WORLD WRESTLING FEDERATION – SPECTRUM #11

WORLD WRESTLING FEDERATION

PHILADELPHIA SPECTRUM #11

22/05/1982

Philadelphia Spectrum

Philadelphia Spectrum

On braque souvent les projecteurs sur le Madison Square Garden de New York City, considéré (et à juste titre) comme la Mecque du catch nord-américain. Toutefois, d’autres arènes en Amérique du Nord portent le même prestige et ont accueilli nombre d’affrontements mythiques. C’est le cas du Sportatorium de Dallas, mais aussi du Boston Garden ou encore du Spectrum de Philadelphie en Pennsylvanie. Selon les chiffres officiels, près de 11500 personnes se massaient ce soir dans les gradins de cette salle légendaire.

Kal Rudman et Dick Graham seront nos commentateurs et nous présentent la carte de ce programme. Jimmy « Superfly » Snuka effectue ses débuts en défiant Pedro Morales pour son titres de Champion Intercontinental, Bob Backlund doit défendre le titre suprême contre « Cowboy » Bob Orton Jr. et Tony Atlas aura l’occasion de régler ses comptes avec Jesse « The Body » Ventura dans un match en cage. On commence par nous diffuser des images de leur précédente rencontre.

– En ce mois de mai 1982, sortait dans les salles de cinéma le troisième opus de la franchise Rocky, dans lequel Sylvester Stallone prête la réplique au personnage principal. Au lendemain de sa victoire face à Apollo Creed, Rocky Balboa est désormais champion du monde et doit maintenant affronter un champion de catch lors d’un gala de charité. Ce catcheur, qui répond au nom de « Thunderlips » n’est autre qu’Hulk Hogan, qui a quitté la World Wrestling Federation en début d’année 1981 pour les besoins de ce rôle. Son succès sera immense, la Hulkamania prendra forme à la AWA et amorcera son retour triomphal en début d’année 1984. 


MATCH 1 : « PRETTY BOY » LARRY SHARPE VS CHARLIE FULTON (06:53)

VAINQUEUR : LARRY SHARPE

PRISE DE FINITION : PILEDRIVER

INDICATEUR : ** ¼


On lance les hostilités en accueillant le bourreau des cœurs de la fédération, en la personne du « Pretty Boy » Larry Sharpe. Natif de Paulsboro dans le New Jersey, Sharpe n’a que trente-et-un ans mais n’est déjà plus très loin de la fin de sa carrière sur les rings. Il ne quittera toutefois pas la discipline, co-fondant sa propre école de catch pour devenir l’un des entraîneurs les plus prolifiques d’Amérique du Nord. Sharpe se mesurait ce soir à Charlie Fulton, que nous avons récemment aperçu ici sous le masque du Black Demon face à « Polish Power » Ivan Putski. 

Sharpe insiste pour qu’on le laisse retirer librement sa combinaison mais ce n’est qu’un ruse qui lui permet de prendre Fulton de court, en faisant preuve d’une agressivité qu’on ne lui connaissait pas. Loin des exhibitions techniques qu’on a l’habitudes de voir avec Sharpe, ce début de match est une bagarre rangée où pleuvent les coups de part et d’autre. Sharpe s’impose avec des descentes du coude dans l’arrière du crâne mais Fulton ne se laisse pas démonter et revient avec un enfourchement, suivi d’une descente de la cuisse. Sharpe grimpe sur les cordes, mais Fulton l’y fait descendre fissa. Finalement, c’est bien le « Pretty Boy » qui l’emporte à la suite d’un Piledriver qui laisse Fulton sur le carreau – non sans s’être bien défendu.


– S’emparant du micro de nos commentateurs, Sharpe déclare à nouveau être prêt à affronter Bob Backlund pour son titre de Champion du monde. On nous diffuse ensuite la bande annonce du film « Stripes » (1981), un comédie américaine sur fond d’enrôlement dans l’armée dans laquelle joue entre autres Bill Murray.


