CHAMPIONSHIP WRESTLING #54
14/03/1981

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Vince McMahon et Pat Patterson sont nos hôtes habituels et nous accueillent encore une fois dans l’enceinte du Agricultural Hall d’Allentown en Pennsylvanie pour cette nouvelle édition de Championship Wrestling. Patterson semble s’être remis de son agression de la semaine passée face au Sgt. Slaughter et arbore un petit pansement sur le front. Au programme de notre soirée : les Moondogs seront en action, de même que Pedro Morales, Stan Hansen, Don Muraco et plus encore.
Joe McHugh s’occupe des introductions et nous rappelle que l’heure de catch proposée ce soir sera placée sous l’étroite juridiction de la Commission Athlétique de Pennsylvanie, présidée par J.J Binds et représentée en ringside par quelque-uns de ses officiels. Dr. George Zahorian siège en compagnie de Mike Mittman, notre gardien de la cloche. Les arbitres qui officieront ce soir sont messieurs Mario Savoldi, Gilberto Roman, Danny Davis et Dick Woehrle.
MATCH 1 : THE MOONDOGS W/« CPT. » LOU ALBANO VS BARON SCICLUNA & FRANK SAVAGE (09:02)
VAINQUEURS : THE MOONDOGS
PRISE DE FINITION : SPLASH
INDICATEUR : * ¾
Premier catcheur originaire de l’île de Malte à avoir rencontré du succès en Amérique, le Baron Mikel Scicluna se tient droit dans ses bottes et apparaît ce soir en compagnie de Frank Savage. Leurs adversaires rejoignent les abords du ring sous la houlette du « Capitaine » Lou Albano et affichent de bien sales gueules. Il s’agit des Moondogs – appelés Rex et King – qui traînent leurs os à mœlle dégoûtants et qui n’inspirent rien de bon.
Scicluna commence face aux Moondogs et pour une fois, les rôles sont inversés. Habitué à jouer les méchants, le Baron se retrouve – un peu malgré lui – dans la position du gentil car les toutous d’Albano sont encore plus détestés que lui. Ces derniers trichent, usent et abusent des pires tactiques, toujours bien aidés par un Albano couard qui agit toujours dans le dos de l’arbitre. Et si Scicluna s’en sortait encore plutôt bien, Savage se fera littéralement bouffer par les Moondogs. Littéralement en effet, car Rex et King profitent d’une petite lacération dans son dos pour le mordre, enfonçant leurs canines acérées dans cette plaie ouverte. Savage subit le martyr de longues minutes alors qu’Albano ne rate pas une occasion d’en rajouter une couche. Finalement, Savage ne parviendra jamais à repasser le relais à son partenaire et succombera en un peu moins de dix minutes à un énorme Splash porté par King.
MATCH 2 : « THE MAGNIFICENT » DON MURACO W/GRAND WIZARD OF WRESTLING VS CHARLIE BROWN (04:20)
VAINQUEUR : DON MURACO
PRISE DE FINITION : ASIAN SPIKE
APPRÉCIATION : MURACO EST TOUJOURS AUSSI AGRESSIF
Originaire de Sunset Beach sur l’île d’Hawaï, celui qu’on surnomme « The Magnificent » Don Muraco a signé d’excellents débuts la semaine dernière. Muraco est à nouveau de la partie et – sous l’aile d’un Grand Wizard of Wrestling aussi coloré qu’extravagant – ce jeune compétiteur réalise son entrée sous les huées. Après Steve King la semaine passée, Muraco se mesurait ce soir à Charlie Brown, l’un des jobbers les plus reconnaissables de ces programmes.
Hyper agressif, Muraco est nerveux et cela se ressent dans son catch. Moins d’une minute après le début de la rencontre, ce pauvre Brown est déjà obligé de reprendre ses esprits en contrebas. Pendant ce temps, Muraco frappe vigoureusement son pouce bandé contre la protection d’un des coins. Pat Patterson l’appelle le « Asian Spike » et c’est avec cette technique tout juste légale qu’en termine Muraco, enfonçant vicieusement ce pouce dans la gorge de son adversaire.
MATCH 3 : STAN « THE LARIAT » HANSEN W/« CLASSY » FREDDIE BLASSIE VS « THE UNPREDICTABLE » JOHNNY RODZ (02:48)
VAINQUEUR : STAN HANSEN
PRISE DE FINITION : LARIAT
INDICATEUR : **
Habitué à écraser des jobbers, Stan Hansen n’en peut plus d’exiger plus de compétition. Il faut croire que sa requête a été entendue puisqu’il s’oppose ce soir à un catcheur qu’il ne faut surtout pas sous-estimer. Il s’agit de « The Unpredictable » Johnny Rodz, vétéran des rings originaire de Brooklyn dans l’État de New York. Dans son coin, Stan Hansen en impose toujours autant – rien qu’avec sa dégaine de hors-la-loi. On notera ce soir la présence de « Classy » Freddie Blassie à ses côtés.
