WORLD WRESTLING FEDERATION – SPECTRUM #1.3

WORLD WRESTLING FEDERATION

PHILADELPHIA SPECTRUM #1.3

18/08/1979

Philadelphia Spectrum

Philadelphia Spectrum

On braque souvent les projecteurs sur le Madison Square Garden de New York City, considéré (et à juste titre) comme la Mecque du catch nord-américain. Toutefois, d’autres arènes en Amérique du Nord portent le même prestige et ont accueilli nombre d’affrontements mythiques. C’est le cas du Sportatorium de Dallas, mais aussi du Boston Garden ou encore du Spectrum de Philadelphie en Pennsylvanie.

Dick Graham est pour l’instant notre seul commentateur et nous présente les matches qui auront lieu ce soir. Au programme, Chief Jay Strongbow règle ses comptes une bonne fois pour toutes avec Greg « The Hammer » Valentine dans un Indian Strap match. « Lucious » Johnny Valiant a l’occasion d’affronter Bob Backlund pour son titre de Champion du monde et André le Géant se mesure quant à lui à « Gentleman » Jerry Valiant et plus encore. Ce programme ayant été coupé, nous ne verrons pas les matches suivants : Tito Santana a battu Gypsy Rodriguez et Ted DiBiase s’est imposé face à Moose Monroe.

Quelques jours plus tôt, sortait au cinéma un des plus films les plus légendaires de l’histoire du cinéma. Avec Apocalypse Now, Francis Ford Coppola dépeint une guerre du Vietnam plus fidèle que jamais à la réalité des faits. Lauréat de la palme d’or du festival de Cannes en 1979, l’œuvre de Coppola – dans laquelle jouent entre autres Marlon Brando et James Caan – est un triomphe à tous les niveaux et est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs films de tous les temps.

Apocalypse Now

Apocalypse Now


MATCH 1 : STEVE KING VS JOS MASCARA (09:22)

VAINQUEUR : STEVE KING

PRISE DE FINITION : CHOC CONTRE L’UN DES COINS

INDICATEUR : * ½


Originaire de Porto Rico, Steve King est essentiellement connu pour être l’un des jobbers les plus actifs de cette période. Tout comme Angelo Gomez ou encore « Big » Ron Shaw, son rôle consistait à perdre face à de plus gros compétiteurs que lui, dans l’objectif de les mettre en avant. Ce soir, King se mesurait à Joe Mascara, un catcheur sur lequel on a peu d’informations – si ce n’est que ce sont ses premiers matches.

On commence avec quelques empoignades plutôt scolaires, suivies par une tentative ratée de Flying Body Press de Mascara. Plus expérimenté que lui, King s’impose avec un Armdrag et poursuit avec une torsion de la cheville. Il envoie Mascara au sol avec un Powerslam mais ce dernier se relève presque immédiatement. Celui-ci s’agace alors à plusieurs reprises au sujet du rythme de comptage de l’arbitre – en vain. Habitué à perdre – et souvent recordman du nombre de défaites lors des programmes hebdomadaires – King paraît en confiance. Lourdement projeté contre la protection du coin, Mascara heurte le tendeur métallique et retombe en arrière. King saute sur l’occasion et le recouvre pour le tombé, l’emportant au compte de trois à ma grande surprise, au terme d’une rencontre moyenne mais pas désagréable pour autant.


MATCH 2 : DICK « THE BULLDOG » BROWER VS PETE SANCHEZ (09:41)

VAINQUEUR : DICK BROWER

PRISE DE FINITION : DESCENTE DU COUDE

INDICATEUR : * ¼


Âgé de presque 46 ans, Dick « The Bulldog » Brower n’est plus dans la fleur de l’âge mais n’en reste pas moins un bagarreur aguerri. Durant ses grandes heures, Brower était l’un des lutteurs les plus redoutables du circuit. On se souvient surtout de lui pour avoir lutté contre l’ours Terrible Ted et pour avoir décollé Haystacks Calhoun du sol avec un enfourchement. Brower se frottait ce soir à Pete Sanchez, un jobber d’origine hispanique plutôt robuste.

À l’inverse du match précédent, les coups fusent dès le son de la cloche et Brower frappe fort, s’imposant avec une torsion du poignet. Sanchez se fait littéralement piétiner et subit le catch lourd et brut de décoffrage du Bulldog. Après avoir essuyé un sale coup de poing – légèrement en dessous de la ceinture – Sanchez y va de son coup bas, envoyant son pied dans les valseuses de Brower. Il ne se passe pas grand-chose, et bien que les deux hommes se répondent coups pour coups, la rencontre manque cruellement de rythme. En position de force, Brower enchaîne avec plusieurs descentes du genou et l’emporte de manière plutôt abrupte, avec une simple descente du coude, au terme d’un match assez moyen. Le temps fort du combat est la présence de Gorilla Monsoon aux commentaires, qui précède l’arrivée d’un Vince McMahon Sr. en retard.


