annonce du film « Excalibur » (1981), un long-métrage médiéval fantastique dans lequel joue entre autres Liam Neeson et Patrick Stewart.
MATCH 7 : INTERCONTINENTAL TITLE MATCH : PEDRO MORALES © VS ADRIAN ADONIS (11:05)
VAINQUEUR : PEDRO MORALES
PRISE DE FINITION : PETIT PAQUET
INDICATEUR : *** ½
Affiche alléchante. Originaire de Buffalo dans l’État de New York, Adrian Adonis incarne le parfait loubard, vêtu de cuir de la tête aux pieds, béret et lunettes d’aviateur vissées sur le nez. Entraîné par Fred Adkins, Adonis est rapidement devenu l’une des têtes d’affiche de l’AWA. Un mois après sa performance exceptionnelle contre le Champion du monde lors d’un match des bûcherons mémorable, Adonis se mesurait ce soir au Champion Intercontinental, en la personne de Pedro Morales, qui remet ce soir son titre en jeu.

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Adonis s’illustre d’entrée de jeu en faisant preuve d’une franche habileté entre les cordes, ce qui semble à la fois impressionner et agacer le portoricain. Et même la foule, qui supporte pourtant Morales à fond, semble se prendre d’admiration pour Adonis. Agile, ce dernier sait également être agressif et le démontre en éclatant le genou de Pedro contre le poteau. Le combat se poursuit en dehors du ring et Morales est malmené, envoyé de plein fouet contre la barrière qui sépare l’action des spectateurs, puis contre la table des commentateurs, qui s’écroule sous le choc. Intenable, Adonis lui assène ensuite un Bodyslam, avant de lui écraser le dos contre le poteau. En péril, le Champion n’a jamais été aussi proche de perdre son titre. Toutefois porté par le public – et par son feu intérieur – Pedro revient à la charge et envoie violemment Adonis dans l’un des coins. Morales grimpe sur les cordes, Adonis essaie de le faire redescendre, mais le Champion s’agrippe à lui et transforme sa chute en une sorte de petit paquet dans lequel Adonis se retrouve bloqué. Les épaules du challenger sont rivées, l’arbitre compte trois et voit Pedro Morales conserver sa ceinture au terme d’une âpre bataille.
– Au micro, Pedro Morales est à bout de souffle et bien qu’Adonis n’ait pas à rougir de sa défaite, Pedro a été plus malin que lui.
MATCH 8 : « POLISH POWER » IVAN PUTSKI VS THE BLACK DEMON (03:00)
VAINQUEUR : IVAN PUTSKI
PRISE DE FINITION : POLISH HAMMER
INDICATEUR : * ¼
C’est l’une des figures les plus appréciées du public. « Polish Power » Ivan Putski est dans la place et reçoit comme d’habitude une réaction à la hauteur de sa bonhommie. Âgé de quarante-et-un ans, Putski n’est plus tout jeune mais n’en reste pas moins un bagarreur dont il faut éviter de chercher des noises. Il se mesurait ce soir au Black Demon, mais sous ce masque, ce n’est pas Don Serrano comme c’est le cas lors des épisodes All Star Wrestling et Championship Wrestling. Il s’agit de Charlie Fulton, qui a cachée sa blonde chevelure sous ce masque de Luchador.
Prudent, le Black Demon hésite à engager le combat. Et au vu de la musculature démente de Putski, on peut tout à fait le comprendre. C’est cependant lui qui enverra les premiers coups de poing, mais Putski le dégage rapidement en dehors du ring. Il ne se passe pas grand-chose de plus, Putski l’aligne avec unes série de coups de poing portés façon mitraillette et l’emporte en trois minutes tout pile avec son Polish Hammer.
– Particulièrement enjoué, Putski rejoint nos commentateurs aux abords du ring et prononce quelques mots en polonais à l’attention de ses compatriotes.
Gary Michael Cappetta nous annonce désormais le programme du prochain show qui aura lieu au Spectrum le 22 mai prochain. À l’affiche, nous aurons droit à un combat entre Charlie Fulton et Larry Sharpe. Le Baron Scicluna fera face à Tony Garea tandis que Swede Hanson affrontera Laurent Soucie. La moitié des Champions Tag Team Mr. Saito fera face à « The Unpredictable » Johnny Rodz. Son partenaire Mr. Fuji affrontera quant à lui « Fiery » Ricky McGraw. Blackjack Mulligan fera son retour au Spectrum pour se mesurer à Steve Travis. Adrian Adonis sera également de la partie et fera face à Ivan Putski. Pedro Morales défendra son titre de Champion Intercontinental contre Jimmy « Superfly » Snuka. Bob Backlund fera quand à lui face à « Cowboy » Bob Orton Jr. pour son titre de Champion du monde. Une revanche aura lieu et non des moindres, Tony Atlas affrontera Jesse « The Body » Ventura dans un match en cage !
MATCH 9 : WWF TAG TEAM TITLES 2 OUT OF 3 FALLS MATCH : MR. FUJI & MR. SAITO © VS ANDRÉ LE GÉANT & « QUICKDRAW » RICK MCGRAW (09:42)
VAINQUEURS : ANDRÉ LE GÉANT ET RICK MCGRAW PAR DQ (2-1)
PRISE DE FINITION : SIT-OUT SPLASH
INDICATEUR : ½ *
On termine en beauté (quelle désillusion) avec un match de championnat Tag Team. Champions par équipes depuis le mois d’octobre dernier, Mr. Fuji et Mr. Saito s’accrochent à ces ceintures pour la plus grande joie de leur manager, l’ingérable « Capitaine » Lou Albano. Mais ce soir sera peut-être leur dernière défense de titre puisqu’ils se mesurent à un incroyable duo, composé de « Quickdraw » Ricky McGraw et d’André le Géant, qui effectuent leur entrée sous les acclamations de la foule du Spectrum.