Hansen n’attends pas le son de la cloche et se jette immédiatement sur son adversaire. Blassie en rajoute une couche dans le dos de l’arbitre avec un coup de canne bien senti. Mais « The Unpredictable » Johnny Rodz n’est pas n’importe qui et réponds avec de belles gifles qui claquent dans toute la salle. Imprimant la paume de sa main sur le torse rougi d’Hansen, celui-ci rétorque avec un vicieux Piledriver. Johnny se défends comme il le eut mais le shérif de Borger au Texas est trop puissant. Rodz se redonne du poil de la bête mais, alors qu’il s’élançait de la corde du milieu, il est cueilli par une vicieuse Lariat qui fera le boulot. À peine relevé, Hansen s’empresse d’aller intimider quelques spectateurs un peu bruyants.
MATCH 4 : PEDRO MORALES VS « BIG » RON SHAW (04:15)
VAINQUEUR : PEDRO MORALES
PRISE DE FINITION : BOSTON CRAB
APPRÉCIATION : C’EST LE MÊME MATCH QUE D’HABITUDE
Ce n’est pas la première fois qu’on assiste à cette opposition et à chaque fois, le résultat fut le même. Et je ne crois pas que la donne sera différente ce soir. Originaire de l’île de Culebra dans l’archipel de Porto Rico, Pedro Morales demeure l’un des compétiteurs les plus appréciés du moment. Le Champion Intercontinental affronte donc une nouvelle fois « Big » Ron Shaw, grand gaillard natif de Philadelphie en Pennsylvanie.
Comme on le sait, Morales aime la compétition et ce n’est certainement pas Shaw qui lui donnera satisfaction. Pedro veut un combat d’hommes à hommes et n’hésite pas à écarter l’arbitre Dick Woehrle de son périmètre d’action. Face à un Ron Shaw fuyant, Morales s’impatiente mais lorsqu’il s’agrippe à ses cheveux, c’est pour lui décocher une droite du tonnerre. Il le couche ensuite pour de bon avec une mandale dans le panier à pain et en termine en lui tordant les vertèbres avec son Boston Crab.
– De retour auprès de nos commentateurs, Vince revient sur ce qu’il s’est passé la semaine dernière entre Pat Patterson et le Sgt. Slaughter. Par respect envers son collègue et ami, les images de cette agression ne seront pas diffusées. Interrogé à propos de la somme d’argent qu’il était censé remporter – et qui aurait pu être une maigre compensation – Patterson soutient avoir réussi à se sortir du Cobra Clutch mais les officiels défendent à priori que le sergent a relâché la prise, ce qui fait que Patterson n’a rien gagné – hormis une belle cicatrice.
MATCH 5 : S.D « SPECIAL DELIVERY » JONES VS THE BLACK DEMON (05:20)
VAINQUEUR : S.D JONES
PRISE DE FINITION : COUP DE TÊTE
APPRÉCIATION : MATCH PLUTÔT MOYEN
Pedro Morales et Don Muraco ne sont pas les seuls insulaires puisque S.D « Special Delivery » Jones est quant à lui originaire de l’île d’Antigua-et-Barbuda dans les Caraïbes. Également très populaire, S.D Jones a signé un plutôt bon retour en début d’année même si son momentum s’est déjà bien essoufflé. Jones se mesure une nouvelle fois au Black Demon, compétiteur masqué également connu sous le nom de Don Serrano qui arbore une grenouillère ridicule.
On commence par quelques échanges au sol à l’issue desquels s’impose Jones avec son style atypique. Rien de bien excitant à se mettre sous la dent, les deux compétiteurs s’engluent au tapis et ralentissent le rythme du combat. S.D réveille la foule avec une série d’Armdrags mais choisit de repartir au sol avec une clé de bras. Le Black Demon revient en éclatant le crâne de Jones dans l’uns des coins mais erreur de débutant, Jones est y insensible et amorce son comeback. À la suite d’une projection dans les cordes, S.D Jones en termine avec un coup de tête qui suffit pour le compte de trois au terme d’un match moyen.
– Nous concluons ce programme avec un combat qui fut diffusé il y a quelques semaines de cela entre Angelo « King Kong » Mosca et Steve King. La rencontre eut lieu lors d’une édition de All Star Wrestling enregistrée en date du 14 février 1981. Et pour cette soirée de Saint-Valentin, King Kong Mosca n’a pas offerts de fleurs à son piètre adversaire, l’écrasant à la place en un peu plus de trois minutes.
Un épisode de Championship Wrestling plus plat et moins excitant cette semaine, sans doute le contrecoup de la semaine dernière. Les Moondogs terrorisent le public et leurs adversaires, Pedro Morales est de la partie, de même que Stan Hansen et plus encore.
– Pas grand-chose à dire cette semaine, aucune avancée scénaristique majeure n’est à relever si ce n’est que Pat Patterson semble s’être rétabli de l’agression du Sgt. Slaughter. Partons alors pour un petit tour d’honneur général. On remarque généralement un problème dans le temps alloué pour les matches. Neuf minutes pour que les Moondogs dévorent Frank Savage, c’est un peu excessif. De même que cinq – longues – minutes entre S.D Jones et le Black Demon qui n’ont pas fait grand-chose de ces minutes de temps d’antenne. Au contraire, la seule rencontre intéressante – entre Johnny Rodz et Stan Hansen – aura été bien trop courte et aurait mérité plus de temps. Dommage mais c’est ainsi !
Nathan Maingneur