CHAMPIONSHIP WRESTLING #53
07/03/1981

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved
Vince McMahon et Pat Patterson sont nos hôtes habituels et nous accueillent comme toujours dans l’enceinte du Agricultural Hall d’Allentown en Pennsylvanie pour une nouvelle édition de Championship Wrestling. Au programme ce soir : Ricky McGraw et Dominic DeNucci affronteront les Moondogs, Tony Garea et Rick Martel seront en action et plus encore.
Joe McHugh s’occupe des introductions et nous rappelle que l’heure de catch proposée ce soir sera placée sous l’étroite juridiction de la Commission Athlétique de Pennsylvanie, présidée par J.J Binds et représentée en ringside par quelque-uns de ses officiels. Dr. George Zahorian siège en compagnie de Mike Mittman, notre gardien de la cloche. Les arbitres qui officieront ce soir sont messieurs Mario Savoldi, Gilberto Roman, Danny Davis et Dick Woehrle.
MATCH 1 : TONY GAREA & RICK MARTEL VS THE HANGMAN & FRANK SAVAGE (10:46)
VAINQUEURS : TONY GAREA & RICK MARTEL
PRISE DE FINITION : TOP ROPE FLYING CROSSBODY
INDICATEUR : ** ¼
On lance les hostilités avec un match à quatre. Originaire d’Europe sans qu’on sache trop où précisément, The Hangman est l’un des derniers protégés de « Classy » Freddie Blassie qui brille encore de par son absence. À ses côtés ce soir se tient Frank Savage, un jobber natif d’Oklahoma City dans l’Oklahoma, sans lien de parenté avec un certain Randy. Leurs adversaires s’avancent joyeusement en direction du ring et sont accueillis comme il se doit par une ovation de la foule du Agricultural Hall d’Allentown. Voilà nos Champions Tag Team que sont Tony Garea et Rick Martel.
Martel commence face à Savage et s’impose avec une torsion du poignet. Et lorsqu’entre Garea, ce dernier poursuit sur cette lancée et s’impose sans trop de soucis. Le Hangman fera toutefois la différence avec de lourdes frappes qui étourdiront Tony Garea. Le néo-zélandais s’en démène toutefois et les Champions ont a cœur de tourner leurs adversaires en bourrique. Les heels prennent l’avantage grâce à un énorme Big Boot du Hangman sur Martel. Mais le bourreau est trop pataud et Martel s’en tire encore une fois. Les Champions Tag Team dominent globalement mais le Hangman et Savage leur donnent quand même un peu de fil à retordre, ce qui contribue à insuffler du rythme à ce combat. La rencontre est relativement disputée et nous tient même parfois en haleine. Martel manque de l’emporter avec un petit paquet mais Savage s’en dégage. On retrouve l’habituelle séquence où les Champions enchaînent les prises mais c’est Martel qui a finalement le dernier mot avec un magnifique Crossbody porté depuis le haut des cordes.
MATCH 2 : KILLER KHAN W/FREDDIE BLASSIE VS CHARLIE BROWN (02:04)
VAINQUEUR : KILLER KHAN
PRISE DE FINITION : DESCENTE DU GENOU
APPRÉCIATION : SQUASH BRUTAL DE KHAN
« Classy » Freddie Blassie est finalement de la partie. Il n’est donc pas absent, c’est juste qu’il s’est déjà sans doute désintéressé du Hangman – et on peut le comprendre. Ce soir aux côtés d’un autre de ses protégés, en la personne de Killer Khan, Blassie entends bien accrocher une victoire de plus pour sa Blassie Army. Annoncé en provenance de Mongolie, Killer Khan est l’un des compétiteurs les plus redoutés du moment. Il affrontait ce soir Charlie Brown, sans lien de parenté avec l’œuvre de Charles M. Schulz.
Khan est une bête sauvage et, dès le son de la cloche, il se jette tel un aigle sur sa proie. Et ce pauvre Charlie Brown passera un sale quart d’heure, lui qui n’est qu’une vulgaire poupée de chiffon entre les mains de Khan. Ce dernier n’est pas tendre, en témoigne ce brise-dos qui pliera les vertèbres de ce pauvre type. Khan n’est pas d’humeur à faire durer le plaisir et en termine en un peu plus de deux minutes avec sa terrible descente du genou.