MATCH 2 : BARON SCICLUNA VS PETE SANCHEZ (07:31)

VAINQUEUR : BARON SCICLUNA

PRISE DE FINITION : COUP DE POING PORTÉ AVEC UN OBJET INTERDIT

INDICATEUR : * ¾


Originaire de l’île de Malte, le Baron Mikel Scicluna a longtemps cultivé l’idée selon laquelle il serait issu de la noblesse maltaise. Aujourd’hui âgé de 53 ans, Mikel Scicluna n’est plus vraiment dans la fleur de l’âge mais ne rechigne jamais lorsqu’il faut ressortir son panel d’objets illicites. Changement de programme : Le Baron aurait initialement du affronter Tony Garea mais pour des raisons que nous ignorons, Scicluna rencontrera finalement Pete Sanchez, un catcheur hispanique qu’on retrouve parfois lors des émissions hebdomadaires.

Sanchez commence avec un Side Headlock, mais fidèle à lui-même, Scicluna triche en lui tirant les cheveux. Et lorsque Sanchez rétorque avec un bon bourre-pif, le Baron nous déballe son habituel répertoire d’expressions faciales. Comme souvent lors de ses matches, Scicluna et l’arbitre se cherchent des noises, ce dernier essayant par tous les moyens de mettre la main sur l’objet illicite que dissimule le Baron, tantôt dans son caleçon, tantôt sous son aisselle. Emmené au sol par une clé de bras, Scicluna subit les foudres de l’officiel qui se venge, en comptant hyper rapidement ! Et lorsque le Baron s’aide des cordes, Savoldi l’en empêche en lui envoyant un coup de pied ! En fin de compte, c’est bien Scicluna qui aura le dernier mot en utilisant son objet interdit pour porter le coup de grâce, au terme d’un match un peu poussif.


– On marque un bref temps d’arrêt, l’occasion pour PRISM Network de nous diffuser la bande annonce du film « Blow Out » (1981), réalisé d’une main de maître par Brian De Palma et dans lequel John Travolta interprète le rôle d’un ingénieur du son qui se retrouve à devoir mener une enquête après avoir été témoin d’un meurtre maquillé en accident de voiture.


MATCH 3 : SWEDE HANSON VS LAURENT SOUCIE (05:49)

VAINQUEUR : SWEDE HANSON

PRISE DE FINITION : BACKBREAKER

INDICATEUR : * ¼


Avec sa dégaine de redneck tout droit sorti du Bayou, Swede Hanson est ce qu’on appelle un vieux briscard. Entraîné par George Tragos, Hanson a rencontré du succès au début des années 1960, essentiellement en Tag Team avec Rip Hawk, avec lequel il forme les Blond Bombers. Aujourd’hui âgé de 49 ans, Hanson est lui aussi sur la fin de sa carrière mais est toujours apte à se battre. Il rencontre ce soir Laurent Soucie, un élève de Verne Gagne qui commence tout juste son parcours dans le catch.

Hanson s’impose d’entrée de jeu avec une clé de bras, mais le jeune Soucie fait preuve de facultés techniques qui surprennent le vétéran. D’habitude plutôt bourrin, Hanson joue dans les règles, ce qui est assez étonnant. Mais ce n’est pas au vieux singe qu’on apprends à faire la grimace et Hanson revient avec une série de gifles autoritaires. Plutôt stiff, Hanson enfonce son genou dans les côtes de Soucie mais celui-ci se redonne du poil de la bête et s’offre un comeback relativement scolaire. Hanson esquive un saut chassé et lui assène un brise-dos, prolongé en prise de soumission. Le dos plié, Soucie jette l’éponge et permet à Hanson d’accrocher une victoire de plus à son large palmarès, bien que le combat ait été plutôt moyen.


– Pour notre prochain interlude cinématographique, on nous diffuse la bande-annonce du film « Continental Divide » (1981), une romance américaine dans laquelle jouent entre autres John Belushi et Blair Brown.


