WORLD WRESTLING FEDERATION – SPECTRUM #2.2

WORLD WRESTLING FEDERATION

PHILADELPHIA SPECTRUM #2.2

10/05/1980

Philadelphia Spectrum

Philadelphia Spectrum

On braque souvent les projecteurs sur le Madison Square Garden de New York City, considéré (et à juste titre) comme la Mecque du catch nord-américain. Toutefois, d’autres arènes en Amérique du Nord portent le même prestige et ont accueilli nombre d’affrontements mythiques. C’est le cas du Sportatorium de Dallas, mais aussi du Boston Garden ou encore du Spectrum de Philadelphie en Pennsylvanie. Ce soir, seulement 8,475 places étaient vendues, un chiffre bien plus faible que lors de la dernière édition. 

Sans doute que l’absence de Bruno Sammartino y est pour quelque chose… Néanmoins, nous auront droit à la revanche tant attendue entre Bob Backlund et Hulk Hogan ainsi que de belles affiches comme « Cowboy » Bobby Duncum contre « M. USA » Tony Atlas ou encore Ken Patera contre Ivan Putski. Ce programme n’ayant pas été enregistré dans son intégralité, nous ne verrons donc pas les matches suivants : Rick McGraw a vaincu Marc Pole, Davey O’Hannon a battu Manuel Soto et Dominic DeNucci s’est imposé face à José Estrada.

La veille, la bande des frangins Van Halen retournait les murs du Spectrum. Avec Eddie à la guitare et Alex à la batterie, ainsi que David Lee Roth au chant, Van Halen était en plein tour du monde pour la promotion de son album « Women and Children First » sorti plus tôt cette année. Et avec des tubes comme « Running With The Devil » ou encore la fameuse reprise des Kinks « You Really Got Me » il y a fort à parier que la guitare électrique d’Eddie Van Halen faisait ce soir là des étincelles.


MATCH 1 : « MR. USA »  TONY ATLAS VS « COWBOY » BOBBY DUNCUM (12:41)

VAINQUEUR : BOBBY DUNCUM

PRISE DE FINITION : COUNT OUT

INDICATEUR : ** ¾


Originaire d’Austin au Texas, Bobby Duncum fait partie de ces catcheurs qui ont enfilé un blouson à franges et un chapeau de cowboy pour jouer les bad guys. À l’instar de Stan Hansen ou encore des Blackjacks, « Cowboy » Bobby Duncum a longtemps été un prétendant à l’or suprême, que le Champion soit Bruno Sammartino ou Bob Backlund. Aux côtés de Nick Bockwinkel, Ray Stevens et Blackjack Lanza, Duncum fera partie de la Heenan Family du côté de l’AWA. Il se mesurait ce soir à l’un des compétiteurs les plus appréciés de la compagnie, en la personne de « M. USA » Tony Atlas, dont la musculature saillante est toujours si impressionnante. 

On remarque tout de suite qu’Atlas semble plutôt enclin à l’idée d’en découdre, tandis que Duncum apparaît plus en retrait. Ce dernier brise alors la garde de Tony en envoyant de gros coups de poing, mais Atlas revient en force en contrant une charge dans l’un des coins, qui lui permet d’enchaîner avec des descentes du coude. Le match est plutôt fluide et même si on a quelques « rest holds » par-ci par-là, elles n’entachent pas le rythme global de la rencontre. Duncum semble alors utiliser un objet illicite, mais c’est en réalité le bout de ses doigts qu’il enfonce dans la glotte d’Atlas. Une tentative de Bulldog est complètement ratée et voit Atlas revenir à la charge avec une série de jabs dont lui seul.a le secret.. Ils se répondent coups pour coups sur le bord du ring mais Tony le frappe si fort que Duncum repasse par inadvertance entre les cordes ! L’arbitre comptait et Atlas est donc disqualifié, concédant cette frustrante défaite à son adversaire. Cela n’empêche pas Tony de venir en rajouter une couche, contestant ensuite la décision de l’arbitre, en vain.


MATCH 2 : EL OLYMPICO VS JOE MASCARA (07:15)

VAINQUEUR : EL OLYMPICO

PRISE DE FINITION : PETIT PAQUET

INDICATEUR : ½ *

Derrière ce masque blanc se cache Joaquín Rivera né en 1936 dans le village d’Aguacate au Salvador. Surnommé « Le globe-trotteur masqué » (soit El Enmascarado Trotamundos en espagnol), El Olympico a catché sur les rings du monde entier depuis la fin des années 1950. Pourquoi ce nom ?! Parce qu’en 1964, Rivera a représentée le Mexique en lutte lors des Jeux Olympiques de Tokyo après s’être installés au Mexique pour apprendre la Lucha Libre. Il affrontait ce soir un lutteur annoncée comme étant Frank Savage, alors qu’il s’agit vraisemblablement de Joe Mascara.

