MID-ATLANTIC CHAMPIONSHIP WRESTLING #59

MID-ATLANTIC CHAMPIONSHIP WRESTLING #59

25/12/1982

Mid-Atlantic Championship Wrestling

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved

On entame la dernière édition de Mid-Atlantic Championship Wrestling de l’année 1982 avec le traditionnel générique en quatre temps des Jim Crockett Promotions. Vous connaissez la chanson : d’abord le logo de la promotion puis la petite séquence de catch, la carte des Virginies, des Carolines et de la Géorgie et enfin le carton d’ouverture. Au programme de notre soirée : Ricky Steamboat et Jay Youngblood ont trouvé le moyen de contrer le Cobra Clutch du Sgt. Slaughter, plus la présence de Greg Valentine, Sweet Brown Sugar et Dory Funk Sr.

– Ricky Steamboat et Jay Youngblood rejoignent Bob Caudle sur le plateau et ont une petite séquence à nous montrer. Les images proviennent d’une récente édition de World Wide Wrestling et le match montré à l’écran opposait Steamboat & Youngblood à Jim Nelson et « Hangman » Ricky Harris. Et alors que Sgt. Slaughter était venu encourager son ancien partenaire, Nelson décide de lui rendre hommage en tentant un Cobra Clutch. Mais Youngblood crochète sa jambe et part pour une sorte de Russian Leg Sweep, contrant officiellement la prise du sergent pour la toute première fois ! De retour en plateau, Youngblood révèle avoir mis au point trois façons de contrer cette prise et indique que leur objectif est maintenant de remporter les titres de Champions Tag Team.


MATCH 1 : RICKY STEAMBOAT & JAY YOUNGBLOOD VS BILL WHITE & FRANK MONTE (02:10)

VAINQUEURS : RICKY STEAMBOAT & JAY YOUNGBLOOD

PRISE DE FINITION : SLINGSHOT SPLASH

APPRÉCIATION : SOLIDE MAIS COURTE EXHIBITION DES CHALLENGERS


Ces mêmes Ricky Steamboat et Jay Youngblood sont de la partie pour le premier combat de notre soirée. Déterminés, les challengers ont à cœur de montrer aux Champions qu’ils sont de sérieux challengers – surtout qu’ils savent désormais contrer le Cobra Clutch, la terrible prise de soumission du Sgt. Slaughter. Contre eux ce soir se dressait un tandem de circonstances composé de Bill White et de Frank Monte, ce dernier que nous n’avions pas aperçu depuis un moment dans ce programme.

Youngblood commence en trombe face à Bill White et enchaînes en laissant Steamboat affronter Monte. Les challengers font preuve d’une synergie et d’une fluidité encore plus nette que d’habitude, sans doute sont-ils remontés à bloc à la suite de leurs récents succès. Youngblood couche Monte avec une belle souplesse arrière et passe le relais à Steamboat. Celui-ci lui assène un enfourchement et alors que Youngblood se tenait sur le tablier du ring, le projette en Slingshot Splash sur ce pauvre Frank Monte. L’arbitre Tommy Young compte trois et adjuge la victoire à Steamboat et Youngblood.


MATCH 2 : THE ONE MAN GANG W/SIR OLIVER HUMPERDINK VS RON RITCHIE (02:51)

VAINQUEUR : THE ONE MAN GANG

PRISE DE FINITION : RUNNING POWERSLAM

APPRÉCIATION : SQUASH TOUJOURS AUSSI ÉCRASANT !


Culminant à près de 2,06m pour 204kg à la pesée, le One Man Gang est une montagne. La nouvelle recrue de la House of Humperdink prends de la place et c’est le moins qu’on puisse dire. Toujours invaincu, ce grand gaillard est seulement âgé de 22 ans et en impose pourtant déjà. En face de lui ce soir, un jeune Ron Ritchie n’a pas l’air très confiant et on peut le comprendre.

Prudent, Ritchie reste sur ses gardes mais au moment d’engager, le One Man Gang le repousse violemment dans l’un des coins. Lorsqu’il l’accroche avec une prise de l’ours qui aura rarement aussi bien porté son nom, le One Man Gang broie les vertèbres de ce pauvre garçon. Aux commentaires, Sir Oliver Humperdink annonce que l’une de ses résolutions de 1983 sera de se débarrasser des lutteurs qui gagnèrent le succès de sa famille. Ritchie essaie tant bien que mal d’envoyer quelques coups de pied au géant mais lorsque celui-ci le cogne à son tour, la force de frappe n’est pas la même. Le jeune Ritchie se redonne du poil de la bête mais se heurte littéralement à un mur. Finalement, le One Man Gang l’emporte à la suite d’un Running Powerslam bestial.


