MID-ATLANTIC CHAMPIONSHIP WRESTLING #57
11/12/1982

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On commence comme toujours avec le traditionnel générique en quatre temps des Jim Crockett Promotions. Vous connaissez la chanson : d’abord le logo de la promotion puis la petite séquence de catch, la carte des Virginies, des Carolines et de la Géorgie et le carton d’ouverture. Au programme de notre soirée : le « Nature Boy » Ric Flair est de la partie et fera équipe avec Greg « The Hammer » Valentine. Jack Brisco, Paul Jones ou encore « Cowboy » Bob Orton Jr. seront également à l’affiche.
– Bob Caudle accueille d’abord le Sgt. Slaughter et Don Kernodle en plateau. On nous montre encore une fois les images de ce combat lors duquel nos Champions Tag Team ont laissé Jay Youngblood sur le carreau. Les Champions commentent la séquence avec suffisance et Slaughter nomme « The Atomic Bomb » la prise qui a envoyé Youngblood à l’hôpital.
MATCH 1 : SGT. SLAUGHTER & DON KERNODLE VS RON RITCHIE & MARK FLEMING (06:19)
VAINQUEURS : SGT. SLAUGHTER & DON KERNODLE
PRISE DE FINITION : THE ATOMIC BOMB
APPRÉCIATION : SOLIDE PERFORMANCE DE SLAUGHTER ET KERNODLE
Nos Champions Tag Team ouvrent ainsi le bal au micro mais aussi sur le ring puisqu’ils seront de la partie lors de notre premier combat. Titulaires des ceintures depuis le fiasco du tournoi à l’issue duquel les Jim Crockett Promotions leur ont décerné ces titres sur un plateau d’argent, le Sgt. Slaughter et Don Kernodle sont jusqu’ici parvenus à vaincre les challengers qui se sont amusés les défier. Ils rencontraient ce soir un tandem composé pour l’occasion de Ron Ritchie et de Mark Fleming, qui signe ce soir ses débuts et qui fut notamment l’un des élèves du légendaire Lou Thesz.
Slaughter commence face à Ritchie mais se laisse surprendre par son agilité. Le sergent revient toutefois avec un gros enfourchement et passe le relais à Kernodle. Ritchie est alors mis en difficulté et subit une prise plutôt étonnante. Slaughter porte Kernodle sur ses épaules et utilise son poids pour alourdir sa descente du genou – une manœuvre aussi intelligente que redoutable. Le jeune Fleming – sans aucun lien de parenté avec l’auteur des nouvelles de l’agent 007 – ne fera pas la différence et subit plus qu’autre chose le catch des Champions. Ritchie se redonne un peu de courage et envoie Kernodle haut dans les airs avec un joli surpassement. Celui-ci reprendra l’avantage avec un magnifique Powerslam et hisse Ritchie sur ses épaules. Perché sur la troisième corde, Slaughter s’élance de tout son lourd et l’abat avec une grosse Lariat, une prise désormais appelée « The Atomic Bomb ».
MATCH 2 : « COWBOY » BOB ORTON JR. VS KEN TIMBS (04:38)
VAINQUEUR : BOB ORTON JR.
PRISE DE FINITION : SAMOAN DROP
APPRÉCIATION : MATCH DE CATCH PLUS QUE CORRECT
Originaire de Kansas City dans le Missouri, le jeune Bob Orton Jr. a commencé dans le catch en tant qu’arbitre pour le compte d’Eddie Graham, promoteur du territoire de Floride. Passé entre les cordes – comme son père avant lui – Orton Jr. a d’abord fait ses armes sur les rings de la Géorgie puis de l’AWA entre 1976 et 1978 sous la houlette de Bobby Heenan. Également passé par Mid-South Wrestling, celui qu’on a surnommé « Cowboy » Bob Orton Jr. s’est récemment fait remarquer en prenant partie contre la House of Humperdink, se rangeant du côté de « Rowdy » Roddy Piper. Il rencontrait ce soir Ken Timbs, un jobber bien connu de ces émissions.
Extrêmement méthodique et réfléchi – un peu à la manière d’un Jake « The Snake » Roberts – Orton s’impose avec un catch très mesuré, néanmoins diablement efficace. Dans nos oreilles, Caudle nous annonce que Dusty Rhodes, Abdullah The Butcher mais aussi One Man Gang et Bruiser Brody seront bientôt de la partie. Orton sèche Timbs avec un joli Bodyslam et enchaîne avec une descente du genou portée à la Harley Race. Pour un babyface, Orton fait quand même preuve d’une certaine agressivité, montrant des relents de son précédent run de heel. Laissant sa Superplex de côté cette semaine, Bob Orton Jr. en termine en moins de cinq minutes avec un Samoan Drop parfaitement exécuté.
