WORLD WRESTLING FEDERATION
CAPITAL CENTRE #2
29/11/1981

Capital Centre
Entre les années 1970 et 1980, la World Wrestling Federation enregistrait et produisait ses programmes dans plusieurs arènes de la côte Est des États-Unis. Pour les gros événements, nous nous retrouvions le plus souvent au Madison Square Garden de New York City ou au Spectrum de Philadelphie. Et pour les émission télévisées hebdomadaires, cela se passait soit au Fieldhouse d’Hamburg ou au Agricultural Hall d’Allentown, toujours en Pennsylvanie. Nous sommes ce soir au Capital Centre de Landover dans le Maryland, en proche périphérie de Washington D.C.
– Au programme ce soir, un combat vedette entre « M. USA » Tony Atlas et Angelo « King Kong » Mosca, ainsi qu’un Texas Deathmatch entre Bob Backlund et « The Magnificent » Don Muraco qui a récemment perdu son titre de Champion Intercontinental il y a seulement trois jours au Madison Square Garden de New York contre Pedro Morales.
– On nous présente ensuite les sponsors de l’événement avec quelques spots publicitaires. Sont ainsi diffusées une publicité pour la bière munichoise Löwenbräu, pour une marque d’huile moteur, ainsi qu’une promotion du récent modèle Toyota Corolla et des jeans de la marque Levi.
Deux jours plus tôt, sortait l’un des disques les plus importants de la carrière d’AC/DC. Suivant le triomphe de Back in Black, la formation désormais dirigée par Brian Johnson enchaînait avec For Those About to Rock, dont la pochette est devenue célèbre avec son canon, qui a physiquement intégré les performances scéniques du groupe au fil des ans. Avec son titre éponyme – qui est devenu un hymne du heavy rock ainsi que le morceau avec lequel ils terminent tous leurs concerts – les australiens ont encore frappé fort, bien que l’album suivant marque l’amorce du déclin.

AC/DC
MATCH 1 : DOMINIC DENUCCI VS « PRETTY BOY » LARRY SHARPE (20:00)
VAINQUEUR : AUCUN
PRISE DE FINITION : LIMITE DE TEMPS RÉGLEMENTAIRE
INDICATEUR : ** ¼
On commence directement avec notre premier combat. Originaire de Venise en Italie puis installé à Pittsburgh en Pennsylvanie, Dominic DeNucci est un vétéran des rings, toujours très apprécié par les foules de la côte Est des États-Unis. Ce soir, Dominic se mesure à un compétiteur de vingt ans de moins que lui mais qui affiche un style de catch à l’ancienne, comme les briscards des belles années de DeNucci. Il s’agit de celui qu’on appelle « Pretty Boy » Larry Sharpe, accueilli par les sifflets du public de Landover.
Ils se jaugent et font preuve d’une certaine sagesse, refusant de commettre l’erreur qui permettrait à l’autre de prendre l’avantage. Comme prévu, on assiste à un match old-school, où chaque geste est mesuré avant d’être exécuté. Certes, ce n’est pas la rencontre la plus dynamique du monde mais ce qui est fait est correctement réalisé et nous avons en face de nous deux professionnels du catch. Sharpe prendra le dessus grâce à un coup de genou dans l’abdomen avant de poursuivre avec de grosses frappes dans le poitrail de l’italien. Porté par la foule, Dominic se sort d’une longue séquence au sol en faisant preuves d’une certaine technicité. Bagarreur dans l’âme, DeNucci s’en sort en effet avec de bons coups de poing, n’hésitant pas à mordre son antagoniste. La seule prise de catch à être portée est un surpassement de Sharpe sur Dominic, qui réussit ensuite à placer une Sleeper Hold sur le « Pretty Boy ». Ils seront toutefois interrompus par le son de la cloche, signalant que la limite de temps réglementaire a été dépassée. On termine donc sur un match nul au terme de vingt minutes de combat, ce qui peut paraître quelque peu excessif, surtout pour un match d’ouverture.
– Petite intermission proposée par USA Network, avec l’annonce d’un match de hockey sur glace entre les New York Rangers et les Boston Bruins qui aura lieu au Madison Square Garden. On fait également la promotion d’un match de basket entre les Blue Devils de Duke en Caroline du Nord et les Cavaliers de Charlottesville en Virginie ainsi que d’autres rencontres. Un peu de boxe aussi, ce sera au Hotel Showboat de Las Vegas dans le Nevada.
