WORLD WRESTLING FEDERATION
PHILADELPHIA SPECTRUM #02
20/02/1982

Philadelphia Spectrum
On braque souvent les projecteurs sur le Madison Square Garden de New York City, considéré (et à juste titre) comme la Mecque du catch nord-américain. Toutefois, d’autres arènes en Amérique du Nord portent le même prestige et ont accueilli nombre d’affrontements mythiques. C’est le cas du Sportatorium de Dallas, mais aussi du Boston Garden ou encore du Spectrum de Philadelphie en Pennsylvanie. Selon les chiffres officiels, près de 11,000 personnes se massaient ce soir dans les gradins de cette salle légendaire.
Dick Graham et Kal Rudman sont nos hôtes et nous accueillent pour cette grande soirée de catch placée sous le signe de la « Polish Power ». En raison des événements qui secouent la République populaire de Pologne en ce début d’année 1982 – l’instauration de la loi martiale/état de guerre par le gouvernement à cause d’une situation économique et politique instable, notre annonceur – en la personne de Gary Michael Cappetta – annonce que cinquante centime de chaque billet acheté sera reversé à une association de soutien à celles et ceux touchés par ce conflit. Sur le ring – et en présence d’Ivan Putski et d’un représentant de la Commission Athlétique de Pennsylvanie – un interprète reprends l’hymne polonais et américain avant que Putski ne touche quelques mots au public.
MATCH 1 : CHARLIE FULTON VS JEFF CRANEY (10:19)
VAINQUEUR : CHARLIE FULTON
PRISE DE FINITION : DESCENTE DE LA CUISSE
INDICATEUR : * ¾
Originaire de la région de New York, Jeff Craney est le premier à grimper sur le ring. Vêtu d’un blouson bleu, ce jeune garçon au physique développé – seulement âgé de 26 ans – est ce qu’on appelle communément un jobber, c’est à dire un catcheur dont le rôle est de faire briller d’autres lutteurs plus célèbres. Il se mesurait ce soir à un compétiteur bien plus expérimenté que lui en la personne de Charlie Fulton, natif de l’Ohio. Fulton s’est tourné vers le catch après avoir passé 2 ans au Vietnam et a fait ses armes sur divers territoires, dont celui de la Floride et des Carolines avant de rejoindre la World Wrestling Federation en début d’année 1982.
Ils se tournent autour et se jaugent en s’échangeant quelques élongations du bras jusqu’à ce que Fulton ouvre le bal avec un sale coup de coude dans la mâchoire de Craney. Ce dernier est alors mis en difficulté et subit une série d’enfourchements. Fulton conserve cet avantage en le maintenant au sol avec un Side Headlock pas toujours très licite. L’arbitre veille au grain mais Fulton joue la carte du salaud et ne manque pas une occasion d’étrangler Craney. De manière générale, Fulton est plus agressif qui Craney qui manque de hargne dans son catch. Toutes ses tentatives de retour en force se soldent effectivement par de cuisant échecs. Le dernier essai le verra manquer un saut chassé, une ouverture dont profite Fulton qui lui assène un énième enfourchement avant d’enchaîner avec une grosse descente de la cuisse qui suffit pour le compte de trois.
– L’enregistrement comprends un spot publicitaire consacré à la rediffusion du film Raging Bull, classique de Martin Scorsese sorti en 1980 et dans lequel Robert De Niro interprète à maestria le rôle du légendaire boxeur Jake LaMotta, connu pour son tempérament tumultueux – sur le ring comme en dehors.
MATCH 2 : ADRIAN ADONIS VS S.D « SPECIAL DELIVERY » JONES (10:48)
VAINQUEUR : ADRIAN ADONIS
PRISE DE FINITION : VERTICAL SUPLEX
INDICATEUR : ** ¾
Le prochain compétiteur à effectuer son entrée dans le Spectrum de Philadelphie est reçu par une ovation du public. Et pour cause, il s’agit de S.D « Special Delivery » Jones, natif d’Antigua-et-Barbuda mais aujourd’hui domicilié à Philadelphie en Pennsylvanie. Le favori des foules rencontrait ce soir un farouche adversaire en la personne d’Adrian Adonis. Ce traînard des rues malfamées de New York City rejoint le ring sous les huées et – vêtu d’une veste en cuir et d’un béret – s’approprie les codes vestimentaires des gangs qui terrorisent la ville à cette période.

