CHAMPIONSHIP WRESTLING #59

CHAMPIONSHIP WRESTLING #59

25/04/1981

Championship Wrestling

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved

Vince McMahon et Pat Patterson sont nos hôtes habituels et nous accueillent dans l’enceinte du Agricultural Hall d’Allentown en Pennsylvanie pour une nouvelle édition de Championship Wrestling. Au programme de notre soirée : George « The Animal » Steele sera de la partie, de même que Mil Mascaras nous gratifiera d’une rare apparition et plus encore.

Joe McHugh s’occupe des introductions et nous rappelle que l’heure de catch proposée ce soir sera placée sous l’étroite juridiction de la Commission Athlétique de Pennsylvanie, présidée par J.J Binds et représentée en ringside par quelque-uns de ses officiels. Dr. George Zahorian siège en compagnie de Mike Mittman, notre gardien de la cloche. Les arbitres qui officieront ce soir sont messieurs Dick Kroll, Gilberto Roman, Danny Davis et Dick Woehrle.


MATCH 1 : PEDRO MORALES VS THE BLACK DEMON (04:35)

VAINQUEUR : PEDRO MORALES

PRISE DE FINITION : PETIT PAQUET

APPRÉCIATION : SOLIDE SQUASH DE PEDRO MORALES


Vêtu d’une grenouillère un peu ridicule et d’un masque de Luchador, celui qu’on appelle le Black Demon est le premier à nous être présenté ce soir. Ce jobber originaire de Porto-Rico se mesurait ce soir à l’un de ses compatriotes et peut-être le compétiteur portoricain le plus apprécié de l’histoire du catch. Originaire de l’île de Culebra dans l’archipel de Porto Rico, Pedro Morales rejoint le ring sous les acclamations et signe quelques autographes.

D’entrée de jeu, Pedro donne le ton avec une manœuvre acrobatique enchaînée avec un tour de hanches. Étonnamment, Morales se la joue un peu plus heel que d’habitude en tentant de retirer le masque du Demon. Le Champion Intercontinental déroule son catch jusqu’à ce que le Demon rétorque avec quelques coups de poing. Mais Pedro n’es pas du genre à se laisser impressionner et l’emporte en un peu moins de cinq minutes avec une sorte de petit paquet qui fera l’affaire pour le compte de trois.


MATCH 2 : « MR. USA » TONY ATLAS VS « BIG » RON SHAW (03:20)

VAINQUEUR : TONY ATLAS

PRISE DE FINITION : MILITARY PRESS SLAM

APPRÉCIATION : PETIT MATCH PLUS QUE CORRECT


Entraîné par Killer Kowalski, ce grand gaillard qui se fait appeler « Big » Ron Shaw est l’un des jobbers les plus réguliers de ce territoire. Son adversaire du soir retire sa robe de ring noire et dévoile un physique d’Apollon. Ancien culturiste et haltérophile de compétition, il s’agit de celui qu’on surnomme « M. USA » Tony Atlas, l’un des catcheurs les plus populaires de la World Wrestling Federation.

Atlas prend tout de suite le dessus avec un Side Headlock qui lui permet de rouler des mécaniques. Il balance ensuite Shaw à l’autre bout du ring avec un tour de hanches mais celui-ci réussit à le repousser dans l’un des coins. Là, Shaw commet l’erreur de vouloir lui cogner la tête contre la protection en mousse du coin mais Tony a la tête dure et rétorque avec des droites et des gauches. Cependant, Shaw persiste et réussit contre toute attente à le mettre en déroute, n’hésitant pas à l’étrangler entre les cordes. Mais Atlas ne se laisse pas faire et le hisse à bout de bras pour l’écraser au centre du ring avec un Military Press Slam impressionnant qui lui permet de l’emporter au compte de trois. 


