WORLD WRESTLING FEDERATION
PHILADELPHIA SPECTRUM #12
31/08/1982

Philadelphia Spectrum
On braque souvent les projecteurs sur le Madison Square Garden de New York City, considéré (et à juste titre) comme la Mecque du catch nord-américain. Toutefois, d’autres arènes en Amérique du Nord portent le même prestige et ont accueilli nombre d’affrontements mythiques. C’est le cas du Sportatorium de Dallas, mais aussi du Boston Garden ou encore du Spectrum de Philadelphie en Pennsylvanie. Selon les chiffres officiels, près de 11500 personnes se massaient ce soir dans les gradins de cette salle légendaire.
Kal Rudman et Dick Graham seront nos commentateurs et nous présentent la carte de ce programme. Bob Backlund défends son titre contre Jimmy « Superfly » Snuka, Blackjack Mulligan se mesure à André le Géant et Chief Jay & Jules Strongbow défient les Champions Tag Team.
En ce mois de juillet 1982, les cinémas du monde entier plongent dans le genre SF avec la sortie de « Tron » film de science-fiction américain réalisé par Steven Lisberger. Le film est une plongée dans un monde virtuel et informatique, ainsi que de l’intelligence artificielle, alors que la souris à boule faisait à peine ses débuts. Film culte pour les amateurs de SF, Tron aura droit à une suite en 2010 puis en 2025.
MATCH 1 : STEVE TRAVIS VS TONY GAREA (10:26)
VAINQUEUR : AUCUN
PRISE DE FINITION : DÉCISION DE L’ARBITRE
INDICATEUR : ** ½
On commence avec une très belle affiche. Gary Cappetta se charge des présentations habituelles alors que les deux lutteurs se trouvent déjà sur le ring. Originaire de la petite ville de Charlottesville en Virginie, Steve Travis effectué ses débuts en 1978 et avait été nommé « débutant de l’année » en 1979. Aujourd’hui de pair avec « Quickdraw » Rick McGraw au sein de la Carolina Connection, Travis se frottait ce soir à un compétiteur aguerri en la personne de Tony Garea, natif de Nouvelle-Zélande.
La rencontre oppose deux babyfaces, ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Travis prends le premier avantage, mais Garea ne se laisse pas faire et rétorque avec une série de Armdrags qui le forcent à reprendre ses esprits en dehors du ring. Lorsque celui-ci remonte entre les cordes, Garea lui serre la main, un beau geste qui atteste du respect mutuel qu’entretiennent les deux lutteurs. Travis garde globalement le dessus, bloquant Garea au tapis avec un Side Headlock solidement maintenu. Et on a droit à de belles séquences de catch, qui s’enchaînent à un rythme plutôt soutenu. Garea manque de l’emporter à la suite d’une Vertical Suplex mais les pieds de Travis sont dans les cordes. C’est au tour de Travis de porter une souplesse arrière à Garea, mais celui-ci s’en dégage au compte de deux. Pris en position de Full Nelson, Garea s’aide des cordes pour basculer en arrière, retombant de tout son poids sur Travis. L’arbitre compte trois et il semblerait que les épaules des deux hommes étaient rivées au sol. Finalement, nous apprendrons que c’est Tony Garea qui a remporté ce match, mais qu’en raison des conditions plutôt discutables de cette victoire, celui-ci refuse de l’emporter. Le combat sera donc un match nul…. Il fallait relancer la rencontre !
– On marque une première pause publicitaire, l’occasion pour PRISM Network de diffuser un petit replay et de nous passer la bande-annonce de « Death Hunt » (1981), film d’action américain réalisé par Peter Hunt et dans lequel Charles Bronson joue le rôle d’un trappeur, traqué par des chasseurs de prime.