MATCH 2 : « THE UNPREDICTABLE » JOHNNY RODZ VS HANS SCHRŒDER (08:23)
VAINQUEUR : JOHNNY RODZ
PRISE DE FINITION : PETIT PAQUET
INDICATEUR : **
On poursuit avec celui qu’on surnomme « The Unpredictable » Johnny Rodz. Cette fois-ci vêtu d’un pantalon recouvrant ses jambes en plus de son caleçon habituel, Johnny est reçu plutôt favorablement par le public de Landover. Il se mesure ce soir à un sacré gaillard, en la personne de Hans Schrœder, une brute épaisse qui a commencé le catch en Australie et qui gratifie la foule de quelques doigts d’honneur.

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved
Avant même que ne sonne la cloche, Schrœder se jette sur Rodz, le piétinant et l’étranglant dans les cordes. Sacré début de match pour Johnny Rodz qui se fait passer à tabac mais qui peut compter sur sa fougue et son âme de bagarreur pour répliquer avec de bons coup de poing. Soutenu à fond par la foule de Landover, Rodz joue le jeu à fond, lui qui s’illustre habituellement en heel. Le moins qu’on puisse dire c’est que ce rôle lui sied parfaitement. Schrœder lui demande alors un temps mort mais Rodz est bien décidé à ne pas se laisser faire. Toutefois, Schrœder reprendra l’avantage avec un sale coup de genou dans l’abdomen et de gros coups de poing et de coude. Johnny refuse cependant de baisser sa garde et l’envoie sur les fesses avec un crochet du droit. Il manque de l’emporter une première fois avec un Sunset Flip mais profitera davantage d’une charge ratée de Schrœder dans l’un des coins pour l’enrouler en petit paquet. L’arbitre compte trois et Johnny Rodz l’emporte à ma grande surprise, au terme d’un combat ou pour une fois il fut acclamé par le public.
MATCH 3 : DICK « THE BULLDOG » BROWER VS CURT HENNIG (07:58)
VAINQUEUR : CURT HENNIG
PRISE DE FINITION : DESCENTE DU COUDE RATÉE
INDICATEUR : * ¾
Vétéran des rings et briscard invétéré, Dick « The Bulldog » Brower est dans la place. Après des débuts dans le Delaware à la fin des année 1950, Brower a combattu au Canada pour la Stampede Wrestling de Stu Hart. Il y affrontera notamment Terrible Ted, un véritable ours brun de près de 300kg qui montait sur le ring. Ce soir sur le ring du Capital Centre, Brower affrontait un jeune Curt Hennig, de vingt-cinq son cadet, fiston de Larry « The Axe » Hennig.
Brower s’impose avec un superbe Side Headlock Takedown. Agressif, ce dernier ne rechigne pas à envoyer les coups et brûle le visage du jeune Hennig en le râpant contre les cordes. « The Bulldog » enchaîne avec une prise de l’ours mais Hennig est un fin technicien et s’en sort plutôt facilement. Essuyant les frappes de Brower, Hennig se prend une grosse raclée mais le gamin en a dans le ventre et rétorque lui aussi avec de bons coups de poing. Ratant une charge dans l’un des coins, Hennig percute de plein fouet le poteau et chute en dehors du ring. Brower lui éclate ensuite le crâne contre le coin dénudé de sa protection, directement sur l’armature métallique du turnbuckle. Hennig se retire in-extremis d’une descente du coude de Brower et le recouvre alors pour le tombé. Étonnamment, l’arbitre compte trois, permettant à Hennig de l’emporter. Une bonne décision de faire gagner Hennig, bien qu’on regrette ce finish un peu abrupt.
– Accueilli par Vince McMahon aux abords du ring pour une petite interview, S.D Jones se dit prêt à faire face à la Figure Four Leglock de Greg « The Hammer » Valentine. Ils s’affronteront un peu plus tard dans la soirée.