MATCH 3 : « THE UNPREDICTABLE » JOHNNY RODZ VS JACK CARSON (03:21)
VAINQUEUR : JOHNNY RODZ
PRISE DE FINITION : DESCENTE DU GENOU DE LA CORDE DU MILIEU
APPRÉCIATION : ET UNE VICTOIRE POUR JOHNNY RODZ !
Quelle joie de découvrir que Johnny Rodz figure dans notre prochain combat. Et encore plus de me rendre compte – au vu de son opposition – que « The Unpredictable One » a toutes ses chances de gagner – pour une fois. Originaire de Brooklyn dans l’État de New York, Johnny Rodz se frotte ce soir à un grand gaillard du nom de Jack Carson. Son petit frère est également dans le catch, il s’agit de Chris Canyon, qu’on connaît davantage en tant que King Kong Bundy. Eh oui !
Déjà bien expérimenté, Rodz ne tarde pas à prendre l’avantage, bien que Carson lui mette une tête. Johnny a repris sa dynamique de heel et je crois que je le préfère en babyface. Ce pauvre Carson ne fait pas grand-chose et se laisse pilonner le crâne par de gros coups de genou. Carson tente un faible comeback mais c’est mou du genou et Rodz reprends le dessus et l’emporte à la suite d’une descente du genou portée depuis la corde du milieu. Enfin une victoire pour « The Unpredictable » Johnny Rodz !
– C’est désormais l’heure de notre édition hebdomadaire du Cobra Clutch Challenge. L’heureux élu est d’ores et déjà assis sur une chaise. Il s’agit du Black Demon, qui s’apprête vraisemblablement à relever le défi du Sgt. Slaughter. Ce dernier effectue son entrée sous une véritable broncha alors qu’une banderole « Gomer Pyle » est à nouveau déployée. Et alors que le sergent entourait la tête du Demon, celui-ci préfère jeter l’éponge et repart en direction des vestiaires. Stupéfait, le sergent quitte lui aussi le ring et croise la route de Pat Patterson.
Lassé d’être sans cesse provoqué et insulté par le sergent et son manager, celui-ci tombe le veston et grimpe sur le ring, enfin prêt à relever le Cobra Clutch Challenge ! La foule est en ébullition et je rappelle que pour que Patterson accepte d’y participer, le Grand Wizard Wrestling a promis de doubler la mise. Si Patterson se sort ce soir du Cobra Clutch, ce n’est pas 5000 mais 10,000 dollars qui finiront dans sa poche. Et Patterson est chaud comme la braise ! La prise est portée et Patterson – qui a étudié la prise et comment la porte le sergent – se projette d’abord dans l’un des coins, essayant par tous les moyens de s’extirper de l’étreinte de Slaughter. Contre toute attente, et malgré une lutte infatigable de son challenger, Slaughter tient bon et ne lâche rien. Porté par l’appui d’un public en fusion, Patterson passe à rien de s’en sortir lorsque Slaughter lui envoie un sale coup de genou dans l’abdomen. Le public explose de joie mais on ne sait pas si Patterson a réussi où si c’est le sergent qui a relâché sa prise.

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– Épuisé, Patterson ne verra pas que Slaughter s’est emparé d’une chaise et se fait éclater le crâne. En sang, Patterson subit à nouveau le Cobra Clutch du sergent qui cherche maintenant à l’humilier. L’arbitre est viré hors du ring mais Dominic DeNucci et Tony Garea et Rick Martel accourent pour essayer de les séparer. La situation est incontrôlable et sous le feu d’une série de coups de chaise de DeNucci, Slaughter, relâche finalement sa prise pour repartir aux vestiaires sous une torrent de huées, laissant pour mort un Pat Patterson ensanglanté.
