MID-ATLANTIC CHAMPIONSHIP WRESTLING #58
18/12/1982

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved
On commence comme d’habitude avec le célèbre générique en quatre temps des Jim Crockett Promotions. Vous connaissez la musique : d’abord le logo de la promotion puis la petite séquence de catch, la carte des Virginies, des Carolines et de la Géorgie et enfin le carton d’ouverture. Au programme de notre soirée : Sweet Brown Sugar signe le contrat pour tenter de remporter les 100,000 dollars de Dory Funk Jr. Le One Man Gang signe ses débuts au sein de la House of Humperdink et Ricky Steamboat et Jay Youngblood s’en prennent au Sgt. Slaughter et à Don Kernodle.
– On nous passe d’abord une petite séquence pré-enregistrée. En plateau, David Crockett préside la signature de contrat entre Sweet Brown Sugar et Dory Funk Jr. dans le cadre de son open challenge à 100,000 dollars. Crockett stipule que le contrat exige qu’un arbitre invité spécial doit être de rigueur et donne le nom d’Earnie Shavers, légende de la boxe américaine. Finalement, Funk agresse Sugar à coups de manchettes et lui assène un Bodyslam sur le sol avant de le ruer de coups de pied. De retour sur le plateau, Sweet Brown Sugar nous promet de se venger de cette agression.
MATCH 1 : SGT. SLAUGHTER & DON KERNODLE VS MIKE DAVIS & ABE JACOBS (04:05)
VAINQUEURS : SGT. SLAUGHTER & DON KERNODLE
PRISE DE FINITION : THE ATOMIC BOMB
APPRÉCIATION : TRÈS BON MATCH ET EXCELLENT SEGMENT !
Passons désormais au premier combat de la soirée. Fiers détenteurs des ceintures de Champions Tag Team, le Sgt. Slaughter et Don Kernodle se tiennent dans l’un des coins. Et nous n’avons même pas eu le temps de voir qui seraient leurs adversaires qu’ils furent sauvagement pris de court par Ricky Steamboat et Jay Youngblood – qui signent leur retour ! C’est la pagaille, l’action déborde en dehors du ring et Steamboat provoque même la chute du pupitre de Caudle en sautant sur Slaughter !
Au retour de la coupure publicitaire, le calme semble être revenu et nos Champions peuvent désormais se concentrer sur les lutteurs qui se dressent contre eux : un tandem de circonstances composé de Mike Davis et du vieillissant Abe Jacobs, légende des rings néo-zélandais. Vieux de la vieille, Jacobs est un briscard aguerri et donne une petite leçon de catch old-school à Slaughter et Kernodle. Les Champions sont mis en difficulté – leurs adversaires profitant de ce début d’émission chaotique. Mais Slaughter et Kernodle ont de la ressource et réussissent à reprendre le dessus. Kernodle en particulier nous gratifie d’une superbe descente du genou – porté à la Harley Race – et enchaîne avec un magnifique Powerslam. Il hisse ensuite Davis sur ses épaules et passe le relais à Slaughter qui s’empresse de grimper sur la troisième corde. Slaughter s’élance et achève ce pauvre Davis avec « The Atomic Bomb », du nom de cette terrible manœuvre qui a décimé Jay Youngblood il y a quelques semaines de cela.
– Et en parlant du loup, Steamboat et Youngblood reviennent à la charge et s’en prennent une fois encore aux Champions ! Le public de Charlotte est en délire et Slaughter et Kernodle décident de prendre la tangente en direction des vestiaires. Quelle entrée en matière !
MATCH 2 : JIMMY VALIANT & « COWBOY » BOB ORTON JR. VS RICKY HARRIS & JIM DALTON (02:12)
VAINQUEURS : JIMMY VALIANT & « COWBOY » BOB ORTON JR.
PRISE DE FINITION : PILEDRIVER
APPRÉCIATION : LA FORMATION EST ATYPIQUE ET NÉANMOINS EFFICACE !
