CHAMPIONSHIP WRESTLING #55

CHAMPIONSHIP WRESTLING #55

21/03/1981

Championship Wrestling

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved

Vince McMahon et Pat Patterson sont nos hôtes habituels et nous accueillent comme toujours dans l’enceinte du Agricultural Hall d’Allentown en Pennsylvanie pour une nouvelle édition de Championship Wrestling. Au programme de notre soirée : le Sgt. Slaughter est de la partie, de même que nos Champions Tag Team et plus encore.

Joe McHugh s’enquiert des introductions et nous rappelle que l’heure de catch proposée ce soir sera placée sous l’étroite juridiction de la Commission Athlétique de Pennsylvanie, présidée par J.J Binds et représentée en ringside par quelque-uns de ses officiels. Dr. George Zahorian siège en compagnie de Mike Mittman, notre gardien de la cloche. Et les arbitres qui officieront ce soir sont messieurs Freddy Sparta, Danny Davis et Dick Woehrle.


MATCH 1 : TONY GAREA & RICK MARTEL VS « THE UNPREDICTABLE » JOHNNY RODZ & CHRIS CANYON (09:41)

VAINQUEURS : TONY GAREA & RICK MARTEL

PRISE DE FINITION : FLYING BODY PRESS

INDICATEUR : ** ¼


Sacré duo que celui qui se tient sur le ring du Agricultural Hall. Dans cette grenouillère mauve – vous l’aurez peut-être reconnu – c’est un tout jeune King Kong Bundy, seulement âgé de 24 ans – et avec des cheveux – qui catchait à cette période sous le nom de Chris Canyon. À ses côtés, nul autre que « The Unpredictable » Johnny Rodz, l’un des compétiteurs les plus fourbes et imprévisibles de la promotion. Une ovation du public marque l’entrée de nos Champions Tag Team qui seront leurs adversaires Tony Garea et Rick Martel sont les détenteurs des titres depuis le mois de novembre 1980 et sont toujours aussi populaires. 

Martel et Rodz lancent les hostilités, une association qui nous garantit toujours d’avoir du bon catch. Le relais est passé à Garea, qui connaît Johnny Rodz sur le bout des doigts. Les heels isolent un temps Martel de son partenaire et Canyon entre alors pour la première fois. Quelques secondes plus tard à peine, Martel se prends pour Superman et l’éclate au sol avec un Bodyslam du tonnerre ! Pour rappel, Canyon pèse plus de 170kg. Les Champions ont repris la main et mènent cette fois-ci – au grand dam de Rodz qui essaie par tous les moyens d’intervenir. Et lorsque Martel et Garea le choppent enfin, ils lui assènent une série de coups de poing et font ressortir toute leur frustration. Et quel selling de Rodz ! Dur à cuire, Johnny réussit quand même à revenir et manque de l’emporter avec une belle descente de la cuisse sur Garea. Lorsque Canyon entre à nouveau, les Champions déroulent et l’emporteront à la suite d’un Flying Body Press qui suffit pour le compte de trois.


MATCH 2 : « THE PRETY BOY » LARRY SHARPE VS ANGELO GOMEZ (05:02)

VAINQUEUR : LARRY SHARPE

PRISE DE FINITION : PILEDRIVER

APPRÉCIATION : SQUASH PLUS QUE CORRECT DE SHARPE


Originaire de Tralee en Irlande, celui qu’on surnomme « Pretty Boy » Larry Sharpe s’est d’abord fait remarquer sur les tapis de lutte amateur de l’Université du New Jersey. Repéré par Gorilla Monsoon qui l’a initié au catch professionnel, Sharpe a rejoint les rangs de la World Wrestling Federation en 1977. Après un bref passage à la WWC de Porto-Rico ainsi que sur les rings d’Hawaï, Sharpe est retourné sur la côte Est des États-Unis en 1979. Excellent coach, Sharpe s’est dirigé vers un rôle d’entraîneur et a plus tard ouvert son école de catch dans le New Jersey, une institution de laquelle sont sortis nombre de catcheurs de talent tels que Bam Bam Bigelow, Tony Atlas et King Kong Bundy pour ne citer qu’eux.

Avec sa gueule d’ange, on n’imagine pas que Larry Sharpe soit l’un des compétiteurs les plus techniques de la promotion. Calme et réfléchi, on sent en effet que Sharpe mesure avec acuité la moindre de ses prises –  qui restent toutefois d’une efficacité redoutable. En face de lui, Angelo Gomez n’offre aucune résistance, surtout lorsque Sharpe commence à lui porter de gros coups d’avant-bras dans l’arrière du crâne. Car si Sharpe est un fin technicien, c’est aussi un bon cogneur. Il l’emporte au bout de cinq minutes en concassant les vertèbres de son défi du soir avec un Piledriver parfaitement exécuté.


– Au retour de la coupure publicitaire, McMahon accueille Stan Hansen pour une interview aux abords du ring. Accompagné par « Classy » Freddie Blassie, Hansen s’adresse à Bob Backlund et ne mâche pas ses mots à l’égard du Champion du monde poids-lourds. Toujours insultant envers le public, Hansen beugle tout ce qu’il peut et amorce une future confrontation avec le Champion. Pour faire court : Hansen veut ce bon de dieu de titre et défie Backlund de l’affronter dans un match en cage au Madison Square Garden !


