CHAMPIONSHIP WRESTLING #58
18/04/1981

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved
Vince McMahon et Pat Patterson sont nos hôtes habituels et nous accueillent comme toujours dans l’enceinte du Agricultural Hall d’Allentown en Pennsylvanie pour une nouvelle édition de Championship Wrestling. Au programme de notre soirée : les Moondogs sont les nouveaux Champions Tag Team, plus la présence de Don Muraco, Tony Atlas et bien d’autres encore.
Joe McHugh s’occupe des introductions et nous rappelle que l’heure de catch proposée ce soir sera placée sous l’étroite juridiction de la Commission Athlétique de Pennsylvanie, présidée par J.J Binds et représentée en ringside par quelque-uns de ses officiels. Dr. George Zahorian siège en compagnie de Mike Mittman, notre gardien de la cloche. Les arbitres qui officieront ce soir sont messieurs Dick Kroll, Gilberto Roman, Danny Davis et Dick Woehrle.
MATCH 1 : SGT. SLAUGHTER W/THE GRAND WIZARD OF WRESTLING VS TERRY GUNN (04:42)
VAINQUEUR : SGT. SLAUGHTER
PRISE DE FINITION : COBRA CLUTCH
APPRÉCIATION : SQUASH CLASSIQUE DU SGT. SLAUGHTER
Et alors que Joe McHugh terminait à peine sa présentation, de lourdes huées s’élèvent des rangs du public. Le Sgt. Slaughter effectue alors son entrée sous une broncha, toujours aux côtés d’un Grand Wizard of Wrestling qui prends un malin plaisir à haranguer la foule. Viscéralement haï depuis ce violent passage à tabac infligé à Pat Patterson, Slaughter est incontestablement le catcheur le plus détesté du moment et se mesurait ce soir à un jobber du nom de Terry Gunn, annoncé en provenance d’Irlande.
Un peu partout dans le public sont brandies des pancartes et des banderoles où on peut lire « Gomer Pyle » du nom de ce personnage de fiction un peu benêt que la foule adorer scander au sergent. Ce dernier pilonne le sternum de son adversaire à coups de genou et s’impose avec de gros coups de poing. Slaughter enchaîne avec une Back Suplex suivi d’un brise-dos et le décapite avec une Lariat monstrueuse. Mais Slaughter choisit d’en terminer avec son Cobra Clutch, sa redoutable prise de soumission dont personne – ou presque – ne s’est encore sorti.
MATCH 2 : PEDRO MORALES VS JERRY JOHNSON (03:41)
VAINQUEUR : PEDRO MORALES
PRISE DE FINITION : BACKBREAKER
APPRÉCIATION : C’EST TOUJOURS LE MÊME MATCH !
Originaire de la petite île de Culebra dans l’archipel de Porto Rico, Pedro Morales demeure l’un des catcheurs les plus populaires de cette période. Ancien Champion du monde poids-lourds et Tag Team, Pedro est l’actuel Champion Intercontinental, un titre récemment remporté face à Ken Patera en fin d’année dernière. Morales se mesurait ce soir à un jobber du nom de Jerry Johnson, dont le physique est plutôt développé.
Chaud comme la braise, Pedro est hyper engageant comme à son habitude. C’est moins le cas de Johnson qui reste en retrait. Morales se la joue technique et allonge le bras de son adversaire avec de douloureuses élongations. Johnson est totalement impuissant et n’est qu’une vulgaire poupée de chiffon entre les mains du portoricain. Jerry se réveille enfin mais Pedro le rétame immédiatement avec une gauche du tonnerre envoyée dans l’abdomen. Le Champion IC enchaîne avec un brise-dos porté à la Billy Robison et ne s’embête même à le retourner en Boston Crab, ce sera un compte de trois et puis c’est tout.