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved
Malgré son physique plutôt rebondi, Adonis est un redoutable technicien et nous le prouve en contrant Jones avec une habileté déconcertante. Attention, Jones est un bagarreur et lorsqu’il s’accroche à un Side Headlock, pas moyen de s’en échapper. Et lorsqu’Adonis se retrouve propulsé par son élan pour finir en dehors du ring, Jones l’y ramène de force – et comment ! Jones prend de la vitesse et rentre dans le lard d’Adonis, encore une fois obligé de reprendre ses esprits en dehors du ring. Ce dernier se retire in-extremis d’une tentative de saut chassé et reprends l’avantage avec un superbe Bodyslam ainsi qu’avec un Atomic Drop, directement dans l’aine de Jones. Mais Jones est soutenu par la foule et revient en force, amorçant son comeback avec une série de coups de poing. Il se prépare ensuite à envoyer son coup de tête et sèche Adonis à plusieurs reprises, ce dernier nous gratifiant d’un selling prodigieux. Entêté, Jones fonce tête baissée mais se mange un sale coup de coude dans les dents. Adonis enchaîne avec une magnifique souplesse arrière et l’emporte sous les sifflets de la foule.
– Désormais, le spot publicitaire est consacré à une rediffusion du film Dogs of War, avec Christopher Walken et Tom Berenger dans les rôles principaux. Un film de John Irvin dans lequel un mercenaire est engagé afin d’organiser un putsch au Zangaro, état africain fictif gouverné par un dictateur avide de sang.
MATCH 3 : 2 OUT OF 3 FALLS SIX MAN TAG TEAM MATCH : « MR. USA » TONY ATLAS, TONY GAREA & RICK MARTEL VS « CPT. » LOU ALBANO MR. FUJI & MR. SAITO (16:28)
VAINQUEURS : « CPT. » LOU ALBANO, MR. FUJI & MR. SAITO (2-1)
PRISE DE FINITION : DESCENTE DES AVANT-BRAS
INDICATEUR : ***
Cet affrontement opposera six compétiteurs. Et pour l’occasion, une stipulation particulière a été ajoutée à ce combat. Il s’agit en effet d’un 2 Out of 3 Falls, un match au meilleur de trois manches. Le premier trio à entrer en scène est accueilli sous les acclamations du public et se compose de « M. USA » Tony Atlas, de Rick Martel et de Tony Garea, anciens Champions Tag Team de la World Wrestling Federation. Leurs adversaires sont les actuels détenteurs de ces ceintures, accompagnés par le « Capitaine » Lou Albano qui prendra ce soir part au combat. Respectivement originaires de Tokyo et d’Osaka au Japon, voici Mr. Fuji et Mr. Saito, qui ont remporté ces titres de Champions par équipe au mois d’octobre 1981.