MATCH 2 : THE FABULOUS MOOLAH & LELANI KAI VS PEGGY LEE & VIVIAN ST. JOHN (09:47)
VAINQUEURS : THE FABULOUS MOOLAH & LEILANI KAI
PRISE DE FINITION : PETIT PAQUET
INDICATEUR : ** ¼
La première équipe à être présentée ici se compose de Peggy Lee et de Vivian St. John. La première est native de Reynolds en Géorgie et a commencé le catch en 1980. Elle eut une longue carrière qui durera jusqu’au début des années 2010. Comme nombre de catcheuses de cette époque, la seconde fut entraînée par The Fabulous Moolah et prit sa retraite en 1986 lorsqu’elle donna naissance à sa fille. Leurs adversaires sont une paire de dures à cuire. On y retrouve Leilani Kai, l’une des protégées de Moolah, accompagnée par la marâtre, toujours Championne du monde des femmes depuis 1956, au caractère bien trempé. Vous l’aurez compris, je parle de bien-sûr de The Fabulous Moolah.
Alors qu’elles retiraient leurs blousons, on comprends déjà que le ton du combat sera de l’ordre du comique. En atteste cette courte séquence où monsieur l’arbitre fait mine de donner la fessée à Moolah ! Cette dernière triche allègrement, ce qui permet à Kai d’en profiter pour prendre l’avantage. Peggy et St. John reprennent la main en envoyant Leilani directement dans Moolah, alors accrochée dans le coin. Et lorsque l’arbitre essaie de l’en extirper, elles la projettent de nouveau, mais cette fois-ci dans les fesses de monsieur l’arbitre ! Moolah est agressive et semble même un peu stiff, ses coups ont en effet l’air de faire mal. Accroupi pour faire le compte, l’arbitre se retrouvera enseveli sous une pile de corps. Et en se relevant, on se rends compte que son pantalon a été déboutonné, monsieur l’arbitre devant honteusement remonter sa braguette devant tout le monde ! Lee et St. John enchaînent avec quelques doubles manœuvres plutôt inventives. St. John poursuit avec une série de planchettes japonaises mais, alors qu’elle se cognait avec Moolah, son pied est retenu par Kai. Elle essaie alors de porter un enfourchement sur Moolah, mais cette dernière le contre et l’enroule en petit paquet, ce qui suffit pour le compte de trois. Les quatre femmes n’en resteront pas là et continuent de se bagarrer jusqu’aux vestiaires.
– On nous diffuse désormais la bande-annonce du film « The Secret of Seagull Island » un film d’horreur britannique sorti en 1982 dans lequel l’héroïne se retrouve à enquêter sur une île infestée de mouettes. Sacrée synopsis…
MATCH 3 : SALVATORE BELLOMO VS PETE SANCHEZ (11:12)
VAINQUEUR : SALVATORE BELLOMO
PRISE DE FINITION : SUNSET FLIP
INDICATEUR : **
Après avoir fait ses armes en Allemagne, en Autriche et en Angleterre du côté de la World of Sport, le jeune Salvatore Bellomo est allé catcher au Mexique, à Guadalajara et Mexico City, pour la CMLL. En Amérique du Nord, ce jeune catcheur belge a lutté un peu partout et a apparemment été recommandé en personne par « High Chief » Peter Maivia qui le voyait comme le digne remplaçant de Bruno Sammartino, rien que ça ! Présent depuis un mois sur ce territoire, Bellomo se mesurait ce soir à Pete Sanchez.
Débonnaire, Bellomo s’éclate face à Sanchez et nous offre une exhibition de catch made in Europe. On assiste en effet à tout sauf à un match de catch à l’américaine. C’est une démonstration technique des capacités de Bellomo. On y retrouve la technicité du « Catch as Catch Can » britannique alliée à la légèreté du catch français d’après-guerre – ainsi que quelques manœuvres de Lucha Libre. Dans ce registre, force est de constater que Sanchez sait se défendre – et même tenir tête à Bellomo. Sourire aux lèvres, ce dernier semble bien s’amuser, mais niveau charisme, on repassera – surtout si l’objectif est de remplacer Sammartino. Au bout d’un moment, ce côté démonstration a même tendance à devenir agaçant. Projeté en direction du coin, Bellomo s’envole avec un Flying Crossbody et recouvre Sanchez. Un petit cafouillage arbitral sèmera légèrement la confusion mais finalement, Bellomo l’emporte à la suite d’un Sunset Flip, concluant en serrant son partenaire de jeu dans ses bras.