– De retour sur notre plateau, Caudle accueille Jack Brisco. Pourtant redevenu Champion du monde, Brisco ne se satisfait pas pour autant de cette victoire. On ne nous montre pas comment il a regagné sa ceinture – ce qui est dommage d’autant plus qu’on nous repasse depuis 3 semaines la même séquence avec le Sgt. Slaughter et Don Kernodle. Il est ensuite rejoint par Bob Orton Jr. qui dit que la House of Humperdink aurait empêché Roddy Piper d’être présent ce soir.
MATCH 3 : JACK BRISCO VS RICK CONNORS (04:39)
VAINQUEUR : JACK BRISCO
PRISE DE FINITION : FIGURE FOUR LEGLOCK
APPRÉCIATION : TRÈS BON SQUASH DE BRISCO
Redevenu Champion du monde poids-lourds pour la sixième et dernière fois, Jack Brisco est à nouveau à sa place : celle du porte-étendard des Jim Crockett Promotions. Ses grandes années sont toutefois derrière lui, Brisco prendra en effet sa retraite en février 1985, après près de vingt ans à écumer les rings du monde entier. Ce soir, Brisco catche en solo et se mesurait à Rick Connors, talent local natif de Knoxville dans le Tennessee.
Vétéran aguerri, l’actuel Champion du monde donne une leçon de catch à son adversaire. S’imposant avec un catch old-school assumé, Brisco domine globalement les débats mais Connors se redonne du poil de la bête et envoie quelques droites un peu nonchalantes avant que Brisco ne calme ses ardeurs avec un redoutable brise-jambes. Méthodique, Brisco prépare sa prise en quatre en affaiblissant le genou de ce pauvre Connors. Après quelques minutes à jouer avec son défi du soir, Brisco l’emporte avec sa Figure Four Leglock.
– Nous repartons en plateau mais pas celui des WPCQ-Studios. Mike Rotunda se tient en face de la caméra et nous annonce qu’il a obtenu une énième revanche contre Leroy Brown. Le hit « Boy From New York City » des Manhattan Transfer retentit alors et Rotunda est rejoint par Jimmy Valiant et « Cowboy » Bob Orton Jr. Toujours aussi déchaîné, le « Boogie Woogie Man » dit que pour affronter Leroy Brown, il aura besoin d’un bagarreur comme Bob Orton à ses côtés. Entre autres bizarreries.
De retour auprès de Caudle, ce dernier reçoit désormais « Cowboy » Bob Orton Jr. et Jack Brisco en plateau. Orton Jr. nous parle de ses valeurs en tant que père de famille et confie être à nouveau père depuis peu. Il fait sans doute allusion à la naissance de son fils Randy, né deux ans auparavant. Orton Jr. adresse quelques mots d’encouragements pour Mike Rotunda et Brisco en fera tout autant.
MATCH 4 : « N°1 » PAUL JONES VS KEN HALL (06:01)
VAINQUEUR : PAUL JONES
PRISE DE FINITION : INDIAN DEATHLOCK
APPRÉCIATION : SOLIDE MATCH DE CATCH
Et lui c’est donc l’ancien Champion du monde qui a récemment été vaincu par Jack Brisco. Âgé de quarante ans, Paul Jones ne regagnera jamais son titre puisqu’il se consacrera à une carrière de manager, succédant en quelques sorte à Sir Oliver Humperdink pour créer la Paul Jones Army, une écurie de heels qui terroriseront nombre de babyfaces tout au long de la décennie à venir. Également en solo ce soir – sans Humperdink à ses côtés – Jones se frottait à un jobber du nom de Ken Hall.
Légèrement décontenancé par la perte de son titre, Jones commence mal son combat et se laisse surprendre par l’agilité du jeune Hall. L’ancien Champion est même tenu en difficulté et a du mal à prendre son match en main. Toutefois, Jones est plus expérimenté que son adversaire et reprends aisément le dessus avec de gros coups de coude. Jones s’impose avec un Atomic Drop mais encore une fois, Hall parvient à l’emmener au sol. Et un peu comme Brisco avant lui, Jones l’immobilise avec un brise-jambes, préparant non pas une prise en quatre mais son redoutable Indian Deathlock, une redoutable prise de soumission. Désormais en position de force, Jones affaiblit ce genou et l’emporte exactement de la même manière – toutefois en ayant été un peu plus dominé – avec son Indian Deathlock.
– Au retour de la coupure publicitaire, Caudle accueille désormais Ric Flair et Greg Valentine en amont de leur combat. Le front scarifié – fruit de nombreuses batailles sanguinolentes – Flair nous parle des grands heels des territoire de la Floride et de la Virginie Occidentale et cite les noms d’Angelo Mosca et de J.J Dillon. Flair fait également mention de Don Kernodle, surnommé « Big D » par le « Nature Boy », une allusion évocatrice qui fait rire Valentine. Ce dernier rappelle qu’ils ont été Champions Tag Team et Flair conclut en provoquant Dusty Rhodes.
Dans les studios World Wide, « Rowdy » Roddy Piper apparaît de dos à la caméra et revient sur cette agression dont il fut victime. Lorsqu’il se retourne, le visage du « Hot Rod » est rougi, brûlé d’avoir été traîné contre le sol des WPCQ-Studios. Piper s’en veut de s’être laissé surprendre de la sorte et – avec son style inimitable – lâche une promo dont lui seul a le secret, concluant par un petit jeu de mot sur un tableau en ardoise.