Alors que Garea et Saito luttaient au sol, l’arbitre Mario Savoldi recadre Fuji, toujours prêt à tricher. Tony envoie Saito dans les airs avec un surpassement puis passe le relais à un Martel énergique, lui-même faisant ensuite rentrer Atlas pour le plus grand bonheur de la foule. Victime d’une roublardise de Fuji, Garea est envoyé en dehors du ring et sera pris à partie par le capitaine qui n’hésite jamais à se comporter comme un sale type. Et lorsqu’Atlas entre à nouveau, il assène un Military Press Slam à Saito. Toutefois, Atlas ne sera pas épargné par les manigances des heels, qui laissent place à un Albano qui s’en donne à cœur joie. Chaud comme la braise, Martel débarque pied au plancher et remets les pendules des japonais à l’heure. Le québécois monte sur les cordes et s’élance pour un Flying Crossbody qui leur permet de remporter la première manche (1-0). Profitant de sa lancée, Martel reprends à cent à l’heure et passe le relais à Garea. Toutefois, Tony sera victime d’un coup porté en dessous de la ceinture. Les japonais en profitent – notamment Fuji qui lui assène de nombreux coups dans l’aine et dans la poitrine. En galère, Garea s’en démène tant bien que mal et passe le relais à Martel. Et comme tout à l’heure Martel est en trombe mais – peut-être trop emporté par sa fougue – rate une tentative de Flying Body Press et s’écrase tête première sur le ring. Saito en profite et le recouvre pour égaliser au compte de trois (1-1). Et ce salopard d’Albano se pavane alors face à Atlas tandis que Martel se fait étrangler dans l’un des coins. Garea revient alors en force mais essuie lui aussi les plâtres dans le coins des japonais. Tony trouve la force de revenir et enchaîne avec une série de sauts chassés. Et alors que Garea avait réussi à coincer Fuji avec une Abdominal Stretch, l’arbitre ne remarque pas que Saito est perché sur la troisième corde. Celui-ci s’élance pour une descente des avant-bras dans la nuque de Garea qui s’écroule. Sonné, Tony n’est pas en mesure de se dégager et concède cette troisième manche aux Champions et à l’infâme Lou Albano (2-1).
MATCH 4 : INTERCONTINENTAL TITLE MATCH : PEDRO MORALES © VS GREG « THE HAMMER » VALENTINE (14:51)
VAINQUEUR : GREG VALENTINE PAR DQ
PRISE DE FINITION : DÉCISION DE L’ARBITRE
INDICATEUR : *** ¼
Troisième détenteur historique de la ceinture de Champion Intercontinental, Pedro Morales avait concédé son titre à Don Muraco au mois de juin 1981 avant de le regagner un peu plus tard au mois de novembre. Premier Triple Crown Champion, le portoricain est en effet un ancien Champion du monde et Champion Tag Team. Il se mesurait ce soir à l’un de ses plus féroces adversaires, en la personne de Greg « The Hammer » Valentine, ancien challenger de Bob Backlund pour son titre de Champion du monde entre 1979 et 1980. Ce n’est pas la première fois qu’ils croisent le fer et Morales se fait particulièrement désirer, au point que Cappetta hausse les épaules.

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved/Courtesy of Pro Wrestling Illustrated
Hyper engageant, Pedro intimide son adversaire, forcé de reprendre ses esprits en dehors du ring à plusieurs reprises. Un aveu de faiblesse du challenger, qui confère au Champion un avantage psychologique certain. Et lorsque Morales pose enfin ses mains sur Valentine, c’est pour lui envoyer un énorme coup de poing dans la mâchoire. Complètement perdu, Valentine reprends néanmoins le dessus avec une série de manchettes et de coups de genou portés dans les côtes. Envoyé en dehors du ring, Morales déguste mais Valentine en rajoute une couche en lui enfonçant les vertèbres dans le poteau. Il le ramène de force sur le ring avec une grosse souplesse arrière dont Pedro se dégage. Violent et imprévisible, Valentine se focalise désormais sur son genou et l’éclate dans le poteau. Préparant sa prise en quatre, Valentine en est toutefois empêché par Morales qui lui mords les doigts ! Le portoricain se redonne du poil de la bête et fait preuve d’une hargne presque sauvage. Aveuglé – comme par une soif de sang animale – Pedro est déchaîné et envoie Valentine tête première dans les barrières en acier. Le combat prends une tournure brutale, les deux hommes se battent désormais comme des chiffonniers. Faisant fi des remontrances de monsieur Dick Woehrle, Pedro commet l’erreur de l’attraper au collet et de de le balancer en dehors du ring, provoquant sa propre disqualification. Greg Valentine remporte donc ce match par disqualification mais Morales conserve cependant sa ceinture.
– Au micro des commentateurs, Dick Woehrle indique avoir fait son boulot, c’est à dire essayer de faire régner l’ordre. Ils sont interrompus par un Morales toujours chaud comme la braise. Le portoricain demande la peau de Greg Valentine et exige une revanche.