– PRISM Network nous passe maintenant la bande-annonce du film « Eye of the Needle » (1981), réalisé par Richard Marquant, et d’après le roman de Ken Follett, dans lequel Donald Sutherland joue le rôle d’un espion allemand infiltré en Angleterre dans les années 1940.
MATCH 4 : WWF WORLD TAG TEAM TITLES MATCH : MR. FUJI & MR. SAITO © VS CHIEF JAY STRONGBOW & JULES STRONGBOW (10:49)
VAINQUEURS : MR. FUJI & MR. SAITO
PRISE DE FINITION : DOUBLE KNIFE EDGE CHOP
INDICATEUR : ** ¼
Devenus Champions Tag Team en octobre 1981 à la suite d’une victoire face à Tony Garea et Rick Martel, Mr. Fuji et Mr. Saito se sont attiré les foudres d’une équipe nouvellement formée en début d’année 1982. Coiffes de plumes, danses de guerre et tomahawks acérés, Chief Jay et Jules Strongbow ne sont pas liés mais forment une redoutable association. Pas plus tard que le 28 juin dernier ces derniers ont remporté les titres au Madison Square Garden – ceintures perdues dans la foulée contre ces même Fuji et Saito lors d’une récente édition de Championship Wrestling. Ils s’affrontent donc ce soir une troisième fois – et au vu de l’attitude on-ne-peut-plus sérieuse des challengers, la rencontre s’annonce d’ores et déjà mouvementée. D’autant plus que ces derniers entament d’entrée de jeu une danse guerrière.
Sans transition, les challengers dégagent les japonais en dehors du ring et la situation est déjà chaotique. Très mauvais début de match pour les Champions qui se font dominer de bout en bout par le clan Strongbow. Fuji essaie d’utiliser son sel mais Chief Jay lui renvoie dans les yeux ! Affaibli au genou, Saito ne peut pas faire grand-chose, son partenaire est quant à lui aveuglé. Bien que très populaire le catch des amérindiens est plutôt sommaire et se repose essentiellement sur des coups de pied et des atémi. Rien ne fonctionne, Fuji et Saito n’y arrivent pas et sont peut-être en train de perdre la face. Profitant du manques de jugeote de monsieur l’arbitre, le clan Strongbow ne se gênent pas pour contourner les règles à leur avantage, ce que font d’habitude les japonais qui ne se gênent pas non plus. Un peu léthargique, Fuji se heurte à la danse guerrière de Chief Jay, qui ne sent plus rien. Les quatre hommes se retrouvent alors sur le rings en même temps et, alors qu’ils ont été malmenés jusqu’ici, Fuji et Saito tirent leur épingle du jeu en profitant d’un rare distraction de l’arbitre. Celui-ci reconduisant Chief Jay dans son coin, Fuji en profite pour envoyer un Double Knife Edge Chop, directement dans la gorge de Jules. Incapable de respirer, celui ci ne se relève pas du compte de l’arbitre, Fuji et Saito s’en sortent injustement, sous une broncha de la foule de Philadelphie.
– Un peu de sport sur PRISM Network. D’abord en baseball les Phillies de Philadelphie se frotteront aux Expos de Montréal ainsi qu’aux Pirates de Pittsburgh.
MATCH 5 : WWF WORLD HEAVYWEIGHT TITLE MATCH : BOB BACKLUND W/ARNOLD SKAALAND VS JIMMY « SUPERFLY » SNUKA W/« CPT. » LOU ALBANO (21:06)
VAINQUEUR : AUCUN
PRISE DE FINITION : DOUBLE DISQUALIFICATION
INDICATEUR : ** ¾
C’est l’heure de notre main-event. Originaire de îles Fidji, Jimmy « Superfly » Snuka est un sensation, au sens premier du terme. On entend même que la réaction de la foule est plus mitigée que d’habitude quelque acclamations se font entendre et relèvent de la popularité en devenir de Snuka. Et ce n’est pas la première fois que ce dernier affronte le Champion du monde. Quelques semaines auparavant, Snuka avait même décroché une victoires par « Count Out » au Madison Square Garden. Son adversaire le vaillant Bob Backlund, arrive accompagné par Arnold Skaaland, son fidèle conseiller et mentor. Et cette fois, Backlund est reçu par quelques huées qui inversent légèrement le rapport de force.