Le « Boogie Woogie Man » Jimmy Valiant et « Cowboy » Bob Orton Jr. sont de la partie et grimpent sur le ring tout en musique avec une énergie toujours aussi communicative. Ils se sont alliés pour faire face à la House of Humperdink et le moins qu’on puisse dire, c’est que ce mélange de styles est plutôt efficace. Ils s’échauffaient ce soir contre un duo de choc composé de « Hangman » Ricky Harris et de Jim Dalton.
Un bandana coloré sur la tête, Valiant est totalement déjanté et n’attends pas le son de la cloche pour se jeter sur ses adversaires. Orton Jr. se débarrasse rapidement de Harris et couche ensuite Dalton avec un Bodyslam. Avec sa gestuelle atypique, Valiant n’a aucun mal à s’imposer, bien aidé par un Orton Jr. dont le méthodisme contraste parfaitement avec la frénésie hystérique de Valiant. Orton Jr. nous gratifie d’une splendide descente du genou – portée façon Harley Race et qu’elle est belle – et part pour un Piledriver. Valiant se joins volontiers au mouvement et plante le crâne de ce pauvre Dalton en ajoutant de l’impact à cette prise déjà destructrice. L’arbitre Stu Schwartz réalise le compte de trois et Jimmy Valiant et « Cowboy » Bob Orton Jr. l’emportent au compte de trois en moins de trois minutes.
– Au micro de Bob Caudle, Bob Orton Jr. dit que le Sgt. Slaughter et Don Kernodle feraient bien de surveiller leurs arrières, de même en va pour les hommes de la House of Humperdink. Le « Boogie Woogie Man » n’est pas redescendu de son nuage et beugle en disant qu’Orton est un bagarreur de rue. Interrogé à propos de la potentielle présence d’Ernie Shavers dans un rôle d’arbitre, Orton Jr. affirme sans détours qu’un catcheur peut battre un boxeur mais que dans ce cas précis, Shavers sera présent pour faire régner l’ordre.
De retour de la coupure publicitaire, Bob Caudle se trouve en compagnie de Sir Oliver Humperdink et de son nouveau protégé. À près de 2,06 mètres pour 204kg, voici George Gray, plus connu sous le nom du One Man Gang, récent transfuge de la Mid-South Wrestling recruté par Humperdink pour s’en prendre à Jimmy Valiant.
MATCH 3 : THE ONE MAN GANG W/SIR OLIVER HUMPERDINK VS KEITH LARSON (00:49)
VAINQUEUR : THE ONE MAN GANG
PRISE DE FINITION : RUNNING POWERSLAM
APPRÉCIATION : SQUASH TRÈS IMPRESSIONNANT
Originaire de Chicago dans l’Illinois, le jeune George Gray fut initié au catch par Chief Jay Eagle et Darren « Rattlesnake » Westbrooks, lutteurs et promoteurs indépendants. Combattant d’abord sous le nom de Crusher Gray, George prit plus tard le noms de One Man Gang en référence à ses origines, étant en effet annoncé de Halsted Street, l’une des rues les plus malfamées de Chicago. Moins d’un an après avoir débuté du côté de la Mid-South Wrestling, le One Man Gang rejoint donc les rings des Jim Crockett Promotions en compagnie de Sir Oliver Humperdink, qui succède donc à Skandor Akbar en tant que manager de ce grand gaillard. En face de lui ce soir se dressait un Keith Larson qui n’en mène pas large, lui qui est pourtant l’un des meilleurs talents de ce territoire.

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Larson se heurte à une véritable masse humaine et essaie par conséquent – intelligemment – de s’en prendre à ses jambes, sans aucun succès. Il tente alors de lui faire perdre l’équilibre avec un saut chassé mais le One Man Gang est un objet inamovible et ne vacille même pas. Celui-ci le hisse alors sur son épaule et – prenant son élan – le pulvérise au milieu du ring avec un Powerslam monstrueux. L’arbitre aurait pu compter jusqu’à cent, ce pauvre Keith Larson ne relèvera pas son épaule et le One Man Gang remporte donc ses débuts – et quels débuts ! – sur ce territoire.