MATCH 5 : WWF WORLD TITLE MATCH : BOB BACKLUND © W/« THE GOLDEN BOY » ARNOLD SKAALAND VS JESSE « THE BODY » VENTURA (17:43)
VAINQUEUR : BOB BACKLUND
PRISE DE FINITION : O’CONNOR ROLL
INDICATEUR : ** ½
Originaire de Minneapolis dans le Minnesota, Jesse « The Body » Ventura est l’archétype du narcisse. Cheveux blonds peroxydés, tenue extravagante et physique d’Apollon, ce personnage aussi imprévisible que colérique s’est lancé dans le catch en 1975 après son service dans la Navy. Ancien garde du corps des Rolling Stones, ce grand gaillard a construit son image en s’inspirant de Gorgeous George et de « Superstar » Billy Graham. Son adversaire détient le titre de Champion du monde de la World Wrestling Federation depuis exactement 4 ans jour pour jour à la date de cet enregistrement. Champion depuis 1460 jours donc, Bob Backlund est la figure de proue de la WWF et cette affiche ressemble en tous points à celles qu’il a déjà pu avoir avec « Superstar » Billy Graham.
Aussi fringant qu’arrogant, Ventura prends tout son temps au moment de retirer son attirail et s’autorise même quelque poses plastiques qui semblent agacer le Champion. Impatient à l’idée d’en découdre, Backlund l’envoie valdinguer d’un bout à l’autre du ring sous les applaudissements du public. Et cette fois-ci, c’est au Champion de montrer les muscles. Ventura triche allègrement, fermant son poing au moment de frapper les lombaires de Backlund. Et lorsque l’arbitre le réprimande en lui intimant d’ouvrir son geste, le coup de Jesse n’est soudainement plus d’aucun effet – comme par hasard. Profitant d’un coup de genou dans l’abdomen, Ventura prends l’avantage avec de gros coups de poing. En difficulté, Backlund est baladé en dehors du ring à coups de pied. Ce dernier est ensuite cadenassé dans une Bearhug de Ventura mais s’en sort une première fois avec un coup de tête dans les dents et une seconde fois avec un Piledriver du tonnerre. Jesse reprends le dessus avec un brise-dos et hisse ensuite Backlund sur ses épaules pour son Backbreaker, sa redoutable prise de soumission. Prenant appui sur la troisième corde avec la pointe de ses bottes, Backlund bascule, retombe sur ses pieds et envoie Ventura bouler avec un surpassement. Celui-ci réitère et le prends à nouveau sur ses épaules mais Backlund retombe cette fois-ci derrière lui et part pour un O’Connor Roll. L’arbitre commence le compte de trois, Backlund part en ponté et cela suffit ! Le Champion du monde l’emporte donc à la surprise générale et conserve son titre face à un Ventura fou de rage.
– Interviewé par Kal Rudman et Dick Graham, un Jesse Ventura rouge de colère est hors de lui et hurle sa rage, exigeant une revanche contre le Champion.
Petite pause ensuite qui fait office d’entracte, nous avons droit à une interview avec Ivan Putski et « Quickdraw » Rick McGraw ainsi qu’un classement des dix catcheurs les plus appréciés du public. Sur le plateau, Kal Rudman recevait donc « Polish Power » Ivan Putski. Le polonais est content d’être de retour mais est interrompu par le « Capitaine » Lou Albano qui dans son style atypique, admet admirer Putski malgré tout. Ce dernier revient sur son enfance en Pologne, une jeunesse tristement marquée par les camps de travail à la fin des années 1940. Mais il vit aujourd’hui dans ce beau pays libre que sont les États-Unis. Ben voyons. Rudman lui offre ensuite une saucisse polonaise et ce dernier semble plus heureux que jamais. De retour de la pause publicitaire, Dick Graham interviewait cette fois-ci « Quickdraw » Ricky McGraw. Lui aussi est de retour mais d’une blessure au cou et se dit désormais prêt à faire de son mieux sur le ring bien que l’exercice au micro ne soit pas son fort.
