CHAMPIONSHIP WRESTLING #57

CHAMPIONSHIP WRESTLING #57

04/04/1981

Championship Wrestling

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved

Vince McMahon et Pat Patterson sont nos hôtes habituels et nous accueillent encore une fois dans l’enceinte du Agricultural Hall d’Allentown en Pennsylvanie pour une nouvelle édition de Championship Wrestling. Au programme de notre soirée : nos Champions Tag Team – que sont Tony Garea et Rick Martel – défendent leurs ceintures contre les Moondogs de Lou Albano dans notre main-event, plus la présence d’André le Géant et plus encore.

Joe McHugh s’occupe des introductions et nous rappelle que l’heure de catch proposée ce soir sera placée sous l’étroite juridiction de la Commission Athlétique de Pennsylvanie, présidée par J.J Binds et représentée en ringside par quelque-uns de ses officiels. Dr. George Zahorian siège en compagnie de Mike Mittman, notre gardien de la cloche. Et les arbitres qui officieront ce soir sont messieurs Freddy Sparta, Danny Davis et Dick Woehrle.


MATCH 1 : BARON MIKEL SCICLUNA VS ANGELO GOMEZ (04:23)

VAINQUEUR : BARON MIKEL SCICLUNA

PRISE DE FINITION : DESCENTE DU GENOU

APPRÉCIATION : MATCH PLUTÔT MOYEN À TOUS LES NIVEAUX


Originaire de l’île de Malte, le Baron Scicluna est – à son âge vénérable de 52 ans – l’un des compétiteurs les plus expérimentés de la promotion. Vétéran des rings endurcis, Scicluna a acquis sa renommée en trichant systématiquement lors de quasiment tous ses matches, utilisant le plus souvent un rouleau de pièces qu’il dissimulait dans la paume de sa main. Plus inoffensif que lors de ses grandes heures et souvent relégué à un rang de jobber, le Baron maltais apparaît ce soir en solo et se mesurait à Angelo Gomez, l’un des jobbers les  plus actifs de cette période.

Aguerri, Scicluna commence avec de gros coups de poing, agrémenté de quelques petits écarts de conduite dont le Baron a le secret. On sent tout de même le poids des années dans le catch de Scicluna, beaucoup moins dynamique qu’autrefois. Le Baron catche en effet à l’ancienne, un style de combat rigide qui commence à faire date en ce début de décennie. Gomez se rebiffe l’espace d’un instant mais Scicluna contre un charge dans le coin et en termine à la suite d’un enfourchement suivi par une descente du genou mollassonne.


MATCH 2 : ANGELO « KING KONG » MOSCA W/« CPT. » LOU ALBANO VS STEVE KING (04:11)

VAINQUEUR : ANGELO MOSCA

PRISE DE FINITION : BACKBREAKER

APPRÉCIATION : SQUASH CLASSIQUE DE « KING KONG » MOSCA


Passé des terrains de football canadiens aux rings de catch, Angelo « King Kong » Mosca est une brute épaisse qui écrase tous ses adversaires semaines après semaines. Seul et unique protégé en solo du « Capitaine » Lou Albano, Mosca rencontre une nouvelle fois un jobber – et non des moindres – en la personne de Steve King, le plus grand perdant de ces émissions télévisées. 

Mosca maltraite ce pauvre King, totalement impuissant face à la force de frappe de celui qu’on ne surnomme pas « King Kong » pour rien. Projetant King dans les cordes, Mosca ne daigne même pas lui porter une vraie prise de catch, le laissant juste s’écraser contre son épaule. Angelo Mosca est un roc et le moindre de ses coups semble réellement brutal – bien que la terminologie voudrait qu’on dise de lui qu’il est stiff. Finalement, Mosca l’emporte en moins de cinq minutes avec un brise-dos allongé en prise de soumission.