MATCH 4 : « M. USA » TONY ALTAS VS ANGELO « KING KONG » MOSCA (16:10)
VAINQUEUR : TONY ATLAS
PRISE DE FINITION : FLYING BODY PRESS
INDICATEUR : **
Passé des terrains de football canadiens aux rings de catch en raison de son léger penchant pour la violence, Angelo « King Kong » Mosca est connu pour être une brute impitoyable. Adulé au Canada Mosca est toutefois détesté aux États-Unis. Son adversaire ce soir est l’un des catcheurs les plus appréciés du moment qui effectue son entrée sous les acclamations du public. Vêtu d’un peignoir qui recouvre sa musculature de dieu grec, Tony Atlas lui fera donc face. Magnifique plan de la caméra, placée au ras du sol, entre les jambes de Mosca afin de capturer le physique invraisemblable d’Atlas.

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved/Courtesy of Pro Wrestling Illustrated
D’une façon presque bestiale, Atlas remue des pectoraux comme pour envoyer un signal viril à son adversaire. De son côté, Mosca n’est pas en reste, son large torse poilu et ses grosses paluche suffisent à impressionner. Ils se toisent d’abord et se dévisagent, chacun cherchant à prendre l’avantage psychologique. Mosca cogne le premier mais Atlas ne se laisse pas faire et lui donne la réplique. Il l’assoit ensuite sur le coin comme un gros bébé – une humiliation que Mosca ne supporte pas. Ce dernier s’élance mais Atlas le rattrape avec une prise de l’ours – quelle puissance ! Ceci dit – et tout au long de la rencontre – c’est comme si la sauce ne prenait pas, la faute à un faux rythme qui s’est progressivement installé. Et c’est dommage, car on a en face de nous deux professionnels capables de nous offrir du très bon catch. Mosca s’impose en tordant le cou d’Atlas, désormais en difficulté. Porté par la foule de Landover, Tony se redonne du poil de la bête et envoie Mosca au tapis avec un saut chassé. Essuyant des droites et des gauches, Atlas se projette dans les cordes et couche Mosca avec un Flying Body Press. Les pieds de Mosca étaient dans les cordes mais l’arbitre ne le remarque pas et compte trois, au grand dam d’un Angelo Mosca qui se sera fait avoir comme un bleu.
– McMahon accueille ensuite Tony Garea et Rick Martel en dehors du ring pour une interview d’avant-match. Interrogés quant à leur combat face à Mr. Fuji et Mr. Saito, les anciens Champions se disent prêtes à bousculer quelques règles afin de faire face à la roublardise des actuels Champions Tag Team.
MATCH 5 : HAÏTI KID VS LITTLE BOY BLUE (11:22)
VAINQUEUR : HAÏTI KID
PRISE DE FINITION : SUNSET FLIP
INDICATEUR : ** ¼
Ça fait un moment que nous n’avions plus eu de Midget Wrestling sur ces programmes. Pourtant, ces combats étaient très plébiscités par les foules de cette période, sensibles au caractère comique que prenaient parfois ces rencontres. À l’image de Sonny Boy Hayes ou encore Sky Low Low, Haïti Kid est une figure reconnaissable de ce circuit alternatif. Il se mesurait ce soir à Little Boy Blue, catcheur nain qui a lutté sporadiquement entre le début des années 1960 et le milieu des années 1980.

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Haïti Kid s’impose avec vigueur en ce début de rencontre. Blue cogne plus fort que lui et reprends l’avantage. La petite séquence Comedy Wrestling habituelle nous offre un enchaînement de pirouettes, chacun essayant d’enrouler l’autre avec un petit paquet. Haïti dégaine une Double Underhook Suplex, mais Blue s’en dégage au compte de deux. Kid réussit ensuite à coincer son rival avec un Single Leg Boston Crab et en profite pour lui arracher les poils des jambes, une petite séquence d’épilation qui fait rire la foule et notre commentateur. Profitant d’une charge de Blue dans le coin, Kid l’enroule avec un Sunset Flip et l’emporte au compte de trois, au terme d’un match plutôt divertissant.
MATCH 6 : WWF WORLD TITLE TEXAS DEATHMATCH : BOB BACKLUND © W/ARNOLD SKAALAND VS « THE MAGNIFICENT » DON MURACO (13:26)
VAINQUEUR : BOB BACKLUND
PRISE DE FINITION : BACK SUPLEX
INDICATEUR : ** ¾
Barbe de trois jours, cheveux gominés, celui qu’on surnomme « The Magnificent » Don Muraco a mûri et n’est plus tout à fait le même homme qui a gagné le titre de Champion Intercontinental face à Pedro Morales plus tôt cette année. Ce soir aspirant numéro un au titre de Champion du monde poids-lourds, Muraco se mesure donc à un Bob Backlund toujours aussi populaire, accueilli par un tonnerre d’acclamations lorsqu’il réalise son entrée sur le ring du Capital Centre. Ce combat sera placé sous les règles du Texas Deathmatch, ce qui signifie que tout – ou presque – est autorisé.