MATCH 3 : « THE MAGNIFICENT » DON MURACO W/THE GRAND WIZARD OF WRESTLING VS CHARLIE BROWN (02:48)
VAINQUEUR : DON MURACO
PRISE DE FINITION : ASIAN SPIKE
APPRÉCIATION : SQUASH TOUJOURS AUSSI AGRESSIF DE MURACO
Il est une des dernières recrues en date de la World Wrestling Federation. Originaire de Sunset Beach à Hawaï, celui qu’on surnomme « The Magnificent » Muraco a commencé sur les rings de l’Aloha State avant de partir sur le continent pour se produire à Vancouver, Portland mais aussi à Los Angeles ou encore pour la AWA de Verne Gagne. C’est toutefois en Floride que Muraco eut du succès en faisant ses armes contre Jack Brisco, le porte-étendard de la Championship Wrestling From Florida. Toujours invaincu sur ces émissions, Don Muraco rencontrait ce soir le jobber Charlie Brown, sans lien de parenté avec l’ami de Snoopy.
Toujours aussi agressif, Muraco se jette sur ce pauvre Charlie Brown, assailli de coups de poing – ou plutôt de coups de pouce portés à l’aide de ce bandage un peu louche. Muraco enchaîne avec un Russian Leg Sweep, suivi d’une Gutwrench Suplex. Sur la corde du milieu, Muraco s’élance et éclate le sternum de Brown avec une grosse descente du genou. Une souplesse arrière plus tard, Brown est complètement out. Muraco lui enfonce ensuite son pouce dans la gorge, une prise aussi illégale que douloureuse qui pousse Brown à jeter l’éponge en un peu moins de trois minutes.
MATCH 4 : YOSHIAKI YATSU VS THE BLACK DEMON (03:18)
VAINQUEUR : YOSHIAKI YATSU
PRISE DE FINITION : BELLY-TO-BELLY OVERHEAD SUPLEX
APPRÉCIATION : MATCH PLUTÔT INSIPIDE
Élève du légendaire Hiro Matsuda, Yoshiaki Yatsu n’a pas tout de suite commencé dans le catch. À l’âge de seulement 20 ans, le japonais a combattu en lutte libre pour les JO d’été de Montréal en 1976. Après que sa délégation ait suivi le boycott américain décrété par le président Jimmy Carter en 1980, Yatsu n’a pas participé aux Jeux Olympiques d’Hiver de 1980 à Moscou et s’est donc tourné vers le catch, un hybride entre la lutte et le divertissement. Il fit ses débuts en décembre 1980 et catche donc depuis peu. Yatsu affronte ce soir le Black Demon, aussi connu sous le nom de Don Serrano.
Ancien lutteur amateur, Yatsu emmène le Demon au sol et essaie de l’y maintenir comme il le peut. C’est assez technique et ce n’est pas franchement passionnant, surtout que Yatsu ne dégage aucun charisme. Le Demon sait aussi faire preuve d’un peu de technicité et surtout de plus d’expérience, ce qui lui permet de reprendre temporairement le contrôle. Finalement, Yatsu se remet d’aplomb et en termine après avoir décollé le Demon du sol avec un Belly to Belly Overhead Suplex de toute beauté.
MATCH 5 : 2-ON-1 HANDICAP MATCH : KILLER KHAN W/FREDDIE BLASSIE VS STEVE KING & RICK STALLONE (05:03)
VAINQUEUR(S) : KILLER KHAN
PRISE DE FINITION : DESCENTE DU GENOU
APPRÉCIATION : SQUASH HABITUEL DE KHAN
Pour notre prochain combat, Killer Khan sera de la partie. À ses côtés et pour une fois – ce qui est suffisamment rare pour être souligné – voici « Classy » Freddie Blassie, l’un des trois légendaires managers du Unholy Trio. Ce soir, Khan affrontait non pas un mais deux adversaires qui n’ont pas l’air bien confiants. Il s’agit de Steve King et de Ricky Stallone, sans lien de parenté avec l’interprète de Rocky.
La force du nombre ne lui fait pas défaut, Khan se débarrasse de ses adversaires comme deux moustiques un soir d’été humide. King et Stallone ont beau faire ce qu’ils peuvent, le japonais est inarrêtable et les vire à tour de rôle en dehors du ring. Fin de la blague, Killer Khan en termine en clouant ce pauvre Stallone au tapis avec sa terrible descente du genou, portée avec une rage et une hargne bien singulière.