– Place à ce fameux classement ! Nous commençons en dixième position avec Rick Martel puis Pat Patterson, Jimmy Snuka, « Polish Power » Ivan Putski, « M. USA » Tony Atlas, Killer Khan, Greg « The Hammer » Valentine, Pedro Morales Jesse « The Body » Ventura et Adrian Adonis en numéro un, en plus bien-sûr du Champion du monde Bob Backlund.
MATCH 6 : « POLISH POWER » IVAN PUTSKI VS KILLER KHAN (06:33)
VAINQUEUR : IVAN PUTSKI
PRISE DE FINITION : POLISH HAMMER
INDICATEUR : **
Originaire de Cracovie en Pologne, Jósef Bednarski – de son vrai nom – incarne à merveille ce qu’on appelle le rêve américain. Émigré aux États-Unis dès son plus jeune âge, Jósef a pris de la masse et s’est intéressé à la lutte professionnelle. D’abord sur les rings du Texas, celui qui prit alors le nom d’Ivan Putski a ensuite rejoint les rings de l’AWA ou il est rapidement devenu l’un des babyfaces les plus appréciés de ce territoire. Tout aussi populaire sur les rings de la World Wrestling Federation, Ivan Putski signait ce soir son retour à l’occasion de cette soirée placée sous le signe de la « Polish Power » et se mesurait à Killer Khan.

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Toujours aussi trapu, Putski arbore ici un physique digne d’un culturiste. Et si Khan donne le ton avec un sale coup de genou dans l’abdomen Putski prends l’avantage psychologique en déposant Khan sur la troisième corde comme un bébé. Incontrôlable, Khan reprend le dessus avec un barrage de coups de pied et de poing ainsi qu’un gros Big Boot. Toutefois, Putski revient avec un surpassement et de gros coups de marteau dans le dos d’un Khan maintenant en difficulté. Il l’allume avec une série de coups de poing façon mitraillette mais Khan le couche avec un beau brise-dos. Putski se retire in-extremis de la descente du genou du mongol et en termine avec son Polish Power pour le plus grand bonheur de la foule.
– Au micro, Gary Cappetta nous annonce la carte du prochain événement qui aura lieu dans cette arène, le 20 mars prochain. José Estrada fera face à Davey O’Hannon. Le Baron Scicluna affrontera « The Unpredictable » Johnny Rodz. « Pretty Boy » Larry Sharpe se mesurera à Steve Travis. Dick « Bulldog » Brower fera son retour contre « Quickdraw » Ricky McGraw. Charlie Fulton sera de la partie et affrontera S.D Jones. Il y aura également du catch féminin, Velvet McIntyre et Princess Victoria se frotteront en effet à Wendi Richter et The Fabulous Moolah. Mr. Saito fera face à Rick Martel, tandis que Jesse « The Body » Ventura affrontera Tony Garea. L’autre moitié des Champions Tag Team – en la personne de Mr. Fuji – fera face à Ivan Putski. Nous aurons également droit à une revanche puisque Pedro Morales défendra à nouveau son titre contre Greg Valentine. Et le clou du spectacle verra Bob Backlund remettre sa ceinture en jeu contre Adrian Adonis.
MATCH 7 : « QUICKDRAW » RICK MCGRAW & STEVE TRAVIS VS « UNPREDICTABLE » JOHNNY RODZ & JOSÉ ESTRADA (11:58)
VAINQUEURS : AUCUN
PRISE DE FINITION : MATCH NUL
INDICATEUR : ** ¼
Ce sera un match à quatre pour clôturer ce programme. Dans l’un des coins, nous retrouvons l’un des duos les plus redoutés de ce territoire. Tous deux originaires de Brooklyn dans l’État de New York, José Estrada et « The Unpredictable » Johnny Rodz n’hésitent pas à contourner les règles à la moindre occasion. Ils se mesuraient ce soir à une toute fraîche association entre « Quickdraw » Rick McGraw et Steve Travis, deux jeunes lutteurs dont l’avenir semble tout tracé et qui reçoivent les acclamations de la foule.