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D’abord réticent à l’idée d’engager le combat, le challenger envoie les premières frappes mais Backlund n’est pas en reste et réplique avec la même énergie, poussant Muraco à reprendre ses esprits en dehors du ring. Un début de match plutôt timide, surtout au vu de la stipulation. Fin technicien, le Champion s’imposera avec un Side Headlock maintenu coûte que coûte. Intelligent, Muraco profite de l’absence de règles pour envoyer son pied dans les valseuses de Backlund, qui chute en dehors du ring. Là, Muraco lui assène un enfourchement sur les planches du parquet du Capital Centre, avant de lui envoyer la tête contre le poteau. De retour sur ses pieds, le Champion lui renvoie la pareille, lui éclatant à plusieurs reprises le crâne contre ce poteau en acier. Ouvert au niveau du front, Muraco est en perdition et Backlund en profite pour le coucher à coups de poing. Entremêlé dans les cordes – et alors que Backlund le chargeait – Muraco a la présence d’esprit d’empoigner monsieur l’arbitre afin que Backlund le percute de plein fouet. Ayant repris le dessus, Muraco lui concasse les vertèbres avec un Tombstone Piledriver, mais il n’y a personne pour effectuer le tombé. Contrant une Vertical Suplex, le Champion retombe sur ses pieds, le hisse pour son Reversed Atomic Drop, mais préfère l’abattre en Back Suplex. Backlund réalise le ponté, ce qui permet à ses épaules de ne pas être rivées au tapis. À l’inverse de celles de Muraco qui concède donc une défaite au Champion du monde, qui conserve tranquillement son titre.
– Au retour de la pause publicitaire, Vince McMahon se tient en compagnie de Bob Backlund pour quelques commentaires à propos de son combat du soir. Muraco et lui s’étaient apparemment affrontés lors d’un match d’une heure et Backlund avoue préférer lorsqu’un match reste dans les règles, plutôt qu’un Texas Deathmatch où tous les coups sont permis.
MATCH 7 : GREG « THE HAMMER » VALENTINE VS S.D « SPECIAL DELIVERY » JONES (08:47)
VAINQUEUR : GREG VALENTINE
PRISE DE FINITION : DESCENTE DU COUDE
INDICATEUR : ** ½
Aperçu plus tôt dans la soirée pour une petite interview d’avant-match, S.D Jones se tient désormais sur le ring prêt à affronter son adversaire. Originaire d’Antigua-et-Barbuda, Jones a l’occasion d’accrocher une victoire de haut rang – mais ne ce sera pas facile. Car en face de lui se trouve Greg « The Hammer » Valentine, vêtu d’une ample robe de ring en tous points similaire à celles que porte habituellement le « Nature Boy » Ric Flair.

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On commence avec un test de force sous la forme d’un Hammerlock que contrera toutefois Jones pour partir sur une clé de bras. Le début de combat est plutôt fair-play, les deux hommes s’échangent en effet quelques prises dans le respect des règles en vigueur. Les rudes frappes de Valentine viennent néanmoins mettre Jones en péril et permettent à « The Hammer » de se focaliser sur les jambes de Jones. Et ce n’est pas un hasard, surtout lorsqu’on sait que la prise fétiche de Valentine est sa redoutable Figure Four Leglock. Tel un requin, le fils de Johnny Valentine s’acharne sur cette jambe avec un méthodisme glacial, faisant preuve d’une maturité impressionnante. S.D se redonne du poil de la bête, mais sera envoyé en dehors du ring par Valentine. De retour entre les cordes, Jones déroule et couche Valentine avec une série de coups de boule – quel selling de Valentine qui s’écroule à plat exactement comme Ric Flair – encore un point commun. Profitant d’un contre, Valentine couche Jones avec un coup de coude dans l’arrière du crâne et enchaîne avec sa fameuse descente du coude qui suffit pour le compte de trois, concluant un bon match de catch.