MATCH 4 : THE MOONDOGS W/« CPT. » LOU ALBANO VS DOMINIC DENUCCI & RICKY MCGRAW (05:03)
VAINQUEURS : THE MOONDOGS
PRISE DE FINITION : SHOULDERBREAKER
APPRÉCIATION : SOLIDE VICTOIRE DES MOONDOGS AU DÉPENS DE MCGRAW
Visiblement remis de ses émotions, Dominic DeNucci est resté sur le ring et pour cause : l’italien sera de la partie lors de notre prochain combat. DeNucci s’associe encore une fois à l’un de ses anciens partenaires en la personne de « Quickdraw » Ricky McGraw. Leurs adversaires s’amènent en direction du ring en portant leurs os à mœlle, toujours sous la coupe de ce filou de Lou Albano qui ne s’arrange pas. Rex et King ont un allure tout aussi repoussante que terrifiante et je pense qu’on peut le dire – une sale gueule.
Dominic se chauffe comme à l’ancienne et semble plutôt enclin à l’idée de se mesurer aux gentils toutous du capitaine. Comme souvent lors de ces matches, les chiens d’Albano sont tournés en bourrique et reprennent l’avantage grâce à des tactiques plutôt douteuses. DeNucci subit les attaques répétées de Rex et de King et se fera étrangler dans les cordes, bien aidés par ce salopard d’Albano. Trop occupé à essayer de retenir McGraw, l’arbitre ne notifie pas les interférences du capitaine, toujours partant pour en rajouter une couche. Ricky entre enfin et fait le ménage en couchant Rex avec un énorme enfourchement. Le garçon de Charlotte en Caroline du Nord est ensuite pris à partie en contrebas et finit par être projeté dans le poteau. Un peu groggy, celui-ci subit ensuite un terrible Shoulderbreaker et ne se relèvera pas du compte de trois. Les Moondogs s’arrogent une victoire de plus mais c’est aussi une énième déception pour ce pauvre Ricky McGraw.
MATCH 5 : ANGELO « KING KONG » MOSCA W/CPT. LOU ALBANO VS JOSÉ ESTRADA (02:32)
VAINQUEUR : ANGELO MOSCA
PRISE DE FINITION : CANADIAN BACKBREAKER
APPRÉCIATION : MOSCA EST AUSSI ROBUSTE QUE BRUT DE DÉCOFFRAGE
On termine ce programme avec un compétiteur qu’on surnomme depuis peu « King Kong » Angelo Mosca. Seul protégé en solo du capitaine Lou Albano – et cela signifie beaucoup – Mosca a tout récemment débarqué sur ce territoire et ne cesse depuis lors d’empiler des carcasses de jobbers. Angelo Mosca se frottait ce soir au talentueux José Estrada qui possède en soi tous les outils pour s’en sortir.
Face à l’agilité d’Estrada, Mosca joue la carte du méthodisme et le calme d’emblée avec de gros coups portés à l’ancienne. L’ancien joueur de la CFL à la réputation de dur à cuire affiche un catch brut de décoffrage qui colle à son physique robuste. Estrada n’a malheureusement pas l’occasion de faire étalage de ses capacités et succombe en moins de trois minutes à un Canadian Backbreaker de « King Kong » Mosca.
Quels que furent les matches qui ont habillé ce programme, vous aurez tout oublié et vous ne retiendrez qu’une seule chose : ce segment du feu de dieu entre Pat Patterson et Sgt. Slaughter.
– Au diable le reste de l’émission, ce Championship Wrestling a été le théâtre du premier d’une série de climax qui jalonneront l’une des rivalités les plus mémorable de tous les temps. Vivement provoqué et copieusement insulté par le Sgt. Slaughter et son manager, Pat Patterson enfin eut l’audace de relever le défi du Cobra Clutch Challenge. S’en sortant plus ou moins contre toute attente au terme d’une âpre bataille, le québécois perdit malgré tout au change et terminera en sang, victime d’un sale coup de chaise de l’infâme Slaughter. Le sang a coulé et Pat Patterson voudra très certainement se venger d’une manière ou d’une autre. Ce casus belli est le point de départ d’une guerre qui se terminera sur le ring tâché d’hémoglobine du Madison Square Garden au terme d’un Alley Fight qui restera dans les mémoires comme l’un des combats les plus sanglants et les plus violents de l’histoire du catch nord-américain.
Nathan Maingneur