MATCH 4 : « THE UNPREDICTABLE » JOHNNY RODZ VS MR. SAITO (06:45)

VAINQUEUR : MR. SAITO

PRISE DE FINITION : CHOC CONTRE LE COIN

INDICATEUR : **


Moitié des Champions Tag Team aux côtés de Mr. Fuji, Masa Saito est de loin le couteau le plus aiguisé de ce duo. Originaire de Tokyo au Japon, Saito est avant tout un lutteur avant d’être un catcheur et a représenté son pays aux Jeux Olympiques de Tokyo en 1964. Passé par la Japan Pro Wrestling Alliance, il rejoint Antonio Inoki qui vient de créer la Tokyo Pro Wrestling, avant d’embarquer pour les États-Unis au début des années 1970. Ce soir, Saito se frotte à un élément clé de ces programmes, une figure locale qui sait autant se faire aimer que se faire détester. Il s’agit bien-entendu de « The Unpredictable » Johnny Rodz. 

Saito ne perds pas une seconde et se jette sur Rodz en le piétinant brutalement dans l’un des coins. Bagarreur, Johnny ne se laisse pas faire et envoie de grosses droites qui lui permettent de sonner le japonais. Il le coince ensuite avec un Side Headlock intelligemment maintenu, non sans quelque tirages de cheveux. Prenant appui sur les cordes, Rodz a retrouvé sa dynamique et peut dérouler son catch. Coriace, Saito reprend le contrôle du combat avec une longue prise des trapèzes, qui éteint d’office le rythme instauré en début de rencontre. Rodz souhaite partir pour un O’Connor Roll mais Saito le contre en l’écrasant contre l’un des coins. Sonné, Johnny ne se relève pas du choc et Saito l’emporte donc, au terme d’un match qui aurait pu être meilleur que ça.


MATCH 5 : INTERCONTINENTAL TITLE MATCH : PEDRO MORALES © VS » JIMMY « SUPERFLY » SNUKA (15:21)

VAINQUEUR : JIMMY SNUKA PAR DQ

PRISE DE FINITION : BOUSCULADE DE L’ARBITRE

INDICATEUR : ** ¾


Accueilli sous les acclamations du public de Philadelphie, Pedro Morales est toujours aussi populaire. Comme c’est de coutume, Pedro remet ce soir son titre en jeu mais pas contre n’importe qui. Son défi du soir effectue ce soir ses débuts au Spectrum et rejoint les abords du ring sous une réaction plus que mitigée de la foule qui ne sait trop comment réagir. Originaire de Suva dans les îles Fidji, Jimmy « Superfly » Snuka arbore un sublime peignoir aux motifs de fleurs et d’oiseaux sauvages. Entraîné par Dean Ho, ce Tarzan des temps modernes fit ses débuts sur le continent pour le compte de Don Owen à Portland et est devenu Champion de ce territoire à six reprises. Passé par les rings du Texas, de la Géorgie et des Jim Crockett Promotions, Snuka rejoint la WWF en début d’année 1982, et donc en tant que heel, managé par l’ignoble « Capitaine » Lou Albano.

Les deux hommes commencent par se livrer à un test de force mais le début du combat est plutôt figé. Snuka s’accroche en effet au bras de Morales, sans proposer grand-chose de plus. Les premiers coups sont envoyés au bout de cinq minutes, Snuka assommant Pedro avec un sale coup de tête, avant de le piétiner sans relâche. Le pugilat se disperse alors en dehors du ring et revêt – temporairement – une dimension plus sauvage. Crevé, Morales revient à la charge avec un surpassement mais Snuka conserve une longueur d’avance et le calme à nouveau avec un Headbutt. Porté par l’appui du public, Pedro se ressaisit et enclenche un retour en force. Son sang portoricain ne fait qu’un tour et Snuka est alors dégagé en contrebas. Là, Morales se déchaîne et l’envoie tête première contre la barrière métallique puis contre le poteau. Le dominant est désormais dominé et est à la merci du Champion. Inarrêtable, Pedro ne peut plus se contenir, en dépit de nombreuses remontrances de monsieur l’arbitre. Agacé, Pedro le remet à sa place une première fois puis le bouscule avec nettement plus de force. Monsieur Woehrle ne se laisse pas faire et disqualifie Morales. Toutefois, sa rage est telle que la décision de l’arbitre le fait littéralement sortir de ses gonds.