Olympico n’est plus tout jeunes et son catch commence à être un peu passé de mode. Et l’inexpérience de son adversaire, n’arrange pas les chose. On dirait que c’est son premier match de catch ! Olympico donne le ton avec un enfourchement assez moche et Mascara semble complètement à côté de la plaque. En témoigne ce saut chassé dans les genoux, totalement raté. Perdu et ne sachant que faire Mascara se fait finalement enrouler en petit paquet par Olympico qui semblait frustré d’avoir été opposé à un si mauvais adversaire. Il s’agirait de s’entraîner, ou de changer de vocation, monsieur Mascara !

MATCH 3 : WWF WORLD TITLE MATCH : BOB BACKLUND W/ARNOLD SKAALAND VS « THE INCREDIBLE » HULK HOGAN (17:48)

VAINQ UEUR : BOB BACKLUND

PRISE DE FINITION : COUNT OUT

INDICATEUR : *** ¼

Le mois dernier, Bob Backlund offre à son challenger en la personne de « The Incredible » Hulk Hogan un des matches les plus long de sa carrière. Pendant près d’une demi-heure, les deux homme se sont livrés une féroce bataille, voyant un Hogan au bout de ses forces l’emporter par décompte extérieur face à un Backlund au bord de l’épuisement. Rebelote ce soir, le titre de Champion du monde poids-lourd est à nouveau en jeu et Hogan espère bien repartir de Philadelphie avec la ceinture autour de ses hanches. Backlund rejoint les abords du ring sous une ovation de la foule, moins divisée que pour leur premier combat, toujours accompagné du vénérable Arnold Skaaland.

Une main tendue par Hogan est ignorée par le Champion, qui restes sur ses gardes, mais qui l’accepte au termes des premiers échanges. Le challenger essaie alors d’abuser de la confiance du Champion, mais ce dernier n’est pas né de la dernière pluie et lui renvoies la monnaie de sa pièce. Hogan s’impose avec un gros enfourchement, suivi par un coup de coude dans la mâchoire. Coincée en clé de bras, Backlund redouble d’ingéniosité pour se sortir de cette prise, mais Hogan conserve un coup d’avance, et chaque tentatives, aussi astucieuse soit-elle, est un échec. Backlund se retires au dernier moment d’une descente de la cuisse et s’en prends maintenant à l’un des genoux du challenger. Sans ses appuis, Hogan est perdu et Backlund en rajoute une couche avec une longue élongations, dont le colosse floridien peine à se sortir. Envoyé en contrebas par un coups de coude, Backlund remonte cette fois-ci entre les corde à temps. Une prise de l’ours fait souffrir les lombaire du Champion, mais ce dernier la contre à nouveau en Piledriver, dont Hogan se dégage à peine. Sorti d’on-sait-où, Backlund dégaine une série de sauts chassés qui envoient Hulk en dehors du ring. En remontant, Hogan se mange un autre Dropkick et son pied est alors retenu dans les cordes. Basculé en arrière Hogan n’est pas en mesure de se relever et est alors compté en dehors du ring, Backlund conservant donc son titre, au grand dam d’un Hogan qui bouillonne de rage !

– Accueilli en dehors du ring par les commentateurs, un Backlund transpirant leur accorde une petite entrevue. Backlund est content de s’en être sorti mais aimerait davantage river les épaules d’Hogan au sol pour le compte de trois. Interrogé à propos de la différence de gabarit entre lui et Hogan, Backlund affirme sans détour que c’est un paramètre dont il ne tient pas compte.

Kal Rudman tend alors à son micro à Skaaland, qui s’arrête pour lâcher quelques mots. Il commente alors la performance de Backlund, tout en rappelant qu’il fut le fidèle conseiller de Bruno Sammartino pendant 14 ans puis de Backlund depuis 2 ans et demie. Skaaland revient ensuite sur les années dorées de sa longue carrière.

MATCH 4 : « PRETTY BOY » LARRY SHARPE VS MIKE MASTERS (08:16)

VAINQUEUR : LARRY SHARPE

PRISE DE FINITION : PILEDRIVER

INDICATEUR : * ½

Repéré sur les tapis de lutte de son école, puis recruté par Gorilla Monsoon, Larry Sharpe est devenu l’un des catcheurs les plus détestée de ce territoire. Avec sa chevelure blonde peroxydée, Sharpe est un compétiteur aussi suffisant que précieux, prenant à chaque fois tout son temps afin de retirer sa combinaison. Il affrontait ce soir Mike Masters, dans une revanche d’un combat qui eut récemment lieu au Madison Square Garden.

