MID-SOUTH WRESTLING #47
20/11/1982

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Boyd Pearce et « Cowboy » Bill Watts sont nos hôtes et nous accueillent comme d’habitude dans l’enceinte du Irish McNeil’s Boys Club de Shreveport en Louisiane pour une nouvelle édition de Mid-South Wrestling. Au programme de notre soirée : Stagger Lee se mesure à Vladic Smirnoff, Tony Atlas sera de la partie, de même que nos Champions Tag Team et plus encore.
MATCH 1 : MR. WRESTLING II & BUCK ROBLEY VS THE GRAPPLER #1 & KELLY KINISKI (05:12)
VAINQUEURS : MR. WRESTLING II & BUCK ROBLEY
PRISE DE FINITION : COUP DE GENOU
INDICATEUR : **
Cela fait plusieurs semaines que Mr. Wrestling II et Buck Robley s’associent en Tag Team. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça leur réussit plutôt bien. Ces deux briscards du catch ont bourlingué sur les rings du monde entier et cumulent près de quarante ans d’expérience. L’homme au masque blanc se retrouve encore une fois ce soir opposé de près ou de loin aux Grapplers car c’est ce soir le Grappler #1 qu’on retrouve en compagnie Kelly Kiniski, originaire de Vancouver en Colombie Britannique et surtout connu pour être le fils du légendaire Gene Kiniski.
Wrestling II et le Grappler #1 lancent les hostilités mais gardent la confrontation pour plus tard. Kiniski se fait offrir une leçon de catch par les deux vétérans qui n’ont plus rien à prouver. On assiste à une belle séquence entre le Grappler #1 et Mr. Wrestling II qui se livrent à un vif échange de coups dans l’un des coins. Ce même Grappler se prendra le genou de Wrestling II dans la mâchoire et repartira dans son coin. Face à ses adversaires, Kiniski ne réussit pas grand-chose. Robley le couche avec un coup de coude dans les dents et laisse Wrestling II en finir avec son célèbre coup de genou qui envoie la mâchoire de Kiniski dans les premiers rangs.
– Reeser Bowden invite ensuite Mr. Wrestling II le rejoindre en dehors du ring. Il lui montre l’un de ses masques que quelqu’un s’est volontairement amusé à détériorer. Ce même quelqu’un a laissé une note en le prévenant que ce ne serait que les débuts des ennuis. Au micro, Wrestling II assure qu’il compte bien découvrir qui se cache derrière ces agissements et surtout – lui jure de lui régler son compte.
De retour sur notre plateau, Pearce et Watts reviennent sur les événements de la semaine dernière entre Tony Atlas et « Hacksaw » Jim Duggan. On nous remontre les images de ce segment à l’issue duquel Duggan a fini ensanglanté après avoir essayé de profiter de la vulnérabilité d’un Atlas mis au défi de réaliser une série d’exercices physiques.
MATCH 2 : « M. USA » TONY ATLAS VS MARTY LUNDE (03:01)
VAINQUEUR : TONY ATLAS
PRISE DE FINITION : MILITARY PRESS SLAM
APPRÉCIATION : TRÈS BON SQUASH DE TONY ATLAS
Fraîchement débarqué sur ce territoire en cette fin d’année 1982, Tony Atlas s’est récemment heurté à un roc en la personne de « Hacksaw » Jim Duggan. Et si Atlas – provoqué à l’issue d’une compétition physique – s’en est plutôt bien sorti, laissant un Jim Duggan en sang et très en colère, il a désormais l’un des plus gros heels de la promotion à ses trousses. Il se frottait ce soir à Marty Lunde, qu’on connaît davantage en tant qu’Arn Anderson, ici encore relégué à un rôle de jobber.
À une main seulement, Atlas n’a aucun mal à s’imposer face à Lunde. Profitant d’être pris en collier de tête par le futur Double-A, Atlas joue avec son adversaire et fait étalage de sa musculature saillante. Tony gagne en vitesse à la suite d’une séquence plutôt rythmée et l’emporte ensuite en trois minutes avec son Military Press Slam.