– En plateau, et au micro de Bob Caudle, Sir Oliver Humperdink s’adresse à la caméra et affirme que 1983 sera son année et celle de la House of Humperdink.


MATCH 3 : DORY FUNK JR. VS MARK FLEMING (03:59)

VAINQUEUR : DORY FUNK JR.

PRISE DE FINITION : SPINNING TOE HOLD

APPRÉCIATION : BONNE PETITE EXHIBITION DE CATCH OLD-SCHOOL


Vétéran des rings et briscard invétéré, Dory Funk Jr. a presque déjà tout accompli. Aîné de la fratrie des Funk, son père est une légende de catch et son petit frère – l’énergique Terry – est en passe de le devenir. À l’âge de 41 ans, Dory Jr. a écumé les rings de la planète entière et défends régulièrement sur ces émissions la somme de 100,000 dollars promise à quiconque parviendrait à le battre. Funk ne remet pas son argent en jeu ce soir et se mesurait simplement à un jobber du nom de Mark Fleming.

À l’ancienne, Funk emmène le jeune Fleming au sol avec un Side Headlock mais opte plutôt pour une série de manchettes portées à l’européenne qui claquent dans tous les studios. Funk le ramène sur le ring à la dure en lui portant une souplesse arrière et tente coûte que coûte de lui river les épaules au tapis. Funk enchaîne avec une Gutwrench Suplex mais Fleming se débat, ce à quoi Funk réponds avec un gros uppercut. Encore une belle prise de catch, ce sera cette fois-ci une Double Underhook Suplex qui précède sa Spinning Toe Hold qui fera en sorte que Fleming jette l’éponge.


– Au micro de Bob Caudle, un Dory Funk Jr. essoufflé (sans doute à cause du nombre de paquets de cigarettes qu’il s’enfilait à cette époque) défends qu’une conspiration s’est montée contre lui en raison de sa richesse et de son talent entre les cordes. En même temps… quelle idée de mettre en jeu la somme de 100,000 dollars !


MATCH 4 : SWEET BROWN SUGAR VS KEN TIMBS (03:58)

VAINQUEUR : SWEET BROWN SUGAR

PRISE DE FINITION : FLYING HEADSCISSORS

APPRÉCIATION : PLUTÔT BON MATCH DE CATCH


Tout récemment arrivé sur le territoire des Carolines, l’excitant Sweet Brown Sugar s’est rapidement positionné pour relever le défi à 100,000 dollars de Dory Funk Jr. La semaine passée, Skip Young – de son vrai nom – s’est fait agresser par ce dernier lors de la signature de leur contrat, un passage à tabac qui aurait pu le mettre en garde mais qui eut l’effet inverse, c’est à dire de le motiver davantage. Ce soir, Sweet Brown Sugar se frottait à Ken Timbs, l’un des jobbers les plus récurrents de ces programmes.

Sugar s’impose avec une véloce série de bras à la volée avant d’enchaîner avec un magnifique saut chassé au terme d’une séquence hyper bien rythmée. Sugar le garde au sol avec un Headscissors et lorsque Timbs s’en défait, Sugar a la présence d’esprit d’enchaîner avec une planchette japonaise. Timbs essaie de se donner un peu de courage mais lorsqu’il lui écrase la tête dans l’un des coins, Sugar ne ressent rien, même chose avec ces droites qui feront plus de mal au poing de Timbs qu’au crâne de Sweet Brown Sugar. Celui-ci s’élance et part pour un Flying Headscissors, maladroitement transformé en une tentative de tombé qui suffira néanmoins pour le compte de trois. La prise de risque était audacieuse donc le point est quand même accordé.