– Ricky Steamboat et Jay Youngblood sont en plateau et s’adressent avec véhémence au Sgt. Slaughter et à Don Kernodle. Youngblood assure être au meilleur de sa forme et souhaite se venger. Steamboat ajoute qu’ils ont l’avantage puisque les Champions ont eu les chocottes.
MATCH 4 : DORY FUNK JR. VS RON RITCHIE (07:06)
VAINQUEUR : DORY FUNK JR.
PRISE DE FINITION : SPINNING TOE HOLD
INDICATEUR : **
Aperçu en début d’émission lors d’une vignette consacrée à la signature du contrat de sa prochaine défense de valise contre Sweet Brown Sugar, Dory Funk Jr. apparaît ici en solo mais les 100,000 dollars qui sont promis à chacune de ses apparitions ne seront pas remis en jeu ce soir. Et c’est bien dommage puisqu’en face du « Texas Bronco » se tient Ron Ritchie, également considéré comme l’un des meilleurs lutteurs de la promotion et de cette période.
Funk donne le ton avec un Armdrag sec et rugueux. Acculé dans l’un des coins, Ritchie goûte aux manchettes à l’européenne du texan – sa marque de fabrique. Funk réussit à lui asséner une sorte de Dragon Sleeper mais Ritchie s’en sort seulement pour se manger un sale coup de coude dans la mâchoire. Funk enchaîne avec une souplesse arrière mais Ritchie – bien qu’il soit largement dominé – ne lâche rien et essaie d’envoyer quelques coups de poing. Il emmène finalement au sol mais Funk le calme avec une Back Suplex. Ritchie réponds aux manchettes de Funk avec des droites et réussit à le faire tomber sur ses fesses, ce dernier allant reprendre ses esprits en dehors du ring. Ritchie ne lâche rien, manquant même de surprendre Funk avec un Sunset Flip. Une tentative de surpassement est cependant ratée et Funk l’emporte ensuite d’une façon un peu abrupte avec sa Spinning Toe Hold.
– Désormais en plateau, Dory Jr. est interviewé par Bob Caudle et s’insurge de la présence d’Ernie Shavers en tant qu’arbitre lors de son match contre Sweet Brown Sugar. Légèrement essoufflé, Funk clame qu’il s’agit d’un complot et touche même quelques mots à Ric Flair, affirmant qu’il est meilleur que lui. Cette petite saillie, alors que les deux hommes sont des heels, sont sans doute le fruit d’une petite guerre d’égo qui dépasse le cadre des Jim Crockett Promotions. Au retour de la coupure, Dory Jr. est toujours à l’antenne et se demande quand Dusty Rhodes ou encore Mike Graham – des lutteurs du territoire de Floride – accepteront son challenge.
MATCH 5 : MIKE ROTUNDA W/BOB ORTON JR. & JIMMY VALIANT VS KEN TIMBS (07:55)
VAINQUEUR : MIKE ROTUNDA
PRISE DE FINITION : AIRPLANE SPIN
INDICATEUR : **
Il semblerait que Jimmy Valiant et Bob Orton Jr. se soient trouvés un nouveau copain. Esseulé à la suite d’une série de défaites frustrantes contre « Bad Bad » Leroy Brown, le jeune Mike Rotunda était un peu paumé. Et comme pour lui rappeler qu’il a toujours une raison de se battre contre la House of Humperdink, Orton Jr. et Valiant l’ont pris sous son aile et le coachent d’une manière un peu particulière. Mike Rotunda se frottait à Ken Timbs et porte ce soir le béret – à la Brian Johnson d’AC/DC.