Il y a de la tension dans l’air et on le ressent dans ce Philadelphia Spectrum chargé à bloc Les premiers échanges sont plutôt prudents, on sent qu’une réticence est à l’œuvre dans les deux côtés. Frustré par la présence pourtant pacifique de Skaaland en dehors du ring, Snuka repart longuement en direction du vestiaire et revient accompagné du « Capitaine » Lou Albano, chemise ouverte et fumant le cigare. Et ni une ni deux, Albano s’illustre déjà en retenant les jambes de Backlund, qui chute à plusieurs reprise. Petit point sur la forme physique de Snuka, qui arbore une musculature hallucinante. Pour ce qui est du combat, c’est plutôt plat, Snuka maintient Backlund au sol avec une clé de bras interminable, mais c’est sans doute pour que la foule de Philadelphie ne prennent pas trop le parti de Snuka, déjà plus plébiscité que le Champion. Mais cela reste dommage, surtout lorsqu’on sait de quoi sont capables ces deux athlètes. Les dernières minutes sont déjà plus intéressantes, Snuka se dégage d’un Piledriver et relèvera in-extremis son épaule d’une Back Suplex. Et là, alors qu’ils se répondaient coups pour coups, la fatigue commençant à s’installer, Bob Backlund dégaine son Crossface Chickenwing, sa fameuse de prise de soumission qui le suivra jusqu’à la fin de sa carrière. En perdition, Snuka pose un genou à terre, mais dans le dos du Champion, Albano s’apprête à s’en prendre à lui quand Arnold Skaaland décide alors de ne pas le laisser faire, provoquant l’arrêt du combat. Albano et Snuka sont rejoint par les Destroyers, alors que Salvatore Bellomo vole au secours de Backlund et Skaaland au terme d’une séquence chaotique qui conclut un match qui aurait pu être meilleur.
MATCH 6 : BLACKJACK MULLIGAN VS ANDRÉ LE GÉANT (09:16)
VAINQUEUR : ANDRÉ LE GÉANT
PRISE DE FINITION : COUNT OUT
INDICATEUR : ** ½
Échouant face à Bob Backlund pour son titre de Champion du monde, Blackjack Mulligan avait toutefois l’esprit ailleurs. Depuis son retour l’ancien partenaire de Lanza en a en effet après André le Géant, qu’il considère comme un géant de pacotille, et que lui sera le seul et unique géant de la promotion. Unanimement sifflée par le public du Spectrum, Mulligan harangue la foule, alors que son adversaire se fraye tant bien que mal un chemins dans la fine travée qui sépare le ring des vestiaire. Du haut de ses 2,24m de hauteur pour près de 240kg à la pesée, André est l’attraction numéro un des territoires et compte bien fermer le clapet de Mulligan !
Ce n’est pas tous les jours que Mulligan affronte un adversaire d’une tête de plus que lui. Et ces premiers échanges, entièrement à l’avantage d’André, ne seront pas en sa faveurs. André s’accroche autour de lui en prise de l’ours mais Mulligan est un bagarreur et revient avec de gros coups de poing. Utilisant sa main gantée, Blackjack parvient à lui porter sa Clawhold et réussit même à l’emmener au tapis, manquant de l’emporter à deux reprises. En très mauvaise posture, André subit la pression exercée par la mains de Mulligan, alors que le public donne de la voix pour réveiller le géant. Et aux moyens désespérés, solution désespérée, André s’en sort en mordant la main de Mulligan et lui arrache son gant. Sans son arme de prédilection Mulligan est désormais à la merci d’André qui peut dérouler son catch. Mulligan se sort in-extremis d’un Splash et roule en dehors du ring. Sauf qu’André le pourchasse, poursuivant le match de plus belle. Empêché par André de remonter entre les corde, Mulligan sera finalement compté à l’extérieur du ring, ce qui permet à André de l’emporter, sur le fil du rasoir. Mulligan bouillonne de rage, pas tant pour sa défaite, mais surtout parce qu’André s’est emparé de son gant qu’il déforme naturellement en essayant de l’enfiler sur l’une de ses grosses paluches.