MATCH 6 : THE MOONDOGS W/« CPT. » LOU ALBANO VS DOMINIC DENUCCI & JACK CARSON (07:18)
VAINQUEURS : THE MOONDOGS
PRISE DE FINITION : SPLASH
INDICATEUR : * ½
Décidément, rien n’arrêtera Dominic DeNucci dans sa quête de vaincre les Moondogs. Ce soir encore, l’italien se dresse contre les toutous d’Albano et avec lui cette semaine, ce sera Jack Carson, le grand frère de Chris Canyon, plus connu sous le nom de King Kong Bundy. Et les Moondogs ne se font pas prier et effectuent une entrée menaçante. Emmenés en direction du ring par un « Capitaine » Lou Albano grossier et répugnant, Rex et King arborent les ceintures de Champions Tag Team, fraîchement remportées la semaine passée face à Rick Martel et Tony Garea.
Les Moondogs mettent un temps fou avant d’entrer sur le ring. Cet intervalle permet alors au cameraman de réaliser de gros plans édifiants sur les trognes des Champions Tag Team. Et comme pour rajouter encore plus de baroque à cette situation, Albano retire sa ceinture et les fouette furieusement. Finalement, Rex commence face à Carson et l’isole immédiatement de son partenaire. Lassé de trépigner d’impatience sur le bord du ring, Dominic entre illégalement mais doit être ramené dans son coin par l’arbitre et cela profite aux Moondogs qui trichent sans relâche. L’italien a le sang chaud et s’empare alors d’une chaise en bois mais rien n’y fait, Carson ne parvient pas à lui passer le relais. Des projectiles sont lancés par quelques spectateurs et retombent sur le ring mais cela n’empêche pas les Moondogs de l’emporter à la suite d’un énorme Splash de King. DeNucci ne sera finalement même pas rentré. Toujours armé de cette chaise, Dominic réussit quand même à toucher King, ce qui provoque la fuite du trio en direction des vestiaires.
MATCH 7 : « MR. USA » TONY ATLAS VS PETE MITCHELL (03:06)
VAINQUEUR : TONY ATLAS
PRISE DE FINITION : MILITARY PRESS SLAM
APPRÉCIATION : BON SQUASH D’ATLAS MALGRÉ UN PIÈTRE ADVERSAIRE
On conclut ce programme avec « M. USA » Tony Atlas. Faisant étalage d’un physique absolument hallucinant, Atlas est une force de la nature et en impose tout naturellement. Enchaînant les victoires dans ces émissions, Atlas est sur une très bonne lancée mais les Champions en solo sont des babyfaces et il ne peut donc pas se positionner contre l’un d’eux. Il se mesurait ce soir à un jobber du nom de Pete Mitchell.
Atlas nous gratifie d’abord d’une petite pose musculaire qui met en avant son physique de dieu grec. Ce Pete Mitchell me paraît bien green et peine à se positionner pour un simple Fireman’s Carry. Atlas en fera du petit bois et l’emporte en un peu plus de trois minutes avec un Military Press Slam toujours aussi impressionnant.
Certainement pas la meilleure édition de Championship Wrestling et ce malgré un casting plutôt fourni. Les Moondogs sont nos nouveaux Champions par équipes, Tony Atlas, Pedro Morales et le Sgt. Slaughter sont de la partie et plus encore.
– Rien ou du moins pas grand chose à dire sur ce programme qui ne restera pas dans les mémoires. Faisons donc un rapide tour d’honneur. C’est relativement plat du côté des heels et pourtant, on a quand même eu le Sgt. Slaughter, Killer Khan et dans une moindre mesure Don Muraco, qui est encore trop frais pour marquer les esprits. Tony Atlas et Pedro Morales étaient également de la partie et nous ont offert une formule de match typique que nous avons l’habitude de voir. Concernant Yoshiaki Yatsu, la sauce ne prends pas. Entre son style de catch trop rigide et son manque de charisme flagrant, cela risque d’être difficile pour lui. Le highlight de la soirée c’est les Moondogs qui sont nos nouveaux Champions par équipe. Le capitaine Lou Albano est content et ne reste désormais plus qu’à voir si Tony Garea et Rick Martel souhaitent retenter leur chance.
Nathan Maingneur