MATCH 8 : WWF WORLD TAG TEAM TITLES MATCH : MR. FUJI & MR. SAITO © VS TONY GAREA & RICK MARTEL (13:14)
VAINQUEURS : TONY GAREA & RICK MARTEL PAR DQ
PRISE DE FINITION : DÉCISION DE L’ARBITRE
INDICATEUR : **
On termine ce programme avec un match de championnat Tag Team. La dernière fois que nous écrivions du côté de la World Wrestling Federation, c’était au mois de juin et les Moondogs étaient encore les Champions. Entre temps, Tony Garea et Rick Martel ont regagnés les ceintures avant de les perdre au mois d’octobre face à Mr. Fuji et Mr. Saito. Ces derniers remettent donc leurs titres en jeu ce soir. Et comme vu tout à l’heure lors de l’interview d’avant-match, Martel et Garea espèrent bien regagner leurs ceintures pour la troisième fois.

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Garea et Saito lancent les hostilités en s’échangeant quelques bras à la volée. Plus âgé que son partenaire, Fuji est moins impressionnant mais n’en reste pas moins un roublard rusé, qui use et abuse des tactiques les plus déloyales pour imposer sa marque. Et le pire, c’est que ça fonctionne, même si Garea est rôdé. En effet, après avoir affronté les Wild Samoans et les Moondogs, Martel et Garea sont difficilement impressionnables. Tony se sort d’une prise des trapèzes de Fuji et manque de l’emporter avec un Sunset Flip. Toutefois, Garea est victime du catch des japonais et se retrouve dans l’impossibilité de passer le relais à son partenaire. Et alors que Garea était à moins de cinq centimètres de rejoindre la main de Martel, Fuji le retire en arrière. Avec l’aide de Saito, ils lui portent un double brise-dos redoutable. C’est une prise interdite et l’arbitre fait immédiatement sonner la cloche, disqualifiant d’office Fuji et Saito. Rappelons néanmoins qu’un titre ne peut pas changer de mains sur une disqualification, Tony Garea et Rick Martel repartiront donc bredouille.
Certainement pas la meilleure émission WWF que nous avons pu chroniquer récemment… Ce programme est globalement insipide, parfois agaçant et souvent frustrant. Bob Backlund y défends son titre de Champion du monde contre Don Muraco dans un Texas Deathmatch timide, Tony Atlas et Angelo Mosca échouent à nous offrir un grand match et Tony Garea et Rick Martel repartent bredouille de Landover.
– Présenté comme l’une des grosses attractions de la soirée, ce combat entre Angelo Mosca et Tony Atlas n’a malheureusement pas été à la hauteur. En dépit d’une jolie affiche sur le papier, le combat n’a jamais vraiment décollé, la faute à un faux rythme instauré en début de rencontre – et peut-être aussi à un manque d’alchimie entre les cordes. Même la séquence finale est décevante, nous n’avons même pas droit au Military Press Slam d’Atlas, qui l’emporte de manière plus que discutable, alors que les pieds de Mosca étaient dans les cordes.
– Quant à l’autre attraction de la soirée, nous ne sommes pas nécessairement déçus mais on reste sur notre faim. Opposés lors d’un Texas Deathmatch, Bob Backlund et Don Muraco sont restés plutôt sages, jusqu’en toute fin de rencontre où les choses se sont un peu pimentées. De manière générale, les deux hommes n’ont pas exploités le plein potentiel d’une stipulation qui autorise à peu près tout. On déplore donc ici un manque d’intensité et d’agressivité – surtout de la part d’un Muraco qui nous a habitué à un catch des plus agressifs et nerveux.
– Et même le match en tag, la dernière grosse affiche de la soirée, nous laisse un goût amer dans la bouche. Opposés à Mr. Fuji et Mr. Saito, Tony Garea et Rick Martel se sont trouvés dans l’impossibilité de faire quoi que ce soit, victimes du catch incisif des japonais qui ont triché plus que de raison. On regrette que Martel ne soit pas rentré sur le ring ne serait-ce qu’une seule seconde, son catch tout feu tout flamme contribue toujours à dynamiter ces matches qui ont parfois tendance à nous endormir. C’était sans compter sur un finish en eau de boudin, une frustrante disqualification qui permet toutefois à Fuji et Saito de conserver leurs titres.
Nathan Maingneur