– Snuka et Morales sont inarrêtables et n’arrêtent plus de se battre. Essayant une nouvelle fois de les séparer, Dick Woehrle se mange un Headbutt de Snuka, qui retourne agresser le Champion, comme si de rien n’était. Courageux, Woehrle tente une énième tentative de pacification mais rien n’y fait, la situation est ingérable. Les huées sont légion et doublent de volume au moment ou Gary Cappetta prononce son verdict au micro. Pedro Morales conserve malgré tout sa ceinture, mais au prix d’une véritable déclaration de guerre.

On marque une pause, histoire de souffler, l’occasion pour PRISM Network de nous diffuser la bande-annonce du film à succès « Atlantic City » (1980), réalisé par Louis Malle, dans lequel joue entre autres Burt Lancaster. Ce long-métrage américain sera nominé pour les cinq principales récompenses des Oscars mais n’en remportera malheureusement aucune.


MATCH 6 : BLACKJACK MULLIGAN SR. VS STEVE TRAVIS (06:46)

VAINQUEUR : BLACKJACK MULLIGAN SR.

PRISE DE FINITION : ELBOW SMASH

INDICATEUR : ** ½


Son chapeau de cowboy vissé sur le crâne et sa mitaine en cuir noir autour de sa main, Blackjack Mulligan Sr. a tout du parfait hors-la-loi. Originaire de Sweetwater au Texas, Mulligan a récemment mordu la poussière face à Bob Backlund mais c’est un tout autre compétiteur qui accapare son attention. En effet, Mulligan Sr. en a après André le Géant, perçu comme une menace de par son gabarit hors-normes. L’ancien partenaire de Blackjack Lanza se mesure à Steve Travis, un jeune prodige encore considéré par la World Wrestling Federation comme le futur de cette industrie.

D’entrée de jeu, Mulligan prends d’assaut son adversaire, pris de court par la hargne du cowboy. Hué et sifflé de part et d’autre, Mulligan n’en a cure et poursuit en dégageant son adversaire hors du ring. En contrebas, il l’envoie tête première dans le poteau, mais Travis ne se laisse pas faire et lui renvoie la pareille. De retour entre les cordes, Mulligan enfonce maintenant ses doigts dans le cou de Travis. Maintenu face contre terre par la pression appliquée par Mulligan sur sa nuque, Travis dérouille mais se redonne du courage et chasse Mulligan à coups de sauts chassés. Toutefois, Travis ne fait pas le poids face à la brutalité du texan et succombe quelque instants plus tard à un puissant Elbow Smash porté par un Mulligan qui a ce soir été plus fort que lui.


– Au micro des commentateurs, Blackjack Mulligan commente brièvement sa victoire et lâche une balle perdu pour Bob Backlund. Mulligan reporte naturellement son attention sur André le Géant et ne supporte pas qu’on le considère comme le seul géant de la World Wrestling Federation.


MATCH 7 : WORLD WRESTLING FEDERATION TITLE MATCH : BOB BACKLUND © W/ARNOLD SKAALAND VS « COWBOY » BOB ORTON JR. (16:12)

VAINQUEUR : BOB ORTON JR.

PRISE DE FINITION : COUNT OUT

INDICATEUR : **** ¾


C’est notre main-event. Il s’est récemment déclaré en tant que challenger numéro un au titre de Champion du monde poids-lourds lors d’une récente émission enregistrée au Spectrum. Récemment arrivé sur ce territoire après être passé sur les rings de la Floride, de l’AWA et de la Mid-South Wrestling, celui qu’on surnomme « Cowboy » Bob Orton Jr. est une sensation. Bagarreur né, ce lutteur de seconde génération est également un technicien aguerri ainsi qu’un innovateur, capable de nous sortir des manœuvres inédites. Son défi du soir se fraye tant bien que mal un chemin dans la travée qui relie le ring aux vestiaires. Vêtu d’un superbe blouson aux couleurs de son pays, Bob Backlund est accueilli en héros par le public de Philadelphie, encore et toujours accompagné par son manager, en la personne d’Arnold Skaaland, ancien chaperon de Bruno Sammartino.