MATCH 3 : ANGELO « KING KONG » MOSCA W/« CPT. » LOU ALBANO VS STEVE KING (04:24)

VAINQUEUR : ANGELO MOSCA

PRISE DE FINITION : BACKBREAKER

APPRÉCIATION : MOSCA EST PUSHÉ COMME LE PROCHAIN CHALLENGER HEEL


Passé des terrains de la CFL aux rings de catch professionnel, le turbulent Angelo « King Kong » Mosca a perpétué sa réputation de dur à cuire. Une notoriété qui fut acquise lorsqu’il était membre de la Canadian Football League et considéré comme le joueur le plus redoutable de toute la ligue. Babyface au Canada mais heel aux États-Unis, Angelo Mosca s’est rapidement entiché du « Capitaine » Lou Albano comme son manager et se frottait ce soir à Steve King, notre Saint-Patrons des jobbers.

Brute épaisse, Mosca s’impose avec de gros coups et un catch brut de décoffrage. Et ce pauvre Steve King ne peut pas faire grand-chose, si ce n’est de subir et de prier pour que son supplice ne dure pas trop longtemps. « King Kong » Mosca paraît toujours aussi stiff et projette King en dehors du ring. Là, Albano viendra ajouter son grain de sel sous le regard de l’arbitre. De retour entre les cordes, King se mange un Big Boot ainsi qu’un sale enfourchement. Mosca le prends ensuite dans ses bras pour lui éclater les vertèbres avec un brise-dos, maintenu en prise de soumission. La souffrance est terrible et King n’a d’autre option que de jeter l’éponge.


– Mosca n’en a pas terminé pour autant et continue de malmener ce pauvre garçon. Dominic DeNucci et S.D Jones interviennent vite mais seront dégagés en dehors du ring. Arrivent alors Tony Garea et Rick Martel mais eux aussi seront rapidement déboutés par Mosca qui s’en sort seul contre quatre. Le message envoyé est on-ne-peut-plus clair : quatre hommes ne suffisent pas pour stopper « King Kong » Mosca.


MATCH 4 : DOMINIC DENUCCI VS « PRETTY BOY » LARRY SHARPE (04:16)

VAINQUEUR : AUCUN

PRISE DE FINITION : DOUBLE COUNT OUT

INDICATEUR : * ½


Ancien lutteur amateur au sein de l’Université de Paulsboro dans le New Jersey, celui qu’on surnomme « Pretty Boy » Larry Sharpe a été repéré par Gorilla Monsoon, qui l’a initié au catch professionnel. D’abord sur les rings de la Stampede Wrestling de Calgary, Sharpe s’est ensuite déplacé du côté de la World Wrestling Federation pour un premier passage entre 1976 et 1977. De retour depuis 1979, Sharpe a aiguisé ses capacités en ayant passé du temps du côté de la WWC de Carlos Colõn. Sharpe se mesurait ce soir à un vétéran des rings en la personne de Dominic DeNucci, baroudeur et globe-trotteur du catch qui lutte depuis plus de vingt ans sur les rings du monde entier.

Chaud comme la braise à la suite de son échauffourée avec Angelo Mosca, l’italien a une furieuse envie d’en découdre. Mais le tempérament plus mesuré de son adversaire lui permet de ne pas perdre son sang froid. Fin technicien, Sharpe se concentre sur le bras de DeNucci mais celui-ci s’en sort avec une certaine habileté. Voyant que son adversaire n’outrepasse pas les règles, Dominic se garde d’envoyer le premier coup et préfère lui aussi rester dans les clous. Finalement, Dominic lui décoche un gros coup d’avant-bras qui le fera basculer par-dessus les cordes. La bagarre éclate alors en dehors du ring et l’arbitre Dick Woehrle, voyant qu’aucun des compétiteurs ne prête attention à son compte, fera sonner la cloche pour les disqualifier.


MATCH 5 : MIL MASCARAS VS CHRIS CANYON (02:36)

VAINQUEUR : MIL MASCARAS

PRISE DE FINITION : TOP ROPE FLYING CROSSBODY

APPRÉCIATION : SQUASH PLUTÔT EFFICACE DE MASCARAS


C’est la première surprise de notre soirée. Originaire de San Luis Potosì au Mexique, celui qu’on surnomme « L’homme au mille masques » est une légende vivante de la Lucha Libre. Avec El Santo et le Blue Demon, Mil Mascaras fait partie de ces Luchadors qui ont popularisé le style « Lucha Libre » à l’international, que ce soit sur les rings de catch ou au cinéma, car ces vedettes à part entière jouaient également dans de nombreux films. À nouveau de passage sur les rings de la World Wrestling Federation, Mil Mascaras rencontrait ce soir un défi de taille en la personne de Chris Canyon, un jeune King Kong Bundy seulement âgé de 24 ans qui a encore des cheveux et qui porte une grenouillère mauve.