MATCH 3 : ANGELO « KING KONG » MOSCA W/« CPT. » LOU ALBANO VS JACK CARSON (05:01)

VAINQUEUR : ANGELO MOSCA

PRISE DE FINITION : BACKBREAKER

APPRÉCIATION : SOLIDE PERFORMANCE DE « KING KONG » MOSCA


Ancien joueur de la CFL, Angelo « King Kong » Mosca n’a pas reçu ce surnom pour rien. Considéré comme une brute sur les terrains de football, Mosca a longtemps été considéré comme le joueur le plus dangereux de la Canadian Football League. Désormais dans le catch depuis la fin des années 1970, Mosca est resté dans cette même lignée et – après un passage sur les rings de l’AWA de Verne Gagne et de la Stampede Wrestling de Calgary – Mosca a été pris sous la houlette du « Capitaine » Lou Albano et terrorise désormais les rangs de la World Wrestling Federation.

Peu – ou presque pas – de technique avec Mosca qui cogne comme un sourd. Brute épaisse à la fois sur les ring et les terrains de football, on comprend rapidement comment il s’est bâti cette mauvaise réputation. Aussi grand qu’il puisse être, ce pauvre Jack Carson – le frère de Chris Canyon vu plus tôt dans la soirée – passe un sale quart d’heure entre les grosses mains de « King Kong » Mosca. Avec ses énormes paluches, Mosca lui tord le cou et on sent bien que la tension est réellement appliquée. Angelo Mosca en termine sans problèmes en l’espace de cinq minutes avec un redoutable brise-dos, étendu en prise de soumission.


MATCH 4 : SGT. SLAUGHTER W/GRAND WIZARD OF WRESTLING VS « QUICKDRAW » RICK MCGRAW (05:25)

VAINQUEUR : SGT. SLAUGHTER

PRISE DE FINITION : SLAUGHTER CANNON

INDICATEUR : ***


C’est l’attraction principale de ce programme. Originaire de Charlotte en Caroline du Nord, Ricky McGraw se tient prêt sur le ring et déjà, on sent que l’ambiance est au rendez-vous. Une large banderole a été déployée par quelques spectateurs, de même qu’on remarque que des pancartes ont fleuri par-ci par-là dans les rangs du public. L’accueil réservé par la foule au Sgt. Slaughter est délètère, au point qu’on n’entende même plus le Grand Wizard of Wrestling s’égosiller en insultant tout le monde. La tension est palpable et c’est parti !

Chaud comme la braise, McGraw emporte l’avantage psychologique ainsi que l’appui de la foule – si c’était encore nécessaire de le préciser – avec une superbe série de Armdrags, Slaughter valdinguant d’un bout à l’autre du ring comme un fou. Parfaitement lancé, Ricky enchaîne avec aisance et pousse même le sergent à reprendre ses esprits en dehors du ring. Revenu sur le ring, Slaughter prends le dessus avec un surpassement du feu de dieu mais cette fois-ci, c’est McGraw qui a la présence d’esprit de se faufiler en dehors du ring pour récupérer. Lorsque Slaughter l’agrippe, les coups d’avant-bras pleuvent mais McGraw le contre et manque de le surprendre avec un Slingshot Sunset Flip. Ricky ne se laisse pas démonter et grimpe sur la corde du milieu. McGraw s’élance mais le sergent le stoppe net en plein air avec une Lariat sèche. Slaughter le recouvre pour le tombé et l’emporte au compte de trois, un finish anti-climatique qui sied parfaitement à la heat que véhicule actuellement le Sgt. Slaughter.


– On revient quelque temps en arrière pour conclure ce programme puisqu’on nous diffuse des images d’un combat entre Tony Atlas et José Estrada qui eut lieu lors d’une ancienne édition de ce programme. Bruno Sammartino était encore aux commentaires aux côtés de Vince McMahon – nous sommes donc entre le milieu et la fin de l’année 1980. est en milieu d’année 1980. Le match est très correct, Atlas est présenté comme un titan et Estrada valdingue d’un bout à l’autre du ring afin de mettre en valeur son adversaire.


Une plutôt solide édition de Championship Wrestling qui propose moins de matches que d’habitude mais qui réussit tout de même à nous tenir en haleine, notamment grâce à une bonne promo de Stan Hansen ainsi qu’un excellent combat entre le Sgt. Slaughter et Rick McGraw.

– C’est peut-être l’une des dernières fois que nous voyons Tony Garea et Rick Martel avec leurs ceintures de Champions Tag Team – pour le moment. Diffusée le 21 mars 1981, cette émission ne nous dit pas que le 17 – soit  quatre jours auparavant – les Moondogs ont gagné les titres lors d’un enregistrement de Championship Wrestling qui nous sera doute diffusé ultérieurement. Toujours de la partie lors de ces programmes, Martel et Garea ont participé au succès de ces émissions télévisées et ont incarné un exemple de courage en tant que Champions du monde par équipe.

– Ces émissions se ressemblent et se confondent très souvent. C’est pour cela qu’un peu de construction pour le main event d’un prochain show au Madison Square Garden est toujours bienvenu. Venu beugler sa rage et son mépris dans le micro de Vince McMahon, Stan Hansen a défié Bob Backlund dans un match en cage. La rencontre aura donc lieu au Garden plus tard au mois d’avril et donnera lieu à l’un des affrontements les plus épiques de l’année, à l’issue duquel Bob Backlund conservera toutefois son titre.

– Rarement, un personnage aura été autant détesté que le Sgt. Slaughter. Et cette haine du public à son égard contribue à créer une véritable tension, un magnétisme qui se ressent dans la moindre de ses actions. Et qui – dans le sens inverse – a permis à Rick McGraw de passer pour le plus gros babyface de la compagnie. En effet, l’énergie négative de la foule dirigée vers le sergent se transforme automatiquement en énergie positive pour son adversaire. Face à un tel niveau de heat, le public n’a en effet pas d’autre choix que de se ranger derrière n’importe quel protagoniste. Et le résultat est toujours sensationnel.

Nathan Maingneur

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