CHAMPIONSHIP WRESTLING #60
02/05/1981

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved
Vince McMahon et Pat Patterson sont nos hôtes habituels et nous accueillent comme toujours dans l’enceinte du Agricultural Hall d’Allentown en Pennsylvanie pour une nouvelle édition de Championship Wrestling. Au programme de notre soirée : du catch féminin en Tag Team ainsi que la présence des Moondogs, de George « The Animal » Steele, Tony Atlas et plus encore.
Joe McHugh s’occupe des introductions rituelles et nous rappelle que l’heure de catch qui nous est proposée ce soir est placée sous la juridiction de la Commission Athlétique de Pennsylvanie, présidée par J.J Binds et représentée en ringside par quelque-uns de ses officiels. Dr. George Zahorian siège en compagnie de Mike Mittman, notre gardien de la cloche. Et les arbitres qui officieront ce soir sont messieurs Dick Kroll, Gilberto Roman et Dick Woehrle.
MATCH 1 : THE MOONDOGS W/« CPT. » LOU ALBANO VS DOMINIC DENUCCI & « BIG» RON SHAW (08:07)
VAINQUEURS : THE MOONDOGS
PRISE DE FINITION : SPLASH
INDICATEUR : * ¼
Sur le ring, Dominic DeNucci se tient aux côtés de « Big » Ron Shaw pour former un tandem de circonstances. Encore une fois, on peut souligner l’abnégation de DeNucci qui ne cessera donc jamais d’essayer de vaincre les Moondogs et qui utilisera tous les moyens pour se faire. À noter que Ron Shaw, qui joue d’habitude le rôle de heel, apparaît ce soir dans une autre configuration. En effet, leurs adversaires sont encore plus détestés que lui et ce sont les Moondogs, toujours guidés en direction du ring par l’ignoble « Capitaine » Lou Albano. Rex et King ont perdu leurs os à mœlle et mâchouillent désormais le cuir de leurs ceintures.
Shaw engage timidement face à Rex mais se fait tout de suite calmer par une série de coups de genou dans l’abdomen. Et pendant que Rex l’étranglait dans les cordes, King ne se gêne pas pour lui envoyer de vilains coups de pied au visage. Contre King, Shaw ne fera guère mieux et face à ces méthode fallacieuses, DeNucci s’empare du marteau du gardien de la cloche et manque d’intervenir. Pendant ce temps, Rex concasse les vertèbres de Shaw avec un, puis deux brise-dos. Les Moondogs dominent radicalement et prennent tout leur temps – peut-être un peu trop au vu du sens pris par ce combat. Rex lui assène alors un Powerslam et passe le relais à King qui enfonce le clou avec un énorme Splash dont Shaw ne se serait de toute façon pas dégagé. Encore une fois, Dominic DeNucci ne rentrera même pas une seule fois sur le ring.
MATCH 2 : MIL MASCARAS VS PETE MITCHELL (03:56)
VAINQUEUR : MIL MASCARAS
PRISE DE FINITION : SUBMISSION HOLD
APPRÉCIATION : SQUASH PLUTÔT QUELCONQUE
Considéré comme l’égal d’El Santo ou du Blue Demon, Mil Mascaras est l’une des figures les plus influentes de l’histoire de la Lucha Libre. Célèbre pour avoir popularisé ce type de catch à l’international, Mascaras n’a jamais perdu son masque, une véritable tradition au Mexique. De passage sur les rings de la World Wrestling Federation, Mascaras nous gratifiait ce soir d’une rare apparition et se mesurait au jobber Pete Mitchell.
Comme un poisson dans l’eau, Mascaras n’a aucune difficulté à s’imposer face à un adversaire un peu gauche. Habituellement plutôt voltigeur, Mascaras fait ce soir preuve d’une certaine technicité. Il sait également utiliser ses poings, comme en témoigne cette série de droites portée façon mitraillette. Un compte de trois qui aurait sans doute du signifier la fin du match est botché et le combat continue donc. Mascaras enchaîne avec un Flying Hammer et en termine en l’espace de quatre minutes grâce à une prise de soumission originale, une sorte de Abdominal Stretch modifiée qui ressemble davantage à un Dragon Sleeper.
MATCH 3 : « MR. USA » TONY ATLAS VS CHRIS CANYON (05:51)
VAINQUEUR : TONY ATLAS
PRISE DE FINITION : MILITARY PRESS SLAM
APPRÉCIATION : QUELLE FORCE !
Originaire d’Atlantic City dans le New Jersey, le jeune Christopher Pallies est une force de la nature. Entraîné par « Pretty Boy » Larry Sharpe, Canyon catche depuis peu et fait déjà preuve d’une certaine maturité entre les cordes. Vêtu d’une grenouillère mauve – et avec des cheveux – le futur King Kong Bundy se mesurait ce soir à « M. USA » Tony Atlas, dont le physique ne cessera jamais de nous impressionner.
Prudent, Atlas commence avec une torsion du poignet transformée en clé de bras. Aux commentaires, Vince se demande si Canyon ne ferait pas plus d’un mètre de large – un brin d’exagération même si c’est un beau bébé. Ce dernier revient avec une série de coups de poing et accule même Atlas dans l’un des coins. Canyon poursuit également avec une torsion du poignet. Atlas se redonne du poil de bête et se met en tête l’idée saugrenue de soulever Canyon. Et alors qu’on pensait que ce serait impossible, Atlas y parvient et le hisse à bout de bras avec un Military Press Slam tonitruant. Tony enchaîne avec un coup de tête et l’emporte avec un Splash au terme d’un combat moyen, cependant relevé par cette prise de force impressionnante.