MATCH 3 : S.D « SPECIAL DELIVERY » JONES VS « BIG » RON SHAW (03:58)

VAINQUEUR : S.D JONES

PRISE DE FINITION : SPLASH

APPRÉCIATION : PERFORMANCE PLUTÔT MOYENNE ENCORE UNE FOIS


Serait-ce un coup d’épée dans l’eau ?! Après avoir effectué un retour remarqué en début d’année, S.D Jones peine à s’imposer durablement. On dirait que la sauce ne prends pas, comme si sa tête se heurtait déjà à un plafond de verre. Subséquemment relégué à affronter des jobbers – du moins à la télévision – Jones rempile ce soir en affrontant « Big » Ron Shaw, grand gaillard natif de Philadelphie en Pennsylvanie.

Réticent à engager le combat, Shaw trouve refuge dans les cordes alors que Jones nous gratifie de quelques pas de danse. Faisant fi des règles, Shaw enfonce ses doigts dans le yeux de Jones et l’étrangle au tapis – et ce malgré les réprimandes de monsieur Dick Woehrle. Jones ne semble pas être dans son match et revient timidement avec quelques coups de pied alors que Shaw lui applique une sorte de Clawhold aux pectoraux, un choix de prise plutôt étonnant et pas vraiment impressionnant. Jones revient finalement avec un coup de tête et l’emporte ensuite grâce à un Splash en l’espace de quatre minutes.


MATCH 4 : WWF WORLD TAG TEAM CHAMPIONSHIPS MATCH : TONY GAREA & RICK MARTEL © VS THE MOONDOGS W/« CPT. » LOU ALBANO (12:04)

VAINQUEURS : THE MOONDOGS

PRISE DE FINITION : COUP PORTÉ AVEC L’UN DES OS

INDICATEUR : ** ½


Toujours invaincus depuis leurs débuts sur ce programme, les Moondogs sont devenus les dignes successeurs des Wild Samoans dans le cœur du « Capitaine » Lou Albano. Rex et King – ce sont leurs noms – grimpent ainsi sur le ring et ont apporté leurs os à mœlle dégoûtants. Ils se mesurent ce soir à Tony Garea et Rick Martel, titulaires des ceintures de Champions Tag Team depuis novembre 1980 et une victoire face à ces mêmes Samoans. Ils rejoignent le ring au pas de course, accueillis en héros par le public d’Allentown. Les titres sont remis en jeu, les Moondogs ont tout à gagner alors que les Champions ont tout à perdre.

Martel et Garea commencent fort et s’imposent face aux toutous d’Albano. Les Champions font preuve d’une solide cohésion et prennent un bon avantage face aux Moondogs. Ces derniers signent un très mauvais début de match et sont tournés en bourrique par Martel et Garea. Cependant, un sale coup de poing – tandis que l’arbitre regardait ailleurs – leur permet de reprendre l’ascendant. Dès lors, Martel déguste de longues minutes l’offensive des Moondogs. Isolé de son partenaire, le québécois ne parvient pas – et malgré trois tentatives – à rejoindre Garea. Le vent tourne et la situation commence tout doucement à profiter aux challengers. Profitant d’une fenêtre de tir, Martel se glisse entres les jambes de Rex et envoie le hot tag à Garea. Tony est chaud comme la braise et fait le ménage à lui tout seul. La situation tourne au vinaigre lorsque l’arbitre est bousculé et finit au tapis. C’est la pagaille, Albano grimpe sur le bord du ring mais Martel lui assène un déluge de coups de poing. Dans le même temps, King s’est emparé d’un de ses os et l’éclate sur le crâne de Garea. Aux prises avec Albano en dehors du ring, Martel n’a pas vu ce qu’il s’est passé et l’arbitre – revenu à ses esprits – compte 1…2… et 3 ! À la surprise générale, les Moondogs arrachent les titres de Champions Tag Team pour la toute première fois. Entamant ici un règne de terreur, ils offrent également un énième sacre à ce sacré Lou Albano.