Nullement impressionné par le gabarit de son adversaire, Mascaras n’éprouve absolument aucune difficulté à s’imposer dans ce match. Et lorsque Canyon envoie de gros coups de poing, Mascaras réplique avec une série de sauts chassés qui couchent le colosse. Ce dernier envoie quand même quelque coups de coude mais Mil Mascaras n’en a cure et en termine en moins de trois minutes avec un Flying Crossbody porté depuis le haut des cordes.


MATCH 6 : GEORGE « THE ANIMAL » STEELE W/« CLASSY » FREDDIE BLASSIE VS CHARLIE BROWN (02:03)

VAINQUEUR : GEORGE STEELE

PRISE DE FINITION : HAMMERLOCK

APPRÉCIATION : QUEL INCROYABLE SPECTACLE !


Et voici l’autre surprise de la soirée. Et non des moindres puisqu’il s’agit de George « The Animal » Steele. Accompagné en direction du ring par « Classy » Freddie Blassie, George Steele a commencé sa carrière à la fin des années 1960 et s’est entre autres mesuré aux Champions d’alors, Bruno Sammartino et Pedro Morales. De par son apparence sauvage, son dos hirsute recouvert de poils et sa langue verte toujours pendante, Steele a développé un personnage aussi intrigant qu’effrayant, bouffant à la moindre occasion le rembourrage de la protection des coins du ring. Après un passage au Japon, Steele est vraisemblablement de retour du côté de la World Wrestling Federation et se mesurait ce soir à Charlie Brown.

George Steele

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved

Steele fonce sur ce pauvre Brown comme un fou et enfonce ses canines dans son front. Il lui écrase ensuite le crâne à plusieurs reprises dans le coin, avant de dévorer son rembourrage – littéralement – en arrachant la mousse avec ses dents. Ce coin est désormais dénudé et Steele continue de lui pilonner la tête dedans. Il le hisse ensuite à bout de bras avec un Hammerlock et le laisse lourdement retomber sur le dos. Brown n’est pas en mesure de se dégager et offre la victoire à un George « The Animal » Steele déjanté qui s’empresse ensuite de courir après certains spectateurs.


MATCH 7 : TONY GAREA & RICK MARTEL VS « THE UNPREDICTABLE » JOHNNY RODZ & BARON MIKEL SCICLUNA (05:56)

VAINQUEURS : TONY GAREA & RICK MARTEL

PRISE DE FINITION : PETIT PAQUET

INDICATEUR : ** ¼


Nous enchaînons cette fois-ci avec un match à quatre. Sur le ring, le Baron Scicluna se tient aux côtés de « The Unpredictable » Johnny Rodz pour former une Tag Team de fins roublards. Avec ces deux là, espérons que monsieur l’arbitre soit sur ses gardes car les tricheries seront de rigueur. Leurs adversaires sont nos anciens Champions Tag Team déchus que sont Tony Garea et Rick Martel. Toujours aussi populaires, ce duo de choc effectue son entrée sous les acclamations de la foule.

Rodz et Scicluna n’attendent pas le son de la cloche et foncent sur les anciens Champions. Sauf que Martel et Garea sont également de bons bagarreurs et on commence ce match à la mode Tornado Tag. Lorsque l’ordre est enfin rétabli, Martel commence face à Rodz mais les heels prennent une longueur d’avance en l’isolant de son partenaire. Face à Rodz et ses coups de poing, Martel réponds à chacun de ses coups et le sèche avec un coup de coude – mention au selling toujours si exceptionnel de Johnny Rodz. Et lorsque le québécois réussit à faire entrer Garea, Rodz s’empresse d’aller chercher une chaise en bois en dehors du ring mais Rick Martel l’en empêche et lui cassera sur la tête ! Martel et Garea ont repris le dessus mais Rodz et Scicluna reprennent la main après que le Baron l’ait étranglé en utilisant la cordelette blanche du coin. Garea s’en sort malgré tout et passe le relais à un Martel chaud bouillant à l’idée d’en découdre. Les Champions enchaînent et l’emporteront grâce à un petit paquet qui fera l’affaire au terme d’un match qui n’a souffert d’aucun temps mort et porté par un public plutôt bruyant.