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André commence face à Fuji et Saito les écrase dans le coin avec son énorme postérieur. McGraw prends le relais mais sera rapidement victime d’un sale coup de Fuji, porté largement en dessous de la ceinture – et qui échappe à la vigilance de monsieur l’arbitre. Les japonais reprennent ainsi le contrôle en isolant Ricky de son partenaire. On notera ce bel échange d’atémis entre McGraw et Saito. André viendra rétablir l’ordre mais Ricky est encore la cible du catch des japonais et succombe à une double souplesse arrière des Champions, une prise illégale encore une fois passée sous le radar de l’arbitre (1-0). Les Champions gardent le dessus, Saito n’hésitant pas à attaquer McGraw en dehors du ring avec une chaise rembourrée. Encore une fois, André réalise une entrée fracassante, seulement pour que Ricky s’écrase face aux japonais. Ces derniers souhaitent à nouveau partir pour une double souplesse arrière mais cette fois-ci, l’arbitre se retourne à temps pour voir la manœuvre et disqualifie immédiatement les Champions au profit des challengers (1-1). Toujours en difficulté, McGraw dérouille mais se dégage d’une Saito Suplex. Lorsqu’il passe enfin le hot tag à André, les Champions sont désormais en péril, alors qu’André déroule son catch. Envoyé en dehors du ring, Saito ne peut rien faire lorsque Fuji se mange le Big Boot d’André, avant de succomber à son Sit-Out Splash. L’arbitre compte 1..2.. et 3 ! (2-1) Le public de Philadelphie explose de joie, André le Géant et « Quickdraw » Ricky McGraw sont nos nouveaux Champions Tag Team ! Du moins, c’est ce qu’on croyait…
– Le public de Philadelphie est en apothéose, le synthé nous confirme même cette victoire, mais on remarque que l’arbitre semble perturbé. Après moult négociations – et alors même que Gary Cappetta avait prononcé son verdict – la situation est retournée au profit d’un prétexte absolument grotesque. Puisqu’une des manches s’est soldée par une disqualification, les titres ne peuvent apparemment pas changer de mains ! La justification est plus que bancale et discrédite tout ce que nous venons de voir ! Frustrés par cette injustice – et sans doute aussi par une décision de booking hallucinante – André et McGraw font par de leur mécontentement auprès des commentateurs.
Résultat plus que partagé pour ce programme enregistré par la World Wrestling Federation au Spectrum de Philadelphie. Adrian Adonis sauve les meubles, Bob Backlund et Blackjack Mulligan nous déçoivent, une paire de matches oubliables, des décisions de booking incompréhensibles et plus encore !
– Dire que le match de championnat du monde est une déception serait un euphémisme. En voyant arriver un Bob Backlund un peu claudicant, on aurait pu croire que cela confierait un avantage certain à son adversaire, en la personne d’un Blackjack Mulligan mollasson et peu inspiré. On se retrouve finalement avec un combat presque à sens unique et sans la moindre intensité, lors de laquelle Mulligan s’est accroché à la jambe malade du Champion, sans faire grand-chose de plus. Cerise sur le gâteau, on termine sur une disqualification comme si ça ne pouvait pas être pire.
– Néanmoins, rassurons-nous modérément en prenant en compte le fait que plusieurs catcheurs se sont d’ores et déjà positionnés comme de futurs challengers. Si le règne de Bob Backlund commence à tourner en rond, espérons que « Pretty Boy » Larry Sharpe et « Cowboy » Bob Orton Jr. iront provoquer de belles défenses de titre dans les prochaines temps. On a peut-être tout simplement besoin de changement.
– Une autre déception – et non des moindres – serait la fin de ce match pour les ceintures de Champions Tag Team. Opposés à Mr. Fuji et Mr. Saito lors d’un 2 Out of 3 Falls match de facture plutôt moyenne, André le Géant et « Quickdraw » Ricky McGraw ont été victimes d’une décision de booking totalement foireuse. Sous prétexte qu’ils ont remporté une des manches par disqualification, les ceintures leur ont été ôtées des mains après qu’on ait cru assister à un rare changement de titres. Imaginez la déception du public de l’époque, entré en éruption pour une scène de liesse finalement bafouée, au profit d’un retournement de situation grotesque et franchement décrédibilisant pour la discipline dans sa globalité. Horrible.
– Quelques temps après ce match des bûcherons mémorables qui s’inscrit d’ores et déjà comme le match de l’année 1982 et un des plus grands matches à stipulation de tous les temps, Adrian Adonis remettait ce soir le couvert – les bûcherons en moins – en se mesurant à Pedro Morales et son titre de Champion Intercontinental. Et si Adonis a une nouvelle fois échoué, ne parvenant pas à venir à bout du Champion, sa performance a une nouvelle fois éclipsé tous le reste et a contribué à prouver qu’Adrian Adonis est l’un des tous meilleurs lutteurs de l’histoire du catch.
Nathan Maingneur