WORLD WRESTLING FEDERATION – SPECTRUM #13

WORLD WRESTLING FEDERATION

PHILADELPHIA SPECTRUM #13

18/09/1982

Philadelphia Spectrum

Philadelphia Spectrum

On braque souvent les projecteurs sur le Madison Square Garden de New York City, considéré (et à juste titre) comme la Mecque du catch nord-américain. Toutefois, d’autres arènes en Amérique du Nord portent le même prestige et ont accueilli nombre d’affrontements mythiques. C’est le cas du Sportatorium de Dallas, mais aussi du Boston Garden ou encore du Spectrum de Philadelphie en Pennsylvanie. Selon les chiffres officiels, près de 9400 personnes se massaient ce soir dans les gradins de cette salle légendaire.

Kal Rudman et Dick Graham seront nos commentateurs et nous présentent la carte de ce programme. Bob Backlund obtient sa revanche face à Jimmy « Superfly » Snuka, Pedro Morales défends son titre de Champion Intercontinental contre « Playboy » Buddy Rose et plus encore.

2 jours plus tard, le groupe de rock londonien Dire Straits sortait son quatrième disque. Un album retentissant qui sera plus tard considéré comme la pièce maîtresse de la formation menée par Mark Knopfler. De ce « Love Over Gold », nous retiendrons surtout ce chef d’œuvre de quatorze minutes, un morceau intitulé « Telegraph Road » dans lequel les cinq musiciens font preuve d’une alchimie hallucinante. Osmose qui les propulsera au sommet avec la sortie du cultissime « Brothers in Arms » en 1984.


MATCH 1 : SALVATORE BELLOMO VS SWEDE HANSON (11:52)

VAINQUEUR : SALVATORE BELLOMO

PRISE DE FINITION : PETIT PAQUET

INDICATEUR : *


Sous le feu des projecteurs à la suite de débuts pourtant peu convaincants, Salvatore Bellomo est de la partie ce soir et ouvre les hostilités. Ce catcheur belge de seulement trente-et-un ans dispose d’un bagage de lutte à l’européenne mais aussi de solides compétences de Lucha Libre, en faisant un compétiteur plutôt versatile. Il se mesurait ce soir à un vétéran des rings américains, en la personne de Swede Hanson, un vieux briscard de presque vingt ans de plus que lui. 

Profitant de sa stature patibulaire, Hanson essaie d’intimider son jeune adversaire mais celui-ci ne se laisse pas impressionner. On assiste à un début de rencontre plutôt étrange, jusqu’à ce que Bellomo surprenne Hanson avec un saut chassé. Hanson le cadenasse dans une Full Nelson mais choisit de lâcher la prise et de se laisser faire. Bellomo opte pour le même modus operandi mais c’est pour mieux le chasser avec un coup de pied de mule. Bloqué au sol par un Headscissors, Bellomo fait preuve d’inventivité pour s’en sortir. Hanson cogne et pilonne les côtes du belge avec ses genoux. Le match en lui-même souffre d’un manque de rythme qui rend certaines séquences franchement pénibles. Projeté dans l’un des coins, Bellomo se retire in-extremis d’une charge d’Hanson, qui s’y encastre alors. Il en profite pour l’enrouler en petit paquet et l’emporte au compte de trois, au terme d’un match vraiment moyen.


MATCH 2 : PAT PATTERSON VS « COWBOY » BOB ORTON JR. (09:23)

VAINQUEUR : PAT PATTERSON

PRISE DE FINITION : SUNSET FLIP

INDICATEUR : *** ¼


Débarqué en ce début d’année 1982 après un passage remarqué sur les rings de la Mid-South Wrestling, Bob Orton Jr. est désormais au service du Grand Wizard of Wrestling. Malgré sa grande gueule et son arrogance manifeste, le fils de Bob Orton Sr. est un redoutable combattant, capable de nous sortir des matches plus fous les uns que les autres – en témoigne ce combat incroyable face à Bob Backlund plus tôt cette année. Orton se frottait ce soir à Pat Patterson, contre qui il a déjà lutté au Nassau Coliseum et au Madison Square Garden plus tôt cette année. La première rencontre s’est soldée par une double disqualification et Orton avait remporté la revanche. C’est donc la belle, et l’occasion parfaite pour Patterson de décrocher une belle victoire. 