On a d’abord droit à des superbes séquences au sol lors desquelles Orton parvient à tenir la dragée haute à Backlund – de surcroît sur son terrain. Celui-ci contre une planchette japonaise en Body Scissors et immobilise son challenger. Comme un poisson dans l’eau, Backlund est dans son élément et fait preuve d’une force du diable, manquant de l’emporter avec un Backslide. Les deux hommes s’échangent une poignée de main, une marque de respect d’autant plus étonnante de la part d’un Orton qu’on connaît bien plus mauvais joueur que cela. Et ça ne loupe pas, Orton profite du fait que Backlund ait baissé sa garde pour lui décrocher la mâchoire avec un coup d’avant-bras tonitruant. Le Champion est groggy et est envoyé par-dessus la barrière, retombant sur les pieds des spectateurs assis aux premiers rangs. Compté par l’arbitre Backlund remonte entre les cordes in-extremis. Une tentative de Superplex est avortée et Backlund couche Orton avec un Forearm Smash porté depuis la corde du milieu. Backlund enchaîne et concasse les vertèbres du challenger avec un Piledriver, mais Orton s’en dégage et lui assène alors une Back Suplex. À genoux, les deux catcheurs s’échangent des coups d’avant-bras, au bord de l’épuisement. L’action se disperse alors à nouveau en dehors du ring, cette fois-ci de façon plus chaotique que tout à l’heure. Là, et alors qu’ils se battaient comme des chiffonniers, Orton s’empare d’une ceinture en cuir et étrangle Backlund, avant de remonter au tout dernier moment entre les cordes pour battre le compte de l’arbitre, l’emportant donc mais sans remporter le titre. Fou de rage, Backlund s’empare de cette ceinture et essaie de fouetter Orton, qui s’échappe néanmoins en direction des vestiaires. Quel match !


 – En amont de notre prochain affrontement, nous avons droit à une petite sessions d’interviews conjointement menées par Kal Rudman et Dick Graham, qui accueillent Jesse « The Body » Ventura et Tony Atlas en studio. Malheureusement des soucis d’audio inhérents à la mauvaise qualité de l’enregistrement, ne nous permettent pas d’entendre ce que racontent nos protagonistes. En parallèle, la caméra se promène un peu dans la salle et nous montre l’installation de la cage, des images de « stand-by » toujours intéressantes, ainsi que des vues sur les différents types de public qui assistent à ce programme.


MATCH 8 : STEEL CAGE MATCH : « MR. USA » TONY ATLAS VS JESSE « THE BODY » VENTURA (10:37)

VAINQUEUR : TONY ATLAS

PRISE DE FINITION : SORTIE DE LA CAGE

INDICATEUR : ** ¾


Les murs de la cage sont montés, les fixations sont serrées, nous pouvons passer à notre second main-event. Le premier à rejoindre le ring, c’est celui qu’on surnomme « M. USA » Tony Atlas, accueilli sous les acclamations de la foule de Philly. L’atmosphère devient plus pesante lorsqu’entre en scène l’arrogant Jesse « The Body » Ventura, frimeur et suffisant, à la manière d’un « Superstar » Billy Graham. Impressionné par la taille des paroi de cette cage en acier, Ventura s’attelle à secouer ces murs de grillage, comme pour s’assurer que elles tiendraient le choc.

Atlas se frottes les mains à l’idée de régler ses comptes avec Ventura et naturellement, ce dernier apparaît nettement en retrait. Fuyant Jesse essaie d’abord de s’enfuir en grimpant sur le grillage, mais est systématiquement retenu par Tony. Soutenue à fond par un public chaud bouillant, Atlas est galvanisé par cette ferveur populaire et envoie alors Ventura en pâture, directement contre ce mur d’acier. Néanmoins, Jesse se retient avec ses bras, de sorte à freiner la collision. Ventura revient avec de sale coups de poing et c’est désormais à Tony de goûter le métal. À l’inverse de son adversaire Atlas se mange le grillage de plein fouet et des gouttes de sang commencent à perler sur son front. En difficulté, Tony est à la merci de Ventura, qui se pavane comme un paon sous les quolibets et les insultes de la foule. Atlas revient en force et projette à son tour Jesse tête la première contre le grillage. Et cette fois-ci, le sang coule à flots, maculant le tapis du ring d’un revêtement organique.