– Petite entracte, le temps pour PRISM Network de nous dévoiler un classement des films actuellement diffusés sur cette chaîne. De retour en studios, Kal Rudman accueillait cette fois-ci Bob Backlund pour une petite interview. On remarque que c’est pas son point fort, Backlund se contentant de répondre aux questions de manière plutôt timide.
MATCH 7 : « COWBOY » BOB ORTON JR. W/THE GRAND WIZARD OF WRESTLING VS « POLISH POWER » IVAN PUTSKI (02:14)
VAINQUEUR : IVAN PUTSKI
PRISE DE FINITION : LOW BLOW
INDICATEUR : * ¼
De retour au Spectrum, voici que le Grand Wizard of Wrestling se tient debout sur le ring, en train d’haranguer la foule. À ses côtés, celui qui semble être devenu son protégé, en la personne de « Cowboy » Bob Orton Jr, récemment auteur d’un superbe performance face à Bob Backlund. Orton se frottes ce soir à « Polish Power » Ivan Putski et, sous les ordres du grand sorcier, l’agresse au moment de passer entre les cordes.
Profitant de cet avantages, Orton se déchaîne, massacrant le polonais avec des coups de pied et de coude. En difficulté, car pris de court par la brutalité de son adversaire, Putski titube, pose un genou à terre, mais revient en force avec des coups de poing dont lui seul a le secret. Il l’enchaîne avec la rapidité d’une mitraillettes et l’envoie valdinguer dans l’un des coins. Orton se réceptionne mal, et retombe alors malencontreusement, entrejambes la première, sur le tendeur métallique. Dans cette bien fâcheuse posture, Orton Jr. chante l’angélus. Putski en profite, l’alignes avec une droite du tonnerre, et le recouvre alors pour le tombé. L’arbitre compte trois, mais ne remarques pas que le pied d’Orton était dans les cordes. Déception assurée pour Bob Orton Jr, qui se retrouve à perdre comme un jobber, quelques semaines après avoir offert le potentiel match de l’année. Incompréhensible !
– La prochaine bande-annonce à nous être diffusée par PRISM Network est celle du films « Tarzan, the Ape Man » (1981), réalisé par John Derek et dans lequel joue entre autres Bo Derek dans le rôle de Jane, et Richard Harris sous les traits de Tarzan. Une bien mauvaise interprétation des aventures de l’enfant sauvage qui sera largement critiqué à sa sortie en salles.
MATCH 8 : WWF INTERCONTINENTAL TITLE MATCH : PEDRO MORALES VS SWEDE HANSON (01:33)
VAINQUEUR : PEDRO MORALES
PRISE DE FINITION : SUNSET FLIP
INDICATEUR : ½ *
Éternel redneck et baroudeur du Bayou Swede Hanson trépigne d’impatience en s’agitant sur la corde du milieu, en attendant l’arrivée de son adversaire. Ce vétéran des ring est un vieux de la vieille qui catche depuis le milieu des années 1950. Ancien membre des Blond Bombers avec Rip Hawk, Hanson n’est plus très proche de la retraite, mais ne crache pas sur un titre de plus. Il a en effet ce soir l’occasion de défier le Champions Intercontinental, en la personne de Pedro Morales qui effectue son entrée sous les acclamations du public de Philadelphie.
D’entrée de jeu, on notifie que Pedro Morales porte un bandage au niveau de l’abdomen, apparemment une blessure aux côtés subies lors d’une récente édition de Championship Wrestling. Logiquement, Hanson profite de cette faiblesse et lui arrache son bandage. Il le malmène alors quelques secondes durant, lui enfonçant notamment ses genoux dans ces côtes fragilisées. Projeté dans l’un des coins, Morales déguste, mais a toutefois la lucidité de contrer une charge d’Hanson, l’enroulant avec un Sunset Flip pour le compte de trois, en à peine plus d’une minute trente.