Le match commence en trombe et Patterson manque de l’emporter avec une tentative de O’Connor Roll qui pousse Orton à reprendre ses esprits en dehors du ring. Rebelote, cette fois-ci avec un Sunset Flip. L’avantage est définitivement du côté de Patterson. Bagarreur né, Orton reprends le dessus avec de grosses droites et en écrasant le visage de Patterson contre la protection du coin. Le québécois se ressaisit et nous montre – si c’est bien nécessaire que lui aussi sait se battre – et comme il faut ! Orton est en péril et demande un temps mort, mais ce n’est pas du goût de Patterson qui ira lui éclater le genou contre le poteau. Il le prépare en effet pour sa Figure Four Leglock, qu’il lui applique ensuite avec hargne. Mais Orton est combatif et reprend la main avec de grosses descentes du genou. Il le hisse alors sur la troisième corde, sans doute pour lui porter sa Superplex mais Patterson n’est pas décidé à le laisser faire. Remonté sur le tablier du ring après une projection en dehors du ring, Patterson en profite pour enrouler Orton avec un Sunset Flip, qui lui permet de l’emporter au compte de trois. Superbe petit match de catch !


MATCH 3 : CHARLIE FULTON VS JEFF CRANEY (06:07)

VAINQUEUR : CHARLIE FULTON

PRISE DE FINITION : DESCENTE DE LA CUISSE

INDICATEUR : * ½


Originaire de Findlay dans l’Ohio, Charlie Fulton s’est lancé dans le catch en 1968 du côté de Détroit mais dût mettre son parcours en pause lorsqu’il fut envoyé au Vietnam. De retour sur les rings au milieu des années 70, Fulton a formé les Mighty Yankees avec Frank Morrell et ensemble, ont remporté les titres de Champions AWA Southern Tag Team, ainsi que les ceintures de Champions Tag Team du Tennessee. Dur à cuir, Fulton a rejoint les rangs de la WWF en ce début d’année 1982 et se frotte ce soir à Jeff Craney, un jeune catcheur qui ne fera pas long feu sur les rings.

Plus agressif que son adversaire mollasson, Fulton s’impose avec de sales coups d’avant-bras dans la mâchoire de Craney. Et lorsque c’est à son tour de répondre, celui-ci envoie de maigres coups de poing sans la moindre intensité. Aux commentaires, Rudman et Graham ne sont pas tendres à son égard et le taillent sans vergogne. Fulton domine de bout en bout face à un Craney qui ne lui offre aucune résistance. Finalement, Charlie Fulton en termine en un peu plus de six minutes, des suites d’un Bodyslam suivi d’une descente de la cuisse dont ne se relève pas Jeff Craney.


MATCH 4 : 2 OUT OF 3 FALLS MATCH : « THE UNPREDICTABLE » JOHNNY RODZ & JOSÉ ESTRADA VS TONY GAREA & STEVE TRAVIS (21:13)

VAINQUEURS : JOHNNY RODZ & JOSÉ ESTRADA (2-1)

PRISE DE FINITION : ELBOW SMASH

INDICATEUR : *** ½


Quelle joie de retrouver « The Unpredictable » Johnny Rodz et José Estrada pour un match à quatre. En solo, l’un comme l’autre sont considérés – et à juste titre – comme ce qui se fait de mieux dans le monde du catch. Mais ensemble, ce duo de choc est plus dangereux encore, nombre de formations se sont cassé les dents sur leur roublardise et leurs méthodes déloyales. Contre eux ce soir, se dresse un tandem de circonstances, formé par Tony Garea et Steve Travis, qui semble donc remplacer un Rick Martel disparu depuis quelque temps déjà. Gary Cappetta nous le précise, ce combat est un Australian Tag Team Match et est donc soumis aux règles du 2 Out of 3 Falls, au meilleur des trois manches !

Rodz et Garea commencent en trombe, voyant Tony s’imposer avec une série de Armdrags. Travis poursuit sur cette lancée face à Estrada et nous offre de plutôt bons enchaînements. Attention toutefois à ne pas se laisser piéger par la ruse des heels, passés maître dans l’art de la roublardise catchesque. Mais Garea et son collègue d’un soir leur montrent qu’eux aussi peuvent faire preuve de rouerie. À ce petit jeu Rodz et Estrada demeurent nettement au-dessus du lot et le moins qu’on puisse dire, c’est que le match est rythmé et ne souffre d’aucun temps mort. Les quatre hommes font en effet preuve d’une endurance impressionnante et Garea marque le premier point au bout d’un quart d’heure, profitant d’un hot tag pour faire le ménage et river les épaules de Rodz avec un Splash (1-0). Et alors qu’Estrada relevait Rodz, celui-ci se mange un saut chassé de Garea qui relance les hostilités ! Rodz se prends une raclée, mais c’est un vrai dur à cuire, et il parvient à passer le relais à Estrada – non sans difficulté. Celui-ci revient à la charge, mais alors qu’on se demandait pourquoi avoir refait entrer Rodz, ce dernier tire son épingle du jeu en contrant un Splash de Garea, qui s’écrase sur ses genoux. Et ça suffit pour égaliser, Garea étant trop épuisé pour s’en dégager (1-1). Les festivités reprennent et si jusqu’ici, la rencontre se déroulait de manière plutôt classique, nous avons droit à plusieurs séquences où les quatre hommes font preuve d’une créativité plutôt surprenante. Alors qu’on croyait que comme d’habitude, Estrada et Rodz allaient se faire avoir, que nenni ! Travis se mange en effet un Elbow Smash d’Estrada et ne s’en relève pas, voyant Johnny Rodz et José Estrada remporter la victoire à la surprise générale ! (2-1).