MATCH 3 : S.D « SPECIAL DELIVERY » JONES VS THE COLOMBIAN JAGUAR (08:29)

VAINQUEUR : S.D JONES

PRISE DE FINITION : SUNSET FLIP

INDICATEUR : * ¼


En Amérique latine, et plus particulièrement en Colombie, le jaguar est considéré comme un super prédateur qui possède la morsure la plus puissante de tous les félins. C’est sans aucun doute ce qui a inspiré El Jaguar de Colombia, qui a commencé la lutte libre au Vénézuela au début des années 1960. Légende sur les rings d’Amérique du Sud, il combattait ce soir au Spectrum et se mesurait à une figure tutélaire de ces programmes, en la personne de S.D Jones, local de l’étape aujourd’hui installé à Philadelphie.

S.D Jones

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved

Une poignée de main scelle le respect qui règne entre les deux hommes. Par conséquent, ils se livrent d’abord à quelques technicités, voyant qui serait le meilleur dans cet exercice. Aucun ne prends réellement l’avantage, mais on sent que les tensions montent entre Jones et le Jaguar. Et lorsque crève l’abcès, S.D envoie quelque-uns de ses coups de boule dont lui seul a le secret. Finalement, Jones l’emporte plutôt soudainement grâce à un Sunset Flip dont le Jaguar semble toutefois s’être dégagé. Ce n’est pas franchement mémorable.


MATCH 4 : WWF WORLD TITLE MATCH : BOB BACKLUND © VS « LUCIOUS » JOHNNY VALIANT (20:13)

VAINQUEUR : BOB BACKLUND

PRISE DE FINITION : PETIT PAQUET

INDICATEUR : *** ½


Le mois dernier, Bob Backlund faisait équipe avec Ivan Putski pour défier les Valiant Brothers, qui remettaient leurs titres de Champions en jeu. Et alors que la cloche n’avait même pas sonné, Johnny gifla le Champion du monde, provoquant sa frénésie. Lors du combat, Backlund dut être évacué à cause d’une lacération sanglante, mais ce dernier n’oublia pas cet affront et revint se venger, décidant un peu plus tard de lui accorder un match de championnat lors du prochain programme, surtout pour redorer son blason.

Johnny Valiant

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved

Et alors que « Lucious » Johnny paradait avec son flegme habituel – son veston encore sur ses épaules – Bob Backlund accourt au ring à toute vitesse et s’en prends aussitôt à lui, décollant monsieur Dick Woehrle du sol alors que ce dernier essayait de s’interposer. Furieux, Backlund passe Valiant à tabac et ne lui laisse même pas le temps de retirer son blouson. Complètement démuni, Valiant est à la merci du Champion, qui souhaite se venger de cette claque humiliante. Désespéré, Valiant revient en envoyant Backlund dans l’un des coins, ainsi que dans les cordes, le Champion s’écrasant la glotte contre la première corde. L’opportunité permet à Valiant de reprendre la main, enlevant finalement son gilet après plus d’un quart d’heure de combat. Une prise des trapèzes ralentit alors considérablement le rythme de la rencontre. Backlund s’en dégage grâce à l’appui de la foule mais est envoyé en dehors du ring. Le pugilat se poursuit en contrebas, au plus près des spectateurs et de nos commentateurs. Valiant contre une tentative d’Atomic Drop, mais Backlund réagit vite en l’enroulant en petit paquet pour le compte de trois, remportant le match – et sa vengeance par la même occasion – au terme d’un bon match de championnat.


MATCH 5 : INDIAN STRAP MATCH : CHIEF JAY STRONGBOW VS GREG « THE HAMMER » VALENTINE (10:28)

VAINQUEUR : AUCUN

PRISE DE FINITION : DOUBLE COUNT OUT

INDICATEUR : ** ¾


Après s’être écharpés il y a un mois sur ce même ring, Chief Jay Strongbow et Greg Valentine remettent ce soir le couvert mais cette fois-ci, une stipulation très spéciale empêchera l’un de pouvoir fuir l’autre. Ils s’affrontent en effet dans un Indian Strap match, ce qui veut dire que les deux compétiteurs seront reliées par une bande de cuir marron, attachée à leurs poignets respectifs. Ce n’est pas la première fois qu’ils doivent se soumettre à ces conditions, ils ont déjà joué le jeu au Madison Square Garden mais la rencontre s’était alors soldée sur une double disqualification.