Rodz et McGraw s’échangent quelque passe d’armes et ce dernier se retrouve assez vite dans le mauvais coin. Victime des sales tactiques de Rodz et Estrada – deux roublards qui trichent comme ils respirent – Ricky est mis en difficulté et isolé de son partenaire. L’arbitre Lou Super est aux fraises et ne notifie pas que les heels usent et abusent des règles, éloignant encore plus McGraw de son coin. Couché par une souplesse arrière, Ricky réussit néanmoins à passer le relais à Travis. Son hot tag sera toutefois de courte durée car Rodz et Estrada le pilonneront avec de gros coups de poing et de genou. La seconde partie du match est bien plus intéressante, Travis joue la carte de l’underdog mieux que McGraw et semble vraiment en détresse. Et encore une fois, les heels trichent de manière flagrante sans que l’arbitre ne fasse quoi que ce soit. Et en dehors du ring, ce pauvre Travis sera envoyé tête première dans la barrière métallique. En sang au niveau du nez, Travis dérouille mais son calvaire sera interrompu par le son de la cloche, signalant la fin de ce combat. Mais Rodz et Estrada n’en restent pas là pour autant et continuent de se battre. C’est désormais un pugilat auquel nous assistons. Et qui se conclura sur un match nul.
– Steve Travis et Rick McGraw se rendent auprès des commentateurs et dénoncent les sales tactiques de leurs adversaires. L’arbitre Lou Super les rejoint et confirme avoir fait tout le nécessaire en mettant fin à ce combat devenu ingérable. Mouais.
La World Wrestling Federation s’offre un beau programme pour sa venue au Spectrum de Philadelphie. Greg Valentine croise le fer avec Pedro Morales pour son titre de Champion Intercontinental, Bob Backlund défends son titre de Champion du monde poids-lourds face à Jesse « The Body » Ventura et plus encore !
– En ces temps, Pedro Morales et Greg « The Hammer » Valentine se livraient une guerre féroce autour du titre de Champion Intercontinental. À nouveau titulaire de cette ceinture depuis le mois de novembre après l’avoir regagnée contre Don Muraco, le portoricain semble s’être trouvé un farouche adversaire. Et si ce combat – qui s’est par ailleurs conclu sur une disqualification – n’est pas le plus grand de leurs affrontements, ce match eut le mérite d’être le plus violent de la soirée, un pur déferlement d’action qui fait toujours de l’effet sur le public. Une revanche est d’ores et déjà prévue et qui sait, peut-être qu’une stipulation sera cette fois-ci ajoutée afin de départager les deux hommes.
– Cette soirée était placée sous le signe de la « Polish Power ». S’inscrivant au milieu d’un période trouble pour la Pologne, entrée dans un état martial depuis la fin de l’année 1981, c’est donc tout naturellement en soutien au peuple polonais que cette soirée fut dédiée. Et quel meilleur représentant de la cause polonaise qu’Ivan Putski, qui marquait ce soir son retour en s’offrant une victoire nette et sans bavure face à Killer Khan. Certes, le polonais n’est plus vraiment dans la fleur de l’âge – et on a surtout vu meilleure performance de sa part – mais sa bonhommie contagieuse sait toujours ravir le cœur des foules.
– Quatre ans de règne, cela s’entretient mais la tâche est parfois difficile. À tout pile 1460 jours de règne, Bob Backlund domine toujours d’une main de maître les rangs de la World Wrestling Federation. Et lui trouver de nouveaux challengers est parfois chose ardue. Et c’est souvent dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confiture. Mais Jesse « The Body » Ventura n’est pas « Superstar » Billy Graham et cela s’est ressenti, bien qu’on a bien compris quel a fédération veuille plus ou moins reprendre la même formule qui a fait le succès de jadis. Attention toutefois, la prochaine défense de Backlund de titre aura lieu contre Adrian Adonis qui a été désigné pour être son challenger. Et au vu des récentes performances de ce dernier, la rencontre s’annonce d’ores et déjà passionnante.
Nathan Maingneur