MATCH 4 : JILL FONTAINE & SUZETTE FERRERA VS THE FABULOUS MOOLAH & LEILANI KAI (09:08)
VAINQUEURS : THE FABULOUS MOOLAH & LEILANI KAI
PRISE DE FINITION : FLAPJACK
INDICATEUR : ** ½
Ce n’est pas fréquent que nous ayons du catch féminin – alors encore moins en Tag Team. Dans l’un des coins, une première équipe se compose de Jill Fontaine et de Suzette Ferrera, originaire d’Honolulu à Hawaï. Ces lutteuses ont ont été entraînées par Mary Lillian Ellison, plus connue sous le nom de The Fabulous Moolah. Et c’est cette même Moolah que l’on retrouve contre elles en compagnie de Leilani Kai. Ancienne dame de ring de Buddy Rogers, Moolah a été la Championne féminine de 1956 à 1984, soit un règne de près de 28 ans, un chiffre à toutefois relativiser compte-tenu du manque de compétition féminine à cette époque.

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Moolah est une saleté et nous le rappelle immédiatement en étranglant Ferrera avec son blouson. En terme d’agressivité, Kai n’est pas en reste mais Jill Fontaine viendra remettre les pendules à l’heure avec une série de planchettes japonaises et de sauts chassés. Mauvaise comme la peste, Moolah étrangle et cogne comme un homme et sans faire preuve d’une once d’élégance – bien que ce ne sont pas des critères qu’on attends de la part de ces femmes. On a droit à des séquences lors desquelles les quatres lutteuses sont sur le ring en même temps. Elles s’entremêlent ainsi les jambes dans les cordes et – en voulant aider Moolah à s’en défaire – l’arbitre Dick Kroll s’y emmêle aussi les pattes. Moolah et Kai reprennent un temps l’avantage mais, sur une tentative de tombé, Kai et Ferrara roulent sur l’arbitre, qui passe définitivement un agréable moment. Fontaine et Ferrera projettent ensuite Kai dans Moolah à plusieurs reprises dans l’un des coins. Finalement – et au terme d’une exhibition plutôt intéressante de la part de ces dames – c’est bien Moolah et Leilani Kai qui l’emportent grâce à une sorte de Flapjack de Moolah porté sur Suzette Ferrara.
MATCH 5 : GEORGE « THE ANIMAL » STEELE W/« CLASSY » FREDDIE BLASSIE VS TERRY GUNN (02:59)
VAINQUEUR : GEORGE STEELE
PRISE DE FINITION : HAMMERLOCK
APPRÉCIATION : SQUASH TOUJOURS AUSSI DÉRANGEANT
On conclut l’émission avec l’un des spécimens les plus étranges de la World Wrestling Federation. Originaire de Détroit dans le Michigan, George « The Animal » Steele est poilu comme un singe et a toujours la langue pendue. S’affichant aux côtés de son manager, en la personne de « Classy » Freddie Blassie, Steele se mesurait ce soir à Terry Gunn, tout de vert vêtu comme un bon irlandais.
Steele n’attends pas le son de la cloche et se jette sauvagement sur ce pauvre Gunn. Il lui enfonce ses canines dans le front alors que Blassie distrait l’arbitre. Dégagé en dehors du ring, Gunn n’a même pas eu le temps de retirer son blouson. Steele le ramène alors de force sur le ring et lui assène une terrible prise de soumission. Le faisant basculer par-dessus les cordes, il lui tient la jambe et lui applique un sorte de Single Leg Boston Crab. Steele peut désormais s’adonner à son plaisir favori : dévorer la protection en mousse du coin. Sans surprises, Steele en termine en trois minutes avec un Hammerlock mais n’est pas rassasié pour autant et continue de s’en prendre à ce pauvre type.
Une édition plutôt convenue de Championship Wrestling, toutefois relevée par un agréable match féminin en Tag Team – ce qui est suffisamment rare pour être souligné et valorisé. En plus de cela, Tony Atlas soulève King Kong Bundy à bout de bras, George « The Animal » Steele est de la partie, de même que Mil Mascaras et plus encore.
– On peut ne pas aimer Tony Atlas (bien que je ne comprendrais pas) mais on ne peut pas nier que ce gars là possédait une force exceptionnelle. Son physique d’Apollon c’est une chose, mais derrière ce corps taillé dans du marbre se cache une puissance herculéenne. Peu de lutteurs peuvent se targuer d’avoir ne serait-ce que décollé King Kong Bundy du sol. Lui l’a soulevé à bout de bras sans aucune difficulté pour l’abattre au centre du ring avec un Military Press Slam. Machine de guerre.
– Impossible de ne pas mentionner ce match de catch féminin auquel nous avons eu droit ce soir. C’est déjà suffisamment rare d’avoir des femmes à l’affiche, alors en plus en Tag Team. Si l’opposition est plutôt classique, c’est les gentilles filles contre les vilaines garces, les quatre femmes ont tiré parti de chaque seconde du temps d’antenne qui leur a été alloué pour faire étalage de leurs capacités. Et on se retrouve avec une jolie exhibition du talent de ces quatre catcheuses qui nous ont offert un combat rythmé, disputé mais aussi très divertissant. Merci mesdames.
Nathan Maingneur