MATCH 5 : WWF WORLD HEAVYWEIGHT TITLE MATCH : BOB BACKLUND © W/ARNOLD SKAALAND VS JIMMY « SUPERFLY » SNUKA (21:33)

VAINQUEUR : BOB BACKLUND

PRISE DE FINITION : BACK BODY DROP

INDICATEUR : ** ¼


Fruit de longues semaines de rivalité, la guerre qui oppose Bob Backlund à Jimmy « Superfly » Snuka pourrait prendre fin ce soir. Vêtu d’une somptueuse robe de ring rose, un peu à la manière d’un « High Chief » Peter Maivia, Snuka est totalement plébiscité par le public de Philly et apparaît ce soir sans son manager, l’exécrable « Capitaine »  Lou Albano. Comme toujours, Bob Backlund effectue son entrée aux côtés de son mentor, en la personne du vénérable « Golden Boy » Arnold Skaaland. Malheureusement pour nous, nous n’avons pas pu voir leur combat en cage qui eut lieu en juin et qui serait considéré comme le match de l’année 1982. Nous avions du nous contenter d’une passe d’armes mollassonne la dernière fois que nous étions ici. La différence, c’est que S.D Jones endosse ce soir le maillot d’arbitre ! 

Les premiers échanges ressemblent tristement à ceux de la rencontre précédente. On se cherche, on se jauge, sans que ni l’un ni l’autre ne prenne réellement l’avantage. Quelques test de force à l’issue desquels Backlund rappelle qu’il est est une machine de guerre, sont bienvenus. Ensuite, et bien c’est là que les choses se gâtent. On en retourne encore à cette interminable clé de bras, maintenue par Snuka de très longues minutes durant. On l’a bien compris, afin que la foule ne prenne pas davantage son parti, l’objectif est ici de faire en sorte que Snuka réduise son arsenal, quitte à ne rien faire ou presque. Déjà que dès l’entrée du Champion, ce dernier a été copieusement sifflé. Néanmoins, la foule est dedans et accompagne chacune des tentatives de Backlund pour s’en sortir. Enfin, celui-ci s’en démène et s’en prends au genou de Snuka. La séquence est interminable, au point que les commentateurs en sont à évoquer les grands noms du catch d’antan. Et comme la dernière fois, le rythme décolle enfin sur les cinq dernières minutes. Et le pire, c’est que c’est du bon catch ! Backlund se fait pilonner par un Piledriver et manque de succomber à un impressionnant brise-dos. Finalement, Snuka veut repartir pour un marteau-pilon mais Backlund le retourne en surpassement et retombe sur lui. Avec le poids du Champion, Snuka ne peut se dégager du compte de trois d’un S.D Jones qui n’a donc offert aucune valeur ajoutée à ce combat. Fair-play, et non content d’avoir pu conserver son titre de la sorte, Backlund tend sa main au challenger qui hésite d’abord, mais l’empoignera quand même, remportant le respect de Bob Backlund et amorçant surtout un face turn devenu plus que nécessaire.


– On marque une petite intermission. En studio, Dick Graham accueillait Salvatore Bellomo. Interrogé à propos de la différence entre les États-Unis et l’Europe, ce dernier se sent bien accueilli et pourrait à l’avenir défendre les couleurs de l’Amérique autant que celles de son pays. En studio également, Kal Rudman recevait quant à lui Pat Patterson. Et c’est le québécois qui pose les questions à un Rudman désabusé. Questionné quant à qui est son catcheur préféré, Rudman réponds tacitement que Bob Backlund est son favori.

PRISM Network nous dévoile ensuite le classement officiel des 10 meilleurs catcheurs de la WWF, actualisé en ce mois de septembre 1982. Dans l’ordre, nous retrouvons Chief Jay Strongbow, Ivan Putski, Tony Atlas, Jesse « The Body » Ventura, Adrian Adonis, Greg « The Hammer » Valentine, Pedro Morales, « Cowboy » Bob Orton, Blackjack Mulligan, Jimmy « Superfly » Snuka et bien-sûr Bob Backlund qui trône toujours en pole position.