MATCH 3 : « HACKSAW » JIM DUGGAN VS TED ALLEN (03:17)
VAINQUEUR : JIM DUGGAN
PRISE DE FINITION : DESCENTE DU GENOU
APPRÉCIATION : PERFORMANCE PLUTÔT CORRECTE DE DUGGAN
Visiblement remis de ses émotions – son petit bobo au crâne a en effet plutôt bien cicatrisé – Jim Duggan est de la partie dans notre prochain combat. L’actuel Champion de Louisiane croyait pouvoir humilier Tony Atlas mais c’est lui qui fut ridiculisé par « M. USA » et qui termina sa soirée en sang. Duggan rencontrait ce soir le jobber Ted Allen, qui apparaît comme une demi-portion à côté de son gabarit.
Ultra dominant, Duggan met une tête à son défi du soir et en impose. Toutefois, Allen est courageux et n’hésite pas à envoyer les coups même si Duggan ne sent pas grand-chose. Il lui éclate ensuite les lombaires avec un énorme brise-dos dont Allen se dégage néanmoins. Acculé dans l’un des coins, ce dernier se retire in-extremis d’une charge de Duggan qui s’éclate le front contre la protection du coin. Duggan est groggy mais parvient tout même à l’emporter avec un Spear tonitruant suivi d’une descente du genou pour la route.
MATCH 4 : « THE UGANDAN GIANT » KAMALA W/FRIDAY VS JOE GAINES (01:01)
VAINQUEUR : KAMALA
PRISE DE FINITION : SPLASH
APPRÉCIATION : C’EST TOUJOURS LE MÊME MATCH. ON S’EN LASSE !
C’est presque devenu un rituel. Lorsqu’on entend les percussions africaines et autres sonorités ethniques, on sait que Kamala est dans les parages. Toujours accompagné en direction du ring par son colon qui répond au nom de Friday, celui qu’on surnomme « The Ugandan Giant » est toujours invaincu et continue de torturer des jobbers – pour un peu qu’ils ne terminent pas dans la marmite.
La formule est toujours plus ou moins identique, Kamala martèle son pauvre défi du soir avec d’amples frappes du plat de la main. Et ce nouveau venu du nom de Joe Gaines – total inconnu au bataillon – ne fera pas la différence. Il succombe en effet en l’espace d’une minute à la déferlante Kamala qui l’emporte comme d’habitude avec une série de Splashes réalisées sur le dos de son adversaire.
MATCH 5 : CHAVO GUERRERO SR. VS TONY ANTHONY (04:13)
VAINQUEUR : CHAVO GUERRERO SR.
PRISE DE FINITION : GERMAN SUPLEX
APPRÉCIATION : PERFORMANCE PLUS CLASSIQUE CETTE SEMAINE
Grâce à d’excellents débuts la semaine dernière, Chavo Guerrero Sr. a impressionné, non seulement le public mais aussi les officiels qui ne sont pas restés insensibles au style voltigeur et aérien de ce compétiteur mexicain. Originaire d’El Paso au Texas Guerrero est issu d’une longue lignée de catcheurs ; son père Gory Guerrero est notamment reconnu pour être l’inventeur du Camel Clutch et du Gory Special. Il se mesurait cette semaine à Tony Anthony, un jobber qu’on a déjà aperçu du côté de la Mid-Atlantic Championship Wrestling.
Parfaitement mesuré, Chavo Sr. s’impose d’abord avec un catch très terre-à-terre, loin des envolées et des pirouettes de la semaine passée. Sa technique est bien rodée et son arsenal de prises se révèle très varié et regorge de multiples influences. Guerrero prends enfin un peu de vitesse et renoue rapidement avec ses origines en envoyant Anthony en dehors du ring. Voyant que ce dernier est alerte, Chavo Sr. avorte une tentative de Suicide Dive et choisit de partir pour une Slingshot Plancha. De retour sur le ring, Guerrero contre une tentative de souplesse arrière et emmène son adversaire au tapis avec une superbe German Suplex maintenue en ponté, qui suffit pour le compte de trois.
– De retour en plateau, Pearce et Watts reviennent sur ce match qui a opposé Matt Borne à Stagger Lee la semaine dernière. S’il est apparu assez évident que ce Stagger Lee n’est pas le même que celui qui a explosé Ted DiBiase la semaine précédente, un individu ressemblant fortement au Junkyard Dog est apparu dans un costume identique, contribuant à semer encore plus le doute chez les Champions qui défendent que le Junkyard Dog EST Stagger Lee. On nous remontre ces images et lorsque nous sommes de retour, Watts annonce que les Champions ont désormais un délai pour prouver que sous le masque de Stagger Lee se cache le Junkyard Dog. Et si ce préavis est dépassé, ils seront bannis du territoire !