Les premiers échanges sont à l’avantage de Rotunda, alors que Valiant et Orton Jr. peuvent être entendus aux commentaires. Et ce coaching semble porter ses fruits puisque Rotunda semble plus incisif que d’habitude – du moins récemment. Vétéran des rings, Timbs revient avec quelques coups de poing mais Valiant se remet à gueuler pour l’encourager. Et ça fonctionne ! Rotunda revient en effet en force et envoie Timbs valdinguer en dehors du ring. Animé par ce soutien pour le moins unique, Rotunda apparaît désormais ultra dominant et fait même preuve d’une agressivité qu’on ne lui connaissait pas. Il enchaîne avec une jolie souplesse arrière et en termine avec son Airplane Spin en un peu moins de huit minutes, une solide exhibition de ses capacités qui augure un renouveau nécessaire.
– Sgt. Slaughter, Don Kernodle et le One Man Gang concluent ce programme au micro. Kernodle se défends d’avoir fui face à Ricky Steamboat et Jay Youngblood et menace de les mettre hors d’état de nuire. Slaughter insulte Youngblood et reprends quelques paroles du morceau « Dirty Laundry » de Don Henley, insinuant qu’il doit s’occuper du linge sale. Slaughter serre ensuite la main du One Man Gang qui a donc été ramené par Humperdink en guise de garde du corps pour empêcher toute intervention de Youngblood et de Steamboat.
Sacrée édition de Mid-Atlantic Championship Wrestling qui ne souffre d’aucun temps mort et qui regorge même de quelques surprises et rebondissements. Le One Man Gang signe des débuts plutôt solides, Sweet Brown Sugar signe un contrat pour affronter Dory Funk et plus encore !
– Transfuge de la Mid-South Wrestling, le One Man Gang a effectué des débuts fracassants sur ce territoire. Passant de l’écurie de Skandor Akbar à celle de Sir Oliver Humperdink, le One Man Gang s’est sans doute lassé d’être la serpillère du Junkyard Dog après avoir été construit comme l’un des top heels de la promotion. La House of Humperdink grossit encore ses rangs, sans aucun doute une réponse d’Humperdink à l’adhésion d’Abdullah The Butcher au « Piper’s Palace ».
– Arrivé sur ce territoire avec son challenge à 100,000 dollars, Dory Funk Jr. ne se mesurait jusqu’ici qu’à des jobbers et conservait donc plutôt facilement sa valise de billets. Le défi de l’ancien Champion du monde prit toutefois une autre tournure lorsque Sweet Brown Sugar – nouvellement arrivé sur les rings des Carolines – s’est immédiatement positionné en tant que challenger déterminé. Nous avons même eu droit à une signature de contrat – présidée par David Crockett – qui a tourné au vinaigre lorsque Funk agressa violemment Sweet Brown Sugar. L’affiche est belle et j’espère que nous en verrons au moins quelques images.
– Face à la House of Humperdink Jimmy Valiant et Bob Orton Jr. se sont alliés et catchent maintenant en Tag Team. Pas satisfaits pour autant de cette union atypique, ils se sont également affublés d’un Mike Rotunda un peu perdu – qui avait bien besoin d’un petit coup de main. Et le résultat fut au rendez-vous, puisqu’au terme d’une solide exhibition de Rotunda – largement soutenu par Valiant et Orton Jr. – celui-ci nous a montré une agressivité et une hargne que nous n’avions pas vu depuis un bon moment. Espérons que ce soit là pour lui le point de départ d’un renouveau plus que nécessaire.
– On nous a longtemps repassé ces images de la rencontre entre les Champions Tag Team et leurs challengers que sont Ricky Steamboat et Jay Youngblood. Un combat qui s’est terminé de la pire des manières pour ces derniers lorsque Youngblood fut décimé par une redoutable manœuvre en tag de Slaughter et de Kernodle – appelée la « Bombe Atomique ». Remis de leurs émotions, Youngblood et Steamboat sont de retour et ont fait irruption en début d’émission pour s’en prendre violemment aux Champions. Le message est on-ne-peut-plus limpide : Ricky Steamboat et Jay Youngblood courent après les titres de Champions Tag Team !
Nathan Maingneur