– Sweet Brown Sugar s’amène en plateau pour s’adresser à Dory Funk Jr. Le contraste est édifiant, Sugar est en pleine forme alors que Funk semblait être au bout de sa vie. Motivé comme jamais à l’idée d’affronter Funk, Sugar est prêt à en découdre. Caudle est ensuite rejoint par Jack Brisco, qui se dit prêt à affronter Jos LeDuc et qui sera de la partie lors de notre prochain combat. « Rowdy » Roddy Piper est aussi présent et même si son visage est encore légèrement tuméfié de ce passage à tabac de Ric Flair et de Greg Valentine, Piper se refuse tout commentaire au risque d’être suspendu.


MATCH 5 : JACK BRISCO VS JOE LAUREN (03:11)

VAINQUEUR : JACK BRISCO

PRISE DE FINITION : PETIT PAQUET

APPRÉCIATION : BRISCO A FAIT EN SORTE QUE LAUREN RESSORTE FORT !


Jack Brisco termine son année 1982 avec la ceinture de Champion du monde autour des hanches et c’est amplement mérité. Figure de proue des Jim Crockett Promotions, Brisco aura longuement bataillé contre les brutes de la House of Humperdink, notamment Paul Jones et « Rowdy » Roddy Piper pour ne citer qu’eux. Ce soir, le Champion se mesurait à un nouveau venu du nom de Joe Lauren, un jeune gaillard tout juste âgé de 22 ans au physique déjà bien développé qu’on connaît davantage avec du maquillage et des piques puisqu’il s’agit du futur Road Warrior Animal.

Aux commentaires, Caudle remarque d’emblée que ce Joe Lauren est un sacré morceau et ce dernier réussit même à faire étalage de sa force en repoussant Brisco. Il donne le ton avec un enfourchement, mais Brisco lui rends la pareille – œil pour œil. Brisco le maintient au sol avec un Chinlock, une sorte de Camel Clutch modifié. Lauren le hisse en Bearhug, une prise de l’ours dont Brisco se sortira difficilement et en vendant le dos. Lauren domine les débats mais – alors qu’il partait pour un autre enfourchement – Brisco est plus expérimenté et a la présence d’esprit de l’enrouler en petit paquet pour le compte de trois. La victoire n’est pas décisive et Lauren est en fait complètement gagnant dans cette histoire. 


MATCH 6 : « COWBOY » BOB ORTON JR. VS MASA FUCHI (02:35)

VAINQUEUR : « COWBOY » BOB ORTON JR.

PRISE DE FINITION : SPLASH BOMB

INDICATEUR : ON AURAIT APPRÉCIÉ QUE LE MATCH DURE PLUS LONGTEMPS !


Originaire de Kansas City dans le Missouri, Bob Orton Jr. connaît le catch depuis sa plus tendre enfance. Son père Bob Orton Sr. est l’une des plus grosses légendes du Midwest et a d’abord été réticent à ce que son fils se lance sur ses pas. Malgré ces réticences, Orton Jr. a redoublé de persévérance et s’est construit une solide réputation en tant que « Cowboy » Bob Orton Jr. sur le circuit nord-américain. Fidèle allié de « Rowdy » Roddy Piper contre la House of Humperdink depuis son arrivée, Orton Jr. se mesurait ce soir à Masa Fuchi, l’une des futures figures de proue de la All Japan Pro Wrestling.

Orton Jr. fait preuve d’une étonnante technicité en emmenant Fuchi au sol avec une sorte de Leg Takedown. Il l’y garde ensuite fermement dans ce qui s’apparente plus à une joute de lutte qu’un match de catch. C’est au tour de Fuchi de l’emmener au sol avec un collier arrière, assez rapidement contré par Orton qui le bloque avec une clé de bras. Fuchi sera le premier à envoyer les coups, mais Orton est un bagarreur et réplique avec un brise-dos. Prenant appui sur la corde du milieu, Orton enchaîne avec un Splash porté comme le portera Vader et l’emporte au compte de trois en moins de trois minutes.


– Au micro de Caudle, Jack Brisco revient sur son match et ne tarit pas d’éloges à l’égard du jeune Joe Lauren en qui il place beaucoup de potentiel. Il s’adresse ensuite à la House of Humperdink et dénonce les méthodes d’Humperdink qui recrue de gros lutteurs comme le One Man Gang car Paul Jones est incapable de le battre. Orton Jr. le rejoint et – avec la voix d’un gars qui a fumé 3 paquets par jour pendant quarante ans – défends qu’il est difficile de s’adapter au style des catcheurs orientaux.