MATCH 5 : « THE NATURE BOY » RIC FLAIR & GREG « THE HAMMER » VALENTINE VS KEITH LARSON & MIKE DAVIS (07:58)
VAINQUEURS : RIC FLAIR & GREG VALENTINE
PRISE DE FINITION : FIGURE FOUR LEGLOCK
INDICATEUR : ** ¼
C’est le clou du spectacle. Nous gratifiant d’une apparition rarissime, le « Nature Boy » Ric Flair est de la partie et combattra même dans ce qui se présente comme notre dernier match. Aux côtés de Greg « The Hammer » Valentine, Flair est responsable de ce passage à tabac qui a défiguré « Rowdy » Roddy Piper. En compagnie de ce même Valentine pour ce match à quatre, Flair affiche fièrement son titre de Champion du monde de la NWA, ainsi qu’une superbe robe de ring rouge recouverte de paillettes. En face de ce duo de choc se dresse une opposition composée de Keith Larson et de Mike Davis.
Davis commence face à Valentine mais se fait éclater les lombaires par un gros brise-dos du Champion US. Lorsqu’entre Flair, les atémis claquent et rougissent le torse de Davis qui réussit toutefois à faire entrer Larson. On assiste alors à une superbe séquence à l’issue de laquelle Flair passe le relais à Valentine. Évidemment, les heels dominent sans soucis mais les jobbers leur donnent quand même un peu de fil à retordre – Ce n’est pas si facile que ça ! Flair enchaîne avec sa fameuse descente du genou et envoie ensuite ce pauvre Larson gorge première sur la corde du dessus. Greg Valentine enfonce le clou avec une Gutwrench Suplex mais Larson s’en dégage et permet à Davis de s’offrir un petit comeback. Les jobbers ont le vent en poupe mais Larson se fera calmer par un sale coup de coude de Flair dans la mâchoire. Valentine enchaîne avec sa fameuse descente du coude qui permet au « Nature Boy » Ric Flair d’en terminer avec sa Figure Four Leglock traditionnelle.
– Ric Flair et Greg Valentine rejoignent Paul Jones en plateau. Valentine ne mâche pas ses mots à l’égard de « Rowdy » Roddy Piper et nous montre une photo de son visage abîmé par leur agression. D’humeur plutôt joviale – et aux côtés de Jones et de Valentine – Flair affirme gaiment que les filles ne leurs résisteront pas alors que Valentine se permet de remettre le nœud de cravate de Caudle en place.
On sent qu’il s’agit là d’un épisode de transition dans lequel il ne se passe pas grand-chose mais qui assure toutefois avec du très bon catch. Le « Nature Boy » Ric Flair nous gratifie d’un rarissime apparition aux côtés de Greg Valentine. Jack Brisco, Bob Orton Jr. et plus encore cette semaine.
– Si en terme d’avancées scénaristiques, ce programme n’est pas l’épisode le plus abouti que nous avons eu droit récemment, il est important de souligner que le niveau de catch in-ring est toujours excellent, comblant si besoin ce manque d’avancement dans les storylines. Que ce soit nos Champions Tag Team – furieusement efficaces – comme un Bob Orton Jr. ou un Jack Brisco techniquement supérieurs, le catch est toujours mis à l’honneur sur les rings des Carolines – et c’est qui en fait son identité.
– Bourreaux de « Rowdy » Roddy Piper et anciens Champions Tag Team, Ric Flair et Greg Valentine étaient ce soir de la partie. Si nous avons plus ou moins l’habitude de voir notre Champion US sur ce programme, c’est nettement plus rare que le « Nature Boy » Ric Flair nous gratifie d’une apparition – encore moins d’un match. Actuel Champion du monde des poids-lourds de la NWA, Ric Flair est au sommet de sa carrière et marche sur l’eau en cette fin d’année 1982. Et que ce soit au micro comme sur le ring, sa seule présence suffit à éclipser tout le reste, tant son charisme et son aura font de lui le plus gros nom du circuit nord-américain.
– Ce même Ric Flair qui – aux côtés de Greg « The Hammer » Valentine – n’a pas mâché ses mots à l’égard d’un « Rowdy » Roddy Piper blessé. Sauvagement passé à tabac il y a deux semaines de cela, Piper est apparu pour la première fois depuis son agression lors d’une promo pré-enregistrée. Le visage brûlé et presque défiguré par ce déferlement de violence dont il fut victime, le « Hot Rod » est plus enragé que jamais et nous a offert une promo nerveuse et hystérique dont lui seul a le secret. Pour ce qui est de Ric Flair, les deux hommes iront encore croiser le fer à plusieurs reprises, mais pour Valentine, c’est ici le début de la longue construction d’un combat qui est resté dans les mémoires : ce Dog Collar Match qui aura lieu au Starrcade inaugural.
Nathan Maingneur