Agressif, Sharpe donne le ton en projetant à plusieurs reprise Masters contre la protection du coin. L’épaule en vrac, Masters dérouilles et ne peut pas faire grand-chose, une forme d’impuissance étonnante, compte-tenu du physique du bonhomme. Masters envoie deux trois coups de poing, en vain. Sharpe l’emportes ensuite avec son Piledriver, sans trop de difficultés.

MATCH 5 : INTERCONTINENTAL TITLE MATCH : KEN PATERA VS « POLISH POWER » IVAN PUTSKI (10:51)

VAINQUEUR : KEN PATERA

PRISE DE FINITION : COUNT OUT

INDICATEUR : ***

Le 21 avril 1980, Ken Patera devenait le deuxième Champion Intercontinental de l’histoire en battant Pat Patterson, non sans controverse, sur le ring du Madison Square Garden. Il apparaît ce soir sur le ring du Spectrum, tout fraîchement titré, et sous les sifflet du public de Philadelphie. Pour sa première défense de titre télévisé, Patera remettait sa ceinture en jeu face au populaire « Polish Power » Ivan Putski, qui a tout à gagner et qui pourrait créer la surprise. PAtera s’empare alors du micro et promet de botter les fesses de Putski, alors que ce dernier proclame sa « Polish Power » !

Les deux homme ne perdent pas de temps et commencent par s’échanger de gros coups de poing, un exercice dans lequel Putski excelles, ses frappes poussent en effet Patera à reprendre ses esprits en dehors du ring. C’est une bataille de muscle, les biceps dessinés de Patera essaie de faire la différence face au gabarit trapu du polonais. Patera s’impose néanmoins grâce à de sales coups de coude, portés avec une hargne certaine. Putski se redonne du poil de la bête et, porté par l’appui de la foule de Philly, sonne Patera avec de gros gnons. Patera revient en force avec un Reversed Atomic Drop, dont Putski se relève au compte de deux. Déchaîné Putski encastre Patera dans l’un des coins avec des coups de bélier qui font bouger le ring. Projeté dans les cordes, Putski connecte avec son Polish Hammer, mais Patera a le réflexe de mettre son pied dans les cordes. En perdition totale, le Champion glisse sur la table des commentateur mais réussit à tracter Putski en dehors du ring. Là, Patera s’empare d’une chaise et l’éclate sur le dos de Putski avant de monter in-extremis entre les cordes. Putski est alors compté en dehors du ring Patera conservant  son titre d’une manière plus que détestable. Et si ce dernier s’était contenté de regagner les coulisses mais le Champion fanfaronne au grand dam d’un Putski bouillonnant, ce soir mis en échec.

Difficile de passer après Bruno Sammartino ! Avec près de 10,000 spectateurs en moins, ce programme de la World Wrestling Federation au Spectrum de Philadelphie reste plutôt correct, mais est loin d’être exceptionnel. Bob Backlund prends sa revanches face à Hulk  Hogan, Ken Patera défend sa ceinture de Champion Intercontinental face à Ivan Putski et plus encore.

– Pour sa première défense de titre, Ken Patera aura été bousculé, mais réussit à tirer son épingle du jeu d’une manière plus que discutable. Opposé à « Polish Power » Ivan Putski, Patera n’est pas passé loin de laisser glisser sa ceinture, se sauvant d’un Polish Hammer in-extremis en posant son pied dans les cordes. Le nouveau Champion eut néanmoins la présence d’esprit de profiter d’une situation chaotique en dehors du ring, pour remonter à la dernière seconde entre les cordes, Putski se retrouvant bêtement disqualifiée. Certes, il s’agit là de la troisième victoire par décompte à l’extérieur en cinq matches mais pour une défense d’un Champion heel, c’est d’autant plus efficaces afin de s’attirer encore plus les foudres du public.

– Le même match, mais en moins long ! C’est en effet ce qu’on pourrait penser, en sortant de ce deuxième match entre Bob Backlund et Hulk Hogan. Si la première rencontres avait duré près d’une demi-heure, celle-ci est plus succincte mais comporte la même structure, quasi à l’identique. Et si la dernière fois, Backlund n’a pas su remonter entre les cordes à temps, c’est cette fois-ci Hogan qui se sera fait compter en dehors du ring son pied étant retenu, entremêlé dans les cordes. Un partout, la balle est au centre, et sans doute qu’un troisième combat viendra les départager, cette fois-ci de manière plus conclusive.

Nathan Maingneur

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