MATCH 5 : ANDRÉ LE GÉANT VS THE HANGMAN (04:01)

VAINQUEUR : ANDRÉ LE GÉANT

PRISE DE FINITION : SIT-OUT SPLASH

INDICATEUR : * ¾


Annoncé en provenance d’Europe, ce protégé de « Classy » Freddie Blassie – encore une fois absent lors de ce programme – est l’un des compétiteurs les plus haïs du moment. Avec un nœud coulant qu’il utilise volontiers pour étrangler ses adversaires, le Hangman se tient sur le ring. Son antagoniste est de taille et c’est peu dire. Aux couleurs de ses terres – bleu blanc et rouge – André le Géant est de la partie et représente toujours une présence exceptionnelle qui ravit tout le monde – sa popularité ne connaissant pas d’égale.

Malgré sa carrure plutôt imposante – près d’1,90m pour 130kg – le bourreau des rings paraît tout petit face à l’immense géant. Celui-ci réussit à lui envelopper la tête avec ses grandes paluches et applique une sacrée pression. Le Hangman tente de s’en défaire avec quelques coups de poing dans l’abdomen mais André ne bronche pas. Un Big Boot du tonnerre envoie le bourreau au sol et André s’élance ensuite de tout son lourd pour un Sit-Out Splash titanesque. André le Géant l’emporte en quatre minutes et se sera payé le Hangman pour une rarissime apparition sur ce programme.


MATCH 6 : « THE MAGNIFICENT » DON MURACO W/GRAND WIZARD OF WRESTLING VS BLACK DEMON (02:32)

VAINQUEUR : DON MURACO

PRISE DE FINITION : ASIAN SPIKE

APPRÉCIATION : SQUASH TRÈS CORRECT DE MURACO


En vadrouille au Japon tout au long du mois de mars, celui qu’on a surnommé « The Magnificent M » sur les rings nippons a en effet combattu à la New Japan Pro Wrestling et s’est entre autres mesuré à Antonio Inoki – rien que ça. De retour en Amérique, Muraco apparaît de nouveau aux côtés du Grand Wizard of Wrestling et se mesurait ce soir au Black Demon, un lutteur d’origine portoricaine également connu sous le nom de Don Serrano.

Profitant d’un arsenal de prises aussi riche que varié, Muraco continue de nous sortir des variations qu’on a pas l’habitude de voir sur ce territoire. Alors que le Demon était assis, Muraco lui assène en effet un Splash plutôt original, retombant sur son dos courbé. Perché sur la corde du milieu, Muraco bande son pouce et lui assène un coup tout juste légal, enfonçant ce pouce dans sa gorge, une prise héritée de son passage entre les cordes de la AJPW entre 1977 et 1979.


Une édition plutôt moyenne de Championship Wrestling sauvée par un très bon match de championnat – et un changement de titre – ainsi que par la présence d’André le Géant. S.D Jones, Angelo Mosca et plus encore.

– Une chose est sûre, la présence d’André le Géant dans n’importe quelle configuration – tant qu’elle constitue en fait une archive télévisuelle – est la bienvenue. Bien que le calibre de sa performance soit un peu inférieure à ce qu’André nous propose habituellement, sa simple personne nous rappelle à quel point ce compétiteur était extraordinaire – dans tous les sens du terme.

– La pièce de résistance – comme disent les américains – c’est ce match de championnat entre les Moondogs, féroces challengers à la solde de Lou Albano, et Tony Garea et Rick Martel, nos Champions défendants. Et au terme d’une rencontre bien construite et parfois même haletante, les chiens du capitaine ont tiré profit d’une situation houleuse pour l’emporter non sans controverse. Les Moondogs ont ainsi mis fin à un règne de 129 jours mais soyez-en rassuré, Martel et Garea regagneront leurs ceintures au mois de juillet et corrigerons le tir pour entamer un second règne des plus prometteurs.

Nathan Maingneur

Les commentaires sont fermés