Sur le plateau, Sir Oliver Humperdink salive déjà avant de nous présenter le prochain membre de la House of Humperdink. Ces images exclusives nous proviennent du territoire de la Floride et nous pouvons y voir Bruiser Brody en action, en train de massacrer un pauvre jobber en lui infligeant des coups de pieds répétés dans le crâne.


MATCH 7 : GREG « THE HAMMER » VALENTINE W/SIR OLIVER HUMPERDINK VS PORKCHOP CASH (07:11)

VAINQUEUR : GREG VALENTINE

PRISE DE FINITION : ABDOMINAL STRETCH SLAM

INDICATEUR : ** ¼


On conclut ce programme – et l’année 1982 – avec notre Champion nord-américain. Ayant regagné ce titre à la suite d’une victoire controversée contre Wahoo McDaniel, Greg « The Hammer » Valentine est un des atouts les plus redoutables de la House of Humperdink. Originaire de Seattle dans l’État de Washington, Valentine s’accroche depuis à ce titre d’une main de fer et rencontrait ce soir un farouche adversaire en la personne de Porkchop Cash, un vrai baroudeur du Bayou qui donne toujours fil à retordre à ses rivaux.

Cash s’impose d’entrée de jeu avec un Headlock fermement cadenassé suivi d’un tour de hanches et d’un Armdrag. Plus technique, Valentine l’emmène au sol et lui assène de sales coups de genou. Valentine a repris le contrôle et – après avoir acculé Cash dans l’un des coins – nous rappelle pourquoi on le surnomme « The Hammer » en lui éclatant le dos avec des frappes du tonnerre. Il s’accroche ensuite à son bras mais Porkchop Cash est un dur à cuire, un vrai guerrier du Sud des États-Unis qui n’a pas froid aux yeux. Cash revient en force avec des coups de poing et de tête qui sonnent Valentine. Mais le Champion nord-américain a de l’avance et continue de s’en prendre à ce bras affaibli. Contrant une projection dans les cordes, Greg Valentine l’attrape en Abdominal Stretch et plutôt que d’attendre l’abandon, il se projette en arrière et fait lourdement retomber Cash sur le dos. L’arbitre compte trois et Greg Valentine remporte donc le dernier match de l’année 1982.


– Greg Valentine rejoint Bob Caudle en plateau et demande à être appelé « L’homme aux mille prises ». Il est ensuite rejoint par Dory Funk Jr. qui se dit impressionné par le catch de Valentine et qui a quelques mots à l’égard de Sweet Brown Sugar et d’Ernie Shavers, qui sera l’arbitre de son combat. Don Kernodle les rejoints à son tour et remarque que c’est un miracle que Jay Youngblood soit de retour. « Rowdy » Roddy Piper s’invite à la fête et fait face au trio de heels, engageant une confrontation avec Greg Valentine.


Et ce sont sur ces images que se termine l’année 1982 du côté de la Mid-Atlantic Championship Wrestling et des Jim Crockett Promotions. Encore une solide édition de ce programme qui réussit l’exploit de caser sept matches de qualité en quarante-cinq minutes d’antenne. Bruiser Brody arrive bientôt en 1983 !

– Le Sgt. Slaughter et Don Kernodle feraient bien de se faire du souci. Car pour la première fois depuis l’instauration officielle du Cobra Clutch Challenge du côté de la World Wrestling Federation l’année dernière, personne n’était réellement parvenu à contrer cette terrible prise de soumission. C’est désormais chose faite, et c’est Jay Youngblood qui a le brevet, ayant mis au point une brillante technique de contre qui a fait péter les plombs au sergent. Ricky Steamboat et Jay Youngblood passent donc de challengers à sérieux challengers et ont désormais les ceintures de Champions Tag Team dans le viseur.

– Après le One Man Gang, c’est au tour de Bruiser Brody de venir grossir les rangs de la House of Humperdink dans sa guerre contre le « Piper’s Palace ». Certes, Brody n’est pas encore débarqué et fera prochainement ses débuts mais ces images qui nous ont été diffusées ici, suffisent à nous mettre les chocottes – et surtout à nous mettre l’eau à la bouche. Les Jim Crockett Promotions ne sont pas prêts. On imagine déjà un potentiel face-à-face avec Abdullah The Butcher… Vivement 1983 ! 

Nathan Maingneur

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