MATCH 8 : « THE MAGNIFICENT » DON MURACO W/GRAND WIZARD OF WRESTLING VS RICK STALLONE (02:58)

VAINQUEUR : DON MURACO

PRISE DE FINITION : TOP ROPE SPLASH

APPRÉCIATION : SOLIDE SQUASH DE MURACO


On termine ce programme avec notre huitième et dernier combat. Imaginez-vous : huit matches en quarante-cinq minutes d’antenne, impensable de nos jours ! Natif des plages radieuses de Sunset Beach à Hawaï, celui qu’on surnomme « The Magnificent » Muraco cache bien son jeu sous son apparence de surfeur décontracté et un brin narcisse. Car Muraco recèle en effet en lui une agressivité sans bornes qui lui a permis de faire forte impression depuis ses débuts à la World Wrestling Federation. Sous la tutelle du Grand Wizard of Wrestling, Muraco se mesurait ce soir à Rick Stallone.

Muraco s’impose d’entrée de jeu avec un Drop Toe Hold et continue d’affaiblir ce genou. Il maintient le pauvre Stallone au tapis et n’hésites pas à lui envoyer de sales coups de pied dans les côtes. Agressif, le « Magnificent One » lui rentre ensuite dedans avec de gros coups de genou tout en utilisant ce pouce exagérément bandé. Il le plante ensuite dans le ring avec un Tombstone Piledriver, une variation du marteau-pilon qu’on ne voit pas souvent. Muraco grimpe ensuite sur les cordes et s’élance pour un Splash qui aplatit complètement ce pauvre Stallone et qui lui permet de l’emporter au compte de trois.


Une plutôt solide édition de Championship Wrestling qui réussit tout de même l’exploit de caser huit matches en quarante-cinq minutes d’émission. Mil Mascaras effectue une rare apparition sur ce programme, George « The Animal » Steele est de retour et plus encore dans cet épisode de Championship Wrestling.

– Arrivé depuis peu sur ce territoire, Angelo Mosca n’a cessé d’accumuler les victoires tout en souhaitant se mesurer aux plus gros poissons de la promotion. Provoquant sans cesse Bob Backlund et Pedro Morales mais aussi Bruno Sammartino, Mosca a ce soir frappé fort en repoussant quatre hommes à la fois – dont Dominic DeNucci, Rick Martel et Tony Garea. L’objectif est on-ne-peut-pus clair : construire Mosca comme le prochain challenger de Backlund ou de Morales. Et difficile de faire plus convaincant qu’une brute que quatre hommes ne parviennent pas à stopper. Les Champions sont prévenus.

– C’est l’une des deux surprises de ce programme. Légende vivante de la Lucha Libre, Mil Mascaras signait ce soir une rare apparition. Ancien adversaire de « Superstar » Billy Graham lorsqu’il était Champion du monde, Mascaras est officiellement le premier lutteur masqué à avoir combattu au Madison Square Garden lorsque ce fut interdit. C’est donc toujours si intéressant de retrouver de telles figures du catch dans ces programmes qui tendent parfois à se ressembler.

– Continuons avec les surprises. L’autre inattendue de la soirée, c’est la présence d’un revenant en la personne de George « The Animal » Steele. Spécimen bizarroïde au comportement imprévisible, son style atypique entre les cordes est définitivement inimitable et continue de terroriser ses adversaires. Antagoniste historique de Bruno Sammartino et de Pedro Morales, espérons pour eux que Steele ne jette pas son dévolu sur eux. Et comme en 1971 lorsqu’ils s’étaient affrontés la première fois, Pedro Morales est encore Champion. Non plus Champion du monde – c’est désormais à Bob Backlund de porter cette charge – le portoricain est toutefois l’actuel Champion Intercontinental et exige sans cesse plus de compétition. Est-ce que ce ne serait pas là un signe ?

Nathan Maingneur

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