MATCH 6 : INTERCONTINENTAL TITLE MATCH : PEDRO MORALES © VS « PLAYBOY » BUDDY ROSE W/THE GRAND WIZARD OF WRESTLING (14:38)

VAINQUEUR : BUDDY ROSE

PRISE DE FINITION : COUNT OUT

INDICATEUR : ***


Originaire d’Omaha dans le Nebraska, Paul Perschmann a commencé le catch au début des années 1970. Pris sous l’aile de Verne Gagne et entraîné par Billy Robison, Perschmann a fait ses armes du côté de l’AWA, avant de rejoindre la Pacific Northwest Wrestling de Portland. Il adopte le nom de « Playboy » Buddy Rose et devient rapidement une des têtes d’affiche de la promotion. Seulement âgé de 30 ans et après déjà plus de 10 ans de carrière, Buddy Rose rejoint la World Wrestling Federation en juin 1982 et se retrouve dans l’armée du Grand  Wizard of Wrestling. Il signe ce soir ses débuts au Spectrum et se mesure pour l’occasion à Pedro Morales, qui remet sa ceinture de Champion Intercontinental en jeu. 

Coquet à la manière du « Nature Boy » Buddy Rogers, Rose prends tout son temps pour plier son peignoir et demande à être peigné par le Wizard. Évidemment, Morales s’en agace et lui décroche la mâchoire avec une gauche du tonnerre. De retour entre les cordes, Rose s’impose grâce à un catch mature et réfléchi, tout en se permettant de frimer, un peu comme Salvatore Bellomo, mais en plus arrogant. Pour résumer, Buddy Rose est un mélange entre Gorgeous George et Adrian Adonis, tant pour ses capacités in-ring que son personnage. Petit aperçu de la différence de caractère entre les deux hommes : Pedro écarte l’arbitre pour mieux se battre, mais Rose le replace directement et s’en sert comme d’un bouclier humain. Intelligent, Rose se concentre sur le bras gauche de Pedro, son arme la plus redoutable. Il le maintient alors au tapis avec une clé de bras dont Morales à du mal à se sortir. Rose sait aussi cogner et dégage Pedro en dehors du ring à coups de poing et de pied. Poussé dans ses retranchements, Pedro subit une série de Bodyslams sur le sol du Spectrum. Mais c’est dos au mur que le Champion est le meilleur et Morales se réveille avec sa rage bouillonnante. Sauf que les deux hommes sont comptés par l’arbitre et – aveuglé par sa rage – Pedro lui envoie une gauche qui le remonte entre les cordes à la toute dernière seconde ! La cloche sonne et c’est Pedro Morales qui finit alors compté en dehors du ring. Conservant son titre malgré tout, Pedro est fou de rage et Rose n’arrange pas les choses en s’emparant de la ceinture comme s’il l’avait remportée. Quel culot !


MATCH 9 : SIX-MAN TAG TEAM MATCH : BLACKJACK MULLIGAN, MR. FUJI & MR. SAITO VS CHIEF JAY STRONGBOW, JULES STRONGBOW & ANDRÉ LE GÉANT (17:53)

VAINQUEURS : CHIEF JAY STRONGBOW, JULES STRONGBOW & ANDRÉ LE GÉANT (2-1)

PRISE DE FINITION : SIT-OUT SPLASH

INDICATEUR : *** ¾


On termine en beauté avec un match à six. Dans l’un des coins, on retrouve nos actuels Champions Tag Team, que sont toujours Mr. Fuji et Mr. Saito. À leurs côtés ce soir figure l’un des cowboys les plus redoutés du circuit nord-américain. Avec son gant en cuir noir et son épaisse moustache, voici Blackjack Mulligan. Ils se frottent ce soir à un trio de choc, composé de Jules et de Chief Jay Strongbow ainsi que d’André le Géant, ennemi juré de Mulligan depuis plusieurs mois. Rappelons que les amérindiens sont aussi les challengers aux titres de Fuji et Saito.