Le combat fait maintenant rage, et si le rythme du match était jusqu’ici plutôt poussif, les choses se corsent sérieusement. Au bord de l’épuisement, son visage s’étant transformé en un masque pourpre, Ventura commence son ascension à la suite d’un vilain Low Blow. Réveillé par la clameur de la foule, Atlas bondit tel un fauve et escalade à son tour la paroi de cette cage. Et Tony sera le plus rapide passant par-dessus le grillage avec l’agilité d’un félin, avant de se laisser retomber en contrebas. Rouge de colère, et sans mauvais jeu de mots, Ventura beugle toute sa rage, alors que Tony Atlas l’emporte donc, sans doute pour de bon.

– On marque un court temps de pause l’occasion de nous dévoiler le top 10 des meilleurs catcheur de la promotion. Dans l’ordre décroissant nous retrouvons Chief Jay Strongbow, Ivan Putski, Tony Atlas, Bob Orton, Adrian Adonis, Greg Valentine, Pedro Morales, Jesse Ventura, Blackjack Mulligan et Jimmy « Superfly » Snuka, sans compter notre Champions du monde Bob Backlund, qui trône en pole position. On enchaîne avec une interviews de  Jimmy Snuka, qui nous parle de son parcours dans le catch professionnel. Mais une fois de plus, les soucis d’audio inhérents à l’enregistrement de ce programme ne nous permet pas d’en profiter pleinement.

MATCH 9 : « QUICKDRAW » RICK MCGRAW VS MR. FUJI (04:09)

VAINQUEUR : RICK MCGRAW PAR DQ

PRISE DE FINITION : BOUSCULADE DE L’ARBITRE

INDICATEUR : * ½

On enchaîne avec l’autre moitié des Champions Tag Team. Né à Honolulu à Hawaï et non au Japon comme on pourrait le penser, Harry Masayoshi Fujiwara est plus connue sous le nom de Mr. Fuji et a commencé le catch au début des années 60. Champion Tag Team du territoire d’Hawaï avec King Curtis Iaukea, Fuji a également catché en compagnie de Prof.  Toru Tanaka, sur les rings de la WWF et ailleurs. De retour l’année dernière, Fuji s’est allié avec Masa Saito et ensemble, ont battu Tony Garea et Rick Martel pour remporter les titre de Champions Tag Team. En solo, il se mesurait ce soir à « Quickdraw » Rick McGraw, un des catcheurs les plus appréciés de ce territoire.

Fuji commence par disperser du sel dans son coin du ring supposément pour chasser les mauvais esprits. Âgé de 48 ans Fuji tient encore le coup face à son adversaire de presque vingt ans de moins que lui. Il l’immobilise d’entrée de jeu avec une prise des trapèzes, ce qui tue dans l’œuf le rythme de la rencontre. En perdition, McGraw se redonne du poil de la bête et tente un comeback, à coups de poing et de sauts chassés. Lucide, Fuji esquive une tentative de Crossbody et accroche ensuite Ricky dans l’un des coins, en position de cochon pendu. L’arbitre s’en mêle mais Fuji le dégage d’un violent geste de la main et est disqualifié en conséquence, au terme de même pas cinq minutes d’un combat moyen.

– Gary Cappetta nous annonce ensuite la carte du prochain programme de la WWF à être enregistré au Spectrum. Nous aurons droit à une 20-Man Over The Top Rope Battle Royal dans laquelle participeront entres autres Tony Atlas, Adrian Adonis, Greg Valentine, Pedro Morales, Stan Hansen, Tony Garea, Steve Travis, Chief Jay Strongbow Jimmy « Superfly » Snuka et plus encore. Nous aurons également droit à une revanche entre « Cowboy » Bob Orton Jr. et Bob Backlund dans un match des bûcherons !