Chief Jay Strongbow & Greg Valentine

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved

L’ambiance est au rendez-vous et le moins qu’on puisse dire, c’est que Valentine semble bien moins volontaire que Strongbow à se laisser attacher. Si bien que Valentine fuit en dehors du ring, sous la menace de coups de fouet potentiels. Mais Strongbow lui serre cette lanière autour du cou et l’étrangle, appliquant une pression supplémentaire en s’aidant des cordes. Problème lorsque Valentine essaie de fuir, il est retenu par Strongbow qui tire sur cette bande. « The Hammer » reprends la main avec de gros coups de poing dans l’arrière du crâne mais cette fois-ci, Strongbow peut se défendre en le fouettant vigoureusement ! Ce dernier revient en force et s’en prends au genou encore fragile de Strongbow, préparant désormais sa Figure Four Leglock. L’amérindien s’en dégage en le cravachant, mais a été ouvert au niveau du front et saigne abondamment. Valentine essaie maintenant de lui enlever sa protection au genou, mais Strongbow enlace cette lanière autour de son poing et ouvre à son tour le front de Valentine. La guerre se poursuit en dehors du ring, et dans cet environnement, les tabourets et les chaises fusent de toutes part. Le son de la cloche retentit alors, mais cela n’arrête pas Chief Jay Strongbow, en pleine transe guerrière. Le verdict sera lourdement conspué, les deux hommes ont en effet été comptés en dehors du ring : ce sera donc un match nul.


MATCH 6 : ANDRÉ LE GÉANT VS « GENTLEMAN » JERRY VALIANT (07:34)

VAINQUEUR : ANDRÉ LE GÉANT

PRISE DE FINITION : SIT-OUT SPLASH

INDICATEUR : ** ½


Troisième larron des Valiant Brothers, celui qu’on appelle « Gentleman » Jerry Valiant s’est d’abord illustré sous le nom de Guy Hill au début des années 1960. Luttant avec un masque sous le nom de The Assassin, puis The Destroyer, John Hill de son vrai nom, fut démasqué et prit le nom de Guy « The Stomper » Mitchell, catchant au Canada et au Japon. En 1979, Hill est signé à la WWF pour remplacer Jimmy Valiant – qui a alors contracté une hépatite – et remporte les titres de Champions Tag Team avec « Lucious » Johnny. Ce soir en solo, Valiant affronte un adversaire de taille et c’est peu dire, en la personne d’André le Géant, qui effectue son arrivée sous les acclamations du public de Philadelphie.

Andre The Giant

© World Wrestling Entertainment Inc. All Rights Reserved/Courtesy of Pro Wrestling Illustrated

Un premier contact voit Valiant être projeté par-dessus les cordes par André, une manière plutôt efficace de se débarrasser de lui. Profitant de son gabarit hors-normes, André n’a aucun mal à s’imposer. Et même si Valiant réussit à envoyer quelques coups de poing, c’est insuffisant pour faire plier le géant. La différence de taille est saisissante et pourtant, Valiant mesure un bon mètre quatre-vingt-dix. Étonnamment, la rencontre est rythmée et Jerry se révèle être un plutôt bon adversaire pour André. Ce dernier l’emporte néanmoins au bout de sept minutes de combat, enchaînant un Big Boot avec un Sit-Out Splash dont Valiant ne se dégagera pas.


Et c’est ainsi que se termine ce programme plus court que d’habitude – et aussi plus inégal qu’à l’accoutumée. Bob Backlund règle ses comptes avec « Lucious » Johnny Valiant, Greg Valentine et Chief Jay Strongbow se tirent la bourre lors d’un Indian Strap match et plus encore au Spectrum de Philadelphie.

– Il y a un mois, Johnny Valiant déclencha la fureur de Bob Backlund en le giflant d’entrée de jeu lors de leur match pour les titres de Champions Tag Team. Une humiliation dont eut du mal à se remettre le Champion du monde, qui dut plus tard être évacué à cause d’une inquiétante lacération. Mais Backlund n’oublia pas cet affront et revint se venger, décidant par la même occasion de défier Valiant en un-contre-un. Ce dernier fut pris de court par la rage du Champion, qui conserva son titre au terme d’un très bon match – certes prévisible – car personne ne croyait que Valiant pourrait remporter le titre suprême.

– Si on pensait que Chief Jay Strongbow et Greg Valentine allaient cette fois-ci régler leur comptes une bonne fois pour toutes, c’est plutôt raté ! Après une première double disqualification au Madison Square Garden, ce second Indian Strap match s’est quant à lui soldé par un double décompte à l’extérieur, une hérésie compte-tenu du fait que toute forme de disqualification est généralement proscrite dans ce genre d’affrontements. Les deux lutteurs n’auront même pas l’occasion de se départager, Greg Valentine quittant la WWF quelques mois plus tard pour rejoindre les Jim Crockett Promotions.

Nathan Maingneur

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