MATCH 6 : STAGGER LEE VS VLADIC SMIRNOFF (00:55)
VAINQUEUR : STAGGER LEE
PRISE DE FINITION : POWERSLAM
APPRÉCIATION : SQUASH EXPÉDITIF ET EXTRÊMEMENT PUNITIF !
Pourtant né à Tampa en Floride, Boris Korchenko est probablement originaire d’un pays d’Europe de l’Est – avec un tel nom – et c’est sans doute ce qui lui valut de prendre les traits de Vladic Smirnoff, un méchant russe qui souhaite casser de l’occidental – sans pour autant virer dans le stéréotype et dans la caricature. À l’instar du Junkyard Dog – une comparaison tout à fait fortuite bien entendu – Stagger Lee s’amène en direction du ring en musique et arbore une silhouette similaire à celle du JYD.
Explosif, Stagger Lee ne perds pas une seconde et allume Smirnoff avec une pluie de coups de poing et de tête. Complètement largué, Smirnoff se fait décrocher la tête avec un énorme Lariat et succombe à un Falling Headbutt en cinquante cinq secondes seulement. Si l’objectif était de le construire comme un heel à prendre très au sérieux, c’est complètement raté. En même temps, ne serait-ce pas là la fin précipitée de son push, à la suite de performances plus que moyennes ?!
MATCH 7 : TED DIBIASE & MATT BORNE VS KING COBRA & TIM HORNER (05:09)
VAINQUEURS : TED DIBIASE & MATT BORNE
PRISE DE FINITION : POWERSLAM
INDICATEUR : ** ¼
On conclut ce programme avec nos Champions Tag Team, qui ne semblent pas trop avoir la pression. Tout fier d’être présenté en tant que Champion nord-américain ET Champion Tag Team, DiBiase est tout sourire. De même que son acolyte Matt Borne, devenu la moitié des Champions par équipe lors de ses débuts. Ils s’opposent à un duo de choc composé de King Cobra et de Tim Horner.
DiBiase et Horner commence en trombe et c’est étonnement celui-ci qui prend l’avantage psychologique. Toutefois, l’expérience et la robustesse du Champion nord-américain lui permettent de reprendre la main. Borne manque de se faire disqualifier en sautant du haut de la troisième corde – c’est effectivement interdit sur ce territoire. Tout feu tout flammes, Cobra calme les ardeurs des Champions avec un déluge de sauts chassés. Ce feu follet ne sera finalement qu’une étincelle, DiBiase reprenant le dessus avec une souplesse arrière. La rencontre est dynamique, rythmée et très disputée et les quatre hommes brillent l’un comme l’autre. DiBiase revient en force avec un gros coup de la corde à linge avant que Borne enchaîne en éclatant Horner avec un magnifique Powerslam qui suffit pour le compte de trois.
Une édition un peu plus plate que d’habitude surtout lorsqu’on est habitués à d’énormes programmations comme c’est le cas en ce moment mais qui comporte quelques rebondissements scénaristiques. Stagger Lee explose Vladic Smirnoff, les Champions Tag Team se retrouvent face à un dilemme et plus encore !
– Mr. Wrestling II pensait s’être sorti des histoires qui l’ont longtemps retenu contre le tandem des Grapplers. On s’en souvient, un individu avait usurpé son identité et catchait avec son masque. Jusqu’à ce qu’il découvre qu’il s’agissait du Grappler #1 avant qu’un autre Grappler (n°2 donc) vienne semer le trouble. Cette fois-ci, quelqu’un s’en est pris à son masque et lorsqu’on connaît l’importance de la symbolique du masque dans le catch, ce quelqu’un ferait bien de surveiller ses arrières car Mr. Wrestling II est après lui.
– Ted DiBiase et Matt Borne se frottaient les mains en pensant s’être enfin débarrassés du Junkyard Dog. Défendant mordicus auprès des officiels de la promotion qu’il s’agit du JYD sous le costume de Stagger Lee, les Champions sont tombés des nues lorsqu’ils se rendirent compte que c’était pas le Junkyard Dog sous ce masque. On l’a compris, JYD a mis au point une ruse qui tourne Borne et DiBiase en bourrique, eux qui ont désormais une pression imposée par la promotion. Il a en effet été décrété que s’ils ne parviennent pas à prouver dans un temps imparti que c’est bien le Junkyard Dog sous ce masque, ils seront renvoyés du territoire !
Nathan Maingneur