D’entrée de jeu, on remarque qu’André porte un gant, exactement comme Mulligan. Un rappel à leur dernier affrontement l ors duquel André s’était emparé de sa mitaine après lui avoir bouffé les doigts. Mis en difficulté par Mulligan, Jules passe rapidement le relais à un André le Géant qui souhaite en découdre. Le combat se poursuit alors en dehors du ring, André lui appliquant une Clawhold démesurée. Il n’y a qu’à voir la taille des doigts du géant pour être impressionnés. Bien aidé par les japonais, Mulligan lui porte à son tour sa Clawhold et réussit à l’immobiliser. C’est désormais à qui réussira à porter la prise, ces deux mastodontes se livrant un de duel titanesque. Dépassé, Fuji subit le catch des amérindiens et concède le premier point à la suite d’un Flying Body Press de Jules (1-0). Tout feu tout flamme, Jules repart face à Mulligan, qui choisit de reporter son attention sur André. Extrêmement puissant, Mulligan réussit l’exploit de soulever le géant et de l’écraser avec un Bodyslam du tonnerre ! Ce dernier se relève et bloque Mulligan avec une Bearhug gargantuesque. Fuji et Saito isolent Chief Jay, tandis que de l’autre côté, Jules se démène avec Mulligan, venu s’en prendre à André. Ce dernier n’hésite pas à assommer André en utilisant la cloche et utilise même un tabouret. Sur le ring, Fuji esquive une charge de Jules qui s’écrase dans le coin. Le japonais en profite pour égaliser avec un Splash porté depuis la corde du milieu (1-1). André et Mulligan continuent le pugilat et cette fois-ci, c’est Mulligan qui se mange le tabouret de plein fouet, avant d’être envoyé face première contre les escaliers. On a l’impression de voir deux géants se déchirer, un visuel très impressionnant, surtout pour les premiers rangs. Sur le ring, les japonais dominent mais André arrive en force pour faire le ménage. Acculant ses trois adversaires dans le coin, André les écrase avec son postérieur, bien aidé par les Strongbow. Saito se mange ensuite un Big Boot et se fait écrabouiller par un Sit-Out Splash du géant qui leur permet de l’emporter pour de bon (2-1).


Et c’est ainsi que se termine ce programme ma foi de plutôt bonne facture, sans toutefois être exceptionnel. « Playboy » Buddy Rose signe ses débuts, Jimmy « Superfly » Snuka amorce son face-turn, de très bons matchs en Tag Team comme en solo, et plus encore !

– Quel régal, dans ces programmes qui tendent parfois à m’ennuyer, de tomber sur une pépite comme nous l’ont proposée Pat Patterson et « Cowboy » Bob Orton Jr. Moins de dix minutes – à un rythme effréné – auront suffi pour mettre tout le monde d’accord. Que ce soit le fait que Pat Patterson est l’adversaire parfait pour tout antagoniste heel ou qu’Orton est fabuleux dans tout ce qu’il fait. Petit bijou de catch, qui relève le niveau de la soirée – assurément. 

– Les débuts de « Playboy » Buddy Rose au Philadelphia Spectrum sont donc réussis. Sa présentation – à savoir celle d’un prétendant arrogant mais néanmoins redoutable – au titre de Champion Intercontinental détenu par Pedro Morales, a fait mouche. Opposé à un Morales encore dangereux, Rose a brillé de mille feux et a pu offrir une solide défense de titre au portoricain, qui perds donc bêtement par décompte à l’extérieur, et qui voudra sans doute obtenir sa revanche afin de corriger ce tort. Sinon, mission accomplie !

– Ce n’est pas tous les jours que Johnny Rodz et José Estrada remportent une victoire, encore moins sur le ring du Spectrum de Philadelphie. Opposés à un tandem composé de Tony Garea et de Steve Travis, ces derniers ont profité du cruel manque d’alchimie du duo pour tirer leur épingle du jeu et s’adjuger une victoire plus que méritée. Ils mériteraient largement d’être intronisés au Hall of Fame, pas forcément pour ce combat, mais pour l’ensemble de leur œuvre.

– C’est donc déçus que nous ressortons de la rivalité entre Bob Backlund et Jimmy Snuka. Car en plus de nous être coltiné deux matches pour le moins ennuyants, nous n’avons même pas eu droit à leur match en cage, apparemment considéré comme le match de l’année 82. Nous en avons déjà parlé, le problème était ici que Snuka était plus apprécié que le Champion, qui recevait même quelques sifflets. Afin de faire en sorte que la situation n’empire pas, l’objectif fut donc de réduire presque à néant l’arsenal de Snuka. Sauf qu’une clé de bras de presque vingt minutes, ça n’intéresse plus grand monde en 1982. Nous retiendrons surtout que c’est là le point de départ du face turn de Snuka, qui ira progressivement s’éloigner puis se séparer du « Capitaine » Lou Albano dans l’optique de poursuivre en solo, et sous les acclamations – cette fois-ci désirées – des foules.

Nathan Maingneur

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