MATCH 10 : « POLISH POWER » IVAN PUTSKI VS ADRIAN ADONIS (07:24)

VAINQUEUR : IVAN PUTSKI

PRISE DE FINITION : SIT-OUT SPLASH

INDICATEUR : * ¾

On termine ce programme avec l’un des compétiteurs les plus plébiscité de la promotion. Originaire de Cracovie en Pologne celui qu’on surnomme « Polish Power » Ivan Putski est de la partie, incarnant toujours à merveille ce héraut de la force polonaise. Son adversaire est un loubard qu’on pouvait croiser, un peu à la manière d’une mauvaise rencontre, dans les ruelles malfamée de Manhattan. Presque punk-rock, Adrian Adonis a tout du sale type et se mesurait ce soir à l’homme fort polonais.

Adonis fait mine de retirer son blousons, mais profite d’un moment d’inattention de Putski pour l’agresser à coups de poing, avant de l’étrangler avec son cuir. Pris de courts, Putski dérouille sévère et est envoyé en dehors du ring, projeté tête la première contre les chaise rembourrées alignée en contrebas. Dominant, Adonis lui place sa Sleeper Hold, la célèbre « Goodnight Irene » mais, réveillé par l’appui de la foule, Putski tient bon, résiste comme il peut et s’en sort en projetant Adonis dans l’un des coins. Ce dernier grimpe sur les corde,  mais Putski se relève et lui envoie une mandale, Adonis se réceptionne à califourchon sur la corde supérieure. Putski le pilonne avec ses coups de poing, portés façon mitraillettes. Adonis essaie une tentative de Sunset Flip mais Putski ne se laisse pas emmener au tapis et s’assoit littéralement sur son adversaire, qui ne peut pas se relever. Victoire pour Putski qui se sera fait dominer, mais déception pour Adonis qui s’est fait avoir bêtement.

Sacré programme que cette émission enregistrée au Spectrum de Philadelphie, en ce 22 mai ’82. Bob Backlund et « Cowboy » Bob Orton Jr. volent la vedette, Jimmy « Superfly » Snuka effectue ses débuts face à Pedro Morales et plus encore !

– Encore une fois Pedro Morales aura été sévèrement bousculé. Cette fois-ci opposé à un Jimmy « Superfly » Snuka tout fraîchement arrivé sur ce territoire, le Champion a bien failli  laisser son titre lui glisser entre les doigts. Dominé de bout en bout, le portoricain n’a pas su garder son sang froid, allant jusqu’à se faire disqualifier conservant son titre un peu par défaut. Quant au combat en lui-même on serait restés sur notre faim sans cette séquence de fin chaotique. Pour ses début au Spectrum, Snuka a frappé fort, mais n’a pas vraiment impressionné. Celui-ci campe encore en effet un personnage de heel, loins des prouesses acrobatiques pour lesquelles il construira sa légende.

– Annoncé en grande pompe à la suite d’un match décevant, en plus gâché par une fin en eau de boudin, la revanche entre Tony Atlas et Jesse Ventura s’est déroulée entre quatres murs d’acier. Une cage grillagée fut en effet dressées afin que les deux hommes puissent  régler leurs différends. Si l’objectif semble largement atteint, Atlas s’en sortant de manière très courageuse au terme d’un sanglant règlement de comptes, on regrette peut-être que le combat se soit cantonné à d’incessantes projections contre ce grillage. Quelque prises, quelques contres et enchainements du catch en somme, aurait définitivement contribué à conférer une dimension encore plus épique à ce combat qui le méritait largement.

– Les matches de Bob Backlund peuvent être soit géniaux, soit incroyablement mauvais. La dernière fois, nous nous cassions la tête au sujet de ce combat insipide et piteux, face à Blackjack Mulligan mous comme du pudding. Ce soir opposé à « Cowboy » Bob Orton, le Champion nous a offert une masterclass et nous a rappelé pourquoi il truste les cimes de la World Wrestling Federation depuis plus de 4 ans. Mais un combat ne se fait pas tout seul, et n’aurait sans doute pas été aussi bon sans la présence d’un Orton Jr. au sommet de son art. Se positionnant d’ores et déjà comme le potentiel match de l’année, aux côtés de ce match des bûcherons dantesque, la rencontre nous a régalés et fut le point d’orgue de ce programme, sauvé de justesse par ce bijou de catch.

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