– Gary Cappetta nous annonce ensuite la carte du prochain show de la WWF qui aura lieu au Spectrum le 18 septembre prochain. Charlie Fulton se frottera à Pete Sanchez, Johnny Rodz et José Estrada feront face à Tony Garea et Steve Travis. Une revanches, entre d’un côté « Cowboy » Bob Orton et Pat Patterson, qui lacera à nouveau les botte. Nous aurons droit à un match à six entre d’un côté, Mr. Fuji et Mr. Saito accompagnés de Joe Thunder. Leurs adversaires, Chief Jay et Jules Strongbow, ainsi qu’André le Géant. Pedro Morales défendra son titre de Champion Intercontinental contre un nouveau venu, en la personnes de « Playboy » Buddy Rose. Et dans le main-event, Bob Backlund défendra à nouveau le titre de Champion du monde contre Jimmy « Superfly » Snuka, avec S.D Jones en arbitre invité spécial.
MATCH 9 : « POLISH POWER » IVAN PUTSKI W/S.D JONES VS THE DEMON #2 W/THE DEMON #1 (01:36)
VAINQUEUR : IVAN PUTSKI
PRISE DE FINITION : POLISH HAMMER
INDICATEUR : ¾ *
Petit changement de programme ! « M. USA » Tony Atlas était censé être de la partie aux côtés de S.D Jones, pour faire face à l’un des Black Demons que nous avons aperçu tout à l’heure. Remettant le couvert pour son second match de la soirée c’est « Polish Power » Ivan Putski qui le remplace au pied levé. Et sous le masque d’un des Demons nous avons reconnu la silhouette du Baron Scicluna. Mais ce n’est pas lui qui prendra le relais laissant ce mérite à son partenaire. Sous ce masque, nul autre que Charlie Fulton, qu’on retrouvait habituellement lors de ces programmes.
Rien de bien exceptionnel, Putski essuie quelques coups de poing du Demon tout de noir vêtu. Ce dernier ressemble d’ailleurs au Bourreau de Béthune, ce sombre personnage qui a fait la vie dure à l’Ange Blanc, dans le catch français de l’après-guerre. Sans problèmes, Putski l’emporte en un peu plus d’une minute trente avec son Polish Hammer une histoire de formalités.
Bon, ce n’est clairement pas la meilleure cuvée de la WWF au Philadelphia Spectrum que nous avons pu voir jusqu’ici. Bob Backlund cabotine face à Jimmy Snuka, Pedro Morales défend son titre lors d’une farce, André le Géant et Blackjack Mulligan sont la seule vraies attraction de ce programme, et plus encore !
– L’affrontement entre les deux titans, que sont André le Géant et Blackjack Mulligan, aura tenu sa promesse celle d’être un authentique divertissement. Deux géants qui s’affrontent est un concept qui divertira toujours les foules, et ce combat ne fut pas une exception. Le conflit semble cependant loin d’être terminé, André devant se contenter d’une victoire par décompte à l’extérieur, mais avec le gant de Mulligan ce que dernier voudra certainement récupérer.
– La rivalité est loin d’être terminée. On pensait enfin être débarrassés de Fuji et Saito, à la suite de la perte de leurs titres c’était le mois dernier au Madison Square Garden. Mais les japonais, toujours managés par l’ignoble Lou Albano ont toujours plus d’un tour dans leur sac et ont récupéré leurs ceintures, non sans controverse, lors d’une récente émission de Championship Wrestling. À nouveau défié sur le ring du Spectrum, les Champions ont été malmenés comme jamais et ont à nouveau failli laisser leurs titres à nouveau. C’était sans compter sur la roublardise et l’expérience des japonais qui leur ont permis de s’en tirer de justesse. Le prochain, et sans doute ultime affrontement devrait être le dernier.
– La guerre qui oppose Jimmy « Superfly » Snuka à Bob Backlund n’aura pas connue son point d’orgue ce soir et continuera donc vraisemblablement dans les prochaines semaine. Toutefois, le conflit prit une tournure plutôt fâcheuse l’implication des managers respectifs que sont Arnold Skaaland et le « Capitaine » Lou Albano. Si la situation a pu sembler hors de contrôle, il y a fort à parier qu’un ultime affrontement soit programmé à l’avenir afin de départager les deux hommes, une bonne fois pour toutes. Et pourquoi pas un combat en cage, qui empêcherait toute intervention ?
Nathan Maingneur